Baie de Somme, enjeux de l’aménagement du territoire

La baie de Somme se situe sur le littoral picard, oups! le littoral des Hauts de France, elle s’étend sur 70km entre la pointe du Hourdel et la pointe de saint Quentin-en-Tourmont, la Somme ( fleuve) se jette dans la manche formant un estuaire.

La Baie de Somme doit faire face à plusieurs défis : défis économique , défis écologique, ce qui implique une politique d’aménagement du territoire à la hauteur de la transition que connaît ce territoire .

Les défis économiques

Le taux de pauvreté en Baie de Somme et le faible niveau de qualification de la population montre l’importance de cet enjeu.

Les activités traditionnelles sont la pêche et l’agriculture, ainsi que l’exploitation des galets. Le Vimeu est spécialisé dans la serrurerie, robinetterie-quincaillerie alors que le Ponthieu est spécialisé dans le flaconnage de luxe.

La pêche est une activité en voie de disparition, l’envasement du port du Crotoy a obligé la flotte à se déplacer vers le Tréport, quant au port de plaisance de Saint Valery, ses activités sont limitées par la marée. Seul reste le port du Hourdel.

https://www.francetvinfo.fr/economie/industrie/baie-de-somme-des-poissons-en-voie-de-disparition_3117859.html

Il y a cinq fois moins de poissons, en vingt-cinq ans seulement. De 200 000 par km2 en 1987, leur densité a chuté à 40 000 en 2012. Dans le même temps, la pêche industrielle a continué à s’intensifier, mais, pour les scientifiques, cet effondrement est dû au réchauffement climatique. Les eaux peu profondes de la baie de Somme voient leur température augmenter de 0,4°C tous les 10 ans.

 

Cette plaine maritime picarde est une succession de poldérisation, c’est-à-dire que les hommes ont récupéré le domaine marin pour le transformer en surface agricole toujours plus étendue.
Ces polders, appelés ici Bas-Champs, constituent des terres de cultures ou d’élevage (mouton de pré salé). Les Bas-Champs de Cayeux s’étendent sur 4 000 ha.

Les activités touristiques datent du XIX°s  et de la mode des bains de mer, ce qui a permis l’urbanisation de la côte  ainsi que la création de stations touristiques : Ault-Onival, Cayeux sur mer, Quend, Fort- Mahon. Les autoroutes et le parc du Marquenterre attirent des touristes urbains  friands d’air pur, de nature et d’activités sportives.

 

les défis écologiques

L’ensablement de la baie

la baie de Somme, classée Grand site de France en 2011, connaît une évolution qui risque de compromettre sa vocation maritime avec des répercussions sur l’économie, le tourisme et l’écologie.

« Le changement existe depuis très longtemps, ça fait à peu près 1.000 ans qu’il y a un ensablement », explique Patrick Triplet, directeur de la réserve nationale de la baie de Somme.C’est une dynamique naturelle mais qui a été accélérée par les constructions de l’homme: la poldérisation (conquête des terres sur la mer grâce aux digues, ndlr) a diminué la surface de l’estuaire et la canalisation de la Somme a fait qu’on n’a plus d’effet de chasse sur l’ensemble de l’estuaire » que rendrait possible un gros débit d’eau, explique-t-il.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-baie-de-somme-attention-fragile_20120

l’érosion des falaises

Les falaises de craie d’Ault et Onival sont l’aboutissement à la mer du plateau picard. Au nord d’Ault, les falaises s’éloignent du rivage et leur profil s’adoucit progressivement : on passe de la falaise vive à la falaise morte. Sous l’action conjuguée de l’infiltration des eaux de pluie et des alternances gel-dégel, des fissures se produisent, s’élargissent et éclatent, provoquant l’émiettement et la désagrégation de la craie. Les vagues des fortes marées constituent autant de coups de boutoir qui sapent la falaise à sa base et provoquent chaque année des effondrements d’importances diverses. Les zones d’érosion les plus fortes se situent dans les valleuses, c’est à dire des vallons secs perchés au -dessus du littoral : Bois de Cise et Ault.
Le platier, au pied de la falaise est le résultat de ce recul : il est composé en partie par un cordon mobile de galets de silex, issu de cette érosion : il se déplace latéralement, sous l’action des courants de dérive littorale.

