Afrique , développement et mondialisation

« Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ? »

Le blockbuster « Black Panther » agrège des références à de multiples cultures du continent, tout en s’inscrivant dans une esthétique afrofuturiste.       Par Emilie Guitard et Laure Assaf LE MONDE Le 28.02.2018

A Ibadan,(Nigeria) le public s’est rendu en masse aux premières projections de Black Panther. Le dernier blockbuster des studios Marvel promet en effet pour la première fois de montrer à l’écran un super-héros noir et africain, régnant sur un royaume alliant tradition et technologie, bien loin de l’imagerie misérabiliste habituelle concernant l’Afrique subsaharienne, particulièrement dans les films d’action américains.

Le premier film de science-fiction à gros budget basé en Afrique, District 9, du Sud-Afro-Canadien Neill Blomkamp (2009), décrivant l’échouage d’un vaisseau extraterrestre au-dessus de Johannesburg, avait profondément blessé les sensibilités africaines, et tout particulièrement nigérianes. Les Nigérians y étaient dépeints comme des trafiquants d’armes, de drogues et d’êtres humains à des fins de prostitution, mais aussi comme des cannibales. Le film avait provoqué l’ire de la diaspora nigériane et avait été interdit à la projection dans le pays.

En janvier, le président américain, Donald Trump, a une fois de plus choqué l’opinion internationale en qualifiant Haïti et les Etats africains de « shithole countries » – littéralement « pays trous à merde ».Les emprunts et références africaines dans Black Panther ne se limitent pas pour autant au Nigeria. Le film réussit en effet le tour de force de recréer à l’échelle du Wakanda une « Afrique en miniature »,(…)Un royaume dont les paysages évoquent autant l’Afrique de l’Est, notamment le Rwanda ou le Kenya, par ses savanes de piémont propices à l’élevage du bétail, que des pays d’Afrique centrale ou du golfe de Guinée (..)La volonté de présenter une société n’ayant jamais été colonisée (..)La prééminence des références sud-africaines (..)Venant du Nigeria encore, un modèle similaire de cité africaine high-tech et végétale avait déjà été proposé par l’architecte et artiste Olalekan Jeyifous. Dans Shanty Megastructures, celui-ci imagine la Lagos du futur comme un assemblage de real estates et de bidonvilles verticaux recouverts en partie par la végétation

Un film post-colonial ?

Cette dynamique du renversement permet aussi au film d’aborder une série de questions véritablement post-coloniales. Il s’agit par exemple de la légitimité des collections d’objets africains dans les musées occidentaux, constituées essentiellement durant la période coloniale, et des débats actuels sur la nécessité d’une restitution de ces œuvres

C’est enfin plus largement la question de la capacité de l’Afrique à s’absoudre des relations d’assistance, et du coup de dépendance, avec les pays occidentaux et à s’aider elle-même, exprimée par exemple dans l’intervention auprès des filles de Chibok enlevées par Boko Haram

Par Emilie Guitard, chercheuse en anthropologie sociale, directrice adjointe de l’Institut français de recherche en Afrique (Nigeria), et Laure Assaf, chercheuse en anthropologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/28/le-royaume-de-wakanda-une-afrique-du-futur-en-miniature_5263804_3212.html#oYPxYITTfoOMkuyQ.99

L’Afrique est un espace sur lequel de nombreuses représentations négatives sont projetées : elle serait ainsi le continent du mal développement, des guerres, de la pauvreté, des famines ; elle serait en marge, si ce n’est exclue de la mondialisation. Pourtant la situation est bien plus complexe.

En effet, l’Afrique connaît de profondes mutations du fait de la mondialisation, c’est à dire cet ensemble de processus qui renforcent l’intégration et l’interdépendance des lieux, des territoires, des économies et des sociétés humaines à l’échelle mondiale. Mais ces mutations n’opèrent pas de la même manière partout et le développement, c’est à dire l’amélioration des conditions de vie sociales et économiques apportant aux hommes la satisfaction de leurs besoins essentiels, n’est pas homogène sur tout le continent.

Quels sont les enjeux du développement du continent africain dans le cadre de la mondialisation ?

