le jardin des retours

Venise (liens)

L'escargot vénitienVenise est, sur le net comme en littérature, la championne du monde des références.

Alors quelques liens pour qui veut y comprendre quelque chose (et rêver, aussi):

Le site Geoeye propose une vue aérienne de l’escargot vénitien qui aspire le spectateur (et merci à Daniel Letouzey d’avoir suggéré ce site).

Le blog TraMeZinniMag, de Lorenzo, qui donne, au jour le jour, des nouvelles de ce qui s’y passe (une mine d’informations, et de prétextes aux rêves).

Le site « Vivre Venise » qui propose histoire, géographie, musées, et tout ce que vous voulez savoir sur Venise en n’y étant pas comme en s’y trouvant (impec pour l’histoire de la Cité des doges).

Le site de photographies lapanse.com qui donne une idée différente des cartes postales classiques, et ouf! ça fait du bien. On peut aller voir aussi rioba.it qui propose des photos prises par des Vénitiens de la vie chez eux.

Et bien sûr le site de la Biennale d’art contemporain, du Musée Guggenheim, et celui du superbe Palazzo Grassi que possède aujourd’hui la fondation Pinault.

Depuis le campiello San Giorgio dei Greci,

Ciao a tutti!

Hugo Billard


Publié le 3 novembre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

Venise sur le net : le projet Moïse

Ville-sur-la-lagune, ville en agonie permanente, ville-musée, les poncifs ne manquent pas à propos de la géographie vénitienne. Pour se faire une idée des lieux, le site de la commune de Venise propose quatre webcams. Mais ce n’est pas le sujet ici.

La ville mourra-t-elle de sa lente descente dans la lagune? Les variations du niveau causées par l’activité du port industriel de Porto Marghera et la (très) grande fréquentation touristique du site vont-elles tuer cette ville-miracle? Piero Pazzini, dans le Courrier de l’Unesco, présente le problème, et Paolo Pirazzoli sur futura-sciences explique le projet Moïse qui devrait limiter les mouvements de l’eau.

Depuis le campiello San Giorgio dei Greci cette semaine,

Hugo Billard


Publié le 31 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

Connectez les écoles!!!

Internet à l'école: encore un effort, messieurs les censeurs!Sur Infobourg.com le 9 octobre Martine Rioux titrait: « l’école n’a pas saisi le potentiel éducatif des technologies« . Cet article concernait les écoles québécoises, mais les conclusions s’appliquent à la France. « Les jeunes butinent d’une technologie à l’autre et se les approprient rapidement au fur et à mesure qu’elles apparaissent » donnant un « faux sentiment de compétence à naviguer efficacement sur le web ».

Que faire?

Nous avons des élèves pour lesquels l’usage du clavier est aussi évident que pour les générations précédentes le stylo. Et nous ne pourrions pas nous en servir dans nos cours? Lorsque je regarde autour de moi: combien de classes connectées à Internet? combien de profs utilisent les TICE (Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Education)? combien d’ordinateurs (beaucoup) connectés (peu) en réseau (encore moins) dans des classes multimédias (ouin!!!)?

Et lorsque l’on écoute ou lit ce que la presse dit des usages d’internet en classes, quelles âneries! Il y aurait trop d’Internet en classe ???

… face aux critiques

D’un côté, sur France 5, dans Ripostes, Alain Finkielkraut, que j’aime bien par ailleurs, ratiocine en considérant qu’Internet ne sert qu’à ceux qui savent s’en servir (ce qui est vrai, il faut alors d’autant plus s’en servir en classe pour que l’égalité de l’accès au savoir ne soit pas qu’une lubie), et donc qu’il faudrait cesser les usages de l’Internet en classe! Mais encore faudrait-il que l’on se serve d’Internet en classe!

De l’autre côté, Pierre Assouline, que je salue souvent ici, qui part en guerre contre Wikipédia (ou qui fait partir ses étudiants en guerre) à coups d’informations parfois non vérifiées à la source (amical salut à Daniel Letouzey qui en est victime et dont on peut comprendre le point de vue dans ce chat du point.fr de juillet dernier).

Le mieux est de lire l’enquête de Roy Rosenzweig sur Wikipédia, sur le fond de la question des sources en histoire et de leurs usages électroniques : « Can history be open source« , un article du Journal of American History, traduite en français sur Clioweb).

Wikipédia est une encyclopédie en ligne, donc imparfaite parce qu’elle est en construction permanente! Le problème ne vient pas de l’existence de Wikipédia mais de l’usage qui en est fait par ses lecteurs qui la considèrent comme une encyclopédie achevée!

