le jardin des retours

Camus au Panthéon?

Albert Camus (1913-1960)

Le président Sarkozy veut faire entrer la dépouille de l’écrivain-journaliste-philosophe humaniste Albert Camus au Panthéon. « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ». Par ses écrits et ses engagements, il est assurément de ces « grands hommes ». Olivier Todd et Jean-Yves Guérin, ses biographes, et Jean Daniel, son vieil ami, refusent cet honneur. Sa famille aussi. Non pas pour le geste, que chacun s’accorde à trouver logique. Mais pour les intentions réelles ou supposées du président. Récupération?

Le philosophe engagé Michel Onfray publie ce soir une longue lettre au président de la République. Non pour refuser cet honneur à un écrivain qui le mériterait largement, mais pour dénoncer les incohérences entre la pratique présidentielle et la pensée en actes de l’écrivain. Il dénonce un « plan de communication » de l’Elysée. C’est argumenté, incisif, et bien écrit, même si Onfray ne prend chez Camus que ce qui lui convient, et que la lettre est bien entendu totalement à charge…

« Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire… »

Le Nouvel Observateur a consacré un large dossier à Albert Camus dans sa dernière livraison. C’est à lire dans Bibliobs.

Il faut lire son Discours de Suède (en pdf), ces mots prononcés lors de sa réception du prix Nobel de littérature, dédiés à son instituteur.

Pour aller encore plus loin, il y a tout sur Webcamus.

A bientôt

H. Billard


Publié le 24 novembre 2009 par Hugo Billard dans Actualité,revue de presse
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