Les Aventures de Tintin : On a marché sur la Lune (Hergé, 1954)

  ART DU VISUEL / BANDE DESSINÉE 

Les Aventures de Tintin : On a marché sur la Lune (extrait, planche n°8) (Hergé, 1954, 
Impression quadrichromique, 17cm x 26cm, Éditions Casterman.

Courte biographie d’Hergé :

Georges Remi, dit Hergé, né le 22 mai 1907 à Etterbeek (Belgique) et mort le 3 mars 1983, est un auteur belge de bande dessinée. Il est notamment l’auteur des Aventures de Tintin qu’il signe avec le pseudonyme « Hergé » formé à partir de ses initiales « RG ».

Présentation de l’album « On a marché sur la Lune » :

L’album « On a marché sur la Lune » a été publié en 1954, en pleine guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. Il est le 17e album de la série « Les Aventures de Tintin » et raconte, avec l’album précédent « Objectif Lune », le déroulement de la mission ayant pour objectif d’aller poser le pied sur la Lune.

Le récit commence quelques minutes après le lancement de la fusée, au moment où les passagers reprennent doucement connaissance, mais une surprise de taille les attends ! En effet les deux policiers, Dupond et Dupont, sont à bord de la fusée car ils se sont trompés d’heure.

Le voyage va ensuite se poursuivre vers la Lune mais d’autres rebondissements ne vont pas tarder à arriver et la question des réserves d’oxygène va très rapidement se poser…

La bande dessinée :

Une bande dessinée, ou « BD », est une succession d’images organisées pour raconter une histoire comique ou réaliste en suivant un scénario précis. La bande dessinée est souvent désignée comme le « neuvième art ».

Un album de BD est constitué de plusieurs planches. Chaque planche est composée de plusieurs bandes organisées de gauche à droite en vignettes.

Vocabulaire de la bande dessinée :

  • Une planche est un ensemble d’images et de textes contenu dans une page.

  • Une bande est une succession horizontale de plusieurs images, généralement entre 1 à 6.

  • Une vignette est une image d’une bande dessinée délimitée par un cadre.

  • Un cartouche contient des informations permettant de situer l’histoire dans le temps et l’espace. Il est souvent en forme de rectangle et situé dans une vignette.

  • Une bulle contient les dialogues ou les pensées d’un personnage. Elle est située dans une vignette et peut être de forme variable.

  • Un idéogramme est un symbole exprimant la pensée ou le sentiment d’un personnage.

La réalité scientifique des aventures de Tintin :

Pour préparer ces albums, Hergé s’est beaucoup documenté. Il a notamment utilisé le livre « L’Astronautique » d’Alexandre Ananoff, un pionnier du voyage spatial en France. Hergé va même réaliser une maquette extrêmement détaillée de la fusée afin de vérifier que l’ensemble des paramètres indispensables à la vie quotidienne dans la fusée sont réunis.

On peut considérer Hergé comme un véritable visionnaire car son récit envoie Tintin et ses camarades sur la Lune en 1954, 15 ans avant que Neil Armstrong pose réellement le pied sur la Lune le 21 juillet 1969. Il est intéressant de noter que le premier satellite, appelé « Spoutnik 1 » ne sera envoyé dans l’espace que le 4 octobre 1957, c’est à dire quelques années après la publication de l’album « On a marché sur la Lune ».

De nombreuses situations du scénario sont scientifiquement et physiquement correctes. On peut notamment retenir la rencontre de la fusée avec l’astéroïde « Adonis » qui reprend les caractéristiques principales de la force gravitationnelle responsable, notamment, du mouvement des planètes autour du soleil. Un autre exemple est la scène où le Capitaine Haddock observe son whisky s’échapper de son verre sous la forme d’une boule, phénomène toujours observé avec amusement par les astronautes de la station spatiale internationale (ISS).

Fiche de révision au format PDF (cliquez pour télécharger) :
TINTIN : On a marché sur la Lune (Hergé, 1954) (M. L'HÔTE)

MAUS (Art SPIEGLEMAN, 1986)

  ART DU VISUEL / BANDE DESSINÉE  Planche Maus Spiegelman

Extrait de MAUS, Volume II (Art SPIEGELMAN, 1986, 
Éditions Flammarion, 1992, pour le présent extrait).

I/ Présentation de l’œuvre

  • L’auteur: Art Spiegelman est un auteur de Bandes dessinées et un illustrateur américain. De parents juifs polonais survivants d’Auschwitz et émigrés aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, il devient une figure emblématique de la BD des années 1960-1970. Son roman graphique* Maus le rend célèbre.

* Roman graphique : bande dessinée plus longue qu’a l’accoutumé, ambitieuse et destinée à un public plus adulte.

  • Contexte historique: Maus mêle deux histoires et deux époques. Art Spiegelman raconte comment, dans les années 1970, il décide de renouer avec son père Vladek, et de recueillir son témoignage de juif polonais ayant vécu les années 1930- 1940. Il décide d’en faire une bande dessinée.
  • Clés pour la lecture artistique :

 -Art et Vladek sont à la fois personnages (on voit Art interroger son père) et narrateurs extérieurs (quand Vladek se souvient…).

 -La planche est divisée en deux strip (= bandes de vignettes qui se lisent de manière verticale ou horizontale.) qui se lisent de haut en bas. Celle de gauche représente les années 1970, celle de droite les années 1940 ( 2nde GM) et raconte ainsi un épisode tragique se terminant brutalement par les cris des S.S

 -Symboliquement les groupes humains, ont des têtes d’animaux sur des corps d’homme. Ce procédé permet de prendre de la distance par rapport aux évènements et met mieux en évidence le rapport de force entre les différents personnages.