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, écrivait un poète castelthéodoricien qui avait lui aussi beaucoup imité et copié les Anciens. Le lien vers l’article Wikipédia de ce poète prévient pourtant: « article qui ne cite pas suffisamment ses sources »!

Ce blog dans la presse… alors qu’Internet peut être un excellent outil pédagogique!

Alors plutôt qu’accuser son chien ou son voisin, utilisons ce qui existe, sans être dupe des insuffisances: Internet ne peut-il pas être un fantastique outil d’apprentissage de l’esprit critique? Comme tout outil, il n’est pas la panacée, il est un simple outil!

Voir les usages qu’en font les profs de Wikiprof, une très belle entreprise de collaboration entre profs pour l’usage des TICE dans leurs classes! Voir aussi ce que fait Lyonel Kaufmann avec ses étudiants, Bruno Sentier avec ses lycéens et Marie Desmares avec ses collégiens!

Comme l’écrivait Lyonel il y a un an, un « frémissement de blogs éducatifs en France »! Et on voudrait noyer tout ça? Dites-moi ce que vous pensez de cette idée et faites part de vos expériences (pédago ou autres) sur ce FORUM!

A bientôt

Hugo Billard

P.S.: le Monde de l’Education cite ce blog dans sa rubrique « blogs » ce mois d’octobre, à propos de l’analyse ici faite de la journée d’intronisation de Nicolas Sarkozy et de ses usages des symboles. Merci à eux!


Publié le 25 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

Jacques Attali contre le principe de précaution?

Jacques Attali contre le principe de précaution?Le principe de précaution est une notion complexe à cerner, même si la déclaration de Rio en propose une définition.

Dans un rapport de l’an 2000 la Commission européenne écrivait que « le principe de précaution peut être invoqué quand il est besoin d’une intervention urgente face à un possible danger pour la santé humaine, animale ou végétale, ou pour la protection de l’environnement dans le cas où les données scientifiques ne permettent pas une évaluation complète du risque ».

Fort de cet avis, ce principe a été inscrit dans la Constitution française en 2005, lorsque la Charte de l’Environnement y a été mise en annexe.

Aujourd’hui, alors que le Grenelle de l’Environnement, qui s’appuie fortement sur ce principe de précaution, entre dans sa phase finale, la Commission présidée par Jacques Attali propose de remettre en cause cette place du principe de précaution dans la Constitution, avec des arguments intéressants. Même s’il ne s’agit que du pré-rapport de cette Commission chargée de proposer des outils pour libérer la croissance économique, il fait déjà du foin. Le rapport définitif sera remis en décembre.

Le chercheur Bruno Latour, en 2000, prévenait déjà contre les dérives possibles de l’application de ce principe. Les opposants à cette proposition d’Attali sont actifs sur la toile: voir ce qu’en écrit Corinne Lepage par exemple.

Pour aller plus loin, la bibliothèque de Sciences Po propose une bibliographie commentée, et Dominique Lecourt explique le principe de précaution en revenant sur l’histoire philosophique (claire à lire) de la notion et de ses récentes évolutions.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 23 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,sur le net

Lire Lucien Febvre, contre le 22 octobre

Lucien FebvreGuy MôquetLe très utile Comité de Vigilance face aux Usages de l’Histoire (CVUH) dont j’ai pu citer, ici ou là, quelques membres, reprend, dans une tribune refusée par Libération, une citation de l’historien Lucien Febvre.

En 1919 Febvre a été nommé, avec Marc Bloch, à la très récemment française université de Strasbourg.

Contre ceux qui croyaient que ces nouveaux professeurs allaient jouer un rôle dans le refrancisation de l’Alsace-Moselle il répondit ceci:

« Une histoire qui sert est une histoire serve. Professeur de l’université française de Strasbourg, nous ne sommes point des missionnaires débottés d’un Evangile national officiel, si beau, si grand, si bien intentionné qu’il puisse paraître. La vérité nous ne l’amenons pas dans nos bagages. Nous la cherchons, nous la chercherons jusqu’à notre dernier jour. Nous dresserons à la recherche après nous, avec la même inquiétude sacrée, ceux qui viendront se mettre à notre école »

Toute actualité de cette citation n’est pas du tout fortuite mais complètement volontaire.

Comme le publient par ailleurs les auteurs, « L’abus de décontextualisations risque bien de se transformer aujourd’hui en une politique et un mode de gouvernement. » Faire lire Guy Môquet sans le contexte un jour fixe est, je le maintiens, une absurdité.

