Les États-Unis et le monde depuis 1945

 

Après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis s’affirment comme une  puissance mondiale, c’est à dire un Etat capable d’influencer le monde dans des domaines variés tel que l’économie, la diplomatie, la culture. Si aujourd’hui cette  puissance semble amoindrie sous la présidence de Donald Trump, il n’en a pas toujours été le cas. Pendant la guerre froide, ils prennent la tête du « monde libre  » et luttent contre les volontés expansionnistes des soviétiques. Suite à l’effondrement de l’URSS en 1991, certains comme Hubert Védrine utilisent le terme d’Hyperpuissance pour désigner les USA, laquelle est désormais concurrencée dans un monde multipolaire . La puissance américaine a évolué depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Trois étapes sont visibles: de 1945 à 1947 les EU posent les bases de leur puissance, pour ensuite les utiliser de 1947 à 1991au cours de la guerre froide. Si en 1990 les EU restent la seule puissance mondiale, cette dernière a subi des revers en particulier lors des attentats du Wall Trade Center .

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les EU consolident leur puissance. Ils sont déjà une puissance militaire incontestable : le « Victory Program » qui avait pour but d’armer l’Amérique leur permet d’être une puissance militaire, mais surtout le projet Manhattan a fait des EU une puissance nucléaire. Les deux bombes lancées à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 aout 1945 en sont l’illustration.  Après la capitulation du Japon le 2 septembre 1945, les EU installent durablement leur présence militaire dans le pacifique en occupant le Japon et en installant des bases militaires, transformant le pacifique en « lac américain « .

Le 24 octobre 1945, à San Francisco nait l’ONU ( organisation des Nations-Unis ). Suggérée par le Président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, l’expression « Nations Unies » est apparue au cours de la Seconde guerre mondiale. Elle fut utilisée pour la première fois dans la Déclaration des Nations Unies du 1er janvier 1942, texte par lequel les représentants de 26 pays se sont engagés à poursuivre ensemble la guerre contre les puissances de l’Axe. Ce sont 50 Etats qui s’engagent et réalisent le rêve du président Roosevelt, une organisation internationale capable de remettre la diplomatie au premier rang mais aussi permettre un développement économique : L’ONU

Le sort des pays européens, lui, a été décidé par les alliés dont les EU lors de la conférence de Yalta en février 1945, et celui de L’Allemagne lors de la conférence de Postdam ( juillet -aout 1945). Les américains occupent l’Europe de l’Ouest, les soviétiques l’Europe de l’Est, l’Allemagne et l’Autriche sont divisées en quatre zones d’occupation, l’objectif étant la pacification et le retour de la démocratie, sans oublier de juger les criminels de guerre lors du procès de Nuremberg.

Les Etats-Unis sont auréolés de la gloire des vainqueurs sans avoir subi de destruction sur leur propre territoire. Ils détiennent les 2/3 du stock d’or mondial, et la conférence de Brettons Woods en 1944 fixe le système monétaire international. Le dollar devient ( jusqu’en 1971) la monnaie de référence puisque fixée à parité avec l’or. L’american way of life fait rêver les européens qui se prennent de passion pour le jazz et les western.

https://www.la-croix.com/Culture/Musique/Les-Americains-et-la-Liberation-en-chansons-2014-06-06-1161570

Mais l’alliance entre les soviétiques et les américains prend fin lorsque le nazisme s’effondre. En effet, rien de plus dissemblable que ces deux puissances idéologiquement opposées. Ainsi dès 1947, la puissance américaine est au service de son idéologie contre celle de l’URSS. Ainsi ,Truman en 1947 explique lors d’une déclaration au Congrès que le monde est désormais divisé en deux blocs, l’un démocratique et respectueux de la liberté et l’autre autoritaire. Ainsi, le Plan Marshall, aide financière proposée à tous les pays européens pour aider à la reconstruction, mais acceptée uniquement par les pays d’Europe de l’Ouest, fut une arme pour limiter l’influence soviétique.

De 1947 à 1990, un conflit idéologique et de puissance sépare le monde en deux blocs. Truman expose sa doctrine du containment : prévenir et limiter l’expansion mondiale du modèle communiste par des moyens économiques, militaires et culturels. Le plan Marshall, aide massive ( prêts, matériel, et dons financiers ) proposée de 1947 à 1951, est un des outils de cette politique.

Les américains soutiennent la création de l’OECE : Organisation européenne de coopération économique est l’ancêtre de l’OCDE. Fondée le 16 avril 1948, elle eut la charge initiale de répartir les crédits accordés par le Plan Marshall entre les pays de l’Europe.

Des alliances militaires, telles que l’OTAN ( organisation du Traité de l’Atlantique Nord,1949), l‘OTASE (Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est,1954), le pacte de Bagdad (1955) permettent de solidifier la politique de containment américain par un système d’alliance.

 

 

 

Des crises ont lieu lors de la guerre froide sans conflit direct entre les deux puissances, mais une crise a fait tremblé le monde car le risque de guerre nucléaire était réel : la crise de Cuba en 1962.  La crise est due à l’installation, par les soviétiques sur l’île de Cuba désormais socialiste, de fusées capables de bombarder le territoire américain. Cette crise intervient alors que les soviétiques sont en voie de rattraper la puissance militaire américaine.