 

PISTES DE REFLEXION

 I/ Description de la planche « Maus »

1/ et 2/ Cette bande dessinée n’est pas contemporaine des événements racontés. Elle se base sur le témoignage du père de l’auteur, un juif polonais qui a vécu les événements. Il y a un constant va et vient entre le présent (moment où le père et le fils se parlent) et le passé ( souvenirs du père).

Les vignettes 1 montrent Vladek Spiegelman père d’Art qui lui raconte son histoire (représentation contemporaine )

Les vignettes 2 quant à elles décrivent ce que raconte Vladek à son fils : arrivée dans le camp, sélection des valides/non valides et classification.

3/ Le décor se compose d’une grande pièce trouée de fenêtres. La scène a lieu à Auschwitz (le nom apparaît dans les vignettes 3 et 4 du premier strip vertical).

On distingue plusieurs groupes de personnages (sous la forme d’hommes à têtes d’animaux) : les chats (les nazis ou SS) en tenue militaire et armés de matraques ; le cochon (kapo polonais) en tenue de prisonnier mais possédant une matraque et se tenant du côté des chats ; les souris (les hommes juifs) en civil au début pour la plupart, un porte une tenue de déporté.

 Procédé narratif : Les gardes SS et le kapo obligent les arrivants à se débarrasser de tous leurs biens. Après s’être déshabillés, ils sont rasés, puis ils doivent endosser l’uniforme rayé des déportés.

Dans les récitatifs (rectangles), le narrateur externe raconte l’humiliation et la peur. Les paroles des personnages dans les bulles : Vladek, le narrateur, tente de rassurer son ami Mandelbaum .

Les paroles des SS, avec une taille de caractère plus grande, ouvrent et ferment le strip : elles sont menaçantes.

 

II/ Analyse de l’œuvre

4/ Le rapport de force apparaît d’abord dans le choix des personnages : les nazis apparaissent sous les traits de chats tandis que les juifs sont représentés par des souris. Les Nazis en chats : prédateurs violents qui chassent les souris (Juifs) qui sont prises au piège.

L’auteur pose des têtes d’animaux sur des corps humains car cela lui permet de représenter le représenter le rapport de force entre les détenus (souris) et les gardiens (chats). Mais c’est également un moyen de montrer la deshumanisation totale et la sauvagerie des Nazis.

La relation de force est aussi rendue par les gestes des personnages, agressifs pour les nazis, épaules voûtées, tête baissée pour les juifs. Enfin, les textes soulignent le lien entre bourreaux et victimes.

5/ Le texte amplifie la violence des images car il répète la situation d’humiliation et de déshumanisation des déportés montrée dans les vignettes. Il incarne aussi dans les personnages de Vladek et de Mandelbaum le sort de tous les juifs.

6/ L’utilisation du noir et blanc donne un côté journalistique ou documentaire à l’histoire ; il participe aussi à la création d’une atmosphère oppressante, notamment dans les dessins saturés de hachures qui assombrissent la case, comme les vignettes 2 et 3 du second strip. L’auteur choisit le noir et blanc pour montrer le caractère sombre des évènements. Il s’agit d’exprimer la douleur et la souffrance que pouvaient ressentir les détenus.

  • Pourquoi Art Spiegelman a-t-il voulu raconter l’histoire de son père ?

Art a raconté l’histoire de son père déporté pour garder une trace des souffrances des victimes. Pour lui il faut raconter ce qui s’est passé pour ne pas oublier et pour que de telles choses ne se reproduisent pas. C’est ce qu’on appelle le devoir de mémoire : obligation morale de se souvenir des victimes et de leurs souffrances. Il s’agit de transmettre cette mémoire aux générations futures.

  • Pourquoi utiliser la bande dessinée pour raconter cette histoire ?

L’auteur utilise la BD car c’est un support populaire et accessible à tout le monde. Les gens comprennent vite le message qui est donné. C’est un support particulièrement apprécié chez les jeunes.

 

III/ Etablir des liens avec une autre œuvre : 

Shalekhet

Shalechet (feuilles mortes) (Menashe KADISHMAN, 2005, 
Pièces métalliques,
Musée Juif de Berlin).

7/ La souffrance de la multitude a été représentée par la création de 10 000 visages d’acier dont les traits simplifiés à l’extrême évoquent la tristesse ou la douleur. Lorsque le visiteur marche dessus, les pièces font un horrible bruit métallique.

8/ Bilan :

Art Spiegelman comme Menashe Kadishman ont créédeux oeuvres très différentes mais qui se rejoignent dans la volonté de perpétuer la mémoire des victimes du génocide des juifs afin que celles-ci ne soient jamais oubliées. Le premier raconte le destin de son père juif polonais, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale tandis que le second offre aux visiteurs du musée juif de Berlin une expérience à la fois physique et intellectuelle (il faut réfléchir à ce que son installation symbolise), déstabilisante (déambulation malaisée, bruits métalliques) mais marquante.

 

Fiches de révision au format PDF (cliquez pour télécharger) :
SPIEGELMAN & MAUS - L'art et le devoir de mémoire (Mme POTEMPA)
SPIEGELMAN & MAUS - L'art et le devoir de mémoire (Mme WOLFER)