Feb 10 2011

Réécritures croisées 2 – Soleiman

Publié par Romain dans Créer, Réécritures croisées      

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Deuxième passage : Soleiman


tentative de certains migrants africains pour passer la frontière

C’était alors qu’il sentit les mains de Boubakar qui lui saisissaient les poignets. Il le tractait avec force. Sa vigueur lui tirait à lui. La jambe de Boubakar était tordue mais ses bras étaient épais comme des troncs d’arbre. Il tirait comme s’il voulait le démembrer. Il sentit les barbelés lui labourer les chairs de son dos. Il était comme un escargot empêché par sa coquille à moitié écrasée. Boubakar ne lâchait pas, il tirait toujours. Il glissait, lentement, avec cruauté, sous les nœuds acérés des barbelés. Lorsque ses jambes eurent fini de passer, il se retourna sur le dos, épuisé. Il avait le temps d’apercevoir ce qu’il quittait.

Les trois Espagnols furent bousculés par la foule. C’est à cela qu’il devait son passage. Ils n’eurent pas le temps de s’occuper de lui. Ils se mirent dos contre le barbelé pour stopper les autres. Il devait sa chance à ceux qui ne passeraient pas et qui, en se jetant sur ses assaillants, les avaient détournés. Il ne saurait jamais de qui il s’agissait. Il ne pourrait jamais remercier ceux qui l’avaient sauvé. C’était une foule indistincte. Une foule qui lui avait permis de la quitter.

Il sentit la main de Boubakar qui lui tenait encore le poignet. Il était là, au-dessus de lui. Il le regardait entre deux éblouissements de fatigue. Il pleurait. Il venait de mettre un terme à sept années d’errance. Il pleurait comme un enfant. Il voulait lui parler, lui dire qu’il avait tort : ils ne passèrent pas parce que Dieu l’avait voulu, mais parce qu’ils avaient gardé un œil l’un sur l’autre. Il voulait le prendre dans ses bras mais il n’avait pas la force de bouger. Il saignait. Son corps était assailli de douleur. Des os fracturés, des plaies ouvertes. Il sentit la terre nouvelle sous lui. Il voulait l’embrasser mais avant d’y parvenir il s’évanouit, et tout disparut.

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Pour moi,ce passage est mieux au présent cette fois ci parce que là on veut la réussite de Soleiman, on est avec lui. On veut le pousser lorsqu’il est sous les barbelés, empêcher les policiers de l’attraper. Ici on se sent comme un clandestin dans la foule, nous sommes les yeux de Soleiman pour lui prévenir des dangers. Dans les deux cas, les temps et les points de vue du narrateur sont bien choisis car ils donnent plus d’émotion au lecteur.

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Feb 10 2011

Réécritures croisées 1 – Salvatore Piracci

Publié par Romain dans Créer, Réécritures croisées      

Premier passage : Salvatore Piracci

p.217, 2ème paragraphe :

«  C’est alors que je choisis de traverser la route. Le bas-côté opposé est moins accidenté et il me semble qu’il est plus aisé d’y marcher. Je traverse. Sans pensée. Laissant la nuit me guider.

Lorsque je suis au milieu de la route, je l ève la tête en sursaut. Un camion est là qui fonce droit sur moi, en klaxonnant. Je ne vois que les phares, deu x yeux béants sortis de la nuit qui grossissent sans cesse. Pendant une fraction de seconde, je me sens comme un chien imbécile au milieu de la chaussée. J’ai le temps de penser que je ne peux pas me soustraire au choc. Le véhicule va trop vite. Mes jambes ne bougent pas. Je ne peux pas contracter mes muscles, dans un souci dérisoire d’amortir la violence de la collision. J’entends encore le klaxon qui déchire les airs et les crissements de pneus tandis que le chauffeur freine à toute force. Puis ce fut le choc.

Je me sens enfoncé dans tout le corps et projeté violemment au loin. Tout s’obscurcit. Je perds connaissance.

