De la Révolution à l’Empire : quelle place pour les femmes sous le Consulat et l’Empire ?

Les rôles dévolus aux femmes et aux hommes dans la société issue de la Révolution

Les femmes et les hommes ont deux rôles bien définis dans cette société issue de la Révolution : les hommes sont destinés à commander la vie familiale lorsqu’ils sont mariés et le gouvernement du pays leur est dévolu. Les femmes sont destinées aux taches domestiques que les hommes ne font jamais, dont celle de diriger l’éducation des enfants vers le droit chemin : « préparer l’esprit et le cœur de l’enfant, le diriger de bonne heure vers le bien ». Les hommes pensent que les femmes ne sont destinées qu’à être dirigées par les hommes et qu’elles n’ont pas l’étoffe pour être au même niveau que ces derniers.

L’homme, selon les idées d’alors, est fort, robuste, a une grande énergie, il a de l’audace, courageux, il brave les périls les plus dangereux, résistant, propre aux arts/travaux pénibles, tout ce qui est propre à la force et l’intelligence : qualités, qui ne sont pas attribuées aux femmes ! Ces idées sont déjà partagées pas la grande majorité des députés sous la Révolution.

Les femmes sous le Consulat et l’Empire : un recul des droits

Même si les femmes n’ont pas eu de droits politiques « officiels » pendant la Révolution française, elles ont tout de même joué un rôle politique à travers les clubs et leur participation aux journées révolutionnaires. Le Consulat prive les femmes de toutes interventions en dehors de la maison et fait de l’espace publique un lieu uniquement masculin.

Dans le Code civil de 1804, différentes lois nous renseigne sur le statut des femmes et place la femme en position d’infériorité de celle de son époux : elle lui doit obéissance : l’homme est réellement le « chef de famille. Si mari et femme peuvent demander le divorce, les conditions sont plus souples pour qu’un homme l’obtienne qu’une femme. Ainsi, différentes lois « officialisent » la dépendance de la femme vis-à vis de l’homme. Toutes les femmes quelques soient leurs richesses sont toutes soumises à ce même statut.

Mme Roland, une héroïne girondine appréciée

Née en 1754 dans une famille de la bourgeoise parisienne, Marie Jeanne Philipon devient Manon Roland de la Platière après son mariage avec Jean-Marie Roland de la Platière en 1780. Après avoir voyagé en province, Manon et son époux s’installe à Paris pour prendre part aux événements révolutionnaires en 1791.

Mme Roland tient alors un salon, vite renommé où se rendent tous les hommes politiques influent de leur temps. Girondine, cette activité lui permet de nouer des amitiés et peut être de favoriser la nomination de son époux comme ministre de l’Intérieur en mars 1792. Elle conseille alors son mari, certains estiment qu’elle dirige indirectement le ministère. Cependant, plus tard, lorsqu’elle est en prison, elle écrit ses Memoires, où elle nie le rôle majeur qu’on a voulu lui donné après de son époux. Son ouvrage constitue un plaidoyer pour la réserve des épouses. Après septembre 1793, elle s’oppose violemment aux Montagnards et tout particulièrement à Danton. Cette position lui vaut d’être une des égérie des Girondins mais aussi d’être la cible des Montagnards, qui la surnomme alors « la reine Coco ».

Arrêtée le 1er juin 1793 alors qu’elle se rend volontairement à la Convention pour défendre les Girondins attaqués par les Montagnards, elle fait preuve de courage et d’héroïsme. Elle se défend elle-même devant le tribunal révolutionnaire cinq mois plus tard. Le jour même, le 8 novembre 1793, elle est guillotinée. Au sein de la population, Mme Rolland fait plutôt consensus  grâce à son image de « chrétienne », « d’épouse exemplaire » et « d’ardente républicaine ».

Charlotte Corday, une meurtrière contre la Terreur

Née en 1768 et issue d’une famille de petite noblesse normande, Charlotte Corday intervient dans la vie politique de la Révolution. Girondine, elle est plutôt modérée et et indignée par les idées de Marat, un député montagnard proche de Robespierre, directeur du journal l’Ami du peuple et très apprécié des Sans-culottes. Elle lui reproche de pousser à la guerre civile pour devenir dictateur. Ainsi, le 13 juillet 1793, Charlotte Corday tue Marat.

Lors de son procès, elle affirme que son acte qui était destiné a mettre fin à la guerre civile qui ravageait la France : « J’ai tué un homme pour sauver cent mille » déclare-t-elle.

Aux yeux du peuple, qui apprécie Marat, elle passe pour une horrible meurtrière. Les Montagnards, au pouvoir, la présente comme un monstre fanatique et font de Marat un héros, un martyr de la Révolution.

