Jan 31 2011

Epigraphe

Publié par Morgane J. dans Epigraphe, Relier      


Parfois les histoires ont un lien,

Mais nous n’en savons rien,

Nous ne l’apprenons qu’à la fin.

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Jan 31 2011

Rencontre – Interview imaginaire de Laurent Gaudé

Publié par Chloé S. dans Rencontre - interview Auteur      

Journaliste : Bonjour Laurent Gaudé, nous avons le plaisir de vous recevoir ici aujourd’hui, pour la sortie de votre nouveau livre, «Eldorado». Laurent, pouvez-vous nous faire un bref résumé de l’histoire de votre roman ?


Laurent Gaudé : Ce livre est tout d’abord constitué autour de deux personnages. D’un côté, nous avons le commandant Salvatore Piracci, qui vit à Catane (Sicile) , gardien de la citadelle Europe, sillonne les mers depuis 20 ans à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Il fait son travail consciencieusement, sans trop se poser de questions, jusqu’au jour où il rencontre une jeune femme qu’il avait croisé lors de l’interception d’une embarcation clandestine deux ans auparavant. Cette femme va alors bouleverser sa vie.Vingt années de service vont commencer à se lézarder et le désir de faire le chemin à l’envers, de vivre ce que vivent ces hommes et ces femmes, par solidarité, va naître en lui.

D’un autre côté, Soleiman, qui lui, va quitter son pays natal du Soudan, pour rejoindre l’Eldorado européen, le coin rêvé de tous les émigrants.
Son objectif sera de trouver du travail là-bas et de rapporter l’argent obtenu à son frère, pour pouvoir le guérir de sa maladie grave. Il va devoir alors faire preuve de courage dans ce grand voyage périlleux.


Journaliste : Comment avez-vous eu le projet d’écrire un roman sur le thème de l’émigration clandestine ?


Laurent Gaudé : Il est vrai que c’était un sujet qui m’attirait beaucoup, du fait que c’est un sujet ancré sur l’actualité, qui était donc réel et non imaginaire. Je voulais faire preuve d’originalité, il n’y a pas énormément de romans basés sur ce sujet. Ce thème m’est venu en tête, dès que l’on a parlé à la radio d’émigrants qui avaient voulu passer les barrières de Ceuta, mais que ceux-ci avaient échoué et y étaient morts à causes des barbelés.


Journaliste : Pourquoi avez-vous choisi ce style d’écriture, des sous-chapitres très courts, des phrases également courtes … ?


Laurent Gaudé : J’ai choisi ce style d’écriture pour une histoire de suspense, tenir le lecteur en halène. Mais aussi le fait qu’une vie peu se jouer en quelques instants, qu’elle peut se jouer sur si peu de choses (je fais référence ici à l’histoire de Soleiman, lorsqu’il passe la barrière de Ceuta), que le hasard fait bousculer les vies, le destin (changement de vie soudaine du commandant Piracci).


Journaliste : On remarque aussi dans votre livre que pour les deux histoires, il y a deux choix d’écriture bien distincts, pourquoi ?


Laurent Gaudé : Pour l’histoire du Commandant Piracci, le récit est à la 3ème personne, un point de vue externe du narrateur et, écrit au passé. Je veux donner la sensation au lecteur de la lente et progressive dépossession de soi avec Piracci, où on ne fait qu’observer Salvatore Piracci dans son désarroi, et où la vie s’éloigne peu peu de ce personnage.

Pour l’histoire de Soleiman, c’est tout à fait différent. Beaucoup d’espoir jaillit en lui, à l’inverse du commandant. Le statut du narrateur est interne, c’est-à-dire qu’il y a la marque de la 1ère personne, et le récit est écrit au présent, comme si le lecteur avait l’impression de se sentir dans ce personnage, et de vivre les péripéties de ce voyage initiatique au moment présent où le lecteur lit le roman. Celui-ci ressent alors ce que peut ressentir le personnage de Soleiman.


Journaliste : Il faut dire que les registres dominants dans votre roman sont le lyrisme et le réalisme…


Laurent Gaudé : Oui, tout à fait, c’est un registre réaliste, il y a un effet de réel, par rapport aux lieux, à la situation d’émigration … Le roman «dégage» une impression de courage, doublé du sens dramatique, qui donne un caractère presque épique, voire un brin théâtral, à l’écriture de mon roman et surtout, aux dialogues, qui prennent une allure de longues envolées. Le lyrisme est présent dans le livre, mais il y a aussi du registre pathétique. Je trouve que c’est la meilleure façon de pouvoir toucher le lecteur, de l’émouvoir par les mots, les sentiments des personnages… Le lecteur ne sort pas totalement indemne de ce livre, il amène à réfléchir, et c’est cela que j’aime.


