le jardin des retours

L’école du passé antérieur

A lire sur son blog un billet de Philippe Joutard (historien, ancien recteur, concepteur des programmes du primaire avec Luc Ferry en 2002).

« Depuis quelques jours, les propositions de programme de l’école primaire suscitent une grande émotion dans la communauté éducative. Les syndicats d’enseignants, les inspecteurs de l’éducation nationale, la principale fédération de parents d’élèves et bien d’autres associations ont multiplié les critiques. Mais le réquisitoire le plus ferme et le plus précis est venu de deux anciens ministres de l’éducation nationale successifs, pourtant de sensibilité différente, Jack Lang et Luc Ferry : « Paresse intellectuelle, vide abyssal, imposture, reniement.» Les termes sont très durs, malheureusement justifiés pour tous ceux qui ont lu ces propositions dans le détail avec consternation mais aussi avec surprise. »

Lire la suite en cliquant ici

A bientôt

HB


Publié le 18 mars 2008 par Hugo Billard dans Non classé

200e billet…

… et voici le leitmotiv de ce blog depuis juin 2006 (lire le 1er billet):

« L’éducation ne consiste pas à gaver mais à donner faim »

… a écrit le sociologue Michel Tardy

(merci à Laurent Fillion de l’avoir repris sur son blog)

Merci aux 400 000 lecteurs du blog depuis sa création, aux démiurges du webpédagogique de le soutenir (Vincent, Claire, Julien, Maxime, rejoints par Marie, Kim et toute la bande), et aux gens-qui-ont-la-voix-qui-porte d’en avoir parlé et d’en parler encore: Daniel, Lyonel, Laurence 1, Laurence 2, Thomas, M. Augris, M. Auger, les compères Loez et Blottière, France Inter, Cyril et France 5 et Le Monde de l’Education – ça c’est pour mousser -, mes élèves et leurs parents, mes collègues et leurs amis, mes amis et Adeline, et j’en oublie beaucoup, pardon à eux, que j’oublierai hélas aussi au 300e (pas les mêmes j’espère) parce que des anciens élèves sont devenus des amis, des amis sont devenus des collègues, et des collègues sont devenus des parents, aussi dans l’autre sens, c’est compliqué tout ça mais c’est aussi le charme du temps qui va…

A bientôt, et merci

Hugo Billard

P.S.: si vous êtes à Paris ce week-end surtout ne ratez pas le vernissage de l’expo d’Adeline, on s’y retrouvera.


Publié le 29 février 2008 par Hugo Billard dans Non classé

« Le Monde » de Marx

Depuis six semaines, avec le numéro du Monde daté du jeudi, est proposé à la vente un livre. Jusque-là rien d’original. Les quotidiens et les hebdos poussent leurs ventes grâce à ce genre d’artifices. Mais là Le Monde est vendu avec un livre de philosophie préfacé par Roger-Pol Droit. Deux bonnes raisons d’en faire la pub. Après Platon, Aristote, Descartes, Voltaire et Rousseau, et avant Machiavel, Nietzsche, Hume ou Tocqueville (la collection comprendra 20 livres), le volume proposé est dédié à un auteur que l’on croyait proscrit par les forces de l’histoire.

Karl Marx himself.

Et pas n’importe quoi: Le Manifeste du Parti Communiste (attendu), un bout du premier livre du Capital (trop lourd en entier) et surtout les Manuscrits de 1844 dans lesquels Marx explique que la possession de l’argent est un pouvoir (le capital comme instrument d’aliénation). Bref, pour moins de 10 euros: la genèse de l’oeuvre de Marx (les Manuscrits), son livre d’action (Le Manifeste) et son livre majeur (Le Capital).

Marx pour moins de 10 euros!

Oui, oui, c'est de la pub

Pourquoi faire la promotion d’un tel ouvrage?

Parce que mettre le nez dans l’oeuvre d’un philosophe le rend moins intimidant, plus vivant, plus accessible, plus personnel. Et que l’on fait de la philosophie, comme de l’histoire, en se coltinant aux textes intégraux, pas en accumulant les extraits qui segmentent la pensée, même si c’est tentant de parler des livres que l’on a jamais lu. Et que l’on ne les connaît généralement que par bribes, par extraits, par citations, ou à coup d’arguments sans issue (qualifiez votre ennemi de néo-marxiste, il aura l’image d’un dinosaure).

Et si Marx valait mieux que l’idée qu’on en donne chez ses partisans ou ses détracteurs?

