Types de plan possibles en dissertation de philosophie

18 02 2015

Il n’y a pas de plan imposé en dissertation de philosophie, comme il n’y a pas de méthode imposée pour problématiser. Mais il faut qu’il y ait une problématique et un plan.

Un même sujet peut admettre plusieurs plans valide. C’est la cohérence interne du propos qui assure la valeur de la copie.

Le plan peut être en deux ou trois parties (même quatre). Ci-dessous des exemples non-exhaustifs de types de plan possibles en trois parties:

Le plan réfutatif:

Il consiste à partir en première partie de la thèse présupposée dans le sujet et à la réfuter dans une deuxième partie. La troisième partie est alors consacrée à défendre une thèse adverse.

Le plan par réponse aux objections:

La première partie est consacrée à défendre la thèse présupposée du sujet. La deuxième partie émet une ou plusieurs objections concernant cette thèse. La troisième partie est consacrée à répondre aux objections faites à la thèse présupposée.

Le plan problème/solution:

Chacune des deux premières parties expose, les deux points de vue opposés sur le problème. La troisième partie constitue la solution argumentée proposée par la dissertation. Elle peut être:

soit identique à l’une des deux thèses, soit constitué une troisième thèse différente, soit constitué un dépassement original de l’antinomie présentée par les deux précédentes thèses.

Le plan dialectique:

Chaque partie contredit la précédente tout en constituant un niveau de réflexion supérieur qui englobe le précédent. Par exemple:

Premier niveau: le point de vue du sujet sensible – connaissance subjective sensible

Deuxième niveau: le point de vue objectif de la science – la connaissance rationnelle du monde

Troisième niveau: le point de vue de l’esprit – la connaissance par le sujet intellectuel du monde et de lui même.

Le plan par remise en question d’un présupposé fondamental du sujet:

Les deux premières parties présente la discussion du problème. La troisième partie remet en cause un présupposé admis par les deux précédentes thèses.

Ex: N’avons nous de devoirs qu’envers autrui ? – Le sujet présupposé que nous avons des devoirs autrui, mais pas que. En deuxième partie, on argumente l’existence d’autres devoirs (envers soi-même, les choses ou les animaux). La troisième partie peut remettre en question ce présupposé commun aux deux thèses selon lequel nous avons des devoirs.

Le plan par condition de possibilité:

Les deux premières parties exposent la discussion sur le problème. La troisième partie montre comment l’une des thèses est une condition de possibilité de l’autre thèse ou que ces deux thèses sont des conditions l’une de l’autre.

Ex: Doit-on préférer le bonheur à la liberté ? La troisième partie montre qu’il ne peut pas y avoir de bonheur authentique sans liberté. La liberté est donc la condition de possibilité du bonheur.

Le plan par cas:

Les deux premières parties organisent une discussion autour du problème. La troisième partie consiste à montrer que la thèse et l’anti-thèse sont toutes les deux valident, mais ne s’appliquent pas aux mêmes situations.

Plan travaillant la polysémie des termes:

La thèse de la première partie est attaquée dans une seconde partie. En troisième partie, on montre qu’il est possible d’accorder une légitimité à la thèse initiale en donnant un autre sens à l’un des termes du sujet.

Ex: L’art suppose-t-il une éducation ou est-il l’objet d’un jugement de goût inné ? L’éducation peut être prise dans une première partie comme une réception passive ou au contraire dans la troisième partie comme une activité de la part du sujet apprenant.

Plan par inversion des relations entre le sujet et l’attribut du sujet de la thèse:

La thèse défendue dans la première partie est discutée en deuxième partie. La troisième partie montre comment il est possible d’inverser les rapports entre le sujet de la thèse et son attribut.

Ex: Le désir peut-il se limiter à la réalité ou dépasse-t-il la réalité ? Peut-être qu’en définitif, c’est toujours le réel qui excède la puissance de notre désir.

Remarque générale sur la rédaction et sur les conclusions:

La copie doit toujours être rédigée en tenant compte que l’on est corrigé par un correcteur qui n’a pas nécessairement les mêmes opinions que soit et qui n’est pas prêt à accepter les propos de l’auteur de la copie. Il faut donc écrire: a) veillant à être toujours le plus clair possible b) en se faisant des objections c) en faisant attention à éviter les formulations péremptoires.

Une conclusion (ou « une partie »), pour être personnelle, n’a pas besoin d’être formulée en utilisant “je”. Il est possible également d’affirmer ce que l’on pense par des tournures impersonnelles. C’est ce que font la plupart des textes philosophiques d’ailleurs. A l’inverse, il est vrai également que certains sujets sont formulés avec « je » et que certains auteurs comme Montaigne ou Descartes, l’ont utilisé.


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