Pour moi, la vérité historique est exigeante, sa recherche une permanence, son instrumentalisation une faute.

Qu’en pensez-vous?

DISCUTONS-EN SUR LE FORUM!

A bientôt

Hugo Billard

P.S.: pour dépasser le niveau des bêtises proférées par Henri Guaino contre les profs qui refusent de lire la lettre de Guy Môquet, Le Monde a invité un psychiâtre à analyser la lettre de Guy Môquet; ça change des imprécations du conseiller de Nicolas Sarkozy…


Publié le 19 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

Anna Politkovskaïa, un an après

Anna Politkovskaïa, assassinée le 7 octobre 2006J’avais, il y a un an, consacré un billet à l’assassinat d’Anna Politkovskaïa. Au bout d’un an l’enquête sur le meurtre de cette journaliste russe d’opposition n’a que bien peu avancé.

Le journal Le Monde revient sur l’enquête et sur les réactions en Russie, en rappelant que son travail de journalisme de terrain en Tchétchénie n’était pas du goût du pouvoir à Moscou…

A compléter par le dossier que plusieurs blogueurs du webpédagogique avaient consacré à la liberté d’expression, et aux arguments avancés lors du procès de Charlie Hebdo pour sa publication des caricatures de Mahomet.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 8 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,sur le net

La conférence de Potsdam à la télévision (juillet-août 1945)

La conférence de Potsdam a réuni, du 17 juillet au 2 août 1945, les représentants des grands Alliés vainqueurs de l’Allemagne nazie: le président américain Harry Truman, le Chef de l’Etat soviétique (et secrétaire général du PCUS) Joseph Staline et l’ex-premier ministre britannique Winston Churchill, qui venait d’être battu aux élections mais à qui le nouveau PM, Clement Attlee, avait demandé de poursuivre les négociations.

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Publié le 1 octobre 2007 par Hugo Billard dans Réviser le bac,sur le net,Vidéos

Staline: un dictateur très actuel

Joseph Vissarionovitch Dougatchvili dit Staline (« l’homme de fer » même si stal signifie acier) est aussi qualifié du surnom à objectif de propagande de « petit père des peuples ». Depuis quelques jours, journaux et magazines abondent en articles de synthèse, dossiers photographiques et critiques d’ouvrages sur ce dirigeant du troisième grand totalitarisme de l’époque de la dernière guerre mondiale. Quelques éléments accessibles.

Dans le magazine L’Histoire d’octobre (attention site en cours de reconstruction selon Daniel Letouzey toujours tb informé), l’historien du communisme Nicolas Werth revient sur la Grande Terreur organisée par Staline. Ses livres La terreur et le désarroi. Staline et son système (Perrin, 2007) et L’Ile aux cannibales (Perrin 2006) reviennent sur les dernières recherches en histoire du Stalinisme et histoire soviétique. Les chiffres sont brutaux : entre 1929 et 1953, 7 millions de déportés, 7 millions de morts de famine (essentiellement en Ukraine en 1931-1933), 1.8 million de morts en camp et 1 million de fusillés dont les trois quart en 1937-1938.

L’Ukraine vit aujourd’hui difficilement la mémoire de ces événements, et la campagne électorale actuelle en est emplie.

A Boutovo, dans la banlieue de Moscou, 20700 opposants sont exécutés en masse. Nicolas Werth revient longuement sur un document, « l’ordre n°00477 », par lequel Staline ordonne le secret pour l’arrestation de 767000 personnes; la moitié est fusillée. La comparaison avec le nazisme vient naturellement à l’esprit, et les historiens s’interrogent encore sur sa légitimité (Bravo au site des Clionautes pour la richesse des compte-rendus).

Le magazine L’Express du 20 septembre, sous un titre racoleur, « le vrai visage de Staline », rappelle la biographie de l’homme, sa prise de pouvoir malgré les craintes de Lénine, son antisémitisme et l’aveuglement de nombre d’intellectuels occidentaux, comme Henri Barbusse, Louis Aragon, Paul Eluard, y compris ceux qui se sont rendus en Union Soviétique. Pour aller plus loin il faudra suivre les animations, conférences et publications du Rendez-vous de l’histoire de Blois dont le sujet cette année est « L’Opinion. Information, rumeur, propagande » (Anne, je ne pourrai pas en être, bois un verre à la santé des absents!).