Raymond Aron, peu suspect politiquement d’être proche des idéaux de Marx, en a été un des meilleurs analystes. Un ensemble de notes de cours et conférences parus en 2002 s’intitule Le Marxisme de Marx. Sous-entendu: il y a autant de marxismes que de marxistes ou d’antimarxistes, et il faut lire Marx pour s’en faire une idée.

De son côté Roger Pol-Droit dans la préface présente l’homme, sa pensée et son influence avec nuance. Et une belle plume au service d’une pensée nuancée vaut le coup d’être mise entre toutes les mains. Pour R.P.-D., il faut « lire Marx indépendamment des passions qu’il a suscitées. Sans doute a-t-il pâti de trop de gloire, de trop d’attaques, de trop de jugements. Il faut s’efforcer de le redécouvrir, patiemment, comme un philosophe singulier, à qui l’on doit d’innombrables outils pour la réflexion. Il convient de le lire comme une incitation à la pensée, à la critique des représentations, quitte à le retourner parfois contre lui-même. Marx appelait Hegel « le Vieux ». Il faudrait pouvoir l’appeler ainsi à son tour, avec respect et distance » (p.XVIII).

La semaine prochaine, ce sera l’homme du surhomme et du gai savoir, l’autre Frédéric, de Saxe et de Zarathoustra. Nietzsche.

Une suggestion pour les gens du Monde: une collection du même genre regroupant les grands textes des sciences humaines (histoire, géo, sociologie, anthropologie, etc.), j’ai plein d’idées si vous en voulez. Un volume Michelet, un volume Elisée Reclus, un volume Marc Bloch, un volume Griaule, un volume Lévi-Strauss, un volume Aron,… un gai savoir universel à la portée de toutes les bourses!

A bientôt

Hugo Billard

P.S.: je ne suis pas actionnaire du journal…


Publié le 28 février 2008 par Hugo Billard dans Lire

Monarchie élective?

Laurence Hansen-Love me demande un billet sur l’idée de « monarchie élective ». Le voici. Plus long que prévu.

Dans la pétition lancée le 14 février, Jean-François Kahn et le journal Marianne appellent à une « vigilance républicaine » contre les actions du président de la République, jugeant qu’il y aurait aujourd’hui un risque de « dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective ». Dans une chronique pour Libération mercredi dernier Alain Duhamel, peu suspect de pro-sarkozysme, dénonce dans cette pétition une « posture homérique » et dénonce l’agitation du « spectre de la monarchie élective ».

Alors qu’est-ce qu’une monarchie élective?

Une monarchie est élective lorsque le chef de l’Etat est élu et porte un titre monarchique (roi est un titre devenu nom commun). Il existe aujourd’hui un certain nombre de monarchies électives: le Saint-Siège (le monarque en est le pape), les Emirats Arabes Unis (le roi est élu parmi les 7 émirs de la fédération), Andorre même parce qu’elle est co-dirigée par l’évêque de Seo d’Urgell et par le président de la République française (élu, lui). D’autres exemples dans l’article que Wikipédia consacre à cette notion (mais oui, mais oui, il y a d’excellents articles dans Wikipédia, n’en déplaise aux grincheux).

Lire la suite »


Publié le 23 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Contre la Shoah par l’émotion (II): Bensoussan, Debray, Rousso, Veil

Les réactions ont été nombreuses, depuis hier, à la proposition de Nicolas Sarkozy de faire travailler chaque enfant de CM2 à l’histoire d’un enfant juif mort pendant la Shoah.

Georges Bensoussan, du Mémorial de la Shoah, directeur de la Revue d’histoire de la Shoah, sur lemonde.fr, craint une « religiosité mémorielle » et une « mémoire victimaire »: présenter les Juifs comme les victimes permanentes de l’histoire fait craindre une concurrence des mémoires au sein d’une population française à l’identité en reconstruction (Emmanuel Todd, ce matin sur France Inter, insistait pour définir la France comme un ensemble de communautés). Georges Bensoussan craint aussi une « histoire officielle » et une « mémoire officielle » contre laquelle se révoltera la jeunesse, une « religion civile » de la Shoah qui serait contre-productive parce qu’obligatoire par l’émotion, alors que la Shoah a un caractère universel, elle « concerne l’humanité toute entière ».

Régis Debray hier sur France Inter jugeait l’idée présidentielle « très déplacée ». « Le bloquer affectivement il y a quelque chose de mortifère ».

Dans Libération ce matin l’historien Henry Rousso revient sur l’interventionnisme du président à propos de l’histoire et de sa mémoire, entre Guy Môquet l’an dernier et l’affaire d’aujourd’hui, ce qu’il appelle son « marketing mémoriel« .

