le jardin des retours

Zeus n’est pas mort!

Ce blog est large d’esprit sauf pour les commentaires qui font l’apologie du complotisme, de l’antiaméricanisme et d’un grand nombre de fadaises que l’on trouve un peu partout sur le net. L’antisémitisme et les mécanismes sectaires en sont cousins. Si vous êtes comme ça, passez votre chemin (ajout de novembre 2008 – HB).Le mouvement Ellinais a fêté à Athènes la nouvelle année suivant les rites du panthéon antique

Si l’on en croit la BBC, un petit mouvement qui milite pour le droit à exercer son culte vient de se voir autorisé à le pratiquer. De quoi s’agit-il? Du culte de Zeus et des 11 autres dieux du Panthéon grec.

Les faits

Le mouvement Ellinais, un groupuscule d’une vingtaine de militants de la cause religieuse grecque antique, a milité ces derniers mois pour être considéré par l’Etat au même rang que les autres religions. Elle peut se targuer d’une enquête effectuée par le Département d’Etat américain qui considère qu’environ 100 000 personnes sont proches du culte grec antique, et qu’un peu plus de 2000 fidèles se réuniraient régulièrement pour exercer ce culte.

Le mouvement Ellinais serait en train d’obtenir, contre l’Eglise orthodoxe grecque (qui représente 98% de la population), de pouvoir exercer son culte dans les sites religieux antiques, comme dans les ruines du temple de Zeus Olympien, à Athènes (photo), où il a fêté le début de l’année antique (selon un calendrier commençant en 776 avant J.-C.). Il est depuis quelques jours considéré comme un mouvement religieux légal par les tribunaux, au grand dam des orthodoxes, qui considèrent ce mouvement comme une secte, et ses idées comme un retour au paganisme.

Le contexte

La Grèce a une Constitution qui considère que « la religion dominante en Grèce est celle de l’Eglise Orthodoxe orientale »; il n’y a ni séparation de l’Eglise orthodoxe et de l’Etat ni union entre les deux, mais une gestion commune, notamment d’une partie de l’enseignement. Pour aller plus loin, voir ici.

La « grande prêtresse » de ce culte, Doretta Peppa, considère que la religion grecque antique a été persécutée depuis 1600 ans par la religion chrétienne, et qu’il n’est que justice qu’elle puisse aujourd’hui renaître, le culte être exercé dans les anciens temples, et les baptêmes, mariages et funérailles être reconnus comme actes juridiques. Pour cela elle a porté plainte contre la Grèce devant la Cour de Justice Européenne de Luxembourg. Face à cela, la principale raison de refus que met en avant le gouvernement pour empêcher l’ouverture des sites est la protection du patrimoine culturel.

Pour comprendre

Pour connaître les fondements de la religion et des mythes grecs

Pour connaître la religion grecque antique, les oeuvres de Jean-Pierre Vernant sont la meilleure introduction, notamment L’Univers, les dieux, les hommes (en poche). Pour comprendre la culture grecque, Jacqueline de Romilly est à lire, notamment ses biographies d’Alcibiade, Hector et Homère, ses travaux sur Thucydide, sur Eschyle, et son amour passionné de la langue grecque. Une très belle langue servie par une grande dame. Pierre Vidal-Naquet aussi, pour son va-et-vient entre la Grèce et le monde contemporain: son Chasseur noir explique ce qu’est être Grec dans l’antiquité par une série d’histoires claires et finement analysées.

Ce qui peut passer pour un événement insolite, très isolé, et amusant vu de loin, la renaissance d’un culte considéré comme païen par les chrétiens, est à inscrire dans un triple mouvement en Grèce aujourd’hui: l’affaiblissement des religions traditionnelles, notamment celle de l’Eglise orthodoxe grecque, ce qui pousse les opposants à développer un discours exigeant la repentance des institutions pour le passé subi ; un renouveau nationaliste, qui amène à s’interroger sur les fondements culturels de la nation, et à s’y plonger le cas échéant ; enfin l’inscription plus importante de la Grèce dans la mondialisation des échanges culturels, qui pousse à s’interroger et parfois s’affranchir des références traditionnelles. Ces mouvements ne sont pas propres à la Grèce. Le côté « exotique » de ce culte antique lui donne dans les médias grecs un côté sympathique qui le rend attractif. Quand à en faire un mouvement de masse, il ne faut rien exagérer: il s’agit pour l’essentiel de quelques centaines de personnes motivées et connaissant bien les médias.

