La statuaire monumentale publique sous la IIIe République (1871-1940).

Introduction.

Avec la IIIe République la statuophilie atteint son apogée sur le plan quantitatif : entre 1879 et 1939 pas moins de 1790 statues de grands hommes sont érigées sans compter les autres sculptures monumentales  (statues allégoriques de la République, monuments commémoratifs, fontaines publiques, statues et sculptures religieuses, ou décors sculptés de bâtiments publics et d’églises).

Maurice Agulhon s’est interrogé sur ce phénomène massif propre à la France. Pourquoi cette boulimie statufiante sous ce troisième régime républicain de l’histoire de France ?

-D’abord la durée de la IIIe République par rapport à ses devancières. Cette durée marque aussi le passage des esquisses et monuments provisoires en plâtre, carton pâte et bois,  aux grandes machines de pierre et de de fonte.

-La libéralisation de la décision d’ériger une statue laissées aux municipalités et aux initiatives privées à la différence des régimes de type monarchique. Mais le ministère de l’intérieur gardait la main sur la décision finale. Une fois celle-ci actée restait à trouver l’emplacement et surtout sur l’emplacement pour lequel la ville propriétaire de la plupart des terrains avait le dernier mot.

-Le régime a réussi son identification à la nation tout entière de sorte que la statuaire publique notamment les statues de Grands Hommes est entrée au patrimoine national. Même Vichy ne s’est attaqué aux statues que sous le prétexte de la récupération des métaux.

-Dans un grand élan patriotique, la  République s’est beaucoup statufiée elle-même depuis les grandes allégories monumentales de Paris (Place de la République et Nation) jusqu’aux petits bustes de Marianne dans les petits villages. Cette auto glorification était d’autant plus forte qu’elle s’opposait à l »’ordre moral » du Second Empire et à l’Église catholique appliquée à « reconquérir les âmes ». Sur l’opposition République / Église catholique Agulhon emploie l’expression : ‘Mariannolâtrie ? Mariolâtrie’ ( : culte de Marianne contre culte de la Sainte Vierge incarnée dans la prolifération des statues de l’une et de l’autre.

(Sur la réappropriation d’une statue allégorique monumentale du XIXe siècle à notre époque, en l’occurrence la République de Dalou, voir l’article à propos des magnifiques  photographies de la manifestation du 11 janvier 2015 contre les attentats Place de la République   : https://imagesociale.fr/963).
Autre facteur important le rapport à la mort et à la mémoire .

-Les deuils imprévisibles : la mort prématurée du brillant fondateur Gambetta à 43 ans et celle de Sadi-Carnot 2e président assassiné ont été suivies d’une vague d’inaugurations de statues à leur mémoire. Un buste en fonte moulée a été réalisé pour faire face à la demande pour Sadi-Carnot.

Monument à Gambetta à Paris face au Carrousel du Louvre, inauguré en Juillet 1888 pour le cinquantenaire de la naissace de Gambetta (sculptures signées Jean Paul Aubé et architecture Louis Charles Boileau.). Un parmi plusieurs érigés dans toute la France que le grand homme politique a sillonée pour diffuser la « bonne parole » républicaine en province (son surnom était : le « commis voyageur de la République ».

Analyse de l’oeuvre ici :

http://www.paris-unplugged.fr/paris-20-grandeur-et-decadence-du-monument-gambetta/

https://anosgrandshommes.musee-orsay.fr/index.php/Detail/objects/5094

Le facteur didactique.

La République a cru à la vertu de l’instruction publique. Ses dirigeants ont tenu à imprégner les masses de ce sentiment patriotique. Libérale la IIIIe République, elle a pourtant été qualifiée de propagandiste par ses adversaires. Mais elle a plus proclamé qu’imposé.

 Le patriotisme de la IIIe République s’exprime dès les débuts du régime à travers les monuments aux morts de 1870-1871.  Les innombrables monuments aux morts de 1914-18 ont fait oublier ceux de 1870-71. La IIIe République est d’ailleurs le régime qui a laissé le plus de monuments dédiés aux guerres et aux grandes gloires militaires de toutes les époques  (Vercingétorix,  Philippe Auguste, Jeanne d’Arc, Napoléon Ier…).