Des contrastes de développement

 Un IDH globalement faible

Aucun pays africain n’a encore réussi à se hisser dans la catégorie des pays ayant un niveau « très élevé » de développement humain, tandis que 7 pays du continent se classent parmi les pays ayant un taux d’IDH « élevé ». 14 pays du continent restent dans la catégorie des pays ayant un « niveau moyen » de développement humain, tandis que plus de la moitié des pays du continent (32) restent dans la catégorie des pays affichant un taux « faible » en matière d’IDH.

Selon la nouvelle mise à jour du classement, les Seychelles (62ème rang mondial) restent en tête des pays africains ayant le meilleur IDH, tandis que le Niger, en bon mauvais élève de la classe, maintient sa dernière place dans le classement, tant au niveau continental que mondial. Le pays, qui possède le plus haut taux de fécondité au monde (7,2 enfants par femmes) peine à améliorer son classement, dans un contexte marqué par les catastrophes humanitaires qu’exacerbent les violences commises par les groupes extrémistes, comme Boko-Haram. D’un autre côté, pendant que le Botswana (101ème rang mondial et 5ème africain) se classe parmi les pays ayant gravi le plus de places depuis le début de la décennie (grâce notamment aux nouvelles estimations de l’espérance de vie à la naissance), l’île Maurice, l’Algérie et la Libye ont enregistré une chute dans le classement. ( Classement 2018 PNUD )

Le Gabon, seul Etat au sud du Sahara, avec le Botswana et Maurice (classé au 1er rang subsaharien et au 65e mondial), à appartenir au groupe des pays dont le niveau de développement humain est considéré comme élevé, chute de 40 places lorsque les économistes intègrent la forte concentration des revenus liée à la rente pétrolière, qui ne profite qu’à quelques-uns.

L’écart entre le Niger, qui occupe la dernière place du classement, et la Norvège, à la première place, n’en demeure pas moins vertigineux : à la naissance, un enfant nigérien a une espérance de vie inférieure de près de 22 ans. Il peut en moyenne espérer fréquenter les bancs d’une école pendant deux ans, contre plus de douze pour un enfant du royaume scandinave. Ses parents vivent avec moins de 1 000 dollars par an (moins de 860 euros), 68 fois moins que s’il avait vu le jour en Norvège.Au Tchad, deux tiers des femmes de 15 à 24 ans sont analphabètes, contre moins de deux sur dix au Rwanda, où l’égalité hommes-femmes est une priorité. En Namibie, les femmes restent plus longtemps à l’école que les hommes et l’écart de revenus entre les sexes est beaucoup plus faible qu’ailleurs.

L’Indice de développement humain (IDH) est une mesure sommaire du niveau moyen atteint dans des dimensions clés du développement humain : vivre une vie longue et en bonne santé, acquérir des connaissances et jouir d’un niveau de vie décent.

L’IDH est la moyenne géométrique des indices normalisés pour chacune des trois dimensions.

La dimension de la santé/longévité est évaluée selon l’espérance de vie à la naissance ; la dimension de l’éducation est mesurée au moyen du nombre d’années de scolarisation pour les adultes âgés de 25 ans et plus et des années attendues de scolarisation pour les enfants en âge d’entrer à l’école. La dimension du niveau de vie est mesurée par le revenu national brut par habitant. Les résultats pour les trois indices de dimension de l’IDH sont ensuite agrégés pour donner un indice composite obtenu à partir de la moyenne géométrique.

 Les  Lions d’Afrique & les sources de croissance économique

Avec 8,3 % de croissance, le Ghana sera en 2018 en tête des économies les plus dynamiques, suivi de l’Éthiopie, selon les prévisions de la Banque mondiale. La reprise économique se poursuit dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.

1,3 % en 2016, 2,4 % en 2017, et une prévision de 3,2 % en 2018. La reprise économique se poursuit pour l’Afrique subsaharienne selon les prévisions rendues publiques par la Banque mondiale le 10 janvier. Grâce notamment à une hausse du prix des matières premières, le continent retrouve des couleurs après avoir longuement souffert de la crise économique mondiale de 2008.

