CAPTAIN AMERICA NO. 13 (Al AVISON – 1942)

  ART DU VISUEL / ILLUSTRATION (BD) 

Captain America NO.13 (Al AVISON, 1942, 
Impression quadrichromique, 19,7cm x 26,7cm, États-Unis d’Amérique).

La couverture :

L’oeuvre proposée ci-dessus est la couverture du comic n°13 de la série Captain America. Ce numéro est paru aux Etats-Unis en avril 1942. Elle a été réalisée par l’illustrateur Al Avison, l’histoire étant écrite pour sa part par Stan Lee.

L’éditeur

Captain America est publié par Timely Comic, fondé par Martin Goodman. Ce studio prendra par la suite le nom de Marvel Comic.

Quant au Captain, ses créateurs sont Jack Kirby et Joe Simon. Les deux sont juifs et sont inquiets du sort des juifs en Europe, victimes de la pression nazi. Il souhaite donc faire du Captain un outil de mobilisation de l’opinion. Après 10 numéros, les 2 créateurs quittent le studio pour raison financière et le captain est repris par d’autres auteurs.

Contexte historique :

En Europe, la 2ème Guerre Mondiale a éclaté depuis 1939, mais les Etats-Unis sont restés à l’écart. Pourtant, un élément majeur va faire bousculer l’opinion : le 7 décembre 1941, la base militaire américaine de Pearl Harbor, située dans le Pacifique, est attaquée par des avions japonais, alliés des Allemands. En réponse à cette attaque, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne et au Japon, et entrent ainsi en guerre aux côtés de la France et de l’Angleterre notamment. Les Etats-Unis sont à cette époque le pays le plus puissant du monde, et ils vont mettre en œuvre toute leur puissance au cours de cette guerre.

A propos du Captain America :

Le personnage du Captain America, comme il est visible sur la couverture, est décrit comme une personne extrêmement musclée, rapide et très puissante. Il véhicule des valeurs comme l’honneur, le courage ou le patriotisme (son costume et son bouclier sont des références au drapeau des Etats-Unis). A l’origine, le Captain se nomme Steve Rodgers, un citoyen recalé du service militaire car trop petit et trop maigre pour pouvoir faire un soldat correct. Néanmoins, il est si désireux de servir son pays qu’il accepte de servir de cobaye dans une expérience qui va le transformer et qui va en faire le Captain America, symbole du pays et de ses valeurs.

Description de l’oeuvre :

Au centre de la couverture se trouve Captain america, portant son célèbre bouclier. Il donne un violent coup de poing à un officier japonais. Derrière le Captain se trouve Bucky Barnes, un compagnon du Captain. En arrière plan, on assiste à une scène de bataille navale, qui est en fait une référence à Pearl Harbor : on y voit des avions kamikazes japonais foncer vers la marine des Etats-Unis. La phrase prononcée par le Captain y fait également référence (« vous avez commencé »). On voit enfin une opposition entre les drapeaux des 2 pays : celui de l’empire japonais se trouve en bas à gauche ; le drapeau des Etats-Unis est présent entre les jambes du Captain, sur son bouclier et son costume.

Signification de l’oeuvre :

La couverture n’a en réalité aucun lien par rapport à l’histoire qu’elle contient, même si celle-ci se passe au Japon. En revanche, tout dans la couverture du comic est en référence avec l’attaque de Pearl Harbor et des représailles des Etats-Unis.

Tout d’abord, le coup porté par le Captain défonce le visage de l’officier. Symboliquement, cela montre que les Etats-Unis vont mener une guerre d’anéantissement, et ne s’arrêteront que lorsque l’empire japonais sera réduit à néant.

Ensuite, le support choisi pour cette œuvre n’est pas innocent. Les comics sont généralement lus par un public assez jeune, le but étant de leur montrer que leur héros va s’opposer aux ennemis du pays. C’est une manière de faire comprendre aux jeunes qu’ils peuvent un jour être amenés à eux-aussi prendre les armes contre les ennemis du pays. C’est donc une œuvre de propagande.

Enfin, la couverture conserve aussi une vision raciste, avec une opposition entre les Etats-Unis, qui ont été attaqués sans avertissement et qui ne font cette guerre que pour réparer le tort qui leur a été causé, et le Japon qui est vu comme perfide.