A côté de ces figures éponymes essentiellement masculines, une foule de figures allégoriques féminines envahit l’espace public, souvent annexées à la statue principale mais aussi sous forme de statues ou groupes autonomes. Les fontaines publiques étaient un terrain privilégié pour des compositions comportant divers personnages. Un des « modèles » de fontaine publique standardisée est la fontaine de Tourny ou fontaine de Bordeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Tourny

Bien lire l’historique très éclairant ! Quelle odyssée pour cette fontaine !!!

Les figures ont été réalisées par la fameuse fonderie du Val d’Osne sur des modèles d’un des sculpteurs les plus en vue dans ce domaine : Mathurin Moreau : https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/moreau-mathurin/

Remarquez le nombre d’allégories qu’il avait à son actif !!!

Sur les fontaines publiques lire les pages consacrées à ce sujet par M. Agulhon (article Images civiques et décor urbain) qui insiste sur la triple symbolique de la fontaine : objet d’embellissement urbain, symbole de modernité par sa fonction utilitaire (adduction d’eau) et support de statufications politiques, culturelles ou sociales diverses

https://photos.app.goo.gl/kCNwhAfjs4a5bbPN7

https://photos.app.goo.gl/coX5TB58gnA4B8Pt7

https://photos.app.goo.gl/LPMxZhgQm75coPyK6

https://photos.app.goo.gl/n5rLL6XKfpE7RYiGA

-La forte demande municipale entraina une standardisation des figures (par ailleurs interchangeables, la même figure pouvant incarner diverses allégories).. Elles prolifèrent sur les socles ou entourant la personne honorée par la statue sur le même terrasse du piédestal. Au-delà des Mariannes elles-mêmes, on voit une présence obsédante de la figure féminine allégorique représentant villes, régions, idées politiques, Nations…Victoires guidant le Grand homme, Renommées le saluant, France. De même sur les frontons des palais (y compris décors intérieurs et mobilier). Sur l’omniprésence des allégories féminines dans les monuments, Maurice Agulhon a formulé quelques hypothèses explicatives.  Éducation bourgeoise nourrie de culture classique, de représentations de déesses, de vertus drapées à l’antique (historicisme). Une certaine masculinité  qui cultive  le goût des « belles femmes » (sculpturales) dans la vie et dans leur représentation sculptée. Nous avons vu l’allégorie du Temps au Palais du Commerce de Lyon qui chante la gloire des affaires : Le groupe des Heures, figures nues idéalisées et érotisées  de Jean-Marie Bonnassieux. Ces allégories contrastent avec le réalisme des statues des Grands Hommes.

Mais il y  a encore d’autres facteurs .

L’Art industriel avec la technique de la fonte moulée permet de reproduire à volonté des statues plus ou moins standardisées (cf. Mathurin Moreau) ou plus originales (Bartholdi). Le catalogue des fonderies du Val d’Osne (à l’ouest de Nancy) qui ont compté jusqu’à 40000 modèles de diverses pièces du plus simple ornement en fonte aux statues en bronze.

Un phénomène préexistant qui s’accélère.

Dans la décennie 1870-1879, période d’instabilité, de retour en force des royalistes (Mac Mahon) et jusqu’à ce que la République finisse par l’emporter de manière ferme et durable grâce aux fermes victoires électorales, les programmes de monuments sont réduits (59 au total). Ils poursuivent les choix du Second Empire : hommes illustres et des notables locaux auxquels il faut ajouter quelques reines de France. Les gloires militaires se font plus discrètes alors que plusieurs figures d’ecclésiastiques arrivent dans l’espace public. De grands noms des arts et des lettres furent également honorés comme Ingres à Montauban par Etex, Rameau à Dijon par Eugène Guillaume, Fragonard à Grasse par Auguste Maillard.

La prolifération numérique et territoriale de la statuaire monumentale : 1880-1914.

La véritable envolée numérique commence à partir de 1880. Ce qui est certain, c’est que la fin du XIXe et le début du XXe siècle constituent l’apogée de la « statuomanie » . Comme ses  prédécesseures, et au moins jusqu’en 1914, la  IIIe République constitue le régime – champion toutes catégories du phénomène. Les régimes républicains vouent un véritable culte aux grands hommes entre autre parce qu’ils croient à la puissance de l’éducation par l’exemple (ce qui n’est pas sans rappeler les « imagines agentes » du Moyen Age et l’exemplum virtutis néo-classique. A ce motif de statufication de masse s’ajoute un autre : les enjeux et conflits politiques qui poussent les Républicains à multiplier les hommages. Le panthéon républicain est vaste alors que les monarchistes , vaincus, sont plus limités.