C’est en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est que se trouvent les locomotives du dynamisme africain,  Fait notable et rassurant sur la pérennité des croissances de ces pays, aucune des dix économies d’Afrique subsaharienne les plus vigoureuses n’est productrice d’or noir, hormis le Ghana modeste exportateur. Ce sont les secteurs de l’agriculture et des infrastructures qui sont les moteurs de ces pays.

Après une croissance proche de zéro en 2016, le ministre des finances sud-africain a admis que l’économie de son pays n’était pas sortie du marasme. Avec, en 2017, une croissance toujours poussive, des recettes fiscales en berne, une dette en forte hausse et un chômage record (27,7% de la population). Conséquence: plus de la moitié de la population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté

L’importance des migrations et de l’argent des émigrés

 

PMA

Cet acronyme, forgé en 1971 par le Conseil Économique et Social de l’ONU, rassemble 47 pays en « difficulté » (contre 21 pays lors de sa création). Les PMA, ou Least Developed Countries en anglais, sont le dernier étage de la fusée des pays en développement, soit selon l’ONU le « maillon le plus faible et le plus pauvre » de la communauté´ internationale. 33 de ces pays sont situés en Afrique, 9 en Asie, 4 en Océanie et un dans les Antilles. Le président mauritanien avait annoncé publiquement la sortie de son pays en 2014, mais la Mauritanie figure toujours, pour l’instant, sur la liste des 47 États.

Parmi les handicaps structurels que cumulent ces pays, l’ONU recense :

– un faible niveau de vie (leur PIB est inférieur à 745 dollars US par personne)

– une indigence des ressources humaines, traduite par un indice composite qui intégre la mortalité infantile, la nutrition ou encore le taux de scolarisation, ce qui rappelle en partie l’Indicateur de Développement Humain utilisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ;

– le manque de diversification économique ou la « vulnérabilité économique » résultat de trois composantes : la taille et la fréquence des chocs exogènes, l’exposition du pays aux chocs, et sa résilience ou sa capacité à réagir aux chocs ;

– enfin, une population inférieure à 75 millions de personnes

   Des défis à relever

  Accès aux besoins primaires

  • NOURRITURE :Trente-sept pays auront besoin d’assistance en 2017, selon le dernier bulletin sur la situation alimentaire et les perspectives de récoltes publié début mars par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Vingt-huit pays se trouvent en Afrique. Quatre se trouvent en situation de grave insécurité alimentaire : le Soudan du Sud, où la famine a été décrétée au nord, dans l’Etat de l’Unité, le Nigeria (nord-est), la Somalie (sud)
    • guerres , réfugiés , problèmes climatologiques
    • manque d’infrastructures , aides étatiques , landgrabbing

  • EAU :  l’Afrique, dont 320 millions d’habitants ne bénéficient pas d’eau potable.La disponibilité d’une eau potable est de plus en plus menacée par l’utilisation des terres, la déforestation, les changements climatiques et la consommation accrue d’eau douce en raison de la croissance démographique et du développement de l’industrie. En outre, la qualité de cette eau est menacée par l’augmentation de la pollution, en particulier due à l’urbanisation et à l’agriculture intensive.Pourtant, le potentiel hydraulique du continent est favorable à l’accès pour tous à l’eau potable (le volume moyen d’eaux souterraines estimé correspond à plus de 100 fois la ressource annuelle en eau renouvelable (pluie) et 20 fois la réserve en eau douce des lacs africains. Le paradoxe est que les réserves (ou aquifères) les plus vastes se situent dans les régions les plus sèches, notamment au Soudan et au Tchad).Un accès malheureusement rendu quasi-impossible au vu des coûts économiques et sociaux très élevés.Pb sanitaire : choléra, la typhoïde, la polio, la méningite, l’hépatite A et E, et la diarrhée.Pb éducatif : petite fille qui vont chercher l’eau
  • EDUCATION 61,3 millions d’enfants n’ont pas accès à l’école primaire dans le monde selon le « Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous 2015 » de l’Unesco 32,5 millions des enfants non scolarisés vivent en Afrique subsaharienne, un chiffre encore très élevé même s’il a baissé de 9 millions entre 2000 et 2015 en dépit d’une forte pression démographique
  • SOINS : des dépenses de santé 10 fois inférieures à la moyenne mondiale, une espérance de vie inférieure de 14 ans à la moyenne mondiale pour un subsaharien et deux fois plus de risques de mourir à la naissance. Un nombre -encore restreint- d’États africains a fait des efforts conséquents pour atteindre l’objectif fixé à Abuja en 2001 (15% des dépenses publiques alloués à la santé). Les dépenses publiques par habitant sont passées de 70 à 160 dollars en quinze ans, et des systèmes de couverture santé ont été déployés avec succès, comme au Rwanda. La majorité des dépenses demeure encore à la charge des familles, impliquant une grande inégalité dans l’accès aux soins. Au Niger et au Tchad, comme au Maroc, 63% des dépenses de santé sont privées (une proportion inverse à celle de la Suisse), et la majorité des patients atteints de maladies graves ne peuvent se soigner, faute de moyens.

