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Dieux et héros grecs au musée du Louvre

La classe de 6e3 est allée au musée du Louvre vendredi 18 janvier : un parcours avec conférencier leur a permis de découvrir des sculptures et peintures en rapport avec la mythologie grecque.

Un grand bravo à eux, qui se sont montrés très enthousiastes et réactifs face aux œuvres !

Quelques extraits des impressions et souvenirs des élèves  :

 

C’était très bien… Il y avait une histoire sur Marsyas, un faune (…) Cette histoire était représentée en peinture, qui était sur le plafond d’une salle du musée. Cette histoire m’a marquée car je la trouve horrible et triste. (Inès)

 

C’est très intéressant car je n’ai jamais compris les statues en marbre. Ce qui m’a marquée, c’est l’histoire de Marsyas (Maud)

 

J’ai bien aimé l’œuvre de la pomme d’or, cela se passait entre Athéna, Héra et Aphrodite, et Pâris devait choisir à qui donner la pomme d’or … (Alice)

 

L’œuvre qui m’a marquée est le sarcophage sculpté où il y avait Atalante. Je me rappelle que la conférencière avait dit que c’était la femme qui courait le plus vite du monde. Son père voulait qu’elle se marie mais elle ne le souhaitait pas donc elle proposa d’épouser l’homme qui la battrait à la course  … (Charlotte)

 

J’ai bien aimé l’amphore dédiée à Athéna montrant des athlètes qui s’entraînent aux jeux, avec le nom du propriétaire de cette amphore en grec ancien. (Damien)

 

J’ai bien aimé la sculpture d’Héraclès très musclé tenant son fils dans sa main (Flore)

 

La Vénus de Milo ( ou Aphrodite) m’a beaucoup plu, je trouve cette sculpture très belle et expressive. (Lauriane)

 

J’ai trouvé que c’était super ! Nous répondions à chaque question. Nous avons parlé d’Homère, des Titans, des dieux, les monstres et leurs origines. Ce qui m’a marqué c’est le tableau de Marsyas puni par Apollon et la Vénus de Milo (Fouad)

 

Le sarcophage était très beau, la façon de sculpter les statues était magnifique, surtout celle d’Hercule avec la peau du lion …       ( Nicolas)

 

C’était très intéressant. Héraclès était représenté avec une musculature surhumaine. ( Victor)

 

Toutes les œuvres de personnages avaient chacune des caractéristiques différentes (Justine)

 

J’ai adoré l’histoire avec Actéon qui se transformait en cerf et le mythe où il y a Atalante qui doit chasser le sanglier à l’aide de plusieurs chasseurs. (Antoine)

 

On a appris plein de choses, c’était la première fois que je partais au musée du Louvre. L’oeuvre qui m’a le plus marquée est l’histoire de Marsyas car elle est touchante (Chloé)

 

J’ai bien aimé aussi la statue représentant Hercule avec la peau du lion de Némée. Pour enlever la peau du lion, il avait pris une de ses griffes. ( Dorian)

 

Les œuvres qui m’ont le plus marquée sont celles où il y a Marsyas et la sculpture d’Héraclès (…) on pouvait sentir sa force, il tenait son fils dans ses mains. ( Mathilde)

 

J’ai aimé l’histoire d’Atalante : elle était racontée sur un sarcophage… ( Noémie)

 

L’histoire que j’ai bien aimée est la chasse d’Actéon ( Moussa)

 

J’ai appris plein de choses. J’ai aimé l’histoire de Marsyas, un peu triste parce qu’à la fin il se fait écorcher la peau sur l’ordre d’Apollon. ( Boukhary)

 

Il y a la peinture au plafond qui m’a impressionnée (…) Il y avait tous les petits détails et c’était en perspective ( Ruth)

 

Chacun avait son groupe, chaque œuvre avait une explication, une histoire… J’ai aimé la sculpture de Marsyas et la Vénus de Milo … elle n’a plus de bras mais on imagine qu’elle tenait la pomme d’or (Elie)

 

On a beaucoup participé … on a travaillé sur des choses qu’on connaissait, comme par exemple la Vénus de Milo… ( David)

 

C’était ma 2ème fois au Louvre mais je n’avais jamais vu de sculpture en marbre. La statue de Marsyas qui est dépecé m’a marquée ( Valentina)

 