On peut donc estimer que le recul de la falaise au XIXet XXème siècle entre Ault et Onival a été d’environ 30 centimètres par an.

C’est l’autre cause aggravante qui explique l’ampleur du recul de la falaise d’Ault dans la période contemporaine : l’amaigrissement progressif du cordon littoral de galets qui ne joue plus, ou très peu, son rôle protecteur, capable de briser l’assaut des vagues et d’empêcher à la base un inéluctable travail de sape.

Comment expliquer cet affaiblissement du cordon de galets? Une émigration des galets d’Ault-Onival vers le nord-est, c’est-à-dire vers Cayeux, a toujours existé sous l’influence des courants et des vents dominants. Mais ce phénomène trouvait autrefois sa compensation dans un constant apport de nouveaux matériaux d’érosion, en provenance des falaises du Pays de Caux (situé au Sud). Or, à la fin du XIXème siècle, aux éléments naturels s’est substituée l’action de l’homme : ramassage intensif des galets sur la côte normande pour la construction de routes, de barrages, de logements, de bâtiments ; la construction d’ouvrages maritimes, parmi lesquels les digues portuaires sont des pièges à galets qui bloquent le mouvement naturel des débris d’érosion.

La fragilité du cordon dunaire

Sur les soixante kilomètres de côtes que compte le département de la Somme, le massif dunaire du Marquenterre s’étire face à la mer sur douze kilomètres. D’une superficie de plus de 3 000 ha, il forme, d’un seul tenant, le plus vaste massif dunaire du nord
de la France. Il est large d’un kilomètre dans sa partie nord et de près de trois kilomètres cinq cents dans sa partie sud. Coupé en deux points par les stations balnéaires de Quend et de Fort-Mahon, il a été épargné par les grands axes routiers et reste un des secteurs les plus sauvages du littoral picard.
Les tempêtes entrainent un recul du cordon dunaire en dépit des plantations d’oyat pour fixer les dunes.

Les aménagements du territoire

Qui?

En 1974, le Syndicat Mixte Baie de Somme Grand littoral picard  (à l’époque le SMACOPI) a été créé pour développer et préserver la Baie de Somme, le Littoral Picard et son arrière pays. http://www.baiedesomme.org/themes/1000-la-structure

Conseil général de la Somme

Région haut de France

UE

Pour faire quoi?

le label grand site de France 2011 :

Introduit désormais dans le Code de l’environnement par la loi Grenelle 2 de juillet 2010, ce label lancé en 2004, certifie les sites touristiques  »respectant les principes du développement durable ». Il reconnaît  »à la fois la grande valeur patrimoniale du site, la qualité de son entretien et l’intérêt du projet de préservation et de gestion », selon le ministère.

Le territoire concerné par le label s’étend sur les 25 communes qui participent au projet du Grand Site de France, sur une superficie d’environ 20.000 hectares. La baie de Somme est déjà inscrite dans le réseau européen Natura 2000 et fait partie des sites reconnus par la Convention de Ramsar sur les zones humides. Le site accueille  »des milliers d’oiseaux sédentaires ou lors de leur escale migratoire », rappelle le ministère de l’Ecologie. Il englobe aussi ‘‘deux grands sites classés sur plus de 12.000 hectares » : le massif dunaire du Marquenterre au nord de la baie, la Pointe du Hourdel et le cap Hornu au sud.

Développer l’activité touristique

Gestion des risques :

Suite aux conséquences de la tempête Xynthia, l’Etat a demandé en 2011 au Syndicat Mixte Baie de Somme – Grand Littoral Picard et à la Communauté d’Agglomération des Deux Baies en Montreuillois  de mettre en œuvre un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) afin de se doter d’une stratégie de gestion intégrée du trait de côte à court, moyen et long termes (50 ans) répondant aux exigences nationales.Cette stratégie s’étend de l’estuaire de l’Authie à la Bresle en passant par la Somme.

 

Baie de somme PL1

 

 

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