Réception de l’oeuvre :

A l’époque, le comics Captain America s’écoule en millions d’exemplaires. C’est donc un très bon moyen pour véhiculer un message, surtout pour les plus jeunes. Cependant, entre 1940 et 1945, les aventures du Captain sont majoritairement orientées vers l’Allemagne, le Pacifique reste un front secondaire.

Pour aller plus loin :

Le jour du brevet d’histoire des arts, le jury peut être amené à vous poser des questions sur des sujets que vous avez évoqué durant votre exposé. Je vous donne ici quelques pistes de travail, et je vous suggère de les compléter par des recherches personnelles.

Concernant les comics, il existe aujourd’hui 2 grands studios, Marvel et DC Comics. Chacun d’eux à ses supers-héros emblématiques (qui sont aujourd’hui très à la mode aussi bien au cinéma qu’à la télévision) :

_Marvel : Hulk, Spider-Man, Iron Man, Thor, Captain America…

_DC Comics : Superman, Batman, Green Lantern, Wonder woman…

Concernant la propagande, je vous invite à relire vos cours sur les totalitarismes ou encore la 1ère guerre mondiale, pour vous permettre de donner d’autres types de propagande (je pense par là à Hitler, Staline, ou encore la 1ère œuvre d’HDA).

Pour les plus cinéphiles/adorateurs de séries d’entre vous, je conseille de visionner les derniers films de supers-héros ( large choix, entre les Avengers, les Iron Man, les Thor, The Dark Knight…et directement en lien, les 2 films du Captain). Loin d’être des chefs d’oeuvre, ils demeurent tous de bons films pour passer le temps durant vos longues soirées d’hiver qui arrivent, mais vous permettront aussi de constater qu’ils sont revenus à la mode ces dernières années (les studios Marvel sortent quasiment 2 films de supers-héros par an depuis 2010). Demandez-vous si ce choix est purement financier ou si des messages politiques se cachent derrière.

Toujours cinéma, mais davantage en rapport avec la Guerre Mondiale, les films de Charlie Chaplin, certes anciens, n’en demeurent pas moins une critique acide du pouvoir d’Hitler (je recommande en particulier le Dictateur). La série documentaire Apocalypse vous offrira quant à elle de nombreuses informations sur cette guerre, en plus de proposer des images d’archives.

Rappelez-vous, le jour de l’épreuve, le jury fera son maximum pour vous aider, en rebondissant sur ce que vous lui avez proposé. L’épreuve dure 10-15mn, dont une majeure partie prise par votre exposé, faites donc en sorte de décrire correctement votre œuvre et de proposer des pistes de réflexion sur des sujets que vous maîtrisez en rapport avec l’oeuvre. Le jury remarquera et saura ainsi sur quoi vous interroger, et cela facilitera votre travail.

Fiche de révision au format PDF (cliquez pour télécharger) :
CAPTAIN AMERICA NO 13 (1942) (M. BLOCQUET)

MAUS (Art SPIEGLEMAN, 1986)

  ART DU VISUEL / BANDE DESSINÉE  Planche Maus Spiegelman

Extrait de MAUS, Volume II (Art SPIEGELMAN, 1986, 
Éditions Flammarion, 1992, pour le présent extrait).

I/ Présentation de l’œuvre

  • L’auteur: Art Spiegelman est un auteur de Bandes dessinées et un illustrateur américain. De parents juifs polonais survivants d’Auschwitz et émigrés aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, il devient une figure emblématique de la BD des années 1960-1970. Son roman graphique* Maus le rend célèbre.

* Roman graphique : bande dessinée plus longue qu’a l’accoutumé, ambitieuse et destinée à un public plus adulte.

  • Contexte historique: Maus mêle deux histoires et deux époques. Art Spiegelman raconte comment, dans les années 1970, il décide de renouer avec son père Vladek, et de recueillir son témoignage de juif polonais ayant vécu les années 1930- 1940. Il décide d’en faire une bande dessinée.
  • Clés pour la lecture artistique :

 -Art et Vladek sont à la fois personnages (on voit Art interroger son père) et narrateurs extérieurs (quand Vladek se souvient…).

