Méthode pour étudier une document iconographique

7 11 2011

Bonjour à toutes et tous,

Méthode de la caricature
La caricature est une représentation grotesque, volontairement déformée, de personnes ou d’évènements. Les caricatures se multiplient au XIXesiècle en liaison avec le liberté de la presse et l’instauration de régimes plus libéraux. Elles cherchent à transmettre une opinion ou un jugement.

1°) Présenter, situer la caricature.
• L’auteur de la caricature.
• Le public visé et le support dans lequel elle a été publiée (si c’est un journal, quel type ? Quelle orientation ? Etc. ).
• Le thème de la caricature.
• La date, le lieu de publication et le contexte.

2°) Analyser, prélever les informations de la caricature.
• Étudier le sujet : qui sont les personnages ? A quoi les reconnaît-on ? Qui est le personnage principal ? Quelle est l’action représentée ?
• Étudier la composition, les lumières, les couleurs : où sont situés les principaux personnages ? Comment sont-ils mis en valeur ? Les couleurs sont-elles symboliques ?
• Étudier le trait : de quelle façons les personnages sont-ils caricaturés ?

3°) Interpréter la caricature.
Pour comprendre le sens de la caricature, la considérer de trois points de vues différents :
• Du point de vue de son auteur : quel jugement ou opinion a-t-il voulu exprimer et transmettre ?
• Du point de vue du public visé par l’auteur : quelle opinion peut-il se faire des personnages ou de l’évènement tels que la caricature les lui montrent ?
• De votre point de vue : quel éclairage la caricature donne-t-elle aujourd’hui sur le passé ? Que nous apprend-elle sur les personnages et événements caricaturés ? Sur l’auteur de l’œuvre ? Sur son public ?
Conclure en évaluant :
• Son originalité (technique, thème, auteur, public…).
• Son efficacité (clarté de son sens, message, réactions qu’elle suscita à l’époque, renommé actuelle…).
• Son degré de vérité (quelle confiance doit-on lui reconnaître dans ce qu’elle nous dit du passé ? ).
Méthode tableau, peinture
Les œuvres d’art sont très souvent utilisées par l’historien, soit comme source, soit comme document d’étude, soit comme illustrations. Elles reflètent les sentiments et la personnalité de l’auteur et témoignent des grandes évolutions d’une époque.
1°) Présenter le tableau.
? L’auteur.
? Le thème du tableau.
? La date d’exécution.
? Ses dimensions et son lieu de conservation.
? Le genre du tableau : portrait, nature morte, paysage, allégorie, scène religieuse, historique ou peinture dite de genre (scènes quotidiennes, familières, populaires ).
? Le contexte historique, littéraire et artistique de l’œuvre.
2°) Analyser le tableau.
? La technique utilisée : dessin (au crayon, au fusain, à la sanguine), technique à base d’au ( aquarelle, gouache, pastel, détrempe, fresque ), peinture à l’huile, gravure ( lithographie, eau-forte… ).
? La composition : distinguer les différents plans du tableau et décrire ce qui y est représenté. Dégager la géométrie secrète du tableau :les grandes lignes directrices ( horizontales, verticales, diagonales ), qui organisent et relient entre eux les éléments du tableau.
? Les couleurs : préciser la palette, c’est-à-dire l’ensemble des couleurs employées, et les couleurs dominantes. Qualifier la tonalité de l’ensemble ( tons chauds : rouge, orangé, jaune, ou froids : bleu, vert, violet ). Décrire la touche, c’est-à-dire la manière d’étaler les couleurs sur le tableau. Analyser les effets ainsi créés.
? Les lumières : déterminer les sources de lumière, la mise en évidence d’un personnage ou d’un objet et les contrastes obtenus.
? Le dessin : dire s’il est net, flou, énergique, délicat…
? Les personnages et les objets : décrire leur place, leurs formes, leurs attitudes…
3°) Interpréter le tableau.
Présenter la signification historique et artistique de l’œuvre et montrer sa portée :
? Quelles sont ses particularités artistiques ?
? La vision de l’artiste est-elle conforme à une réalité objective ? Quel est le parti pris de l’auteur ?
? Quel est l’intérêt historique du document ?
? Quelle est la portée du tableau ?