Son geste attise les tensions entre les Girondins et les Montagnards. Après celui-ci, la Convention pourchasse tous les Girondins considérés comme hors la loi. Charlotte Corday est guillotinée le 17 juillet 1793

Théroigne de Méricourt, « la belle Liégoise » ou la « femme-homme sanguinaire » ?

Anne-Josèphe Terwagne nait dans la principauté de Liège en 1762 dans une famille de laboureurs, de prospères paysans propriétaires. Elle décide ensuite de prendre le nom de Théroigne de Méricourt et ses origines lui valent le surnom de « La belle Liègoise » .

Théroigne de Méricourt est connue pour sa grande participation politique et un engagement de militante pendant la Révolution. Elle était la chef de file de certains clubs et assemblées qui réclamaient pour les femmes, des droits politiques dans la société.

Exaltée et portant une tenue d’amazone, elle agit de façon volontaire, harangue les foules et prend les armes, au même titre que les hommes lors de journées d’insurrection. Elle contribue, par exemple, à la marche des femmes sur Versailles (05-06 octobre 1789) et fervente républicaine, elle prend d’assaut le palais des Tuileries (10 août 1792)…

Cette participation violente à la Révolution lui est reprochée. Les royalistes la prennent pour cible et disent d’elles qu’elle est une « femme-homme sanguinaire », une « prostituée », une « furie ». Les « tricoteuses » s’en prennent physiquement à elle et la flagelle publiquement en 1793.

Cette humiliation fait tomber Théroigne dans la folie. Elle est faite internée par son propre frère en 1794 et reste pendant environ 23 ans à l’hôpital de la Salpetrière pour démence chronique où elle meurt.

Olympe de Gouges, une femme libre défendant les droits des femmes

Marie (plus tard Olympe de Gouges) est née à Montauban en 1748. Elle a eu une enfance facile grâce à son père, qui répondait à chacun de ses besoins, mais son père est l’amant de sa femme. Elle grandit à Montauban avec son frère Jean et sa mère, ne rendant visite à son père qu’une fois par semaine qui ne la reconnais pas comme ça fille. Mais sa mère rencontre un autre homme qu’elle épouse, ce dernier interdisant à Marie de rendre visite à son père.

Plus tard Marie se sensibilise aux idées des lumières en se rendant régulièrement au Théâtre,dont elle écrira plus tard des pièces , rencontre Valette, avec qui elle a des débats sur les Lumières, lit , lutte pour le droit de la femme , refuse de se remariée pour rester libre. Elle publie des affiches , où elle écrit des idées des Lumière , ce qui lui vos quelques ennuies et publie un roman épistolaire.

Olympe de Gouges , est une femme libre en amour car elle refuse de se remarier et est plutôt libertine : elle refuse « d’appartenir » à un homme.

Olympe est écrivaine : elle a écrit un roman épistolaire , un livre où elle résume ses pièces de théâtre, et publie plusieurs lettres qu’elle affiche dans Paris.

C’est une femme qui participe à la vie politique de la Révolution française, car elle assiste aux États Généraux , elle parle beaucoup avec les députés de l’Assemblée, elle écrit une pièce dénonçant le racisme envers les Noirs , lutte contre le régime mis en place pendant la Révolution, et ne décrochant pas de ses positions .

Elle défend les droits de la femme notamment en écrivant la Déclaration Des Droits De La Femme Et De La Citoyenne : « La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » , « Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi : les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse » écrit-elle par exemple.

S’opposant au régime de la Terreur, Olympe est dénoncée par son imprimeur et est condamnée pour la lettre qu’elle voulait publier pour condamner Robespierre. Malgré des aides extérieures, elle est guillotinée le 3 novembre 1793.

Louise de Keralio, une écrivaine révolutionnaire véhiculant des stéréotypes

Née en 1757 à Arras, Louise de Kéralio fait partie des femmes qui ont participé à la Révolution française. Issue de la noblesse bretonne, elle épouse un avocat, Pierre-François Joseph, qui est un fervent républicaine et le secrétaire de Danton.

Louise se fait remarquer en dirigent la publication du Journal d’Etat et du citoyen à partir du 13 août 1789 : elle est la première rédactrice en chef d’un journal. De plus, lors de la Révolution, elle écrit des tracts, des pétitions, des requêtes pour la Convention et des poèmes. Ces derniers ont en commun plusieurs thème : celui du bonheur, celui de l’égalité et celui de l’exaltation de l’Etat (révolutionnaire).

Paradoxalement, Louise partage l’idée dominante à l’Assemblée nationale : elle approuve l’exclusion de la vie politique des femmes et applaudit dans son journal l’annonce du non-accès au droit de vote des femmes. Louise pense que les femmes peuvent influencer indirectement les événements mais que leur place principale est dans leur foyer. Le peuple la perçoit donc comme une pionnière du « républicanisme sexiste ».