 -La planche est divisée en deux strip (= bandes de vignettes qui se lisent de manière verticale ou horizontale.) qui se lisent de haut en bas. Celle de gauche représente les années 1970, celle de droite les années 1940 ( 2nde GM) et raconte ainsi un épisode tragique se terminant brutalement par les cris des S.S

 -Symboliquement les groupes humains, ont des têtes d’animaux sur des corps d’homme. Ce procédé permet de prendre de la distance par rapport aux évènements et met mieux en évidence le rapport de force entre les différents personnages.

 

PISTES DE REFLEXION

 I/ Description de la planche « Maus »

1/ et 2/ Cette bande dessinée n’est pas contemporaine des événements racontés. Elle se base sur le témoignage du père de l’auteur, un juif polonais qui a vécu les événements. Il y a un constant va et vient entre le présent (moment où le père et le fils se parlent) et le passé ( souvenirs du père).

Les vignettes 1 montrent Vladek Spiegelman père d’Art qui lui raconte son histoire (représentation contemporaine )

Les vignettes 2 quant à elles décrivent ce que raconte Vladek à son fils : arrivée dans le camp, sélection des valides/non valides et classification.

3/ Le décor se compose d’une grande pièce trouée de fenêtres. La scène a lieu à Auschwitz (le nom apparaît dans les vignettes 3 et 4 du premier strip vertical).

On distingue plusieurs groupes de personnages (sous la forme d’hommes à têtes d’animaux) : les chats (les nazis ou SS) en tenue militaire et armés de matraques ; le cochon (kapo polonais) en tenue de prisonnier mais possédant une matraque et se tenant du côté des chats ; les souris (les hommes juifs) en civil au début pour la plupart, un porte une tenue de déporté.

 Procédé narratif : Les gardes SS et le kapo obligent les arrivants à se débarrasser de tous leurs biens. Après s’être déshabillés, ils sont rasés, puis ils doivent endosser l’uniforme rayé des déportés.

Dans les récitatifs (rectangles), le narrateur externe raconte l’humiliation et la peur. Les paroles des personnages dans les bulles : Vladek, le narrateur, tente de rassurer son ami Mandelbaum .

Les paroles des SS, avec une taille de caractère plus grande, ouvrent et ferment le strip : elles sont menaçantes.

 

II/ Analyse de l’œuvre

4/ Le rapport de force apparaît d’abord dans le choix des personnages : les nazis apparaissent sous les traits de chats tandis que les juifs sont représentés par des souris. Les Nazis en chats : prédateurs violents qui chassent les souris (Juifs) qui sont prises au piège.

L’auteur pose des têtes d’animaux sur des corps humains car cela lui permet de représenter le représenter le rapport de force entre les détenus (souris) et les gardiens (chats). Mais c’est également un moyen de montrer la deshumanisation totale et la sauvagerie des Nazis.

La relation de force est aussi rendue par les gestes des personnages, agressifs pour les nazis, épaules voûtées, tête baissée pour les juifs. Enfin, les textes soulignent le lien entre bourreaux et victimes.

5/ Le texte amplifie la violence des images car il répète la situation d’humiliation et de déshumanisation des déportés montrée dans les vignettes. Il incarne aussi dans les personnages de Vladek et de Mandelbaum le sort de tous les juifs.

6/ L’utilisation du noir et blanc donne un côté journalistique ou documentaire à l’histoire ; il participe aussi à la création d’une atmosphère oppressante, notamment dans les dessins saturés de hachures qui assombrissent la case, comme les vignettes 2 et 3 du second strip. L’auteur choisit le noir et blanc pour montrer le caractère sombre des évènements. Il s’agit d’exprimer la douleur et la souffrance que pouvaient ressentir les détenus.

  • Pourquoi Art Spiegelman a-t-il voulu raconter l’histoire de son père ?

Art a raconté l’histoire de son père déporté pour garder une trace des souffrances des victimes. Pour lui il faut raconter ce qui s’est passé pour ne pas oublier et pour que de telles choses ne se reproduisent pas. C’est ce qu’on appelle le devoir de mémoire : obligation morale de se souvenir des victimes et de leurs souffrances. Il s’agit de transmettre cette mémoire aux générations futures.

  • Pourquoi utiliser la bande dessinée pour raconter cette histoire ?

