Mar 10 2011

Abécédaire – 2ème partie

Publié par Erwann dans Abécédaire, Relier      

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Piracci : un des personnages principaux du roman. C’est aussi un des plus intéressants du point de vue de la réflexion et de l’histoire. Il accomplit ce que beaucoup rêvent de faire en secret : tout quitter pour accomplir un voyage sans destination prévue, sans but connu, avec des moyens dérisoires, vivre au jour le jour, … Néanmoins, il finit par mourir au bord d’une route algérienne, sans sépulture. Cette fin déconcerte le lecteur, qui s’attend plutôt à un Piracci parcourant les routes pour aider les immigrés dans leur voyage vers l’Eldorado. Ainsi, le personnage déconcerte tout au long de l’histoire, par ses choix, ses actions, son comportement,…

Quintessence : Eldorado est un très bon livre lorsque l’on connait peu ce sujet grave qu’est l’immigration. Il représente les deux points de vue de l’immigration en Europe et donne un avis impartial, du moins au début, sur ce thème. On peut néanmoins sentir que l’auteur est favorable à une immigration légale plus ouverte et à une répression moins forte sur les immigrés clandestins.

Rédemption : le voyage entrepris par Piracci donne l’impression qu’il veut se racheter pour tous les immigrés qu’il a refoulés vers l’Afrique, en aidant tous ceux qu’il croise à croire en leur rêve d’Eldorado. On assiste à une transformation radicale, entre le bus vers Ghardaïa, où il essaie de convaincre les voyageurs qu’il n’y a pas de travail en Europe, et Ghardaïa, où il se persuade qu’il doit être une ombre de Massambalo pour tous les émigrés qui perdent espoir.

Sauvage : la nature sauvage, la mer en particulier, occupe une place importante dans ce roman. Au début du roman, Piracci pense beaucoup à la mer, en tant qu’être vivant, capable de réfléchir et de l’aider dans sa quête des immigrés. Elle représente un obstacle important pour les émigrés, forcés de payer des passeurs pour embarquer dans des cercueils flottants. Les passeurs ne sont d’ailleurs pas forcés d’amener leurs passagers à destination ( exemple du Vittoria ).

Tentation : la tentation d’abandonner, de faire demi-tour, est très présente dans le roman. Soleiman, dès la séparation avec son frère, est tenté de s’arrêter. C’est d’ailleurs la rencontre avec Piracci qui va lui donner la force de continuer sans fléchir. Piracci, lui, est découragé par le fait qu’il ne sait pas ce qu’il va faire, quel but il veut poursuivre. Il veut même s’immoler par le feu, mais est secouru par des immigrés.

Unique : le sentiment de voyage unique, sans retour, est une constante. Cette impression de voyage que l’on ne peut effectuer qu’une fois est très prenante car inhabituelle dans un pays où l’on peut faire des voyages à volonté, grâce aux avions et autres moyens de transports rapides. Il s’agit d’une expérience unique pour les personnages, avec des rencontres inattendues, des cultures différentes, une chance de vie meilleure pour Soleiman, etc …

Volonté : une volonté énorme est nécessaire pour entreprendre ce genre de voyage sans retour. Quitter sa famille, sa vie routinière du jour au lendemain est très difficile et très perturbant. C’est d’ailleurs pour cela que la rencontre entre Piracci et Soleiman est si importante : elle constitue un regain de volonté pour les deux hommes, un regain de volonté qui leur permet de continuer leur voyage jusqu’à la fin.

Al-Zuwarah : ville côtière de l’extrême-ouest de la Libye. Piracci y rencontre la dirigeante des passeurs de cette région de la Libye, qui se présente comme la « reine d’Al-Zuwarah ». C’était la destination supposée de Soleiman, mais il a été trompé par des faux passeurs qui l’ont abandonné au milieu de nulle part, lui et les autres émigrés.

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Mar 10 2011

Abécédaire – 1ère partie

Publié par Erwann dans Abécédaire, Relier      

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Eldorado – Abécédaire


Argent : il s’agit d’un des thèmes principaux du livre , l’argent que les immigrés doivent économiser et payer pour passer en occident, l’argent que la femme du Vittoria a payé pour son enfant , l’argent qui manque souvent, l’argent qui pousse à des extrémités violentes (Soleiman), ….

Boubakar : ami de Soleiman, est un personnage touchant, boiteux, qui encourage Soleiman, le guide, l’aide financièrement et mentalement. Il possède une grande expérience, du fait de ses sept années d’errance vers l’Europe. Il a aussi une grande faculté d’abnégation, n’hésitant pas à faire passer Soleiman avant lui.

Combat : le livre entier est un combat, combat de Soleiman pour émigrer, combat de Piracci pour trouver ce qu’il est vraiment, combat pour survivre. Il peut s’agir de combats au sens propre (Soleiman, qui se bat avec des passeurs, des gardes,…) ou au sens figuré (Piracci, qui combat ce qu’il a été pendant des années ou Jamal, qui combat la maladie).

Dégoût : le dégoût de soi-même est une notion très présente dans le roman, que ce soit Soleiman après qu’il ait attaqué le marchand ou Piracci lorsqu’il hésite à libérer l’immigré, ils se remettent profondément en question, et changent de façon radicale , afin de ne plus sentir ce dégout profond pour ses actions (  » les hommes ne sont beaux que des décisions qu’ils prennent » , pensée d’Angelo.

