Imaginez

26 05 2011

Le gargouillement de mon ventre était le seul bruit perceptible. J’étais seule au milieu de nulle part. J’étais seule et abandonnée. Abandonnée par ma raison, par mon corps et par mon coeur. Seul restait mon esprit. Vous devez vous dire, si elle n’a plus de corps, comment fait-elle pour entendre le gargouillement de son ventre ? Et bien, je l’imagine. J’ai encore un esprit, n’est-ce pas. En fait, je ne suis qu’un esprit. Mais vous, qu’en savez-vous ? Comment pouvez-vous savoir ce que j’éprouve en ce moment-même ? Et bien je vais vous le dire. J’éprouve un grand besoin de réconfort. Un grand besoin de compagnie. Un grand besoin d’amour. Même si je n’ai plus de coeur, j’ai encore des souvenirs. Car un jour, j’aimais et j’ai été aimée. Et je pense que s’il y a bien une chose que l’homme ne devrait jamais connaître, c’est le fait d’avoir le souvenir que l’on a aimé et été aimé sans pouvoir le ressentir. C’est une sensation très frustrante que j’éprouve en cet instant. Car des souvenirs, oh oui, j’en ai plein: j’ai aimé un garçon magnifique et plein de bonté qui lui aussi, m’a aimé en retour. J’ai aimé ma famille, mes frères et ma soeur, qui m’ont apporté leur soutien lorsque j’en avais besoin. Essayez d’imaginer ce que je ressens en ce moment. Je vous demande juste d’essayer. Imaginez.

                                                                                                                   Margot