L’auteur utilise la BD car c’est un support populaire et accessible à tout le monde. Les gens comprennent vite le message qui est donné. C’est un support particulièrement apprécié chez les jeunes.

 

III/ Etablir des liens avec une autre œuvre : 

Shalekhet

Shalechet (feuilles mortes) (Menashe KADISHMAN, 2005, 
Pièces métalliques,
Musée Juif de Berlin).

7/ La souffrance de la multitude a été représentée par la création de 10 000 visages d’acier dont les traits simplifiés à l’extrême évoquent la tristesse ou la douleur. Lorsque le visiteur marche dessus, les pièces font un horrible bruit métallique.

8/ Bilan :

Art Spiegelman comme Menashe Kadishman ont créédeux oeuvres très différentes mais qui se rejoignent dans la volonté de perpétuer la mémoire des victimes du génocide des juifs afin que celles-ci ne soient jamais oubliées. Le premier raconte le destin de son père juif polonais, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale tandis que le second offre aux visiteurs du musée juif de Berlin une expérience à la fois physique et intellectuelle (il faut réfléchir à ce que son installation symbolise), déstabilisante (déambulation malaisée, bruits métalliques) mais marquante.

 

Fiches de révision au format PDF (cliquez pour télécharger) :
SPIEGELMAN & MAUS - L'art et le devoir de mémoire (Mme POTEMPA)
SPIEGELMAN & MAUS - L'art et le devoir de mémoire (Mme WOLFER)

LIBERTÉ (Paul ELUARD, 1942) & LIBERTÉ (Jean LURÇAT, 1943)

  ART DU LANGAGE / POÉSIE 

1. Le poème : LIBERTÉ

Sur mes cahiers d’e?colier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’e?cris ton nomSur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’e?cris ton nomSur les images dore?es
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’e?cris ton nom

Sur la jungle et le de?sert
Sur les nids sur les gene?ts
Sur l’e?cho de mon enfance
J’e?cris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journe?es
Sur les saisons fiance?es
J’e?cris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’e?tang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’e?cris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’e?cris ton nom

Sur chaque bouffe?e d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne de?mente
J’e?cris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie e?paisse et fade
J’e?cris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la ve?rite? physique
J’e?cris ton nom

Sur les sentiers e?veille?s
Sur les routes de?ploye?es
Sur les places qui de?bordent
J’e?cris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’e?teint
Sur mes raisons re?unies
J’e?cris ton nom

Sur le fruit coupe? en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’e?cris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dresse?es
Sur sa patte maladroite
J’e?cris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu be?ni
J’e?cris ton nom

Sur toute chair accorde?e
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’e?cris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les le?vres attendries
Bien au-dessus du silence
J’e?cris ton nom

Sur mes refuges de?truits
Sur mes phares e?croule?s
Sur les murs de mon ennui
J’e?cris ton nom

Sur l’absence sans de?sir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’e?cris ton nom

Sur la sante? revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’e?cris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis ne? pour te connai?tre
Pour te nommer

Liberte?

Paul ELUARD, extrait de Poésies et Vérités, 1942

 

2. Analyse

Pendant la guerre, engage? dans la Re?sistance, Paul Eluard participe au grand mouvement qui entrai?ne la poe?sie franc?aise, et le poe?me Liberte? ouvre le recueil Poe?sie et Ve?rite? paru en 1942.

Les textes qui forment ce recueil sont tous des poe?mes de lutte. Ils doivent entrer dans la me?moire des combattants et soutenir l’espe?rance de la victoire : comme on le faisait pour les armes et les munitions, le poe?me Liberte? a? e?te?, a? l’e?poque, parachute? dans les maquis.

Ce poe?me de Paul Eluard est un hymne a? la liberte?. Il e?tait destine? a? e?tre entendu par les re?sistants.

Le poe?te de?crit la situation du peuple pendant la guerre (armes des guerriers), la mort, l’obscurite?, la destruction, l’emprisonnement (sang- cendre- nuit-ombres- chiffon- de?truits- e?croule?es -ennui- moisi- de?mente (folie des hommes)- murs de mon ennui- orage, pluie)

En de?crivant tout ce sur quoi il faut e?crire le mot liberte?, le poe?te de?crit ce qui est prive? de liberte? : pas de liberte? d’enseigner, censure (pages lues, pages blanches, silence), souffrance physique et mort des hommes, pas de liberte? de circulation, privation mate?rielle et morale (solitude nue).

