Lettre de Jamal


Soleiman,

Je sens en moi que c’est la fin, que tout espoir est vain.
Mon corps n’attend plus que l’étreinte de la mort.
Alors, je t’écris cette lettre pour te laisser une dernière trace de mon être.
Tu sais, je me souviens de nos adieux  qui doucement se gravaient dans les cieux.
De la douleur persistante quand ton regard apeuré a croisé  mes yeux embués.
Je m’efforce de ne pas garder cette image de toi. J’imagine ton sourire qui s’enracine en moi,
le timbre de ta voix et l’éclat de tes mots qui me collent à la peau.
Je prie chaque jour que la maladie n’engloutisse pas mes plus beaux souvenirs de toi.
J’ai le goût  amer de ne pas avoir pu vivre avec toi le bonheur de l’ailleurs.
De n’avoir pu effleurer de mes doigts la liberté que la vie me doit.
Il m’arrive parfois d’avoir encore l’envie de partir loin d’ici.
Le temps n’efface pas tout, surtout pas les rêves, mon frère.
J’attends ce jour où l’on se retrouvera , même si demain je suis dans l’au-delà.
Entre ciment et belles étoiles, le chemin n’est pas si loin.
Soleiman, mon frère,  n’oublie jamais que ton avenir brille autant que le soleil de ton pays.

Jamal

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