l’Ethiopie montre qu’il est possible de mettre en place des politiques de santé publique efficaces, grâce à des plans quinquennaux précis, malgré le contexte budgétaire très contraint. La mortalité des enfants de moins de cinq ans y a été divisée par cinq en 6 ans

Les autorités devraient réfléchir aux moyens de faire revenir les « médecins africains du monde ». Il est paradoxal de constater que l’Afrique est devenue un centre de formation de personnel médical pour les pays du Nord.

Vingt-six millions de personnes sont atteintes du VIH en Afrique subsaharienne.Le virus fait moins de morts et moins de nouveaux cas sont enregistrés. En cinq ans, le nombre de nouvelles personnes infectées a diminué de près de 15 % dans l’est et le sud de l’Afrique, et de 8 % dans les régions de l’ouest et du centre.

  • URBANISATION : Les bidonvilles progressent au rythme de cette poussée démographique que les Etats et les collectivités locales dépourvues de moyens financiers suffisants se trouvent dans l’incapacité de contenir. Aujourd’hui en Afrique, plus de 60 % des urbains vivent dans un bidonville. « La pauvreté est le premier problème que doivent régler les villes africaines » Un milliard de citadins dans vingt ans  En l’espace de vingt ans, la population urbaine du continent a été multipliée par deux (472 millions d’habitants en 2015, selon les Nations unies), et elle devrait encore presque doubler au cours des vingt prochaines années, pour frôler le milliard d’habitants. L’Afrique deviendra alors à majorité urbaine
  • DÉMOGRAPHIE : l’Afrique devrait doubler sa population, passant d’un milliard d’habitants actuellement à près de 2,4 milliards en 2050, dont la moitié aura moins de 25 ans. Le Nigeria, qui aura, selon les dernières estimations de l’ONU, le plus grand nombre de moins de 25 ans dans le monde. Il devrait ainsi croître pour atteindre 114 millions d’habitants à l’horizon 2050 et 303 millions d’ici 2100.

 Infrastructures

https://afrique.latribune.fr/economie/strategies/2018-02-09/infrastructures-les-transports-se-taillent-la-part-du-lion-dans-les-investissements-en-afrique-767800.html

Eau, électricité, transports… sont les secteurs clefs qui doivent permettre à l’Afrique de se développer. Le continent doit investir entre 130 et 170 milliards de dollars par an dans ses infrastructures, alors que les investissements n’ont atteint que 62 milliards de dollars en 2016, selon le rapport annuel de la BAD, Perspectives économiques en Afrique 2018, présenté au siège de la Banque à Abidjan….

«Le retard industriel du continent s’explique principalement par le manque d’infrastructures de production électrique, hydraulique et de transports, lesquelles permettraient aux entreprises de prospérer dans ces industries aux forts avantages comparatifs», écrit la Banque Africaine de Développement.

«Dans de nombreux pays africains, les aéroports, les routes goudronnées et les centrales électriques sont construits pour apporter des avantages politiques dans les régions de pouvoir puissantes et en deviennent des « éléphants blancs » (des projets de prestige qui ne servent à rien, NDLR), en particulier dans les années 1980», rappelle la BAD.