Eldorado : On peut s’attendre à ce choix, il s’agit du titre du roman. Mais ce n’est pas que ça. Il s’agit aussi d’un but, pour tous les personnages du roman: atteindre un endroit, ou tout simplement partir, constitue un accomplissement pour eux, dans leur quête du bonheur. Il est atteint pour certains ou reste un rêve absolu pour d’autres. On finit par se demander, à la fin du roman, où se situe notre Eldorado personnel et si on l’atteindra un jour.

Frontière : c’est un terme récurrent, évidemment. Que ce soit Ceuta ou Lampedusa, elles constituent un défi pour les immigrés, qui mettent tout en œuvre pour les franchir, souvent au risque de leur vie. Néanmoins, ce que l’on retient, c’est la joie de Boubakar et Soleiman lorsqu’ils réussissent à franchir la frontière espagnole.

Ghardaïa : ville carrefour entre le sud et le nord de l’Algérie, elle est le point de rencontre entre Soleiman et Piracci. Cette rencontre rend espoir à Soleiman, qui est persuadé d’avoir vu une ombre de Massambalo, et à Piracci, qui veut devenir une ombre de Massambalo pour encourager les immigrés vers l’Europe. C’est une transformation radicale des deux protagonistes, qui amène Soleiman à son but et Piracci à la mort.

Insatisfaction : c’est le cadeau de la femme du Vittoria au commandant Piracci selon Angelo. C’est une pensée profonde et très juste, car c’est à partir de cette rencontre que Piracci commence à se poser des questions sur lui-même et sur la vie qu’il mène.

Jamal : c’est le frère de Soleiman. Il n’est pas un personnage récurrent mais c’est un des plus touchants du roman. Il n’émigre pas avec son frère car il est atteint par le Sida. Il laisse son frère partir, afin d’éviter qu’il voie son état empirer avec la maladie.   Soleiman, lui, voyait son frère comme le seul à pouvoir partager son expérience passée et a eu beaucoup de mal à accepter cette séparation.

Lenteur : le roman dégage une impression de lenteur, de réflexion posée et profonde. On peut le même le considérer comme un livre philosophique plutôt que comme un roman. Ainsi, Piracci met 3 chapitres pour se décider à quitter sa vie, après une longue réflexion. La seule partie centrée sur l’action du roman est la scène de la charge de Ceuta, et encore, cette scène comporte des éléments de réflexion, dus à la lenteur du roman. Celle-ci est bénéfique, elle permet de se mettre à la place des personnages et de réfléchir sur leur condition.

Massambalo : On peut le considérer comme un des personnages principaux du roman. Il s’agit du dieu des immigrés, celui qui observe par les yeux de ses ombres. Soleiman croit rencontrer une de ses ombres à Ghardaïa en la personne de Piracci. Il lui donne le collier de Jamal, afin que son périple soit protégé par le dieu. Cela redonne confiance à Soleiman et confie un but à Piracci, en tant que « protecteur » des immigrés. Ce personnage, dont on ne sait pas si il est une invention de l’auteur ou un vrai mythe, est un élément-clé, qui donne sa saveur au roman, donnant encore plus de réflexion au lecteur.

Nuit: les scènes principales du roman ont lieu la nuit : le sauvetage des immigrés par la frégate, la charge de Ceuta, la mort de Piracci, … Cela a un rapport avec le thème principal du sujet: l’immigration. En effet, pour immigrer, les clandestins doivent absolument être discrets et donc opérer de nuit. Cela implique le lecteur encore plus dans le roman.

O dyssée : le voyage des deux personnages principaux se rapporte à une odyssée. En effet, le « voyage sans retour », rempli de péripéties, de rencontres, d’expériences, fait penser à une odyssée. Comme l’Odyssée originale d’Homère, cette histoire se déroule autour de la mer Méditerranée.

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Mar 10 2011

Lettre de Jamal

Publié par Hanna dans Créer, Lettre      


Soleiman,

Je sens en moi que c’est la fin, que tout espoir est vain.
Mon corps n’attend plus que l’étreinte de la mort.
Alors, je t’écris cette lettre pour te laisser une dernière trace de mon être.
Tu sais, je me souviens de nos adieux  qui doucement se gravaient dans les cieux.
De la douleur persistante quand ton regard apeuré a croisé  mes yeux embués.
Je m’efforce de ne pas garder cette image de toi. J’imagine ton sourire qui s’enracine en moi,
le timbre de ta voix et l’éclat de tes mots qui me collent à la peau.
Je prie chaque jour que la maladie n’engloutisse pas mes plus beaux souvenirs de toi.
J’ai le goût  amer de ne pas avoir pu vivre avec toi le bonheur de l’ailleurs.
De n’avoir pu effleurer de mes doigts la liberté que la vie me doit.
Il m’arrive parfois d’avoir encore l’envie de partir loin d’ici.
Le temps n’efface pas tout, surtout pas les rêves, mon frère.
J’attends ce jour où l’on se retrouvera , même si demain je suis dans l’au-delà.
Entre ciment et belles étoiles, le chemin n’est pas si loin.
Soleiman, mon frère,  n’oublie jamais que ton avenir brille autant que le soleil de ton pays.

Jamal

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