Parfois on oppose les Républicains entre eux comme dans le cas de deux grands monuments au début des années 1880 : les plus radicaux (municipalité de Paris) impulsant le colossal monument à Gambetta déjà cité alors que les plus modérés, hostiles à la ville de Paris qui a hébergé la Commune ont soutenu plutôt le monument équestre à Étienne Marcel qui en tant que statue équestre d’un simple bourgeois était aussi un clin d’œil provocateur vis à vis des monarchistes.

Parallèlement et paradoxalement, les critiques, voire les moqueries et les débats acharnés sur les mérites des candidats à la statufication ainsi que ceux sur les mérites esthétiques de l’œuvre, une fois installée et exposée au regard public, connaissent eux aussi leur point culminant. Les débats autour des statues occupaient une place de choix dans la presse. Bien que le message politique de beaucoup d’oeuvres était plus ou moins implicite, la divergence entre interprétation libérale ou conservatrice de l’idéologie républicaine trouvait ainsi un écho puissant à travers les réactions de soutien ou de désapprobation de telle ou telle statufication.

La multiplication des statues monumentales ne va pas sans diversification des sujets. Ci-dessous la liste établie par Hardgrove pour Paris.

Cette classification de Hargrove (Les statues de Paris) a ses limites (personnalités pouvant figurer dans plusieurs types comme Arago : Science et IIe République, le député Baudin était docteur, député mais c’est le martyr des barricades contre le coup d’État de Louis Napoléon qui est statufié, Victor Hugo est écrivain mais son envergure politique dépasse son domaine professionnel, enfin Émile Zola a joué un rôle majeur dans les luttes sociales en plus d’être écrivan) mais permet  d’évaluer le changement décisif qu’opère la République quant au type de personnes statufiées.

Des chefs militaires et des gloires dynastiques on passe aux gloires des sciences et de la culture.

La République impulse une nouvelle division sociale. La section militaire p. ex. semble ne pas avoir la fonction éminente précédente ni celle tout aussi éminente d’après 1914.

Les « Grands Hommes »  historiques peuvent être consensuels que Dante :

https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-a-dante-paris-5e-arr/

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Dante_Aub%C3%A9.jpg

Jean Paul Aubé Statue de Dante, heurtant du pied la tête de Bocca degli Abati rencontré dans le 9ème cercle de l’Enfer (Chant XXXII), square Michel-Foucault, rue des Écoles à Paris.

Ce type d’oeuvre consensuelle et sans implicite politique est qualifié de « mobilier de jardin ».

Mais peuvent aussi déchaîner les passions comme Dolet.

Il est rare que seule génie justifie l’hommage public et la statufication. Seul le goût pour l’histoire et ses personnages lointains masquait des enjeux brûlants du présent républicain car des groupes politiques ou sociaux  antagonistes pouvaient être à l’origine des souscriptions.

Les municipalités et l’État se fournissaient au Salon où des achats massifs d’oeuvres d’art étaient opérés dont beaucoup se retrouvaient ensuite orner parcs et jardins.

Pour le public rien ne distinguait les deux Diderot :

celui de Lecoint avait été acheté par la ville de Paris, fondu en 1886 . Ce monument a été fondu en 1942.

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Le Diderot de Gautherin créé après souscription d’un comité et destiné au Bd Saint-Germain :

https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-a-diderot-paris/

Une carte postale ancienne de la statue de Diderot en pied par Auguste Bartholdi à Langres sa ville natale… et également commandée en 1884 (vue actuelle disponible sur le site de la ville de Langres).

Exemple parmi les plus frappants de débats oeuvre d’art/oeuvre politique le Charlemagne :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne_et_ses_Leudes

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Charlemagne_et_ses_Leudes_%282%29.jpg

Charles et Louis Rochet sculpteurs ), fondeur Thiébaut frère, Charlemagne couronné et ses « Leudes » (vassaux), Roland et Olivier (1867-1876), Paris, parvis de Notre-Dame. Charlemagne est en armure, le sceptre de Charles V à la main. Commencé sous le Second Empire, le groupe monumental provoque des débats houleux puisque sous le Second Empire  il se référait à l’héritage impérial napoléonien mais sous la IIIe République le message était moins recevable. Le groupe fut en  apprécié lorsqu’une version plâtre a été exposée  à l’exposition universelle de 1867 mais la chute du Second Empire rendit le coulage en bronze impossible. Finalement, c’est pour montrer la qualité supérieure de l’industrie parisienne qu’un bronze fut coulé et montré à l’Exposition du 1878. Puis, il est resté pendant 26 ans posé sur un piédestal provisoire en toile tendue avant de bénéficier en 1908 d’une base en maçonnerie. Il n’a pas été fondu sous Vichy.

