Mar 3 2011

Journal intime de Salvatore Piracci

Publié par Charles dans Créer, Journal intime      


Mon cher et vieux journal, je rédige aujourd’hui mes dernières lignes, j’ai décidé de partir, de quitter cette vie qui est la mienne, pour une autre, je ne sais pas où mais j’irai, je ferai face a cette inconnue et tournerai le dos à tous ceux que j’aime, que je connais, que je quitte.

Peut-être diront-ils de moi que je suis fou, que je suis devenu fou avant même que l’âge ne s’en charge, mais je le ferai, quoi qu’ils disent, je partirai. Mais avant cela il y a une chose que je dois faire, une visite que je dois rendre, je ne veux pas partir sans dire au-revoir, peut-être même adieu, à Angelo, lui qui m’a tant écouté, lui avec qui j’ai tellement parlé, finalement je doute aurai-je assez de cran pour lui dire adieu le moment venu? Je ne sais pas et ne veux pas le savoir, pour le moment l’Eldorado dans lequel je vis s’est transformé, ou plutôt il s’est dévoilé à moi, comme si toutes ces années à chasser les hommes hors de cette terre qui pour eux est merveilleuse, m’avaient finalement fermé les yeux sur certains défauts de cette vie qui est la mienne.

Dans quelques minutes je partirai pour voir Angelo, ce sont là mes dernières lignes, adieu mon vieux confident, je m’en vais.


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Mar 3 2011

Nouvelle couverture

Publié par Manon.R dans Couverture, Créer      

J’ai choisi les éléments qui me semblent les plus importants dans l’histoire du livre. J’en ai choisi peu, mais des éléments très divers qui d’après moi se divisent en deux catégories distinctes:

les éléments qu’on comprend qu’après la lecture du livre (le collier, la femme du Vittoria les barbelés de la frontière de Ceuta …)

les éléments qui sont explicites dans l’histoire (le bateau, une femme métissée, un palmier, les barbelés) ? la liberté, pays du sud.

Tous ces éléments sont entourés de brume car dans le livre, les voyages des immigrants se passent souvent cachés, la nuit, et c’est une sorte de sujet tabou dans les pays, car ce sont des voyages illégaux, ce que j’ai voulu accentuer en retirant la bouche de « La femme du Vittoria » car ces trajets sont basés sur le secret et la discrétion. De plus j’ai tenté d’accentuer le regard de la femme (mis en valeur sur la couverture), car elle a un regard mystérieux dont le but est d’ouvrir le livre pour l’aider et pour en savoir plus sur elle (car dans le roman et les actions de Salvatore Piracci se font après que celui-ci ait rencontré « le fameux regard » de cette jeune femme aux traits marqués par son dur vécu.



Mar 3 2011

Un voyage initiatique 3

Publié par angela dans Réflexions      

Geneviève Dael


iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiUn voyage initiatique convient effectivement bien à Eldorado car il s’agit ici d’un voyage, d’une évolution, d’une transformation de deux personnages. En effet c’est un peu comme s’ils renaissaient, une nouvelle vie s’offre à eux. Ils traversent tous les deux des épreuves, qu’ils remportent d’ailleurs avec succès. Ainsi Salvatore part à la découverte de ces pays d’Afrique, d’où les gens s’en vont, il veut vivre, sentir tout ce que peuvent ressentir ces émigrés, il va tenter de comprendre ce qu’est de vivre comme eux, de vivre  clandestinement, il prend sa barque, s’en va, comme ça. Il veut aussi combattre la mer comme l’ont combattue des milliers de personnes auparavant, parfois avec succès et malheureusement trop souvent sans. Quant à Soleiman, il part avec l’idée d’une nouvelle vie, accompagné de son frère Jamal, malheureusement ce dernier est malade et ne sera donc pas du voyage , cependant Soleiman ne laisse pas tomber, il se bat, pour son frère, et réussit non sans difficultés à atteindre l’Eldorado Européen, en partie grâce à Boubakar, son ami boiteux.  Je trouve donc juste de dire que l’appellation voyage initiatique convient tout à fait à Eldorado, car il s’agit bien de cela, un voyage, un récit qui est basé sur le cheminement de Soleiman et de Salvatore qui peu à peu par des rencontres, par la découverte du monde, par des épreuves grandissent dans leur compréhension du sens de la vie.



Mar 3 2011

Un nouveau titre

Publié par Lea K-C dans Appellation, Créer      

Je propose comme autre titre pour ce livre

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Massambalo

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Massambalo est dans le livre, le dieu des émigrés.

Il veille sur eux à travers des esprits qui voyagent à travers le continent.

C’est au voyageur de deviner son identité, et de demander si la personne est bien massambalo, si oui, il peut lui laisser un cadeau, que l’ombre de Massambalo conserve, pour que le voyage se passe bien, que le dieu veille sur vous. C’est la destinée de Salvatore d’être une des ombres de Massambalo. La personne que tout le monde souhaite rencontrer, qui est censée donner une chance de continuer son voyage sans malheur.

