Villes et développement durable

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit en ville, cette proportion d’urbains va augmenter dans les années à venir en particulier dans les pays émergents et sur le continent africain. Cette croissance urbaine implique une augmentation de la pollution liée au transport, mais aussi pour les grandes villes des pays du sud, un véritable défi quant à la gestion des déchets, des logements, de l’accès à l’eau potable …

Quel urbanisme pouvons-nous mettre en place au XXI°s pour absorber ces nouveaux urbains ?

Une urbanisation rapide qui se poursuit

La puissance des villes

La population urbaine dans le monde, qui a atteint 3,4 milliards de personnes, égale pour la première fois de l’histoire à la population rurale », indiquait l’ONU dans un communiqué laconique publié en avril 2008. Théoriquement, la population urbaine dépassait la barre des 50 %. Théoriquement, car encore faudrait-il être sûr de savoir exactement qui est « urbain » et qui est « rural », tant les définitions diffèrent selon les pays. La frontière entre le monde urbain et rural n’est pas une ligne nette, c’est presque toujours un large espace de transition.

 Métropole : ville principale qui a une influence sur l’ espace national et même mondial. Métropole mondiale: ville dominante qui concentre l’essentiel des activités économiques, culturelles, politiques,  et des hommes. Les 4 plus grandes métropoles mondiales sont : Tokyo, Paris, Londres, New York.

 Mégapole : agglo peuplée de plus de 10 millions d’habitants

 Mégalopole : vaste région urbanisée qui s’étend sur plusieurs centaines de km et relie des villes géantes.

Le développement rapide des villes géantes est la conséquence la plus spectaculaire de la métropolisation du monde. Les perspectives de croissance pour 2025 ne sont pas les mêmes selon les continents. Quasi-nul en Europe, le taux de croissance est très faible sur tout le continent américain. En revanche, il explose en Afrique et en Asie, où les chiffres donnent le vertige. Selon les estimations de l’ONU, Tokyo devrait atteindre 36 millions d’habitants en 2025, Djakarta 32 millions, Manille 30 millions, New Delhi 29 millions, Bombay 28 millions et Shanghai 23 millions, pour ne citer que les plus importantes.

La transition urbaine

Dans les vieux pays industrialisés, la croissance urbaine est ralentie puisque les taux sont aux alentours de 70 %. En revanche, les pays en développement et surtout les pays émergents connaissent une croissance urbaine explosive alimentée par l’exode rural.

Dans ce qu’on pourrait appeler la « transition urbaine », les vieux pays industrialisés sont dans une phase ultime, avec une population urbaine déjà largement majoritaire, mais des taux de croissance très faibles, voire nuls. A l’opposé, les pays émergents et les pays en voie de développement  restent dans une phase précoce, avec une population majoritairement rurale (à l’exception de l’Amérique latine, traditionnellement et historiquement urbaine), mais des taux de croissance très élevés, qui les entraînent vers une urbanisation incontrôlée ( cf Lagos ). Quant aux pays ex-communistes, la crise profonde qui a suivi l’effondrement du bloc soviétique y a provoqué un recul de la population urbaine, avec, dans presque tous les cas, un retour à la terre.

Les disparités socio-spatiales

Entre 2000 et 2010, 227 millions de pauvres ont été « sortis » des taudis grâce à des politiques d’amélioration de l’habitat, indique l’ONU. Cela n’a pas empêché la population des bidonvilles de gonfler de 776 millions d’habitants en 2000 à près de 830 millions en 2010, ou même 1 milliard selon des critères moins restrictifs. A l’inverse les plus riches se réfugient dans des « Gated communities »  Il s’agit alors de ségrégation socio-spatiale.

Depuis 2008, plus de la moitié de l’humanité vit en ville, selon les Nations unies. Et, en 2050, la planète comptera 6,4 milliards d’urbains, soit plus des deux tiers de la population mondiale qui atteindra alors 9 milliards. Or « 40 % de la croissance urbaine se fait dans les bidonvilles », souligne le Forum économique mondial de Davos.

  • Gentrification : Le terme vient de l’anglais gentry, bourgeoisie ; il a un sens proche mais différent d’embourgeoisement. Il désigne un processus de renouvellement de la composition sociale et démographique d’un quartier au profit de ménages plus aisés.
  • Rénovation : amélioration de l’habitat.
  • Réhabilitation : changement de fonction d’un bâtiment (usines qui deviennent des logements ou des bureaux).
  • Gated communities : communautés urbaines fermées dans lesquelles les habitants se regroupent en fonction de critères sociaux ou ethniques.