Journaliste : Pourquoi avez-vous choisi cette région d’Italie ? Ce lieu est également présent dans votre livre « Le soleil des Scorta », qui se situe dans un village des Pouilles…


Laurent Gaudé : Oui, tout à fait. C’est un lieu qui m’affecte beaucoup. Quand j’étais jeune, j’y allais souvent avec ma famille, et je trouvais cette région magnifique. L’Italie et la Sicile restent les plus belles régions pour moi. Catane fait partie de ma ville préférée, avec ce port magnifique, cette mer si belle, ce marché exceptionnel qui reflète bien la vie italienne…


Journaliste : Pourquoi une histoire entre deux regards ?


Laurent Gaudé : En effet, le premier regard échangé au début de l’histoire sur le marché des rues de Catane entre Salvatore et cette femme du Vittoria, puis le deuxième regard à la fin du roman, entre Salvatore et Soleiman sur le marché de Ghardaïa en Algérie. Pour moi, dans un regard, de nombreux sentiments et d’émotions sont exprimés à travers le visage. Un regard peut évoquer diverses choses, sans avoir besoin de s’exprimer à haute voix.


Journaliste : Je vous remercie infiniment de vous être déplacé, Laurent. A bientôt. Et on attend déjà votre prochain livre avec impatience !


Laurent Gaudé : Ce fut avec plaisir, à bientôt !

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Jan 31 2011

Réécritures croisées – Salvatore Piracci

Publié par Manon Rol. dans Créer, Réécritures croisées      

XIII

L’ombre de Massambalo

Le soir tombe sur Ghardaïa comme un grand tissu qui enveloppe les corps et les caresse. Les arbres piaffent du cri des oiseaux invisibles. Les lézards semblent chatouiller la pénombre. Partout, la ville bruisse de vie. Les rues sont pleines. Les vélomoteurs soulèvent la terre sèche des avenues. Le commerce reprend ses droits sur la chaleur écrasant de l’après-midi.

Je suis assis par-terre, sur la place, à côté des vendeurs d’eau, de tissu, ou d’essence frelatée. Je n’ai rien à vendre. Mais je reste bien droit, laissant les rumeurs de la foule m’envahir. Je suis arrivé ce matin même. Après mon évanouissement, les hommes du campements m’ont donné à manger et m’ont demandé où j’allais. Ne sachant que répondre, je me suis souvenu du nom de cette ville qu’avait cité le chauffeur du bus d’Al-Zuwarah et je l’ai répété, avec conviction : « Ghardaïa ». Les hommes, autour de moi, m’ont fait comprendre que c’était sur leur chemin et qu’ils m’y déposeraient. Pendant tout le voyage, je n’avais pas dit un mot. Lorsque nous sommes arrivés à Ghardaïa, je suis descendu du camion en sentant que j’étais arrivé là où je devais aller. Le camion est repartit, me laissant seul à nouveau.

J’ai choisi cette vaste place pleine de cris et de mouvements parce qu’il me semblait que je pouvais, ici, être parfaitement invisible. Je me suis assis. Sans aucune idée de ce que j’allais faire, sans savoir du tout à quoi ressemblera ma vie à partir de maintenant. Les hommes du campement m’ont séché mes vêtements, mais une odeur tenace d’essence persiste. Je suis sale mais je n’en éprouve aucune gène. Comme si j’étais dorénavant au dessus de cela.

Ceux qui m’ont connu comme commandant à Catane n’auraient pas pu me reconnaître. J’ai beaucoup maigri. Mes traits se sont creusés. J’ai perdu cette molle nonchalance qui distingue un corps opulent d’un corps pauvre. Une longue barbe me mange le visage. Une peur est née dans mes yeux. J’avais autrefois le regard calme de ceux qui sont dans l’autorité, maintenant je suis aux aguets. Une vivacité sauvage scintille de façon permanente dans mes yeux. Je suis devenu rapide et nerveux. L’errance et le labeur m’ont endurci. Que reste t-il de Soleiman ? Rien. J’ai quasiment disparu de moi-même.

Je me suis assis sur cette place parce que l’air y est doux. Je décide que je ne chercherais plus de travail. Cela aussi est derrière moi. « Que me reste-il ? Pensa t-il. La mendicité et l’attente. Je vais rester là tant que ce sera passible. Jusqu’à ma mort peut-être. Pourquoi pas ? Ici, ce n’est pas plus absurde qu’ailleurs. » Et je contemple avec sérénité le grand marché qui m’entoure.