En 1957, les soviétiques ont envoyé le premier satellite spoutnik dans l’espace, et une chienne, Leïka, a été placé en orbite. Les américains contre-attaquent avec le programme Appolo : objectif envoyer un homme sur la lune. Khrouchtchev, persuadé de la faiblesse de Kennedy, tente un coup stratégique : installer des rampes de missiles capable de frapper directement Washington. Mais ce dernier lance un ultimatum aux soviétiques, lesquels reculent. Cette crise est le début d’une période de détente entre les deux super puissances qui toutes deux vont s’affaiblir.

Les américains s’engagent dans la guerre du Vietnam de 1964 à 1975, afin de bloquer les communistes nord-vietnamiens mais cette guerre va affaiblir idéologiquement les américains. En effet, l’opinion publique ne suit plus.

En 1972, Nixon reconnait la Chine communiste et lâche son allié de Taiwan. La stratégie consiste à accentuer les fissures dans le bloc communiste. La même stratégie fut mis en œuvre en Afghanistan à partir de 1979, en armant les opposants afghans aux soviétiques. Mais l’Amérique des années 70 est une Amérique qui ne fait plus rêver, en particulier au Moyen -Orient, en Iran où s’installe un régime islamiste opposé aux valeurs et mode de vie américains. C’est en Iran que les américains furent humiliés par une prise d’otage au cœur même de leur ambassade.

 

Il faut attendre les années 80 et le président Ronald Reagan, pour tourner le dos aux années Carter, symbole d’un recul de la puissance américaine. « America is back « , le slogan de campagne de R Reagan est clair : mettre à genoux les soviétiques et proclamer la puissance américaine. Pour affaiblir l’ennemi, l’administration Reagan n’hésite pas à financer des guérillas anti-communistes, notamment en Afrique mais aussi en Asie et en Amérique latine. La CIA continue ainsi d’armer les moudjahidines afghans durant les années 1980. Il relance la course aux armements avec le projet Initiative de Défense Stratégique (IDS), qui a pour vocation de protéger le territoire américain par la mise en place d’un bouclier anti balistique à l’aide de satellites capables de détecter d’éventuels missiles. Or, la réalisation d’un tel projet rendrait caduc l’équilibre de la terreur et rendrait l’URSS vulnérable. Moscou, face à de telles velléités, n’a pas les moyens financiers pour contrer ce projet sans quoi son économie, déjà fortement fragilisée par les dépenses en Afghanistan, deviendrait de plus en plus faible. Dès lors, Gorbatchev préfère poursuivre les pourparlers en vue d’un désarmement progressif des deux superpuissances, entrainant l’abandon par les États-Unis du projet IDS au début des années 1990. Plusieurs conférences en vue du désarmement se tiennent ainsi durant le second mandat de Reagan, aboutissant au traité START I signé en 1990. Mais la relance de la course aux armements par les Etats-Unis contribue notablement à l’essoufflement soviétique des années 1980 et son effondrement en 1991.

L’année 1991 consacre la superpuissance américaine, et même son hyperpuissance puisque sans rival. Les États-Unis forment autour de leurs forces militaires une large coalition qui obtient l’aval du conseil de sécurité de l’ONU pour libérer le Koweit après l’invasion de ce dernier par l’Irak de Saddam Hussein. La réussite triomphale de Desert storm autorise le président George Bush à évoquer un nouvel ordre mondial dont les EU seraient le garant, un nouvel ordre fondé sur des valeurs démocratiques.

L’OTAN intervient dans de nombreux conflits, notamment lors du conflit en ex-Yougoslavie et ce sont les américains, lors des accords de Dayton qui rétablissent la paix. Les anciens pays du bloc communiste ( Pologne , Hongrie , république Tchèque ) intègrent l’OTAN, renforçant ainsi la puissance militaire américaine .

La puissance économique américaine sort aussi renforcée de cette guerre froide puisque le capitalisme a triomphé, que la mondialisation s’accentue; le politologue B Barber utilise l’expression de « Mc World « . Cette mondialisation n’est pas uniquement économique, elle est aussi culturelle.

Les attentats du 11 septembre 2001 en plein cœur de Manhattan, NY , sidèrent le peuple américain, première attaque sur leur sol, visant les symboles de leur puissance économique, politique et militaire puisque le pentagone était aussi visé. C’est un drame planétaire.

Le président G W Bush contre-attaque en décidant de mener une guerre contre « l’axe du mal « . Si le conseil de sécurité de l’ONU soutient la volonté américaine de frapper les talibans en Afghanistan (2001), il n’en sera pas de même en Irak (2003), où les américains décideront d’une attaque unilatérale .

C’en est fini de l’hyperpuissance américaine, d’autant plus que le rétablissement de la paix et de la démocratie en Afghanistan et en Irak se font encore attendre. La présidence d’Obama aura pour objectif le retrait des troupes américaines et la reprise du dialogue avec les pays musulmans. En effet, l’économie américaine ne peut plus soutenir sa mission de gendarme du monde. De nouveaux concurrents économiques grignotent la puissance économique américaine: la Chine  en effet devient une puissance avec qui il faut compter, sans oublier la Russie de Poutine dont la politique en Syrie et en Ukraine marque son retour géostratégique. Le monde est désormais multipolaire .

Les Etats-Unis restent une grande puissance, cependant La Russie de Vladimir Poutine, la puissance économique et militaire chinoise sont désormais des rivaux potentiels. Depuis 1945, les EU ont été le leader du monde occidental de par la fascination qu’ils exerçaient et leur influence mondiale même si cette dernière a été et reste contestée.

 

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