MAIS Paul Eluard envoie aussi un message d’espoir aux combattants.

Il existe une progression chronologique dans le texte: il part de l’enfance (e?cole; livres d’images, monde des contes: roi, guerriers)- puis l’enfance apparai?t comme un souvenir, signe qu’il a vieilli (l’e?cho de mon enfance) puis de l’adolescence, le temps de l’amour (saisons fiance?es) pas force?ment heureux (l’absence sans de?sirs, la solitude) enfin la vieillesse (difficulte?s de sante?- marches de la mort):
c’est tout au long d’une existence qu’il faut lutter pour la liberte?.

Structure du poe?me :
Ce poe?me est compose? de vingt–trois strophes. Ces quatrains se compose de trois heptasyllabes (7) et d’un te?trasyllabe (5).
Chaque strophe se termine par un « refrain ».
Le dernier vers sonne comme un e?cho au titre.

Les figures de style du poe?me :
Le poe?me est principalement rythme? par l’anaphore de la pre?position « sur » pre?sente dans chaque strophe (excepte?e la dernie?re).
Paul Eluard se sert aussi
– de la personnification (les saisons fiance?es, la montagne de?mente, les sueurs de l’orage);
– d’assonances (strophe 17 : vitres, surprises, attendries, silence ) et
– d’allite?rations (strophe 21 : sante?, risque, disparu, espoir, sans, souvenir).

 

 ART DU VISUEL / TAPISSERIE 

Copie de Liberte_Picaud_46

Liberté  (Jean LURÇAT, 1943) 
2,83m x 3,64m, tapisserie (basse lice), chaîne coton, trame laine,
Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, Angers (France)

L’œuvre :

Sur un fond ocre jaune se de?tachent, au centre, deux astres passant l’un devant l’autre telle une e?clipse. Dans les quatre coins de la tapisserie, on peut lire des extraits du poe?me de Paul Eluard, Liberte?. Les derniers mots du poe?me viennent s’inscrire dans le soleil : … Pour te connai?tre / … Pour te nommer / Liberte?

Dans le soleil de?coupe? en quatre parties : on distingue en bas a? gauche, sur fond noir, un serpent et la tige d’une plante fleurie qui s’e?panouit en haut a? gauche sur un fond clair ; en haut a? droite, sur un fond noir, se de?tachent des visages aligne?s et, en bas, sur un fond blanc, s’inscrit le mot « Liberte? ».

Un coq est au-dessus du soleil, installe? sur un trophe?e de cornes de taureau ; il porte les trois couleurs – bleu, blanc et rouge – du drapeau franc?ais.
Sur le fond de la tapisserie, il y a des nuages clairs et sombres, des e?toiles et des extraits du poe?me.

E?tude de l’œuvre :

La tapisserie est compose?e et tisse?e en 1943, clandestinement dans les ateliers d’Aubusson.
On retrouve dans cette œuvre un certain nombre de the?mes chers a? Jean Lurc?at auxquels il donne une re?sonance particulie?re dans ce contexte de la Re?sistance.

Le soleil rayonnant de flammes rouges apparai?t comme symbole de la vie et de l’espoir. En contraste, la guerre est repre?sente?e par l’astre sombre place? derrie?re le soleil. Cette ombre contient des cra?nes e?parpille?s, image de destruction et de mort. Le serpent rappelle son symbole tire? de la Bible, le mal contre lequel on doit lutter. Les visages aligne?s dans la lumie?re repre?sentent la vie, la lutte arme?e de la Re?sistance.

Le coq place? au-dessus du soleil repre?sente, quant a? lui, le symbole de la France. Il est peut e?tre ici une e?vocation de la victoire, un symbole triomphant de la re?sistance a? l’ennemi.

Cette œuvre est peut-e?tre l’e?vocation de la victoire, un symbole triomphant de la re?sistance (soleil) sur l’ennemi (astre sombre, lune).

Fiche de révision au format PDF (cliquez pour télécharger) :
Œuvrer pour résister : de l'écriture à l'œuvre