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Jan 31 2011

Géographie : Beyrouth

Publié par Marion I. dans Géographie, Informer      

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Beyrouth

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Beyrouth est la capitale du Liban. Dans le livre, cette ville est évoquée par la femme du Vittoria qu’a secourue le commandant Salvatore Piracci ; c’est là qu’elle a pris le bateau en direction de  l’Italie.

Drapeau du Liban

1. Géographie

Le Liban est un pays du Moyen-Orient, il a des frontières avec la Syrie, Israël et une façade donnant sur la Méditerranée.


Environ un million deux cents mille  personnes vivent dans cette ville,  deux millions  en intégrant les banlieues. C’est la plus grande ville du Liban en raison de la petite taille de ce pays. Elle se trouve à égale distance des frontières nord et sud. C’est un des piliers financiers du pays grâce à la présence de différentes entreprises, de banques internationales et sa position sur le littoral.

La grotte aux pigeons ( Raouche), est un site très touristique,

il est visible du bord de la corniche qui longe tout Beyrouth.

Les étés y sont chauds et secs alors que les hivers plus humides et doux. C’est un climat méditerranéen avec ses trois cents jours de soleil dans l’année.                                                                                                                                                                                                                                                                                      On y parle l’arabe libanais (qui est différent de l’arabe classique) mais en raison de son histoire, le français et l’anglais y sont aussi très bien compris.                                                                                                                                                                                                    ?


Jan 31 2011

Appellation

Publié par Thibault dans Appellation, Créer      

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J’ai pensé pour ce roman au titre :

Le choix des frontières


Je l’ai choisi car il m’a tout de suite fait penser aux nombreux voyages que font les personnages dans ce roman, et aussi le fait qu’ils ne sont pas toujours les bienvenus dans les différentes frontières qu’ils traversent. De plus, en lisant ce livre j’ai réalisé que les personnages ne restent jamais vraiment dans le même pays, ils changent souvent de frontières.

C’est pour cela que j’ai décidé de créer ce titre.

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Jan 31 2011

Présentation – Laurent Gaudé

Publié par mariona dans Histoire littéraire, Informer      

Histoire littéraire : Éléments biographiques sur l’auteur

Laurent Gaudé est né le 6 juillet 1972 à Paris. Il est  romancier et  dramaturge français, lauréat du prix Goncourt en 2004 pour son roman Le Soleil des Scorta.

Après avoir eu son bac, il entame des études littéraires de lettres modernes pour préparer une thèse en études théâtrales.

Laurent Gaudé n’écrit pas seulement des romans, il écrit aussi des pièce de théâtre (onze)et des nouvelles (deux).Laurent Gaudé est passionné de théâtre.En 1999 il tente de vivre de sa plume, après tant d’effort, sa pièce Combats de possédés fut publiée, elle sera jouée en Allemagne et lue au Royal National Théâtre de Londres. Laurent Gaudé écrit une Pièce  en seulement 10 jours, au Printemps 1996, intitulée Onysos le Furieux. En 2002 la mort du roi Tsongor, son deuxième roman,  fut cité au prix Goncourt et fut récompensé par le prix Goncourt des Lycéens et le Prix des librairies. Il est Frère du Journaliste Ivan Gaudé qui travaille pour le magazine Canard PC.

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Jan 30 2011

Abécédaire Eldorado

Publié par Louise dans Abécédaire, Relier      

Abécédaire d’Eldorado

A comme Attente

B comme Barque

C comme Collier

D comme Départ

E comme Echelle

F comme Frontière

G comme Ghardaïa

H comme Humanité

I comme Illusion

J comme Jamal

K comme Kilomètres

L comme Libye

M comme Massambalo

N comme Nouveauté

O comme Oujda

P comme Pays

Q comme Quête

R comme Route

S comme Sacrifice

T comme Traversée

U comme Utopie

V comme Victoire

W comme Wagon

X comme Xénophobie

Y comme sYmpathie

Z comme Al – Zuwarah


Jan 30 2011

Florilège

Publié par Morgane J. dans Florilège, Sélectionner      

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S’il fallait retenir 5 citations du roman…


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« Le commandant chassa ces pensées de son esprit. L’important n’était pas l’identité des coupables mais ce désir puissant qu’elle avait de frapper à son tour. Il pressentait que rien ne la ferait changer d’avis mais il voulut essayer encore. » (Page 36)

« Nous sommes deux. Et je comprends que tu es comme moi. Tu as besoin de me savoir sur tes pas. Tu as besoin de ma voix pour ne pas défaillir. » (Page 51)