La Cour Napoléon du Louvre avec le monument au Génie de l’Art au milieu et la statue de l’architecte Mansart derrière.

Le « Campo Santo » de la cour Napoléon du Louvre et des jardins du Carrousel accueillit des statues d’hommes illustres dans le  domaine des Beaux Arts : Houdon, Puget, Mansart, Poussin, Corot, Watteau. Il s’agit de monuments plutôt que d’hommages. Exemple, la statue de l’architecte Pierre de Montereau (XIIIe, hitecte de la cathédrale Saint-Denis) par Henri Bouchard :

Henri Bouchard, Pierre de Montereau, pierre, placé dans le jardin du Carrousel au Louvre à Paris, de 1909 à 1935.
Dès 1907, Henri Bouchard reçoit la commande d’une statue de Pierre de Montereau, sujet qu’il a choisi en refusant celui demandé de Houdon et de sa muse : le Moyen-Age l’intéressait plus que le 18ème siècle, et il conçoit alors une figure très dépouillée par rapport aux œuvres précédentes. H : 2,10 m.

https://anosgrandshommes.musee-orsay.fr/index.php/Detail/objects/4524

Dans quels thèmes regrouper le statues ?

Hargrove en distingue trois principaux : le legs de la Révolution, le Consensus des valeurs,le conflit et les débats. Dans certains cas, on peut glisser d’un thème à un autre, l’éducation p. ex. faisait consensus jusqu’au moment où la laïcisation de l’enseignement fait éclater le bataille de la laïcité.

Le Legs de la Révolution.

Une fois la République installée, il s’agisssait dans les anées 1880 préparer les commémorations du Centenaire. Mais comment se mettre d’accord, même entre Républicains, sur les mérites des « Grands hommes » ? Fallait-il puiser dans la Ie République qui s’est transformée en bain de sang ? Les luttes intestines s’intensifiaient au fur et à mesure qu’on s’approchait de 1889. Même les figures tutélaires de Voltaire et de Rousseau ont divisé : l’athéisme de l’un et sa tolérance (pouvait-on amnistier les Communards ?) Et le déisme naturaliste deRousseau ? Comment les libres-penseurs pouvaienit-ils l’accepter ?

La souscription pour le centenaire de Voltaire a provoqué une violente réaction : « satan » !!   La ville de Paris a finalement acheté la statue de Voltaire par Caillé et placée près de l’Institut de France :

Blancard, Hippolyte (1843 – d.1924), Statue de Voltaire par Joseph-Michel Caillé devant un pavillon de l’Institut de France quai Malaquais, 6e arrondissement, Paris, 1890. Tirage au platine. Musée Carnavalet, Histoire de Paris.

Statue de Voltaire par Joseph-Michel Caillé. Paris 1890.

Conservateurs et radicaux s’opposent violemment sur l’inclusion ou pas de la période de la Terreur, sur le lieu où placer la statue de Danton (prévue pour le Centenaire mais inaugurée en 1891) qualifié de « buveur de sang » par les conservateurs, « et pourquoi pas Marat et Robespierre pendant qu’on y est ! »

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/Danton_szobra_P%C3%A1rizsban.JPG

https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-a-danton-paris-6e-arr/

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9f/Statue_de_Danton_au_carrefour_de_l%27Od%C3%A9on.JPG/1024px-Statue_de_Danton_au_carrefour_de_l%27Od%C3%A9on.JPG

Monument à Danton en Bronze située sur la place Henri Mondor au métro Odéon, en bordure du boulevard saint Germain, a été réalisé par Auguste Paris et érigé en 1891 à l’emplacement de la maison du grand tribun.