Et dans la journée d’hier Mme Simone Veil, pourtant très liée politiquement à Nicolas Sarkozy, s’est insurgée avec force contre l’idée présidentielle dans un entretien à lexpress.fr: « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste, tranche l’ancien ministre, déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école. »

  • Lire l’entretien de Mme Veil à L’Express
  • A lire aussi sur le site du journal Le Monde : « à la seconde, mon sang s’est glacé ».
  • A la suite de cette publication, N. Sarkozy n’a pas changé d’avis. Comme l’écrit Pierre Haski sur Rue89: « La sortie de Simone Veil permet, surtout, de s’interroger, une nouvelle fois, sur la manière de procéder du chef de l’Etat: comment a-t-il pu lancer une telle idée sans consulter cette femme dont l’histoire personnelle et le positionnement politique en font l’interlocuteur idéal avant de lâcher en pâture à l’opinion une bombe pareille? Sauf à considérer que les idées de ses conseillers de l’Elysée sont au-dessus de toute contestation. »

Toutes les réactions tournent autour de trois idées: les craintes sur l’identification entre enfant de CM2 et enfant mort, qui pourrait s’avérer « mortifère » (Debray), la crainte d’une concurrence exacerbée des mémoires (entre des « officielles » et des « mal reconnues »), qui pourrait exacerber l’antisémitisme, sur laquelle insiste Bensoussan, et la question du poids des héritages historiques, que pose Simone Veil.

Et vous, qu’en pensez-vous?

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 16 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité

La Shoah par l’émotion

Le président l’a annoncé: chaque élève de CM2 « se verra confier la mémoire » d’un des 11000 enfants français morts pendant la Shoah. Il le justifie en disant: « Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge« .

La Shoah peut-elle s’enseigner par l’émotion? Ou l’émotion est-elle le fruit intime de cet enseignement?

J’ai tendance, vous l’aurez compris, à constater la seconde occurrence. Et à considérer l’annonce présidentielle comme contre-productive sur le long terme: la Shoah fait appel, pour être envisagée, à la raison et à une pensée structurée. L’émotion découle de la prise de conscience de l’entreprise concentrationnaire, de ses intentions et de ce qu’elle révèle de la nature d’un Etat et des Hommes qui y ont participé. J’ai bien peur que la proposition présidentielle ne soit contre-productive sur le long terme: l’émotion obligatoire trop jeune peut mener, l’âge venant, au dédain ou au rejet.

Pour éviter des commentaires passionnés, précisons une chose: j’enseigne le génocide, j’emmène mes élèves dans les camps, ils rencontrent des déportés, pas de leçons du genre « mais vous ne vous rendez pas compte de l’importance d’enseigner la Shoah ».

Si mes anciens élèves pouvaient glisser un mot ici de ce qu’ils pensent de l’annonce du président, ils sont les bienvenus.

Celui qui résume le mieux ce que je pense est Lyonel Kaufmann sur son blog: vous y lirez la déclaration de Sarkozy et sa réaction à l’annonce.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 15 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre

Lilo Petersen se souvient des « Oubliées »

Lilo Petersen est allemande. Sa mère était antinazie, réfugiée en France après 1933, avec elle. Les 14 et 15 mai 1940, alors que l’offensive allemande a commencé, craignant l’action d’une « cinquième colonne », le gouvernement de Paul Reynaud a procédé à l’internement des Allemands présents à Paris, puis sur tout le territoire dans les jours qui suivent.

La première « rafle » du Vel d’Hiv

Le 15 mai 1940 Lilo Petersen et sa mère sont internées, comme des milliers d’autres, à Paris, au Vélodrome d’Hiver. En 1942 ce lieu sera celui de la grande Rafle du Vel d’Hiv.

Peut-on comparer ces deux événements? Denis Blanchot, dans sa précise et nuancée postface, rappelle les faits: en 1940 « il n’y a pas de violence caractérisée, de ratissage policier, d’arrestations systématiques » (p.203). Reprenant la thèse de Denis Peschanski il rappelle qu’en 1940 le Vel d’Hiv est un lieu d’internement (pas de volonté de déshumanisation) alors qu’en 1942 il est un lieu d’expression de l’antisémitisme officiel. En 1940 les femmes célibataires étrangères sont les seules convoquées. En 1942 les femmes et les enfants juifs y sont parqués avant de partir vers la mort. Les intentions et les moyens sont différents dans les deux cas. Mais la douleur reste: Lilo Petersen utilise, en l’interrogeant, le terme de »rafle » pour 1940.