 

La mobilité , un enjeu majeur face à des villes qui s’étendent

L’extension urbaine

Les villes s’étalent de plus en plus dans l’espace, l’espace péri-urbain augmente. Ainsi en France, la superficie des agglomérations a augmenté de 75 % alors que la population n’a augmenté que de 25 %. Le rêve du pavillon de banlieue s’accompagne de la voiture et donc de la pollution et des embouteillages.

Un enjeu social et économique

Les lieux de résidence sont éloignés des lieux de travail, ce qui implique le recours à un moyen de locomotion, la voiture individuelle, mais cela a un coût financier et environnemental, ou bien alors les transports en commun qui représentent aujourd’hui un enjeu majeur de gestion des agglomérations.

En France, tous les 10 ans, nous consommons en urbanisation l’équivalent d’un département français. Les terrains rendus artificiels (routes, urbanisation, équipements) représentent près de 10 % de la superficie de la France et s’étendent régulièrement.

La croissance démesurée de la périphérie des villes est non seulement responsable d’une part significative de la disparition de la biodiversité, mais surtout elle détruit, année après année, les terres agricoles les plus riches qui manqueront pour nourrir les générations futures. Les grandes villes n’ont pu se développer que du fait de l’existence de ressources alimentaires et en eau abondantes à proximité. Les meilleures terres agricoles étaient donc celles de la périphérie des grandes villes. La majeure partie de ces terres a aujourd’hui disparu.

Construire des quartiers éloignés des centres-villes implique de financer l’allongement des réseaux électriques, téléphoniques, d’assainissement ou d’eau potable, ou encore de construire des dessertes routières et des parkings.

Cet étalement, qui génère souvent des quartiers consacrés uniquement à l’habitation, conduit les habitants à multiplier les déplacements entre lieux de résidence, de travail ou de loisir. Ces déplacements se font le plus souvent en véhicule individuel car les transports en commun sont bien plus complexes à déployer dans cette situation que dans un contexte urbain plus dense. L’imperméabilisation d’immenses surfaces de sol par l’asphalte ou le ciment conduit à aggraver les crues, à dégrader la qualité des eaux qui ruissellent.

Cela génère des investissements considérables en ouvrages de protection ou en stations d’épuration. Quant aux effets climatiques du « bétonnage », il suffit, pour les ressentir, de s’allonger sur une route goudronnée par une chaude après-midi d’été, puis de s’allonger dans l’herbe pour comparer !

https://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/10/lutter-contre-l-etalement-urbain-priorite-d-une-politique-ecologique_1802258_3234.html

Un enjeu environnemental

Les migrations pendulaires typiques des zones urbaine créent une forte pollution. Les villes émettent de nombreux GES.

Des villes durables demain ?

Une ville durable, ce serait quoi ?

La charte D’Aalborg ( Danemark) a énoncé en 1994 les principes d’une ville durable : elle doit être compacte /dense afin de limiter les déplacements et donc la pollution, mais aussi peu consommatrice d’énergie (habitat par exemple), socialement plus juste en limitant la ségrégation socio-spatiale, et elle doit mettre en place un projet politique incluant les avis des citoyens.

Qu’est-ce que l’Agenda 21?

Lors de la Conférence de Rio en 1992, un programme pour le XXIe siècle basé sur le développement durable a été établi : l’Agenda 21. « Agenda » doit ici être compris sous son sens anglo-saxon de programme, plan d’action.

Selon le principe du « Penser global, agir local », l’Agenda 21 définit les secteurs dans lesquels les collectivités territoriales doivent intégrer les principes du développement durable : la gouvernance, la lutte contre la pauvreté, la santé, l’éducation, les déchets et l’assainissement, la gestion des ressources et des espaces naturels, etc.

Et les écoquartiers, une vraie fausse bonne idée?

Un écoquartier est un projet d’aménagement urbain qui respecte les principes du développement durable tout en s’adaptant aux caractéristiques de son territoire.

https://www.arte.tv/fr/videos/072763-001-A/ecotopies-inventer-l-eco-quartier/

Alors existe -t-il des villes durables?

L’exemple de CURITUBA au Brésil

Malmö , en Suède

 

 

 

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