Le sculpteur Paul-Laurent Bion qualifiait cette oeuvre de « Faux comme la légende dantonesque interprétée par le Conseil municipal de la ville de Paris » même s’il consentait à sa présence qui rappelai l’héroïque défense de la ville en 1870. D’autres achats ont été effectués : Condorcet, Rousseau, Beaumarchais, Voltaire ou Diderot.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c6/P495_-_marat%2C_par_jean_baffier_-_Liv4-Ch11.png/715px-P495_-_marat%2C_par_jean_baffier_-_Liv4-Ch11.png

Et en effet, la ville de Paris acquiert le plâtre de Marat par Jean Baffier au Salon de 1883. (voir ici). Le bronze est coulé en 1885 et exposé la même année au Salon. Installé au parc Montsouris puis  enlevé la nuit sur ordre du préfet et d’un député conservateur, il est réinstallé par la municipalité républicaine majoritaire et qui dénonce un comportement grotesque puisque la ville n’a considéré que les qualités artistiques de l’œuvre (une simple manœuvre).

Autre période qui provoquait des dissensions : la Seconde République.

Quelques grandes figures scientifiques et politiques des années 1848-52 ont été statufiées : François Arago (astrophysicien et député), Raspail (chimiste et révolutionnaire de 1848) Ledru-Rollin le père du Suffrage universel, Lavoisier (chimiste) ou encore le médecin Alphonse Baudin, député mort sur les barricades  ouvrières au moment du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte en criant le célèbre « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs par jour ».

Eugène Boverie, Baudin sur la barricade (1901, Paris).

L’inauguration de 1900 donna lieu à une passe d’armes entre  droite conservatrice (chassée de l’estrade), pourtant d’accord sur le projet, et la municipalité républicaine de gauche à Paris.

Le président de la République préside la cérémonie non pas d’inauguration de la statue de Baudin mais les 50 ans de la mort su député devant le nouveau monument.

Pour les scientifiques de renom, il s’agissait de tirer un profit politique de leur adhésion à la République grâce à leur notoriété.

Voir fiches des monuments ici : https://e-monumen.net/

La IIIe République.

Après Gambetta, il faut attendre le début du XXe siècle pour voir des  personnalités de la IIIe République statufiées. Ce n’était pas seulement une affaire de temps, peu d’hommes politiques avaient acquis assez de prestige pour mériter un monument d’importance Jules Ferry, Waldeck-Rousseau, Jules Simon. Cela n’a pas été sans polémiques car, étant modérés, ces hommes politiques républicains ont pu froisser quelques opinions en allant, selon le cas,un peu trop à droite ou un peu trop à gauche.

Finalement, à partir de quand un homme politique contemporain est-il susceptible d’être statufié ? La IIIe République a relativement peu glorifié ses hommes politiques même si quelques grands législateurs font exception, comme  :

Le monumental Jules Ferry avec deux thèmes principaux : l’école et la colonisaiton de l’Indochine..

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f1/Monument_jules_ferry_tuileries_paris.jpg/682px-Monument_jules_ferry_tuileries_paris.jpg

https://anosgrandshommes.musee-orsay.fr/index.php/Detail/objects/5087

Monument à Jules Ferry, jardin des Tuileries, Paris. Oeuvre de Gustave Michel (1910)

Une autre parmi les premièrees oeuvres célèbre la loi sur la liberté syndicale (1884) à travers son initiateur, Pierre Waldeck-Rousseau.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/97/Paris_Monument_Waldeck-Rousseau_2014.jpg/718px-Paris_Monument_Waldeck-Rousseau_2014.jpg

Laurent Honoré Marqueste, Monument à Pierre Waldeck-Rousseau (souscription nationale), marbre (1909), état actuel, jardin des Tuileries, Paris (1er). Les travailleurs présentés par la République, rendent hommage à Waldeck Rousseau dont le buste occupe le centre de la omposition.. D’autres statues de cet hommme politique en Fance  ont été érigées en France (St. Étienne…)

Les valeurs républicaines : un conensus malgré les querelles.

Patriotisme, positivisme, démocratie sont les valeurs les mieux partagées malgré les sujets de discorde comme l’affaire Dreyfus, l’anticléricalisme le socialisme et le nationalisme. Le caractère esceptionnel du régime républicain dans une Europe très largement monarchiste a pu favoriser le sentiment patriotique nourri également par l’esprit de revanche sur la défaite de 1870-71 et la volonté de propulser la France au sommet des nations dans le domaine de la culture, des arts, des sciences et des techniques. Dans un esprit d’égalité fondée sur le mérite , les hauts faits, les mérites des statufiés contribuaient à la gloire internationale de la France.

Deux exemples de statues placées devant le Collège de France : celle du biologiste Claude Bernard et celle du chimiste Marcelin Bertelot.

 

 

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