le jardin des retours

la fable du rat et du lapin

Il était une fois un grand couturier. A sa mort son compagnon décide de vendre les objets qu’ils avaient accumulés tout au long de leur vie à deux. Parmi ces objets tous plus beaux et authentiques les uns que les autres, deux petites statues posent problème. Un petit rat et un petit lapin. Certains disent qu’ils ont été volés en 1860 lors du pillage du palais d’Eté de Pékin par les Anglais – et comme toujours les Français n’étaient pas loin: duo de bandits qui avait fait à l’époque hurler Victor Hugo. La Chine s’étrangle d’indignation que le gouvernement ne veuille pas interdire la vente, comme cela se fait chez eux parce que l’Etat a tout pouvoir. Un Chinois, antiquaire et affamé de gloriole, se porte acquéreur puis annonce qu’il ne paiera pas. Embarras de tous côtés: côté vendeur la règle des enchères est faussée si l’acheteur ne veut pas payer; côté Chine on se serait probablement passé d’une nouvelle tension avec un pays occidental. Mais deux questions n’ont pas été posées au moment de cette polémique: en 1860, les statuettes ont-elles été volées ou achetées? Le vendeur est-il responsable d’un vol qui n’a pas été commis par lui?

Moralité: le rat et le lapin sont des fouines qui se roulent dans la farine..


Publié le 16 mars 2009 par Hugo Billard dans revue de presse
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