En 1942, rangée de bus rue Nélaton, le long du Vél d'HivIl faut dire que son itinéraire est un itinéraire qui interroge l’histoire: fille de résistante antinazie, elle a fuit l’Allemagne avec sa mère après le suicide de l’amant de sa mère, Stefan Lux, journaliste auprès de la SDN. Convoquée au Vel d’Hiv le 15 mai 1940, elle est « internée dans un camp de concentration français [Gurs], survivante des fonctionnaires de Vichy, jeune Allemande bringuebalée dans le Reich » (p.154) après que sa lointaine famille la rapatrie, orpheline, mère d’un enfant qui ne survivra pas, elle survit entre bombardements anglais et traque par la Gestapo.

[légende de la photo: Rangée de bus rue Nélaton, le long du Vél d’Hiv, en 1942. Les photos
étaient interdites à l’intérieur lors de la Grande Rafle].

Que montre ce livre, au-delà du cas exemplaire par son itinéraire de Lilo Petersen?

Il rappelle l’importance de cette rafle/internement de mai 1940, faite par la République dans le contexte de la drôle de guerre et alors qu’Hitler lance la blitzkrieg. Attention quand même: la rafle du Vel d’Hiv de 1940, passée sous silence (d’où le titre « les Oubliées ») n’a que bien peu à voir dans les intentions ni dans les moyens avec la grande rafle de 1942.

Il pose des questions à l’historien, que Denis Blanchot énonce dans sa postface.

D’abord un fait. La France des années 1930 était à la fois lieu d’accueil des opposants au nazisme et « modèle planétaire » (p.214) en matière de fichage et surveillance des étrangers: 4 millions de fiches en 1940 dans les cartons de la Police de l’Immigration.

Ensuite un élément d’analyse: les méthodes d’entraide et de dissimulation de la résistance allemande antinazie ont fortement contribué à la mise en place de la résistance française: « un résistant sur quatre, en France, à cette époque, est allemand ou germanophone » (Guilhem Zumbaum-Tomasi, cité p.223).

Enfin un élément de mémoire: 80% des résistants allemands passent dès 1945 en zone communiste, la future RDA, ce qui pose aujourd’hui l’essentiel du problème de la mémoire allemande de la Seconde Guerre mondiale. Les vagues antisémites en RDA jusqu’en 1956 poussent encore plus les résistants communistes allemands à se taire.

Le camp de GursLe camp de Gurs, un camp de concentration en France

Un des grands chapitres du livre de Lilo Petersen est consacré à sa survie dans le camp de concentration français de Gurs (voir aussi ici). Ce camp a servi en 1939 à enfermer les résistants espagnols qui fuyaient la victoire de Franco, puis en 1940 à enfermer des ressortissants étrangers comme Lilo, et ensuite à y parquer des Juifs dans le cadre de la collaboration entre le régime de Vichy et l’Allemagne nazie.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 14 février 2008 par Hugo Billard dans Comprendre,Lire

Fin de crise au « Monde »?

C’est fait. Alain Minc démissionne du Conseil de Surveillance du « Monde » (l’instance qui donne les grands axes de gestion du groupe de presse).

Il est remplacé par Louis Schweitzer, ancien patron de Renault, président de la Halde (Haut Comité de lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité). Un grand patron de gauche doublé d’une certaine conscience morale et du sens de l’Etat: ouf! Une grosse pointure.

POUR MES ELEVES: LE MONDE NE COÛTE QUE 1.30 EUROS:

  • 1.30 euros = un café au zinc à Paris, ou une bière à Meaux
  • une semaine du Monde = le prix d’un ticket de cinéma
  • et un mois de lecture = le prix de 2.5 menus MacDo grande taille (où vous savez)

Pour ceux qui préparent Sciences Po

La lecture quotidienne du journal, en picorant (mais non, pas tout, ce qui vous plaît!), est la seule totalement et complètement indispensable. Prenez le temps d’ouvrir les pages et laissez les mots agir.

Précision pour les grincheux: je n’ai pas d’actions du journal. Je suis seulement un très ancien lecteur, parfois déçu, aujourd’hui agréablement surpris. Fottorino, bonne pioche, Schweitzer, bonne pioche. La suite à lire dans le journal.

Allez, bonne lecture!

Hugo Billard


Publié le 11 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Lire

Chers habitants du V° et autres arrondissements de Paris

Philippe Meyer passe de l'observation à l'action: mais est-ce si différent?Il est un fait indéniable à l’heure où la mode est au bling-bling: l’homme de mots de faire rare. Lorsque les maux sont bus jusqu’à la lie il est temps de sonner l’hallali.

Philippe Meyer est de ces chasseurs de mots qui font depuis que mes oreilles fonctionnent le bonheur de mes radiophoniques matinées, encore aujourd’hui le dimanche matin à 10h sur France Inter et à 11h sur France Culture. Il s’y adonne à ses deux passions: la chose chantée et la chose publique.