Pour mieux comprendre le langage des grecs, comme Platon par exemple, lire ce billet sur le blog de Lionel Bellec!
Les élèves de classes préparatoires et les Terminales y trouveront un exemple à ajouter à leurs cours sur les mutations culturelles, la mondialisation, et le nationalisme.

A quand un renouveau du culte druidique dans la forêt des Carnutes en France?

😉
A bientôt

H. Billard


Publié par Hugo Billard le 23 janvier 2007 dans Actualité,Comprendre
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18 réactions à “Zeus n’est pas mort!”

  1. Ghislain Dominé
    23 janvier 2007

    Cet exemple illustre bien le double mouvement de la mondialisation :

    une contraction, véritable repli sur soi. Mouvement qui passe par une recréation teintée d’idéalisation, du passé. L’exemple breton est ici tout à fait pertinent.

    une expansion. Une ouverture du Moi aux flux & influence mondiales.

    Ces deux mouvement se nourissent l’un & l’autre avec certainement in fine une expansion véritable mère porteuse du doute identitaire : à s’ouvrir jusqu’à plus soif on finit pas s’interroger lourdement sur les fondements de sa culture. On a là un moteur, parfois tragique, du retour sur soi.

    Billet très pertinent une fois encore. Mille encouragements.

  2. Hugo Billard
    23 janvier 2007

    Bonjour Ghislain,
    Mondialisation en expansion mais en parallèle retour sur soi-même et sur les fondements culturels inhérent à notre identité. Ces deux mouvements culturels rappellent ce que le jésuite Teilhard de Chardin, dans l’Entre-Deux-Guerres, appelait « évolution »: un mouvement tendant à la création d’une « enveloppe pensante » autour de la Terre (la Noosphère), que certains ont compris comme une métaphore de la mondialisation des communications.
    Il en a sans doute toujours été ainsi: Averroès et la croisade albigeoise, les Grandes Découvertes et l’Inquisition, l’Industrialisation et l’antisémitisme, l’Union européenne et les régionalismes militarisés type ETA.
    Merci de vos encouragements!
    A suivre et à bientôt
    H. Billard

  3. Pierrick Auger
    24 janvier 2007

    A quand un renouveau du culte druidique dans la forêt des Carnutes en France?

    Ce culte existe déjà ! les druides hantent toujours les forêts et les landes bretonnes….
    Ceci dit, je trouve ce retour vers les religions païennes correspond à une crise des religions traditionnelles dont les messages n’intéressent plus le grand public. L’exotisme est recherché, et pourquoi pas dans le passé ?
    Merci pour cet article.

  4. Hugo Billard
    24 janvier 2007

    Oui, tout à fait d’accord sur le caractère très limité et minoritaire de ces groupes. Y voir comme cause la crise des religions traditionnelles, bien sûr. Mais je ne suis pas sûr qu’il n’y ait que cela.
    La recherche d’un système de pensée et/ou de croyance traditionnel (i.e. qui s’inscrit dans une tradition ancienne, qu’elle soit ou non fantasmée) qui encadre et rassure, est sans doute un autre élément d’explication. Voir le succès des séjours en monastère, des courts séjours dans des lieux isolés (marche en montagne, week-ends calmes à la campagne), et des ballades dans les déserts, pour se dire que le besoin de s’isoler marque le pic de la construction de nos civilisations urbaines. Le retour extériorisé des pratiques confucéennes peut être un élément qui place ces comportements à une échelle pluricontinentale.
    Ce ne sont que des idées. A suivre.
    Merci en tout cas, et à bientôt!
    H. Billard

  5. Dom Le Barde
    25 janvier 2007

    Je trouve là discussion très intéressante et je voulais vous faire part de mon opinion sur le sujet.