« Ils restèrent longtemps silencieux. Absorbés par l’écoute de cette étrange musique qui berçait la mer, oublieux de leur mission, de l’urgence du sauvetage. » (Page 71)

« La douleur me faisait monter le cœur dans la poitrine. Je pensai qu’une minute plus tôt, j’étais heureux et la terre me semblait vaste. Maintenant l’air me manquait et je voulais déchirer les pierres de rage. » (Page 85)

« A l’instant où ils le firent, il eut le temps de croiser le regard de l’interprète. Un long regard noir et douloureux qui disait sa rancune. » (Page 102)

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Jan 30 2011

Un épisode marquant

Publié par Nicolas D. dans Episode, Sélectionner      

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Passage avec l’inconnu

du cimetière de l’Eldorado


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ligne 111-112 : « L’herbe sera grasse, dit-il, et les arbres chargés de fruits. De l’or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbéreront les rayons du soleil. Les forêts frémiront de gibier et les lacs seront poissonneux. Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L’Eldorado, commandant. Ils l’avaient au fond des yeux. Ils l’ont voulu jusqu’à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riche que vous et moi. Nous avons le fond de l’œil sec, nous autres. Et nos vies sont lentes. »

J’ai choisi de reprendre ce passage parce qu’il suscite l’intérêt du roman.

Lorsque l’inconnu commence à parler, on peut remarquer qu’il ne s’adresse pas directement au commandant Salvatore Piracci : il décrit le paradis avec une certaine poésie dans sa façon de parler. Il rend en quelque sorte hommage à tous ces pauvres immigrants qui ont péris en tentant leur chance pour rejoindre l’Eldorado, le chemin vers le paradis, le continent de leur rêve, c’est-à-dire l’Europe. Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce passage c’est que cet inconnu, comme Laurent Gaudé, rend admirablement hommage à tous ces personnes qui ont eu la force et la volonté de continuer jusqu’au bout comme les personnages Boubakar et Soleiman qu’on retrouve dans ce livre. Ensuite, l’étranger s’adresse directement au commandant avec une certaine tristesse en disant que ce paradis que ces immigrants voulaient tant l’auront jamais à cause de leur embarcation qui a malheureusement coulé près de Lampedusa. Il insiste sur le fait qu’ils avaient péris tout près du but sans avoir pu atteindre leur vœu le plus cher au monde et qu’ils avaient affronté ce voyage éprouvant avec détermination, ayant plus de volonté que n’importe qui, rêvant toujours plus loin. Après avoir dit ce qu’il avait à dire, l’inconnu s’en alla. Ces paroles firent beaucoup réfléchir le commandant Salvatore Piracci et ces paroles résonnèrent longtemps dans son esprit. Cette rencontre est une des raisons qui a poussé le commandant à tout abandonner ( sa ville : Catane, son métier, son ami Angelo…) pour découvrir de nouveaux continents, pour conquérir lui aussi l’Eldorado. J’ai trouvé ce passage très intéressant car il résume bien le roman Eldorado ainsi que la visée du livre ( hommage au grand courage des émigrants ).


Jan 30 2011

Chanson

Publié par Axelle Ber. dans Chanson, Créer      

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L’amour de deux frères


A gagné toutes les guerresdeux freres qui se tiennent la main

Afin d’atteindre ces terres

Et de franchir les frontières

Ils devraient être ensemble

Même si la Terre tremble

Ne jamais se séparer

C’était devenu sacré

Ils se sont perdus de vue

Ils en sont abattus

Mais le rêve est présent

Dans les esprits combattants

La maladie a frappé

Adieu songe adoré

Il ne verra pas ce monde

Rêve chaque seconde

Mais son frère sera douloureux

Il le laissera aller

Dans les bras de Morphée

Le frère poursuit le rêve

A chaque coup il se relève

Il atteint l’Eldorado

Désormais sur les terres

Il a passé les frontières

Tous ne sont pas passés

Certains ont échoué.

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Jan 30 2011

Question sur un événement du récit

Publié par Elsa dans Questions à Laurent Gaudé      

Pourquoi avoir choisi que le commandant Piracci se suicide alors qu’il portait autour du cou le  collier de Soleiman qui avait porté chance à ce dernier et lui donnait de l’espoir ? ?


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Jan 30 2011

Question à Laurent Gaudé

Publié par Erwann dans Questions à Laurent Gaudé      

Qu’est ce qui a poussé l’auteur

à diviser le roman en deux points de vue différents

(Soleiman et le commandant Piracci)

en quelque sorte à la façon d’un film ?

(Source de l’image)