Philippe Meyer est aujourd’hui candidat Modem aux élections municipales dans le V° arrondissement de Paris contre la PS Lyne Cohen-Solal et contre le maire sortant UMP Jean Tibéri. Ce chasseur de mots passe de l’observation à l’action et veut donner l’estocade. Disons-le franchement, j’aimerais fort habiter l’arrondissement ces semaines-ci: entendre un pédagogue expliquer le rôle d’un maire d’arrondissement (non sans humour) est un vrai plaisir. Pas seulement pour un géographe, et pas seulement pour rappeler la sous-utilisation des Arènes de Lutèce.

Merci d'activer Javascript et Flash pour voir cette vidéo Flash.

Vous allez me dire: est-ce un programme? quelles sont ses compétences? avec qui s’alliera-t-il au 2e tour?

Le simple fait de rappeler que l’action politique est le fruit d’un cheminement et non un héritage, l’effet d’une volonté et non une évidence, l’attention à la vie quotidienne à toutes ses échelles et non l’accroche trop visible à une rampe trop juteuse mérite toute notre aimable attention.

Si la politique change, nous vivrons une époque moderne.

Hugo Billard


Publié le 9 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité

Mardi c’est Super-Mardi

Big Tuesday, Super Tuesday, et même… Tsunami Tuesday. Mardi les élections internes aux deux grands partis politiques des Etats-Unis entrent dans leur phase d’accélération.

Les élections états-uniennes, comment ça marche?

Les candidats aux élections présidentielles doivent d’abord être désignés par Etats selon des modalités assez complexes:

  • caucus: les militants du parti désignent directement leur candidat (ils élisent un délégué local, les délégués locaux désignent un délégué par comté, les délégués par comté désignent le candidat au niveau de l’Etat)
  • primaires fermées: les électeurs qui se sont signalés comme pro-démocrate ou pro-républicain reçoivent un bulletin par lequel ils désignent leur candidat préféré
  • primaires ouvertes: n’importe quel électeur se signale comme voulant participer aux primaires d’un des partis (même s’il n’en est pas membre) et peut désigner le candidat de son choix. Les électeurs non inscrits pour tel ou tel parti peuvent, selon les Etats, se proposer pour voter, mais seront d’office inscrits comme pro-démocrate ou pro-républicain (tu avais raison Denis!).

Bref: les caucus sont pour les militants, les primaires pour les électeurs volontaires.

Au 30 janvier le nombre de délégués désignés favorisait Hillary Clinton talonnée par Barack Obama au sein du parti démocrate et John McCain loin devant les autres au sein du parti républicain.

L’enjeu du Super-Tuesday

Il est d’autant plus important: près de la moitié des délégués sont désignés ce jour-là dans plus de 20 Etats.

Cliquez sur l'image pour obtenir le détail Etat par Etat (Le Figaro et Wikipédia)

Une fois les candidats désignés par Etats les délégués qui les représentent se réunissent à la convention nationale du parti. Résultats du parti démocrate le 28 août à Denver, résultats du parti républicain le 4 septembre à Minneapolis pour les républicains. (source: Le Monde ici).

le blog de Rue89 sur les élections américainesLes sites français proposent des dossiers très complets sur les élections aux Etats-Unis: Le Monde, Le Figaro (par un lexique), par exemple. Le mieux reste de consulter tous les jours l’excellent blog Campagnes d’Amérique de Rue89.

Les élections officielles

L’élection présidentielle se déroule ensuite suivant un processus immuable:

  • élection nationale par tous les électeurs le 4 novembre (selon des modalités différentes par Etat) qui désignent les grands électeurs qui voteront normalement pour celui qu’ils ont promis d’appuyer)
  • proclamation officielle des résultats le 15 décembre (fin de tous les recours judiciaires)
  • 20 janvier 2009: Inauguration Day, le nouveau président (ou la nouvelle présidente) prend ses fonctions.

De la Religion en AmériqueDe la religion en Amérique

Les modalités de la campagne électorale au sein des partis ont déjà fait apparaître une différence avec les élections en France (quoique…): le vote religieux. Denis Lacorne, chercheur au CERI, auteur d’un stimulant (et jouissif, disons-le) De la religion en Amérique l’an dernier (clin d’oeil à De la démocratie en Amérique de Tocqueville), explique dans un entretien au Monde la place du religieux aux Etats-Unis et sa différence avec la France.

A bientôt

Hugo Billard


Publié le 3 février 2008 par Hugo Billard dans Actualité,Comprendre