Des minutes ou des heures passèrent. Puis un mince filet de conscience cours à nouveau en moi. Tout s’est éteint dans mon corps. Je ne vois plus rien, ne sens plus rien. Seul mon esprit continue à vivre. « Je ne suis pas mort », pensais-je. Et j’en suis étonné. Je n’ai mal nulle part, comme si mon corps n’existait plus. »

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Je trouve que de le raconter au passé et à la troisième personne du singulier est mieux. Malgré le fait qu’en le réécrivant au présent et à la première personne du singulier, que nous soyons dans le personnage et dans l’action, c’est nous qui sommes à la place de Piracci. Alors que dans le livre nous sommes témoins de sa mort, nous sommes là, à coté de lui. On aimerait le sauver mais nous ne pouvons pas nous le voyons en train de mourir petit à petit sans que l’on puisse faire le moindre geste. On ne veut pas vivre la scène. Cela donne plus d‘émotion au lecteur.

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Feb 10 2011

Interview de Boubakar

Publié par Nicolas D. dans Créer, Rencontre - interview Personnage      


http://referentiel.nouvelobs.com/file/20051005.OBS5206.jpg

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De longues années se sont écoulées depuis que Soleiman a franchi la frontière de l’Espagne. Un journaliste-reporter, poussé par la curiosité,  a décidé d’interviewer Boubakar, l’homme qui a erré pendant sept ans en Afrique, en quête de son Eldorado. Il lui a posé quelques questions.

Bonjour, je suis journaliste-reporter, je vous ai contacté au téléphone il y a quelques jours pour vous poser quelques questions concernant votre périple qui remonte il y a quelques années. Ne vous en faites pas, ça ne sera pas long.

Aucun problème! Allez-y, je vous écoute.

Combien de temps avez-vous été le compagnon de Soleiman durant votre périple ?

Nous avons parcouru notre long voyage ensemble pendant environ huit mois.

Laquelle des étapes que vous avez endurées a été la plus difficile, selon vous ?

Quand j’avais déjà traversé la brèche du grillage qui séparait le monde de la misère du continent de mes rêves, les policiers espagnols ont frappé Soleiman à coups de matraques. À ce moment-là, je le tenais de toutes mes forces pour ne pas les laisser le tabasser encore plus longtemps. Cette période a été très douloureuse et difficile à la fois. Si je l’avais lâché, j’aurais brisé son rêve de rejoindre l’Eldorado et cela, de toute ma vie, jamais je n’aurais pu accepter d’avoir une mort sur la conscience.

Auriez-vous réussi tout seul sans l’aide de Soleiman ?

Je pense que jamais je n’aurais pu réussir à aller au bout du chemin de l’Eldorado sans l’aide de Soleiman. Il m’ a sauvé ma pauvre vie lorsque j’étais accroché aux barbelés sans parvenir à m’en défaire. Après ça, je lui dois la vie.De plus, ma jambe abîmée me faisait déjà défaut. Tout au long de mon voyage, le dieu des émigrés, Massambalo, a veillé sur moi et m’a récompensé en m’offrant mon rêve, l’Eldorado.

Avez-vous revu Soleiman après avoir accompli votre objectif ?

Je ne l’ai plus revu depuis que nous nous sommes dit adieu, il y a trois ans environ. Chacun doit à présent parcourir son propre chemin tout seul. Chacun doit affronter sa destinée seul.

Je vous remercie infiniment de m’avoir répondu à toutes mes questions. Au revoir!



Feb 10 2011

Question à Laurent Gaudé

Publié par Yann dans Questions à Laurent Gaudé      

Quel est le but de la présence d’Angelo

dans le déroulement de l’histoire  ?

Est-il là seulement pour que le lecteur connaisse

les pensées du héros expliquées dans ses dialogues avec son ami,

ou y a-t-il d’autres raisons ?

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Feb 10 2011

Question à Laurent Gaudé

Publié par Lucas dans Questions à Laurent Gaudé      


Pourquoi ce choix de ne pas nous dévoiler entièrement

ce qu’il advient de la femme du Vittoria ?


Son histoire est-elle réelle ?

Ou bien la rencontre avec Salvatore Piracci

a-t-elle seulement lieu pour changer la vie de celui-ci ? ?

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