    Je n’ai pas la moindre prétention de savoir si un ou des quelconque dieu(x) existent ou non mais force est de constater que quel que soit la réponse aux questions sur l’existence de(s) Dieu(x) sur le plan de nos archétypes ils existent bel et bien et peuvent avoir une influence énorme sur nous et notre société. Je vous invite à jeter un œil sur cet article : http://blog.domlebarde.com/2007/01/ho-mes-dieux.html

    Dom Le Barde

  6. Philippe
    5 février 2007

    La référence à Jean-Pierre Vernant est un excellent choix. Il n’avait pas son pareil pour raconter la mythologie grecque, en la reliant à ce qu’elle raconte le mieux, c’est-à-dire la vie des Mortels.

  7. CELTE
    20 mars 2007

    je suis moi memme druidiste et je ne comprend pas votre histoire du renouveau du culte druidique
    ce culte existe bel et bien et ceci dans des lieu naturel (pour tous ce qui est celebration) tel que les foret donc il est parfaitement possible qu il y est des druidiste dans la « foret ds carnute »

  8. Hugo Billard
    21 mars 2007

    Bonjour,
    Le druidisme comme culte n’a aucune existence légale, reconnue, établie, structurée, représentée devant les pouvoirs publics et visible dans les médias. Donc s’il existe il est extrêmement discret – en tout cas rien à voir avec la place du renouveau « païen » en Grèce.
    Si vous avez des informations, n’hésitez pas.
    A bientôt
    H. Billard

  9. CELTE
    21 mars 2007

    le drudisme a bel et bien une existance mais je ne sais pas si elle est legale
    en tous cas desoler mais les druide ne se cache plus (ils se cachait car persecuté)
    cependant j aime rai bien savoir si ceci est legal ou non
    mis je pense que sa l est car il existe par exemple des video de druide entrin de pratiquer leur religion
    memme si ce mouvement reste encore restrin il existe

  10. David.M
    9 avril 2007

    Cela m’epate que l’on puisse encore croire que Zeus est celui qui fait tomber les eclairs sur terre alors que ce phénomene est expliqué depuis pas mal de temps ( encore qu’on pourrait me demander qui reunit les conditions propices a l’apparition de la foudre).
    Je pense que cela correspond plus a un sursaut de partiotisme et de fierté pour la culture de ce pays qui etait autrefois extremement influent et qui a aujourd’hui perdu l’influence acquise pendant l’antiquité.

    et pour derniere chose : a quoi correspond le druidisme actuel??

  11. Hugo Billard
    10 avril 2007

    Bonjour David,
    Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse: le renouveau religieux païen est à lier avec un renouveau patriotique grec. Il est trop tôt pour savoir s’il s’agit de simple patriotisme ou de nationalisme. Quand au druidisme, en dehors de quelques sites internets délirants, je n’ai pas grand-chose à vous proposer de sérieux, le mieux serait d’attendre qu’un lecteur nous donne quelques indications…
    A bientôt
    H. Billard

  12. CELTE
    22 avril 2007

    pour precision notr religion existe bel et bien
    nous penson qu il existe plusieur dieux en ce monde
    nous selebron nos fetes
    nous existon
    cependant si vous avez des question n hesiter pas a les posr de maniere precise

