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Mémoire de la Grande Guerre : art funéraire et Histoire locale. (3°3/3°4)

Après le massacre de 1914-1918, toutes les communes françaises ont érigé des monuments aux morts, pour témoigner de la saignée, rendre hommage au sacrifice des 1 350 000 « Morts pour la France » ( militaire ou civil reconnu mort pour la défense de la patrie- loi de 1915). L’Etat accorde souvent des subventions pour réaliser les monuments qui prennent les formes les plus variés, mais leur emplacement est souvent central dans l’espace urbain ou villageois. L’étude du monument aux morts du 15 ème arrondissement et de la plaque commémorative dans le hall de l’Ecole élémentaire Blomet permet de déterminer la place centrale de la Grande Guerre dans la Mémoire Nationale.

L’art funéraire est une forme d’art englobant les objets en lien avec la mort. Le plus souvent il s’agit de sculptures que l’on trouve dans les églises ou les cimetières. C’est un art qui connaît un grand développement dans l’aristocratie au Moyen Âge et aux temps Modernes (tombeaux des rois dans la basilique St-Denis). Puis il a été délaissé jusqu’aux lendemains de 1914-1918 pour connaître alors une grande popularité.

Comment se manifeste la Mémoire des soldats « Morts pour la France » dans notre arrondissement?

I Description

1) le monument aux morts du 15ème

image

 

Le monument aux morts du 15 éme arrondissement est un cénotaphe ( monument funéraire sans corps inhumés). C’est un monument massif, une stèle rectangulaire, en pierre blanche, situé sur une dalle à laquelle on accède par quelques marches. Il est entouré de graviers, de fleurs et protégé par une grille, le public ne peut donc y accèder. Il se situe à moins de 50 m de la mairie. Sur la stèle, une grande inscription :  » A nos morts »

-Au centre, un poilu en uniforme, les bras en croix, regarde le spectateur. Il porte la redingote des fantassins, le casque Adrian, une partie de son barda, aucune arme.
-A gauche, on trouve un groupe en mouvement de six personnages du XVIIème et XVIIIème siècles qui regardent le poilu. On distingue au premier plan deux aristocrates, des militaires portant perruques à la mode de Louis XIV qui baissent leurs chapeaux face au poilu. Derrière eux, deux hommes habillés à la mode de la Fin XVIIIème, également tournés vers le poilu. L’un d’eux ressemble beaucoup à la statue de Danton que l’on trouve à Odéon. Enfin, derrière la stèle, deux soldats – des cavaliers à cheval- révolutionnaires portent drapeaux et étendards. La main d’un des cavaliers touche presque la main droite du poilu.
– A droite, deux statues verticales, immobiles, celles d’une femme, recouverte d’un voile, et d’un enfant. La femme passe son bras autour de l’épaule de l’enfant et tous les deux ont les têtes baissées.

2) La plaque commémorative de l’Ecole élémentaire Blomet

Elle est située dans l’entrée de l’Ecole élémentaire Blomet, sur le mur de gauche. C’est une grande plaque de marbre gris clair, ourlée sur les rebords d’un tressage de lauriers en marbre gris-vert. Elle comporte plus d’une centaine de noms , classés par ordre alphabétique, et gravés à la feuille d’or. Les âges au moment du décès sont gravés.plaque1

II Interprétation

A) Dans la forme: des monuments civiques, laïques et républicains

L ´ historien Antoine Prost a défini quatre grands types de monuments érigés dans les années 1920 et 1930. Nos deux sculptures appartiennent aux monuments où la République est exaltée, et non pas la Victoire. Aucun symbole religieux, mais des allusions au christianisme avec le poilu en croix, et peut être également avec femme éplorée une allusion à la Vierge Marie. Aucune arme, pas de fusil Lebel, pas de position guerrière. La Nation est convoquée, avec des figures historiques datant des siècles derniers.

Sous la plaque de Blomet, une petite figure en bronze de Marianne, allégorie de la République et de la Nation.

B) Des témoignages de la mort de masse d’hommes jeunes

Ces cénotaphes rappellent les tueries de la Grande Guerre. Chaque commune à été touchée, chaque école, voire chaque famille. Les victimes sont toutes des hommes jeunes ( 26 ans en moyenne parmi les anciens élèves de Blomet) dont la mort brise les familles. Il faut noter que certaines familles sont particuliérement touchées avec deux fils tués. L’étude patronymique révèle des noms d’origine française, avec une part notable de noms issus des province (Bretons, Alsaciens réfugiés à Paris après la guerre de 1870…). Les nombreuses veuves et orphelins éplorés sont évoqués. On peut noter une égalité de traitement dans la mort, puisque tous les soldats quels que soient leurs grades sont juxtaposés à Blomet, tandis que la sculpture du Poilu renvoie à tous les Poilus morts, comme la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe représenté tous les « Morts pour la France ».photo

En conclusion, la Première guerre mondiale a une place particulière dans la mémoire collective. La statuaire se développe de nouveau après la Grande Guerre avec les monuments aux morts. Les victimes des guerres suivantes sont rajoutées sur les monuments, mais n’ont pas donné lieu à de nouveaux monuments.

Prolongements

Pour trouver les monuments d’une commune http://www.cheminsdememoire.gouv.fr

Retrouver un soldat mort pour la France
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=24&titre=morts-pour-la-france-de-la-premiere-g
Voir la nécropole des rois de France à la basilique Saint-Denis

 

 


Publié par duhamel le 19 février 2014 dans 3ème,Epreuve orale au Brevet Juin 2016
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