« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »

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« J’étais brisé, je ne sentais plus le lien qui m’unissait des autres parties de moi et je voyais défiler le cours de ma vie.

Je pensais pas que c’était si dur la vie d’un collier de perles. C’est vrai que moi à force de changer à chaque fois de propriétaire, j’en avais assez ! C’est vrai, moi comme tout être, j’ai besoin d’une vie stable pour m’épanouir. Surtout ces temps-ci, je me souviens mon propriétaire était Jamal, sa peau était si douce…mais il était souffrant et ça, même un collier de perles le ressentait.  Sa peau n’était plus aussi douce qu’avant et je sentais son cou se contracter dès qu’il toussait fort et continuellement. Un jour, je me souviens tout était sombre, cela devait être ce qu’on appelle la nuit. Je ne voyais rien, je ne sentais rien.  Puis je me mis à sentir de nouveau une peau douce. Mon propriétaire était donc guéri, oui c’est ça, il était guéri !

Mais un matin, mes espoirs de guérison pour que mon propriétaire aille enfin mieux étaient anéantis. Lorsque mon propriétaire s’était regardé dans la glace comme à son habitude, je vis un autre homme, plus jeune, plus beau, je reconnaissais ce visage, c’était celui de son frère Soleiman. Avec lui, je parcourais chaque jour de nouvelles terres, nous voyions de nouveaux visages. Cela était très différent de la vie de mon ancien propriétaire.

Un jour, mon propriétaire m’avait abandonné, je me souviens de cet endroit, c’était le même type d’endroit dans lequel mon premier propriétaire avait fait de moi son collier. Oui c’est ça, j’étais son collier de perles, il ne pouvait me quitter, j’étais comme qui dirait son porte bonheur. Cet endroit là, était ce que les hommes appelaient un marché. Il y avait un homme qui se tenait assis, il semblait triste. Mon propriétaire se dirigea vers lui. Et il lui dit tout d’un coup : « Massambalo ».

Oui je me souviens, j’avais déjà entendu ce mot. En puisant dans mes souvenirs, j’en avais conclu que ce mot « Massambalo », était le nom du dieu des émigrés, qui lance à travers le continent des ombres pour veiller sur les peuples en souffrance.

L’homme sembla surpris durant un premier temps, puis il acquiesça de la tête.

Ensuite mon propriétaire, me donna à cet étranger dont je n’avais jamais vu le visage.

Il me toucha du bout des doigts et me mit à son cou. Tout de suite, je sentis une odeur forte, tenace mais que je ne pouvais distinguer. Mon nouveau propriétaire marchait la nuit, on entendait le vacarme de ces choses qu’on appelait des camions.

Puis mon nouveau propriétaire , traversa la route, et tout d’un coup j’aperçus des lumières blanches, et là, un grand bruit. J’étais à terre, j’étais brisé, je ne sentais plus le lien qui m’unissait des autres parties de moi. Je scintillais avec les premières lueurs du jour.

Je voyais mon propriétaire qui gisait à terre, et je dessinais, fragilement à terre, l’emplacement d’un tombeau ouvert. »



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