le jardin des retours

…et l’Américain Al Gore (et le panel sur le climat de l’ONU)!

Al Gore, prix Nobel de la Paix 2007Bon, celui-là était archi-favori des pronostics.

Le site du prix Nobel reprend les raisons pour lesquelles il accorde le Nobel (lien en anglais) cette année pour moitié à Al Gore et pour moitié au « panel international sur le changement climatique » (GIEC/ONU). Ils l’obtiennent « pour leurs efforts à construire et diffuser le savoir sur le changement climatique d’origine humaine, et pour poser les bases des mesures à prendre pour y faire face ». Je remarque l’équilibre du jury Nobel: il y a aussi un changement climatique d’origine naturelle, et les experts (le GIEC) sont liés au vulgarisateur (Al Gore).

Al Gore était le vice-président des Etats-Unis sous les deux mandats de Bill Clinton (1992-2000) et son combat pour l’écologie est très ancien. On peut trouver étrange qu’il ait reçu le prix nobel « de la paix ». Mais lorsque l’on imagine les conséquences sociales et politiques d’un dérèglement climatique d’ampleur (200 millions de réfugiés, Manhattan en partie sous les eaux, le Bangladesh et les îles du Pacifique sous le niveau de la mer), l’idée que le combat contre les modifications climatiques causées par l’homme est un combat pour éviter des guerres futures n’est pas anodin. Quoi que l’on pense de l’hypothèse d’un réchauffement climatique à +5°c en un siècle…

Al Gore avait suscité l’an dernier une vive émotion en Amérique du Nord (et ailleurs) avec la diffusion commentée de son film « Une vérité qui dérange ». Bande-annonce:

Le film vaut mieux que la bande-annonce, qui est très catastrophiste à la Hollywood, mais a eu le mérite de provoquer aux Etats-Unis un grand débat de société qui oblige les candidats à la Maison-Blanche à prendre position et à appeler à une politique en faveur de l’environnement dans un pays qui a toujours regardé ces sujets avec méfiance. On peut trouver agaçant l’appel à la morale et au catastrophisme. On peut trouver irritant le côté précheur culpabilisant évangéliste d’Al Gore. Mais il a provoqué un débat politique. Et c’est ce qui compte.

Pour aller plus loin quand même je vous conseille « L’Atlas mondial du développement durable » d’Anne-Marie Sacquet, paru chez Autrement en 2003, pour comprendre les enjeux géographiques donc aussi humains de la relation entre écologie et développement, ça nous change des catastrophistes qui jouent sur l’émotion.

Il faut lire aussi ce qu’en écrit Marlène sur son blog Environnement, ces sujets-là sont traités sur son blog depuis le début, avec conviction et expérience de terrain.

A bientôt

Hugo Billard


Publié par Hugo Billard le 12 octobre 2007 dans Actualité,Comprendre
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Une réaction à “…et l’Américain Al Gore (et le panel sur le climat de l’ONU)!”

  1. JG
    15 octobre 2007

    Je suis bien heureux qu’Al Gore ait ete recompense pour son travail. Je ne saurais que vous encourager a voir son film/documentaire.
    Certes c’est peut etre de la vulgarisation mais de tres bonne qualite. Le rechauffement climatique arrive et il va bien falloir gerer les consequences d’une elevation des temperatures et du niveau des Oceans.
    Les efforts entrepris par certains pays ne sont clairement pas a la hauteur de la menace qui pese sur nous et notre mode de vie.
    Aux quatre coins du monde, des villes se creent et leurs habitants adopent un mode de vie « occidental » extremement consommateur d’energie.
    Une tres bonne illustration de mon propos est la tribune de Thomas Friedman du New York Times publiee il y a quelques semaines sur les villes de Doha et de Dalian, respectivement au Qatar et en Chine.
    Voici le lien:
    http://www.nytimes.com/2007/09/19/opinion/19friedman.html?n=Top/Opinion/Editorials%20and%20Op-Ed/Op-Ed/Columnists/Thomas%20L%20Friedman
    Tout en anglais, malheureusement mais un edito qui vaut la peine d’etre lu.
    En tous cas bravo M. Gore.

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