Sur une population totale estimée à 1,2 milliard d’habitants, plus de la moitié des Africains -plus précisément 645 millions- vivaient sans électricité en 2017. Une situation qui s’explique en partie par l’accessibilité aux réseaux nationaux de distribution. 63% de la population d’Afrique subsaharienne résident en zones rurales, où le coût de l’extension du réseau est trop élevé pour être envisageable.Selon une étude de la Banque mondiale, l’Afrique aurait besoin, chaque année, d’augmenter sa capacité de production en électricité de 7 GW afin de répondre aux besoins. Mais sur cette même période d’un an, les nouvelles installations ne fournissent que l’équivalent d’1 GW supplémentaire. En raison de cette pénurie d’électricité, on estime que le continent perd 2 à 4 points de croissance chaque année. A l’inverse, une électrification complète de l’Afrique entraînerait, selon les estimations, une hausse de sa croissance annuelle de 10 à 15% sur une période de 15 ans.

   Démocratisation

Le continent a connu une vague de démocratisation au début des années 1990 avec de nombreux mouvements de lutte, parfois violents et surtout violemment réprimés. Ils se sont développés simultanément dans plusieurs pays africains (cela peut faire penser aux Printemps Arabes) et ont mené à une dynamique de démocratisation. Cela a donné beaucoup d’espoirs que la démocratie s’installe durablement en Afrique.

The Economist Intelligence Unit (EIU) a publié le 31 janvier 2018 son rapport annuel sur l’état de la démocratie dans le monde  https://www.economist.com/graphic-detail/2018/01/31/democracy-continues-its-disturbing-retreat?fsrc=scn/tw/te/bl/ed/

La «vedette» du classement 2017 est la Gambie, selon le rapport mondial publié dans l’hebdomadaire britannique The Economist.
Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest enregistre la meilleure progression en matière de démocratie (..)

Les meilleurs élèves              
Le Botswana et l’Afrique du Sud sont en tête grâce à la solidité de leurs institutions. Le Ghana, la Tunisie, la Namibie et le Sénégal font partie des bons élèves classés dans la catégorie des «démocraties imparfaites»

En progrès
Parmi les élèves moyens ou «régimes hybrides», c’est le Mali qui obtient cette année la meilleure note. Le pays est loin toutefois de ses belles performances démocratiques de 2011. Le Burkina Faso et le Maroc progressent lentement, alors qu’ils étaient encore mal notés, il y a encore quelques années.
Les cancres 
Le Togo, l’Egypte, le Soudan et le Rwanda, notamment, font partie des plus mauvais en matière de démocratie. Le Tchad reste stable dans sa médiocrité alors que la pire régression enregistrée est celle du Congo-Kinshasa qui se rapproche du score de la Corée du Nord. Pour un pays qui s’appelle «République démocratique», il serait temps de se mettre à niveauhttps://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/democratie-en-afrique-les-meilleurs-eleves-et-les-cancres_3053931.html

 

  Inégale intégration dans la mondialisation

  Interface maritime

Entre 2007 et 2017, pas moins de 50 milliards de dollars ont été investis dans le secteur portuaire en Afrique.Entre 2007 et 2017, l’Afrique a vu ses volumes d’échanges commerciaux multipliés par quatre ;plus de 80 % du commerce extérieur de ces pays, y compris ceux dépourvus de façade maritime, transite aujourd’hui par les ports du continent.

Pas étonnant dès lors que de plus en plus d’acteurs non étatiques cherchent à capitaliser sur cette tendance lourde: Maersk, MSC, CMA CGM, DP World, Bolloré… Tous les grands opérateurs maritimes mondiaux sont aujourd’hui présents sur le continent

Lamu, au Kenya, un mégaprojet à près de 20 milliards de dollars, devrait par exemple relier par voie ferrée l’océan Indien au Golfe de Guinée mais il y a aussi Bagamoyo, en Tanzanie, ou Technobanine, au Mozambique. Des initiatives qui ont pour point commun de viser les marchés intérieurs des pays enclavés, avec de grands axes ferroviaires allant des ports nouveaux vers les pays des Grands lacs et vers l’Afrique australe

