DESSINER LE MONDE

France culture a diffusé 4 émissions sur le thème de la cartographie :

site culture monde

Voici un extrait d’un épisode de la série américaine The West Wing, qui se passe à la Maison Blanche et décrit son fonctionnement. On entend les conseillers du Président qui reçoivent un collectif pour les cartes et la justice sociale: ils expliquent devant leurs yeux ébahis que les cartes qu’on utilise aujourd’hui ne sont tout simplement pas bonnes, et ne représentent pas correctement la réalité des continents, de leur place et de leur taille.

On interroge assez peu, c’est vrai, les planisphères qui illustrent nos manuels de géographie, ils nous paraissent naturels: c’est la vision qu’on a tous peu ou prou du monde aujourd’hui, avec l’Europe au centre-nord, l’Afrique qui paraît guère plus grande que l’Amérique Latine, elle-même à peu près grande comme l’Alaska. Pourtant il existe d’autres manières de représenter le monde, de tracer les frontières, et cette instabilité de la carte est fonction de changements historiques, mais aussi géopolitiques.

Qui a dessiné nos fonds de carte, qui a découpé les continents?

Et si on en changeait?

Invité(s) :
Christian Grataloup, géographe, professeur à l’université Paris VII-Denis-Diderot
Alain Lamballe, général de brigade, spécialiste de l’Asie du sud
Sébastien Colin, sinologue, maître de conférences à l’INALCO.

de l’instabilité à la carte

L’art de la carte

Voilà on entend ici les explorateurs de l’ « île au trésor », dans une adaptation télévisée du fameux roman d’aventures de Robert Louis Stevenson publié sous la forme de feuilleton à partir de 1881. Ils viennent de mettre la main sur la précieuse carte qui les lancera sur des océans inconnus et dangereux. Stevenson raconte d’ailleurs qu’il a dessiné cette carte avant d’écrire son roman, un après-midi pluvieux où il avait emprunté à son fils des crayons de couleur. La carte précédait donc le récit.
La carte est un objet de fascination dans la littérature d’aventures, et les cartes anciennes sont en elles-mêmes des trésors. Elles sont des objets précieux, au-delà, ou peut-être en deça, des informations qu’elles donnent. La carte est peut-être avant tout un dessin, un ensemble de tracés, avec des motifs, des couleurs, une harmonie particulière. La carte fascine le collectionneur qui les expose, et l’artiste qui les dessine ou les détourne.

Alors en quoi la carte est-elle un objet d’art, et le cartographe un artiste? On verra comment on expose la carte, on verra aussi comment l’artiste s’empare de ses possibilités et de ses contraintes.

cartes en colère

On entendait Guy Vadeboncoeur, le commissaire canadien d’une exposition consacrée aux cartes à Saint Malo cette année, il parlait des exigences qui doit avoir celui qui « fabrique les cartes ». Aujourd’hui on va parler du métier de cartographe, et pas de n’importe quel cartographe, puisqu’on va parler plus particulièrement de la posture de cartographe engagé.

La carte n’est pas un objet neutre, c’est une création ô combien subjective, on en a parlé ces deux derniers jours avec Christian Grataloup et Catherine Hofmann. Le cartographe, enquête, relève, et dessine, en fonction de ses propres émotions et de ses propres révoltes.  Alors est-ce que la carte peut-elle et doit-elle être un objet critique? Comment travaille le cartographe lorsqu’il est confronté à l’injustice, à la guerre, à l’instabilité des territoires? Est-ce que ses propres émotions travaillent et modifient le résultat de son travail?

On en parlera toute à l’heure avec Khalil Toufakji, qui est cartographe à Jérusalem, et qui a longtemps travaillé pour l’Autorité palestinienne, ainsi qu’avec Delphine Papin, qui est cartographe au journal Le Monde.

 

Invité(s) :
Philippe Rekacewicz, cartographe, journaliste au Monde Diplomatique.
Delphine Papin, docteur de l’Institut francais de géopolitique, Université Paris 8 et cartographe au journal Le Monde
Khalil Tafakji, cartographe et géographe palestinien, ancien conseiller de Yasser Arafat, membre de la délégation palestinienne pendant les négociations à Taba (1992-2001).

les cartes 2.0

C’était des contributeurs au projet OpenStreetMap dont il va largement être question aujourd’hui des gens comme vous et moi qui, quand ils se promènent, font aussi des relevés: un banc, un pont, une piste cyclable. Ils relèvent des données, et les inscrivent sur un site internet: ils participent ainsi à ce qu’on pourrait à l’inventaire du monde en quelque sorte.

Un exemple spectaculaire de ce que le numérique a apporté à l’activité cartographique. La toile et les hautes technologies ont en effet bouleversé les usages de la cartographie. Aujourd’hui tout utilisateur de smart-phone ne se perd plus jamais, puisqu’il a toujours à disposition, dans sa poche, une carte précise et qui ne le quitte pas.

Et pourtant il y a encore des zones du monde peu ou pas cartographiées, ou alors des zones om l’accès à la carte n’est pas facile, ou pas gratuit.

Comment le numérique et ses outils ont-ils changé l’activité cartographique? Comment fonctionnent les cartes qu’ont voit sur le net, d’où viennent les données qui les composent?

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