Expliquer une photographie :
Les spécialistes de l’Antiquité, du Moyen Age et de l’époque moderne, ceux qui fondent leur savoir sur une étude précise de l’art ou de l’archéologie font, en effet, un usage courant de l’image. L’apparition entre la fin du XXe siècle et le début du XXe siècle, du cinéma et de la photographie de reportage vient complexifier les rapports des historiens aux images.
A savoir:
L’historien sait qu’il est important d’interroger ses sources. Pour analyser une photographie, il faut se dire qu’elle ne s’est pas faire toute seule.
Pour exister, il faut au moins un photographe, un dispositif technique et un sujet : trois champs qui devront respectivement faire l’objet de l’analyse critique.
a/ Le photographe :
Son statut (civil ou militaire) ou sa qualification (amateur ou professionnel) mais aussi des éléments de sa biographie permette de mieux analyser la manière dont il aborde le sujet. On peut aussi s’interroger sur la position du photographe par rapport à son sujet : appartenait-il aux exécuteurs, aux témoins ou aux victimes ?
Oublier le photographe, c’est penser que la photographie s’est faite toute seule, sans intervention humaine. N e pas s’intéresser au photographe, c’est négliger ce qui a déterminé l’acte de prise de vue c’est-à-dire la raison d’être de l’image.
Mésestimer l’importance de l’auteur (pas seulement pour la photographie), c’est en somme risquer de ne pas comprendre ce qu’il a voulu dire ou faire à travers le geste photographique.
b/ L’objet photographique :
Après le photographe, l’analyse doit se reporter sur l’image elle-même. Par exemple, le choix de la photographie couleur n’est pas innocent car le photographe doit poser plus longtemps qu’avec le noir et blanc. En contrepartie, le photographe gagne pour montrer la modernité technologique.
L’aspect de l’image est révélateur. Le cadrage hasardeux, la distance, le flou caractérisent les rares photographies clandestines. A l’inverse, un cadrage particulièrement soigné, une image trop bine éclairée ou composée, trahit la préparation, voire la mise en scène (souvent dans les photographies de propagande).
Il faut s’interroger sur chacune des composants techniques (film, focale, vitesse, profondeur de champs) et stylistique (cadrage, composition, lumière) de l’image.
c/ Le sujet :
A côté du contexte de l’image, il faut étudier celui du sujet.

Proposition de méthode :
1/ Présenter la photographie : son auteur, la date et le contexte, le contexte de la prise de vue, le sujet, les destinataires et l’intention de l’auteur.
2/ Lire la photographie : couleurs ou pas, rechercher les plans, centre/point de fuite, les points nets/flous
3/ Interpréter la photographie : Que dit la photographie ? que veut lui faire dire le photographe ?
La photographie n’est pas neutre, elle a un point de vue, elle est plus ou moins spontanée ou posée. Elle peut être officielle ou pas.
4/ Dégager l’intérêt et la portée du document : que nous apporte ce document sur telle ou telle période, tel ou tel évènement ou tel ou tel personnage. Comment a-t-elle été reçue à l’époque ? quel chemin a-t-elle parcouru jusqu’au moment présent ?

Etudier la « Une « d’un journal
Méthode :
1/ Présenter la « une » : le type de journal (quotidien…) , sa catégorie ( presse d’information, thématique), l’opinion qu’il représente et éventuellement sa tendance politique, son propriétaire. La date et le contexte ainsi que les destinataires ne sont pas à oublier.
2/ Etudier la mise en page de la « une » : quel est le gros titre ? Qu’est-ce qui est en gras ? Utilise-t-on des couleurs, des photographies, des dessins ? quelle place est accordée aux différentes informations ? Repérer la hiérarchie de l’information.
3/ Expliquez le choix de cette hiérarchie de l’information ?
4/ Dégagez l’intérêt historique et la portée du document : Que nous apporte ce document sur l’évènement, sur le personnage ? Comment a été reçue l’information ? quel effet a-t-elle produit ?


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