Elle ne meurt pas sous la Révolution mais en 1821 à Bruxelles, où elle s’est exilée avec son mari et sa fille après la chute de Napoléon.

Marie-Antoinette, une reine sous la Révolution

Née à Vienne en Autriche en 1755 et épouse de Louis XVI, Marie-Antoinette reste l’une des plus célèbre reines de France. Par son comportement léger et irréfléchi, par son indifférence à la souffrance du peuple, elle a suscité la haine du peuple et l’a sans cesse alimentée.

Marie-Antoinette affronte la Révolution avec un esprit combatif qui en étonne ses contemporains. Après les journées du 5 et 6 octobre 1789, la famille royale est retenue au Tuilerie. Elle convint son époux de s’enfuir le 20 juin 1791, le couple et les enfants s’évade de Paris. Mais ils sont finalement interceptés à Varennes et ramenés vers la capitale. Perçue comme des traites, le couple royal n’a plus la confiance du peuple. Le 10 août 1792, les Tuileries sont envahies par la foule furieuse et Marie-Antoinette est enfermée à la prison du Temple.

Après un procès, Marie-Antoinette alors appelée « Mme Capet » est guillotinée le 16 octobre 1793. Sa condamnation à mort est moins compliquée et fait moins débat que celle du roi car elle était détestée du peuple, ils la voyaient comme une reine néfaste, alliée aux étrangers.

Les femmes peuvent-elles défendre la patrie ?

Etre citoyen, c’est également participer à la défense de sa patrie. Ainsi, lorsque la République est menacée par des attaques extérieures et des révoltes intérieures en 1793, la levée en masse est décidée : tous les hommes entre 18 et 25 ans sont mobilisés. Il faut retenir de cela que les femmes ne sont pas inviter a défendre la patrie.

Néanmoins, des femmes même si elles ne peuvent agir de la même manière que les hommes, vont toute fois, défendre avec les armes la patrie. C’est par exemple le cas de Théroigne de Méricourt. Cette femme se joint à la Révolution en participant au cortège habillée en amazone . Républicaine et favorable à la guerre, elle réclame en 1792 la formation de phalanges d’amazones (= des groupes de femmes armées et organisés militairement) pour porter les armes et combattre. Elle combat d’ailleurs lors des insurrections des 20 juin et 10 août 1792.

Comment s’imposer comme citoyenne quand on n’en possède pas les attributs ?

Pendant la Révolution, les femmes n’ont pas le droit de vote et ne peuvent pas être élues à l’Assemblée ou à la Convention. Cependant, elles essaient de s’inclure dans la vie politique : elles assistent aux séances de la Convention

Lors de la Révolution, pour s’exercer aux débats, les hommes créent des clubs où ils débattent sur les projets politiques à présenter à l’Assemblée Nationale. Les femmes n’ayant pas accès à ces clubs créent leurs propres clubs et salons où elles discutent des lois proposées à l’Assemblée puis à la Convention et débattent sur des idées politiques. Olympe de Gouges participent à ces clubs féminins. De plus, des femmes s’imposent dans des journées déterminantes dans la vie politique de la République comme Théroigne de Méricourt lors du renversement de la Convention en juin 1793.

Le citoyen peut-il être une femme ?

Lors de la Révolution française, le débat sur le droit politique des femmes fait rage mais jamais le droit de vote ne leur est accordé.

Olympe de Gouges se bat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour rendre la vie aux femmes plus facile et aussi leur donner la parole et la possibilité d’exprimer leurs idées.

Condorcet, proche d’Olympe, défend dans son discours (Sur l’admission des femmes au droit de cité) le 3 juillet 1790 l’accès au droit de vote des femmes. Ses arguments s’appuient sur l’égalité entre les Hommes (établie dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen) et donc entre les hommes et les femmes. Condorcet donne les exemples d’Elisabeth, reine d’Angleterre et des deux Catherine de Russie qui sont des femmes qui ont démontré qu’elle pouvait gouverner un royaume comme les rois (des hommes !). Condorcet dit également que les hommes sont « des êtres sensibles, susceptibles d’acquérir des idées morales et de raisonner » et que comme les femmes ont, elles aussi, les mêmes qualités, elles ont nécessairement les mêmes droits que les hommes dont le droit de vote.

Cependant, cette position n’est pas majoritaire au sein des députés. Le député montagnard refuse le droit de vote des femmes car il estime que leur « force morale et physique » n’est pas suffisante et qu’elles « sont peu capables de conceptions hautes et de médiations sérieuses ». Ainsi, selon Amar, les femmes ne sont pas capables d’émettre une pensée construite, ce qui justifie, à ses yeux, l’exclusion des femmes de la vie politique. Cette opinion est majoritaire au sein de l’Assemblée nationale puis de la Convention.