L’Afrique à beau disposer d’une population de plus de 1,2 milliard d’habitants (un sixième de la population mondiale), son poids dans le commerce international demeure pour l’heure modeste avec 3 % du total mondial des échanges en 2014, contre 37 % pour l’Europe

le basculement des échanges commerciaux vers l’Asie est indéniablement l’une des grandes dynamiques qui bouleversent la donne en Afrique. « La Chine multiplie les investissements, dans le cadre de la construction d’une Nouvelle Route de la Soie qui comprend des volets terrestre et maritime visant à créer un véritable maillage planétaire

Les 5 premiers ports africains selon le dernier classement (2015) des plus grands ports à conteneurs mondiaux de Lloyd’s (revue d’intelligence maritime, éditée à Londres)

– Port-Saïd (Egypte, plus grand port à conteneurs en Afrique et 37ème mondial)

– Tanger Med (Maroc, 2 ème port à conteneurs du continent et 50ème mondial)

– Durban (Afrique du Sud, 3 ème port à conteneurs du continent et 57ème mondial)

– Alexandrie  (Egypte, 4 ème port à conteneurs du continent et 88ème mondial)

– Lagos (Nigeria, 5 ème port à conteneurs du continent et 93ème mondial)

Comment développer le commerce en Afrique?

Un projet de Grand marché commun africain

Pays atelier ou high tech ?

Longtemps en retrait dans le domaine du numérique par rapport aux autres continents, l’Afrique et les pays qui la composent sont aujourd’hui en plein développement dans ce secteur et compte faire des nouvelles technologies le fer de lance de l’économie africaine.

Beaucoup de dispositions ont été prises de la part des gouvernements pour permettre l’essor du numérique. Différentes spécialisations ont émergé du continent, chaque pays « choisissant » son domaine d’activité. On distingue trois grandes spécialisations du numérique : celle des centres d’appels avec le Maroc, la Tunisie, Madagascar et l’île Maurice, des véritables centres de recherche et d’innovation, tels que le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et récemment le Ghana, et celle des hubs à start-up que sont la Tunisie, le Rwanda ou encore la Côte d’Ivoire.

Les formations dans le domaine du numérique ont littéralement explosé ces dernières années. Les grandes universités occidentales et firmes transnationales ont multiplié les partenariats et les investissements avec les universités ainsi que les grandes écoles à travers tout le continent. Les meilleures universités se sont implantées récemment au Rwanda (NYU, Harvard, London School of Economics, FIT…)

De véritables hubs éducatifs ont vu le jour en Afrique comme c’est le cas à Maurice avec  Uniciti , une « smart city » dédiée uniquement à la formation et à l’éducation avec des écoles européennes qui s’y sont installées (Panthéon-Assas, Supinfo, Vatel, etc.).

Afrique, prochaine puissance industrielle ? La question peut paraître extravagante. Pourtant, certains pays empruntent de nouveaux sentiers d’industrialisation, comme Maurice, le Maroc, l’Ethiopie et la Tanzanie. Plus encore, une nouvelle donne se dessine à long terme. Un proverbe africain ne dit-il pas : « Quand un arbre tombe on l’entend ; quand une forêt pousse, pas un bruit » ?