  13. gay pagan
    2 octobre 2007

    bonjour,

    En lisant les commentaires, je constate que comme à l’ordinaire, les « dominants » n’ont aucune idée de la minorité dont ils parlent.
    Parmi les « causes » de la résurgence du paganisme, essayez de prendre en compte que le débat actuel sur les religions, la loi de 1905, les excuses du pape pour les fautes de l’Eglise, laissent espérer à beaucoup de clandestins de pouvoir réapparaitre publiquement, et même obtenir une reconnaissance officielle de cultes locaux, contrairement à la religion exotique d’un araméen qui a tout balayé.
    Entre 380 (christianisme religion d’etat) et 392 (définition du paganisme pour tout ce qui n’est pas chrétien, interdiction des jeux olympiques), soit en 12 ans, plusieurs millénaires de paganisme ont été balayés par la chrétienté, detruisant les temples, massacrant les prêtres, les populations, brulant les livres, etc. Depuis 1600 ans, la chrétienté a brulé ce qu’elle appelait les sorcières, et toutes les minorités qui lui deplaisaient sur la planète, dans un holocauste monstrueux, pour imposer un discours « d’Europe judéo-chrétienne depuis 2000 ans », ce qui est une falsification éhontée.
    Encore aujourd’hui, se dire païen est incompréhensible à la majorité des gens, qui confondent avec l’athéïsme, ou vous prennent pour un sectaire satanique. Mais même isolés par la répression, les païens sont nombreux et relèvent la tête, internet leur permettant maintenant de sortir de l’isolement, de créer des réseaux, au delà de la poignée de manifestants qui ont fait une irruption médiatique à Athènes. Parler de nationalisme ou de contraction-expansion mondialiste est à côté de la plaque. Le paganisme est une religion, cela relève d’un sens du sacré, et n’a rien à voir avec la politique ou la frilosité mondiale. Les Rose-croix, les orphiques, Goethe et Wagner, existent depuis plus longtemps que nos petits soucis mondiaux actuels, et la suffisance intellectuelle et géocentrée des occidentaux passe allégrément sous silence le paganisme ininterrompu de l’Inde, de l’Australie, des indiens d’Amérique, de l’animisme africain, ou du vaudou.
    Ouvrez les fenêtres, chers débatteurs, le monde contient plus de choses que n’en imagine votre philosophie.

    Quant à Zeus faisant tomber les éclairs, aucun païen n’y croit, nous ne sommes pas des paysans du moyen-age en admiration devant les miracles chrétiens. Les divinités sont des agrégats symboliques en rapport avec la nature et ses équilibres, dont l’homme fait partie, et l’antropomorphisme n’est qu’une commodité conceptuelle. Quant au foudre (masculin singulier), c’est un attribut de puissance qui n’a rien à voir avec les éclairs…
    Demandez vous aussi pourquoi vous mangez de la bûche à Noel, pourquoi vous mettez un sapin dans votre maison, pourquoi on fait des feux à la saint Jean, etc, et on verra qui est le plus païen dans tout ça…
    Cordialement,

  14. Hugo Billard
    3 octobre 2007

    Bonjour,
    Merci de ce commentaire construit.
    Une remarque quand même. Votre balayage historique est manichéen dans la forme: dire que l’Europe judéo-chrétienne est « une falsification éhontée » n’est acceptable par personne. Une grande partie de la culture européenne vient du brassage culturel et religieux, et le judéo-christianisme y prend une part majeure. Alors oui les Saint-Jean d’Hiver et d’Eté sont des fêtes traditionnelles païennes qui ont été christianisées, mais elles ont survécu parce qu’elles ont été christianisées. Quand au paganisme actuel, il est plus l’héritier des grands mouvements romantiques du XIX° et des cérémonies de retour à la nature du tournant du siècle que d’une survivance forte, il s’agit d’une faible survivance, pas de la résistance d’une religion ce qui exigerait une histoire d’affrontements massifs entre païens nombreux et organisés et un christianisme du même acabit.
    Ce paganisme actuel n’a pas de réelle visibilité sociale (combien de croyants s’en réclament?), et son existence sur la Toile est exagérée par rapport à cette visibilité sociale (mais c’est aussi un des avantages d’internet que de permettre ces expressions). Quand à Internet on y trouve sur le druidisme essentiellement n’importe quoi, mais toute société intériorisée a ce pb sur la Toile: tapez « franc-maçonnerie » et vous trouvez 95% de sites complotistes délirants.
    Votre discours est engagé, il est respectable, mais il ne faut pas tout jeter dans le même panier si vous voulez que le discours païen soit entendu. Même à l’échelle de ce blog.

