Le dictateur de Charlie Chaplin : une caricature d’Hitler/ HDA

Le dictateur de Charlie Chaplin est une œuvre étudiée en Histoire des arts en vue de l’oral de fin d’année.

Cet extrait est tiré du film Le Dictateur, réalisé par le cinéaste anglais (et principal acteur du film) Charlie Chaplin. Celui-ci s’est fait connaître à l’époque du cinéma muet avec le personnage de Charlot et un film comme les Temps Modernes. Il s’inspire des acteurs-réalisateurs, tels que Buster Keaton, référence des films comique et burlesque. Le Dictateur a été écrit en 1938, tourné en 1939 et est sorti sur les écrans en 1940. Il sort en France qu’en 1945.

Il s’agit du discours prononcé par le dictateur de Tomainia, Hynkel. Hynkel est évidemment une caricature de Hitler: on reconnaît notamment sa moustache, ses uniformes ou encore sa manière de parler lors de meetings ou à la radio. Chaplin montre bien d’ailleurs tous les instruments dont Hitler s’est servi pour constituer son personnage et imposer sa propagande aux Allemands: avec ses uniformes, Hitler aimait ainsi se montrer en militaire, en chef de guerre prêt au combat, par opposition aux autres hommes politiques en civil désignés alors comme des lâches; par ailleurs, en public, il ne discutait pas, il ne parlait pas mais il criait, il hurlait sa haine des démocraties et des Juifs, notamment lors des meetings du parti nazi.

Il s’agit ici d’une parodie des discours de Hitler pour la théâtralité des gestes, le ton vindicatif, mais cela est exagéré par la violence sur les micros (qui se plient de terreur quand Hynkel s’emporte contre les Juifs) et aussi tourné en ridicule (toussotements, discours à moié incompréhensible…)

Visionnez maintenant un discours du véritable Adolf Hitler devant la jeunesse allemande. Relevez les points communs entre la réalité et la caricature qu’en fait Charlie Chaplin.

Hynkel s’adresse aux dignitaires du régime mais aussi à une foule qui l’applaudit après chaque grande tirade, fait le salut nazi ; mais d’un simple geste (lui-même grotesque), Hynkel fait applaudir ou arrêter d’applaudir la foule : signe de l’obéissance totale des masses au dictateur. Ce qui est à la fois drôle et inquiétant ! Chaplin a bien observé la mise en scène dans les manifestations de masse comme le congrès du parti nazi à Nuremberg.

En nous faisant rire aux dépens de Hynkel, Chaplin nous fait réfléchir (et a fait réfléchir ses contemporains) sur les aspects inquiétants de Hitler et de son régime : – La violence de son discours (expansionnisme, antisémitisme…) – La mise en scène soigneuse des discours de Hitler devant les masses. – L’obéissance aveugle des foules (culte de la personnalité)

Hitler apparaît comme un véritable fou qu’il faut combattre. Pour un artiste comme Chaplin, les armes sont d’abord celle de l’humour, du burlesque.

En bonus 2 autres scènes cultes du Dictateur

La scène finale du film avec un discours très engagé de Charlie Chaplin ( à découvrir en cours de français pour les 3eC )

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histoiregeoalasource

Nathalie Deprey, professeur D'histoire Géo au collège la Source à Rilly la Montagne

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