Je trouve que ce titre conviendrait  bien, car c’est cet être imaginaire qui relie Salvatore et Soleiman, c’est lui qui relie les deux récits, et c’est ce qui finalement fait le roman, c’est ce dont parle tout le roman implicitement. »


Mar 3 2011

Episodes parallèles

Publié par Julie R. dans Episode, Sélectionner      

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J’ai décidé pour cet article de mettre en parallèle 2 passages marquants du récit. Le premier se trouve à la page 196 et le second page 201 :

a) Salvatore Piracci :

«- Cela a commencé lorsque cette femme m’a abordé dans les ruelles du marché à Catane, pensa-t-il. C’est cela, au fond, qu’elle est venue me dire : qu’il était temps de me mettre en route pour trouver ma mort. Depuis la femme du victoria, je n’ai fais que mourir progressivement. Il a fallu que je traverse la mer et vienne ici. Il a fallu que je quitte tout ce que j’étais. Et maintenant, je suis au point où je ne peux plus rien abandonner. C’est la dernière marche. La toute dernière, il faut juste accepter de disparaître. Je vais me fondre dans l’ombre. J e vais poser à terre mes fatigues. »

[…]

« Lorsqu’il ouvrit le bouchon, l’odeur du combustible chassa le parfum tranquille de la nuit. Il ne pensait plus à rien. Une torche, un jaillissement de lumière, puis le néant, c’est cela qu’il adviendrait. Il se versa de l’essence sur les jambes, le torse et les cheveux. L’odeur puissante faillit le faire tourner de l’œil. Il était maintenant assis à même le sol, jambes ouvertes, tête basse. Plus personne ne se souciait de lui. Des gouttes d’essence dégoulinaient de ses habits trempés. Il était une flaque qui ne tarderait pas à prendre feu. Il respira profondément pour laisser entrer en lui toute cette dernière nuit. Il était loin du monde et n’avait plus la force même de se signer. »

b) Soleiman :

«  Le cauchemar a commencé lorsque nous nous sommes trouvés entre les deux grilles. La bande de terre était juste assez large pour que puisse circuler une voiture. Tous ceux qui parvenaient à franchir la première grille s’y retrouvaient. Nous fûmes bientôt entassés les uns sur les autres. Les corps tombaient du sommet des barbelés. Il en venait toujours. Certains se cassaient une jambe dans la chute et ne pouvaient plus se relever les autres leur tombaient dessus dans les hurlements sourds de corps en souffrance. Certaines échelles parvenaient à passer, mais avant qu’elles ne soient correctement mises contre le second grillage, elles encombraient la foule et empêchaient tout mouvement. C’est dans cette confusion que les policiers espagnols chargèrent. Avec leurs matraques. Ils frappèrent indistinctement tous les corps qui se présentaient à eux. Leur charge provoqua un mouvement de panique. Tout le monde voulait fuir mais n’avait nulle part où aller. Dans la cohue, les hommes se piétinaient, se montaient dessus, se poussaient violemment. J’ai vu à quelques mètres de moi, une femme perdre son bébé. Avant qu’elle ait pu se jeter à terre pour le protéger, des hommes sans même s’en apercevoir étaient passés dessus. Ce n’était que cris et bagarre rageuse pour tenir debout. Il continuait à tomber des assaillants du haut du premier grillage, mais ils tombaient maintenant dans une marée humaine.

Je nous voyais mourir là, dans cette bande de terre qui n’est à personne. »

[…]

« Ce sera bientôt mon tour.

Soudain les policiers espagnols avancent droit sur moi. Ils sont trois. Ils ont vu le trou et veulent se poster devant pour garder l’entrée avec férocité. Il va falloir se battre. La matraque du premier s’abat sur mon épaule. Je sens la douleur engourdir mon bras. Il ne faut pas céder. Je dois tenir. Je frappe l’homme au visage. Il recule de trois pas assommé. Je pourrais me jeter sur lui et le mettre à terre mais ce serait que perde du temps. Les autres ne tarderaient pas à me saisir. Je profite de ces quelques secondes pour me plaquer au sol et essayer de me glisser sous les fils barbelés. »

[…]

« Je sens la main de Boubakar qui me tient encore le poignet. Il est là au dessus de moi. Je le regarde entre deux éblouissements de fatigue. Il pleure. Il vient de mettre un terme à 7 années d’errance. Il pleure comme un enfant. Je voudrais lui parler, lui dire qu’il avait tord : nous ne sommes pas passés parce que Dieu l’a voulu mais parce que nous avons gardés un oeil l’un sur l’autre. Je voudrais le prendre dans mes bras, mais je n’ai plus la force de bouger. Je saigne. Mon corps est assailli de douleur. Des os fracturés, des plaies ouvertes. Je sens la terre nouvelle sous moi. Je voudrais l’embrasser, mais avant d’y parvenir, je m‘évanouis et tout disparaît. »

Certes dans le premier passage (page 196), Salvatore ne meurt pas mais je trouvais intéressant de voir le croisement des deux histoires lors de moments comme ceux-ci. D’être pris entre deux émotions aussi fortes et aussi différentes quasiment en même temps est un effet que l’on trouve dans peu de roman. Je trouvais donc intéressant de souligner cet aspect positif du croisement des histoires.

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Mar 3 2011

Question

Publié par Camille dans Questions à Laurent Gaudé      

Les personnages de votre livre qui fuient leur pays ne connaissent que la misère, la faim, les guerres, la mort.

Ne pensez-vous pas que les pays riches devraient aider plus ces pays à se développer pour mettre fin à leur désir de fuite et ainsi aux trafics d’êtres humains dont vous nous racontez l’histoire dans votre livre ?


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Mar 3 2011

Question

Publié par Mathilde dans Questions à Laurent Gaudé      

Pourquoi ne pas faire se rencontrer

Soleiman et  la femme du début du livre?