Réécritures croisées 1 – Salvatore Piracci

Premier passage : Salvatore Piracci

p.217, 2ème paragraphe :

«  C’est alors que je choisis de traverser la route. Le bas-côté opposé est moins accidenté et il me semble qu’il est plus aisé d’y marcher. Je traverse. Sans pensée. Laissant la nuit me guider.

Lorsque je suis au milieu de la route, je l ève la tête en sursaut. Un camion est là qui fonce droit sur moi, en klaxonnant. Je ne vois que les phares, deu x yeux béants sortis de la nuit qui grossissent sans cesse. Pendant une fraction de seconde, je me sens comme un chien imbécile au milieu de la chaussée. J’ai le temps de penser que je ne peux pas me soustraire au choc. Le véhicule va trop vite. Mes jambes ne bougent pas. Je ne peux pas contracter mes muscles, dans un souci dérisoire d’amortir la violence de la collision. J’entends encore le klaxon qui déchire les airs et les crissements de pneus tandis que le chauffeur freine à toute force. Puis ce fut le choc.

Je me sens enfoncé dans tout le corps et projeté violemment au loin. Tout s’obscurcit. Je perds connaissance.

Des minutes ou des heures passèrent. Puis un mince filet de conscience cours à nouveau en moi. Tout s’est éteint dans mon corps. Je ne vois plus rien, ne sens plus rien. Seul mon esprit continue à vivre. « Je ne suis pas mort », pensais-je. Et j’en suis étonné. Je n’ai mal nulle part, comme si mon corps n’existait plus. »

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Je trouve que de le raconter au passé et à la troisième personne du singulier est mieux. Malgré le fait qu’en le réécrivant au présent et à la première personne du singulier, que nous soyons dans le personnage et dans l’action, c’est nous qui sommes à la place de Piracci. Alors que dans le livre nous sommes témoins de sa mort, nous sommes là, à coté de lui. On aimerait le sauver mais nous ne pouvons pas nous le voyons en train de mourir petit à petit sans que l’on puisse faire le moindre geste. On ne veut pas vivre la scène. Cela donne plus d‘émotion au lecteur.

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