Dès 2050, plus de 2 milliards de femmes et d’hommes vivront sur le continent, où l’on verra éclore les prochaines mégapoles. L’Afrique de demain inquiète, tant les pressions migratoires, écologiques et sociales seront des plus fortes. Mais le XXIe siècle pourrait aussi voir l’Afrique devenir la prochaine usine du monde, une question qui est au cœur des débats du Forum économique international sur l’Afrique, organisé à Paris le 4 octobre par l’Union africaine (UA), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et l’Agence française de développement (AFD)Cependant, malgré une croissance soutenue depuis dix ans, les économies africaines peinent à se diversifier. Cinq produits seulement représentent 60 % des exportations de l’Afrique subsaharienne : le pétrole, le gaz naturel, le fer, l’or et les minerais bitumeux. Plus préoccupant, certaines de ces économies se désindustrialisent. L’industrie manufacturière ne fournit que 6 % des emplois et sa contribution au PIB, en baisse, n’atteint plus que 10 % selon la Banque mondiale. L’Afrique ne pesait que 2 % de l’activité manufacturière mondiale en 2013, contre 3 % en 1970, indiquant sa marginalisation de l’industrie mondiale.(..)Les contraintes de l’industrialisation ne sont en fait toujours pas levées. L’hypertrophie des activités rentières, la faiblesse des institutions de gouvernance, le déficit d’infrastructures de réseaux, l’étroitesse et la forte segmentation des marchés découragent l’investissement et bloquent la diversification des économies. Les coûts de production et d’exportation sont en Afrique deux fois plus élevés qu’en Asie (…)Tout d’abord, les pays émergents (ou « émergés ») pèseront davantage sur les nouvelles dynamiques de la mondialisation. La Chine – désormais première puissance économique mondiale – n’engage-t-elle pas à travers l’initiative One Belt One Road (la nouvelle Route de la soie) un plan Marshall pour l’Afrique ? Le financement massif d’infrastructures et des prises de capital dans de grandes entreprises du continent relève d’une logique de redéploiement de l’industrie chinoise au-delà du continent asiatique (…)En Afrique, le potentiel élevé des énergies renouvelables (notamment solaire, hydraulique et éolien) – s’il était réalisé – réduirait la dépendance énergétique tout en agissant positivement sur la compétitivité industrielle. De plus, l’émergence de classes moyennes encouragerait le développement d’industries de transformation pour répondre par des circuits courts aux marchés urbains en forte croissance. La transition écologique du continent devient, en ce sens, un levier de l’industrialisation.(…)

Des entreprises émergent en Afrique du Sud, au Nigeria et en Tunisie dans les secteurs de l’ingénierie informatique et de la robotique, malgré parfois un contexte politique et social heurté.

L’Afrique n’émergera pas en suivant le modèle de société postindustrielle défendu par certains économistes. Au contraire, grâce à une attractivité restaurée, à une main-d’œuvre qualifiée abondante, à un potentiel énergétique et technologique, la voie de l’industrie lui est ouverte. Alors, l’Afrique ne peut-elle devenir la nouvelle usine du monde en 2050 ?

Mihoub Mezouaghi est économiste à l’Agence française de développement (AFD).

 Pillage économique & dépendance économique

Concrètement, dans la liste des multinationales étrangères en Afrique, figurent le groupe Bolloré, Orange, Cotecna, Air France, Areva, les tenants de la grande distribution que sont Wall Mart, Leader Price, les banques (Société générale, Eximbank, Banque populaire…) et les gros producteurs de ciment allemand, français et suisse. Fort heureusement, l’Afrique se refuse à continuer de subir le diktat des multinationales qui, froidement, ne gèrent que leurs intérêts égoïstes et pompent les ressources du sol et du sous-sol partout où elles peuvent les trouver.

De ce point de vue, il est né sur le continent africain, ces dernières années, une nouvelle race d’investisseurs déterminés à soustraire l’économie africaine des serres des multinationales occidentales. Des entreprises nationales ayant pignon sur rue dans plusieurs pays africains et au-delà voient le jour sous l’impulsion de fondateurs charismatiques. Le Nigérian Aliko Dangote est à la tête d’un groupe qui porte son nom.  Il réalise un chiffre d’affaires de 3 milliards $US par an. À travers sa branche Dangote Cement, l’entreprise mène une offensive industrielle agressive  dans plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne. En 2015, sa production de ciment devait passer à 46 millions de tonnes pour la hisser au sixième rang mondial dans le négoce du ciment, rivalisant ainsi avec le français Lafarge, le suisse Holcim et l’allemand Heidelberg Cement. Dans le même sillage, le Béninois Samuel Dossou- Aworet, président du groupe Pétrolin, étend sa zone d’activités sur tout le continent et le Moyen-Orient. Au Nigéria, géant pétrolier en Afrique, le groupe Pétrolin a réussi à gagner un grand appel d’offres sur le bloc pétrolier, OML 34, en battant des multinationales internationales de haut vol.

les relations sino-africaines ( permet aussi de réviser le cours d’histoire sur la chine et d’anticiper sur le chapitre de geo sur l’asie )

 

Bref , actuellement un continent encore peu inséré dans la mondialisation , mais qui doit relever des défis concernant les infrastructures , la formation de sa population …C’est donc un continent à fort potentiel regorgeant de ressources naturelles .

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