    A bientôt
    Hugo Billard

    P.S.: les historiens et anthropologues de l’époque médiévale s’accordent pour considérer que bien peu croyaient aux miracles. En revanche le culte des reliques s’approche du culte des éléments naturels qui vient du paganisme. Voir ce qu’en écrit le blog « en vérité » sur le livre de Jérôme Baschet, « la dynamique du féodalisme » là: http://lewebpedagogique.com/coin/2007/10/02/la-dynamique-du-fodalisme-propos-dun-ouvrage-de-jrome-baschet/
    et surtout les travaux du médiéviste et anthropologue Jean-Claude Schmitt (chez Gallimard).

  15. helleniste
    22 août 2008

    Quelques remarques:
    -L’immense majorité des néo-païens ne sont pas nationalistes. Je parle par expérience, puisque je fréquente de nombreux païens et que je le suis moi-même.
    -Au 15 ème siècle, pas mal d’intellectuels italiens étaient pour la restauration du culte de Jupiter. Pendant la révolution française, on voit aussi de nombreux néo païens comme Quintus Aucler.On aurait bien du mal à voir là dedansdu nationalisme grec ou de la mondialisation… Il est bien commode de coller à tort et à travers des étiquettes.

    Je vous invite du reste à consulter mon blog en cliquant sur mon pseudo

  16. Hugo Billard
    22 août 2008

    D’accord bien entendu pour ne pas jeter tous les néo-païens dans la bassine nationaliste et racialiste. Mais l’expression majeure du paganisme aujourd’hui rejoint ces thèmes, même si on peut le déplorer, et c’est ce que vous dites vous-mêmes sur votre blog.
    Quand à l’attraction des nombreux savants de la Renaissance ou de l’époque révolutionnaire pour les dieux antiques, ils tiennent plus à la restauration de l’antiquité comme source de légitimité culturelle que comme une volonté de restaurer sérieusement les cultes antiques, ce qui s’est plutôt vu au XIX° siècle comme je l’ai écrit en réponse au message précédent.
    A bientôt
    H. Billard

  17. Hugo Billard
    6 novembre 2008

    ATTENTION

    J’ai supprimé un certain nombre de messages qui faisaient sous couvert d’interrogations et de liens, l’apologie du complotisme, de l’antimaçonnisme et de l’antiaméricanisme. Pas de l’antisémitisme mais la rhétorique en est cousine.

    Pour tous ceux se sentent obligés de faire un indigeste copier/coller de toutes les fadaises qui circulent sur Internet, je conseille la lecture de l’excellente “Foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot, extrémisme” du politologue Pierre-André Taguieff (Editions Mille et Une nuits, 2005).

    A trouver là:
    http://www.1001nuits.com/livre/1001-nuits-221533-La-foire-aux-illumines-Pierre-Andre-Taguieff-hachette.html

    Et le site gouvernemental de lutte contre les dérives sectaires est le Miviludes, ici:
    http://www.miviludes.gouv.fr/