Mais Staline est un sujet encore actif aujourd’hui en Russie : Vladimir Poutine surfe sur un regain de « noStalgine » (c’est de moi) qui secoue la Russie du XXI° siècle. Il rejoint une information donnée par Lyonel Kaufmann sur son blog: l’Académie des Sciences de Russie a autorisé la publication et l’usage en classe d’un manuel scolaire qui considère les massacres de 1937 comme un « mal nécessaire » et Staline comme « l’un des plus grands leaders de l’époque soviétique ». L’Express en rajoute contre cette Histoire contemporaine de la Russie (1945-2006) en pointant qu’on y lit que l’Union Soviétique était « non pas une démocratie, mais un exemple de société juste », et qu’y est inscrit le poutinisme en filiation du stalinisme pour le glorifier…

En avril 2008 paraîtra en français la biographie du Jeune Staline par Simon Sebag Montefiore, chez Calmann-Lévy. Un Staline semble-t-il plus complexe que l’opposition entre le « leader mondial » ou la « brute épaisse ». Nous en reparlerons à sa parution.

Bruno Sentier a, sur son blog « les échos d’une heure » dressé le portrait intime d’un Staline étonnant.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 1 octobre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,Lire,Réviser le bac,sur le net

Le Grenelle de l’Environnement, c’est quoi?

Depuis début juillet a commencé en France un marathon de négociations comme notre pays les aime: du monde, des idées, des confrontations, du consensus, et peut-être des avancées. La préservation de l’environnement est un des enjeux majeurs de la survie de notre modèle de société, le gouvernement a donc choisi l’association des compétences (presque toutes) pour parvenir à des idées et des lois qui vont concerner notre vie quotidienne pour les décennies à venir.

Participent à cette grand’messe syndicats, patronat, universitaires, hauts fonctionnaires, associations écologistes (pas toutes, notamment pas « sortir du nucléaire » car le nucléaire et l’EPR ont été retirés du champ des réflexions et négociations) mais peu de politiques car c’est à eux, au Parlement, que reviendront les décisions finales.

On parle d’un « Grenelle » par référence aux négociations de Grenelle qui avaient permis de mettre fin à la crise de mai 1968, même si les réunions d’aujourd’hui ne se déroulent pas dans la rue parisienne du même nom.

Voici le calendrier: du 6 juillet au 27 septembre première phase, celle des négociations-propositions, qui vient de s’achever. En octobre débats publics à Paris et en régions, puis en novembre grand raout final et décisions ultimes sous la forme de propositions de lois. L’an prochain une commission devrait en surveiller l’application.

Voir le lien vers le dossier de presse qui présente les intentions (et un peu plus).

Voici les liens vers les groupes de travail (mazette, quel panel!).

Voici le lien vers les propositions des groupes de travail sur le bâtiment, les déchets, les voitures, les énergies, les OGM, l’école, la santé et la biodiversité, annoncées hier.

Et pour calmer toutes les ardeurs et revenir aux fondamentaux, lire absolument ce qu’écrit Marlène sur le blog « Environnement » ici sur le développement du fret pour réduire le nombre de camions sur les routes.

Nous donnerons ici, régulièrement, un aperçu des propositions et réactions de ces travaux.

Bonne lecture et à bientôt

Hugo Billard


Publié le 28 septembre 2007 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre,sur le net

Les « Trente Glorieuses » de Jean Fourastié (liens)

En 1979 l’économiste (et sociologue, et beaucoup encore) Jean Fourastié publiait une étude sur les 28 années de croissance ininterrompue que les pays industrialisés, dont la France, ont vécu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945-1973), et que le choc pétrolier de 1973 a contribué fortement à ralentir.

Vous trouverez ici de précieuses informations pour réviser le cours correspondant (Terminales).

Le site de la revue Sciences humaines propose un article succinct mais efficace sur le livre les Trente glorieuses : pour ne plus jamais oublier la comparaison entre Madère et Cessac.

Pour aller beaucoup plus loin Daniel Letouzey, sur Clioweb, proposent une série de liens sur l’histoire économique très utiles aussi en SES, une mine pour des TPE. On peut voir et lire aussi le site www.jean-fourastie.org propose dans l’onglet « biographie » une étude de son itinéraire et de sa pensée. Pour les trente glorieuses, beaucoup à lire pour découvrir la richesse de ce professeur qui ne fut pas qu’économiste ou sociologue.

A bientôt

Hugo Billard

P.S.: 150e article de ce blog pour le 450e jour d’existence… merci aux lecteurs et commentateurs fidèles et bienvenue aux autres!


Publié le 16 septembre 2007 par Hugo Billard dans sur le net