Réécritures croisées

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Passage centré sur Salvatore Piracci :

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« Je vais mourir, je pense tandis qu’au loin, j’entends encore le vacarme des hommes. Là. Sur cette route dont je ne sais même pas où elle mène. De nuit. Fauché par un camion. Comme un chien. » Je sens que la fin est proche. Mon esprit vacille. Je ne vois plus rien, n’entends plus que de sombres bourdonnements. Mon esprit a encore la vivacité de poursuivre quelques idées, de faire jaillir quelques images, mais je sens que cela ne tardera pas à se tarir. C’est comme un dernier bouquet de vie avant le néant.

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Passage centré sur Soleiman :

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Ils étaient deux. Et il comprenait qu’il était comme lui. Il avait besoin de le savoir sur ses pas. Il avait besoin de sa voix pour ne pas défaillir. Il le suivait, son frère. Il poussa la porte de la chambre. Ça y est. Ils allaient partir. Leur grand voyage commençait là. C’était la fin d’une vie. Il restait près de lui. Ils emmèneraient la maison, ils emmèneraient leur mère et la place de l’Indépendance, ils emmèneraient les dattes et les vieux fauteuils de la voiture partout où ils iraient. Tant qu’ils seraient deux, la longue traîne de leur vie passée flotterait dans leur dos. Tant qu’ils seraient deux, tout serait bien. Les frères partirent. Il le suivait.



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