    Hugo Billard

  18. eric68
    6 novembre 2010

    Ce débat est en effet très intéressant.
    Je suis, moi aussi, ce qu’il est parfois convenu d’appeler un païen, bien que je préfère le mot de panthéiste : la principale différence entre un « païen » et un « monothéiste révélé » c’est que, pour les seconds, Dieu est hors du monde et l’a créé. Ce monde a un début et une fin alors que, pour nous, le monde n’est que la partie visible de la Divinité (dont certains aspects peuvent être personnifiés par des Dieux), il n’a pas de début ni de fin mais évolue de manière cyclique. Les religions des « Païens » sont, entre autres, une manière de représenter ce monde, en fonction de ce qu’ils ont pu en percevoir et de l’importance que certains de ses aspects ont pour leur organisation sociale.
    Je participe régulièrement à des cérémonies, en particulier pour les solstices.
    Si nous ne nous cachons pas particulièrement, il ne nous est jamais venu à l’idée de médiatiser notre activité. Une des particularités des religions « païennes » est l’absence de prosélytisme.
    Il est difficile de savoir combien nous sommes, sans doute nombreux à des degrés divers de conscience : un catholique est souvent un « païen qui s’ignore » : le culte de la vierge est la survivance de celui de la « Déesse mère » qui remonte au paléolithique, les saints sont souvent la récupération de « dieux » attachés à une activité, une fonction sociale, … , la plupart des principales fêtes sont purement « païennes » : Noël est la renaissance du soleil, Pâques, la résurrection de la nature, … et remontent probablement au néolithique.
    Le « renouveau païen » peut couvrir plusieurs choses : de véritables « païens » qui, la société se libéralisant, ne ressentent plus le besoin de discrétion, mais aussi des gens qui se livrent à des reconstitutions plus ou moins fantaisistes de « cérémonies païennes », soit pour se divertir, soit, plus sérieusement et plus ou moins maladroitement, pour essayer de retrouver une partie de leurs racines.
    La pratique des religions pré-chrétiennes n’a jamais vraiment disparue, elle s’est faites plus ou moins discrète en fonction du niveau de persécution mais l’essentiel a pu être préservé.
    J’ai vu qu’il était question, quelque part dans ces échanges, de franc-maçonnerie : ce n’est plus un secret que certaines loges sont des structures qui ont permis, et permettent encore, à des « païens » de se retrouver et de perdurer sans être trop inquiétés.

    Nous ne pouvons que soutenir avec enthousiasme ces personnes qui réalisent des démarches afin de pouvoir pratiquer librement leur religion, d’autant plus que nous nous sentons proches d’eux, même si nous ne sommes pas Grecs.
    Qu’ils puissent pratiquer le culte hérité de leurs ancêtres sur les sites qui ont été choisis à cette fin me semble légitime.
    L’argument de la protection des sites classés est discutable car il existe des églises chrétiennes en activité qui sont également des sites classés ?
    Il est inquiétant de constater que certains puissent poser la question de savoir si célébrer un culte païen peut être autorisé ou légal : nous pensions que l’inquisition était dernière nous, même si les autorités du clergé grec (entre autres) rêvent de rallumer les bûchers.
    Quels pourraient être les arguments pour interdire à des personnes de célébrer la religion de leurs ancêtres aux endroits mêmes où ceux-ci la célébraient déjà ?

    Je suis d’accord avec le message d’Helleniste du 22 août 2008 et ne voit pas le rapport entre paganisme et racisme ou nationalisme, si ce n’est que c’est un argument sans fondement utilisé par ce qui veulent nous interdire d’exister.
    Une des causes pourrait être que certains mouvements nationalistes ont grossièrement caricaturé des cérémonies dites « païennes » pensant se donner une légitimité ?
    Et ceci est repris en entretenant la confusion par les « antipaïens ».
    Un païen est, par essence, tolérant puisqu’il considère comme normal que d’autres aient une autre manière d’aborder le rapport avec le sacré. Cette autre manière n’a pas de raison d’être combattue car elle ne peut les gêner mais leur apporte une vision complémentaire.

    Je suis également en total accord avec « gay pagan », en particulier lorsqu’il réagit à la ridicule caricature de celui qui décrit les païens comme « croyant que Zeus lance physiquement des éclairs ».
    Cela na jamais été le cas, sauf peut être pour les personnes simple et peu éduquées qui prennent les choses au premier degré.
    Cette représentation est bien sûr symbolique, l’éclair et la foudre représentant les attributs de la toute puissance du dieu.
    Par contre, on peut se poser des questions concernant ceux qui imposent que la « vérité » de la création biblique du monde et de l’homme soit enseignée dans les facs de sciences sur un pied d’égalité avec la théorie de l’évolution de Darwin …
    Vu de l’extérieur, on peut également penser que les Chrétiens se livrent au culte d’objets matériels en vénérant une représentation anthropomorphique grossière fixée sur une croix ?

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