J’ai bien aimé l’histoire d’Atalante (Charle-Eric)

 

J’ai bien aimé être dans le Louvre et me remémorer les histoires de la mythologie. Je me souviens du tombeau qui racontait qu’Achille ne voulait pas aller à la guerre donc il s’était caché dans la partie réservée au femmes… (Timothy)

 

Il y avait les satyres, comme Marsyas ; ils exagéraient toujours, quand ils étaient tristes, ils étaient très tristes, quand ils étaient joyeux, ils étaient très joyeux mais quand ils étaient en colère, mieux valait les laisser seuls… ( Maëlle)

 

 

Quelques liens vers les œuvres :


Publié le 6 février 2013 par duhamel dans 6ème,Visites de musées

Delacroix, La liberté guidant le peuple, 1830. (3°3/3°4)

 

 

 

 

 

Ce tableau a été peint par Eugène Delacroix (1798-1863) en 1830, peintre parisien résolument anti-républicain, aux lendemains de la Révolution des Trois Glorieuses, les trois journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Comment ce tableau est-il devenu le symbole de la République????

Contexte historique :

En 1815, la monarchie est restaurée après la chute de l’empereur Napoléon Ier.

Les deux frères de Louis XVI , Louis XVIII (de 1815 à 1824) puis Charles X ( de 1824 à 1830), occupent le trône. Charles X est un défenseur acharné de l’absolutisme monarchique, renversé pourtant en 1789. Le 26 juillet 1830, il censure la presse et réduit un droit de vote déjà très limité. Mené par des polytechniciens, le peuple de Paris réagit rapidement et construit des barricades. Durant trois journées des 27,28 & 29 juillet 1830, appelées les « Trois Glorieuses »,  les parisiens se battent dans les rues de Paris. Charles X doit quitter la France. Louis-Philippe d’Orléans devient roi, succédant à son cousin, c’est le début de la monarchie de Juillet. La seconde République ne s’installe qu’en 1848.

A première vue, ce tableau donne une image de la république triomphante. Il représente une journée révolutionnaire sur une barricade le 28 juillet 1830.

I- Description de l’œuvre :

a) Description générale :
Les parisiens, toutes classes sociales et générations confondues, se révoltent et déchaussent les pavés pour en faire des barricades. Au sommet des tours de Notre-Dame, on peut apercevoir le drapeau français. Au fond du tableau, les soldats se font tirer dessus par les révolutionnaires. On peut penser que la scène se passe sur la rive gauche, boulevard Saint-Michel. La signature du peintre est rouge et très visible à l’intérieur de la scène.

b) Les personnages ont leurs corps  tournés vers le spectateur, même s’ils regardent dans des directions différentes:

• La femme porte le bonnet phrygien, symbole des esclaves affranchis à Rome, et repris par les Révolutionnaires en 1789; son visage se découpe en profil grec comme une médaille. Derrière sa tête, une auréole de fumée fait l’effet d’une auréole divine ; elle tient un fusil à baïonnette et brandit le drapeau tricolore ( celui qui montre l’unité de la Nation : le bleu et le rouge sont les couleurs de Paris, le blanc celui de la monarchie). Elle est la personne la plus animée du tableau. Delacroix lui a fait prendre la posture du gladiateur Borghèse, sculpture antique du Louvre avec les quatre membres en opposition;  elle apparaît telle une déesse antique, et semble également inspirée de la victoire de Samothrace. C’est une allégorie : la représentation incarnée d’une idée. C’est elle qui donnera son visage à la France : Marianne, incarnation de la République représentée sur tous les logos officiels.

Les allégories sont beaucoup utilisées depuis la Révolution de 1789 : voir les deux femmes sur la stèle de la Déclaration des Droits de l’homme, l’une représentant la France monarchique se défaisant des chaînes de l’absolutisme, l’autre la Raison appelant le peuple à suivre les valeurs de la Déclaration.


• Le jeune garçon marche vivement comme Marianne, il épouse ses gestes. Victor Hugo s’inspire de ce jeune homme pour inventer « Gavroche » dans les Misérables.

Gavroche meurt lors d’un combat sur une barricade en chantant :

Je ne suis pas notaire,
C’est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C’est la faute à Rousseau.

Joie est mon caractère,
C’est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C’est la faute à Rousseau.

Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute …

 

• On peut penser que le bourgeois que l’on voit est Delacroix, son sabre est volé aux morts. Victor Hugo  s’en inspire également pour le personnage de Marius dans Les Misérables.
• Un ouvrier implore la femme lors de son dernier souffle.

• Le cadavre du soldat au premier plan a été pillé, il ne lui reste qu’une chaussette.
• Un élève de l’école polytechnique est représenté (bicorne).

c) Les couleurs :
Le bleu, le blanc et le rouge reviennent en permanence sur ce tableau. On les aperçoit sur tous les personnages ainsi que sur le drapeau français. Mais on peut également observer des couleurs sombres comme le marron et le noir.

d) La lumière vient de la gauche, donc de l’ouest, la scène se déroule en fin de journée.

e) la composition pyramidale, triangulaire : la vie et l’espérance sont représentées au milieu du tableau, en haut. En bas, la mort et le désespoir.
(voir ci dessous « le radeau de la Méduse » de Géricault (1820)  & dans la même galerie du Louvre à qui Delacroix emprunte la composition)

II L’analyse de l’œuvre

Pourquoi le tableau de Delacroix est-il devenu plus célèbre que l’événement qu’il représente ?

Ces scènes de bataille ont souvent été représentées par les peintres de l’époque en utilisant des vues panoramiques avec des personnages très petits dans le tableau, c’est exactement le contraire du procédé de Delacroix. Le spectateur est placé très bas devant des figures aussi grandes que lui.

La place du chef est réservée à une femme. Elle joue un rôle-clé au sommet d’une pyramide de corps et se trouve au point de rencontre de ligues obliques, elle attire le regard du spectateur et celui des hommes du tableau qu’elle domine. On se demande ce que peut faire une femme à moitié nue au milieu des coups de feu.

Son style vestimentaire est emprunté aux statues des déesses grecques antiques comme la Vénus de Milo et porte le bonnet phrygien, symbole d’émancipation, qui rappelle que le peuple français doit se battre pour conquérir sa liberté devant la menace absolutiste de Charles X.
Cette femme est allégorique, elle n’a ni nom ni histoire personnelle et incarne une idée abstraite : la liberté. Delacroix a souhaité exprimer l’idée qui a guidé le mouvement. Le tableau montre la volonté populaire. Toutes les parties de la société sont représentées et expriment une même soif de liberté : les acteurs, tous en mouvement, semblent vouloir sortir de la toile, et se battre pour leurs idées. La Révolution semble un torrent qu’on ne peut arrêter tant que ses aspirations n’auront pas été satisfaites.

Au XIXème siècle toutefois, le tableau ne séduit pas : il est accablé d’injures car ici l’allégorie n’est pas idéalisée (comme dans le tableau de la Déclaration des droits de 1789) mais représentée parmi le peuple, dénudée, et un peu vulgaire pour les spectateurs de l’époque. Les autres personnages font figure de délinquants avec port d’armes illégales. Le peintre n’a pas cherché à être séduisant : dans ce tableau la violence est omniprésente et les détails sont macabres.

Ici, l’image du peuple se rapproche de ce qu’on appelait « la populace ». Ce tableau pose question, quand on connait les convictions politiques d’Eugène Delacroix.
A-t-il voulu, par cette œuvre, faire l’éloge ou la caricature d’une démocratie ? Il a montré la complexité des luttes, le dynamisme de la Révolution, toujours violente.

Le tableau vient de rejoindre l’antenne du Louvre à Lens, ancienne cité minière du Nord, que les gouvernements récents ont souhaité « revitalisé » en y créant la première antenne du Louvre en province.

L’œuvre avait déjà quitté Paris pour  Tokyo en 1999 et  Strasbourg en 2004.

La Liberté a servi de Marianne sur les timbres de 40 centimes. Elle figure sur des pochettes de disque pour la MarseillaiseÇa IraLe Temps des cerises et L’Internationale.

En fait Delacroix n’a jamais été un insurgé. Il était sceptique face à la démocratie.

Louis-Philippe avait acheté son 28 juillet 1830, cette allégorie de type classique inclue dans une vue réaliste, comme le veut le tout jeune goût romantique. C’est cette «désidéalisation» qui a choqué. Elle ne choque plus aujourd’hui.

 

 

 

 


Publié le 22 novembre 2011 par duhamel dans 3ème,4ème,Epreuve orale au Brevet Juin 2016,Visites de musées