Le roman

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Eldorado

est un roman de LAURENT GAUDE

paru en 2006 aux Éditions Actes Sud

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Résumé

Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d’intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin), Soleiman et Jamal, s’apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l’Eldorado européen … (Source)

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Jugements critiques

« Faits d’actualité et poésie font bon ménage dans ce roman de l’évasion, de l’espoir, mais aussi de la tragédie. Toute fiction qu’il est, ce récit donne aux terrifiantes images des candidats à l’exil européen se jetant à corps perdu sur les barbelés de Ceuta, des identités et des histoires qu’on imagine bien réelles. Et Laurent Gaudé de peindre l’horreur aux couleurs de l’espoir et de la fraternité. Sublime ! » (THOMAS FLAMERION)

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« Laurent Gaudé mène cette double intrigue avec maîtrise et limpidité. Il ne fait pas de théorie, ni de grandes phrases. Les histoires de ses personnages sont suffisamment parlantes pour qu’il n’en rajoute pas. ‘Eldorado’ est un beau et grand roman, pétri d’humanité, de ceux qui font réfléchir le lecteur et le rendent meilleur. » (JEAN-CLAUDE PERRIER)

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 » De quoi donc parle Eldorado ? De l’immigration clandestine.

Un nombre toujours croissant de migrants essaie chaque jour de pénétrer dans la citadelle Europe, l’Eldorado, dont les portes sont jalousement gardées par des hommes chargés d’intercepter et de refouler ces intrus, ces indésirables. Mais ces intrus, qui sont-ils ? Ce sont des hommes et des femmes, avec chacun leur histoire, leurs rêves, ce sont des êtres humains ! Laurent Gaudé essaie de donner un visage à ces milliers de clandestins, il essaie de traduire la souffrance qui leur fait quitter leur famille, leur pays, leur vie, pour cet ailleurs censé changer leur destin.

Et ces gardiens de l’Europe, qui sont-ils ? Ce ne sont pas moins des hommes, avec des cœurs qui n’ont pas perdu la faculté de reconnaître la souffrance, la douleur, la misère. Simplement, d’un côté comme de l’autre, chacun fait ce qu’il a à faire.

L’histoire bouleversante du commandant Salvatore Piracci montre combien une vie tranquille et cadrée peut insidieusement s’user au spectacle permanent de vies et d’espoirs qui se brisent devant soi. Salvatore Piracci finit par haïr sa profession. Il représente l’autorité, mais le confort que peut représenter cette position lui semble vain soudain, sa vie lui semble vide depuis sa rencontre avec ‘‘la femme du Vittoria’’. Cette femme, il l’avait sauvée, avec d’autres rescapés du bateau clandestin Le Vittoria, d’un péril certain en mer. Les douleurs physiques et morales connues par cette femme lui sont contées. D’autres douleurs sont contées au lecteur, celles de Soleiman, Boubakar…

En comparaison, le commandant Piracci peut se considérer comme ayant une belle vie, pourtant il se rend compte qu’il ne vaut pas un seul de ces clandestins qui bravent l’œil impitoyable de la mort pour un destin meilleur. Ceux-là sont riches d’espoir, riches d’une volonté inébranlable. Ils partent toujours à l’assaut des frontières de l’Europe, malgré les échecs innombrables. Salvatore Piracci jettera ses vingt ans de carrière à l’eau pour épouser la condition des immigrants.

Ce sont donc, dans Eldorado, deux écrans qui sont placés sous les yeux du lecteur. Deux volontés contradictoires. Deux trajectoires croisées. D’ailleurs les destins se croiseront l’espace de quelques minutes.

Le texte est poignant, profond, poétique. On s’y laisse engloutir avec plaisir.  » (Liss KIHINDOU  e-Litterature.net)

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 » Ces destins croisés sont d’une impressionnante densité.

Je trouve que cet ouvrage est plus utile qu’un article de Libération pour comprendre la profondeur d’un problème géopolitique d’une absurde humanité. » (LE BLOG DES LIVRES)

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« Réflexion sur l’immigration clandestine et plongée déchirante dans le cœur de ces hommes qui décident de tout quitter pour revivre ou mieux vivre, « Eldorado » est aussi une fable sur la notion de frontière et de territoire. Simples vues de l’esprit sur une carte géographique, elles emprisonnent l’individu dans la misère et la solitude au nom de capricieux intérêts politiques et économiques.

Servi par un style magnifique, dépouillé et flamboyant pour écrire l’essentiel, « Eldorado » est un roman haletant à l’intrigue subtile. D’une force poignante et bouleversante, sa lecture vous atteint en plein cœur et vous laisse hagard.

« Eldorado » donne vie aux statistiques froides égrenées quotidiennement et que, tout empêtrés dans nos soucis d’occidentaux, nous n’écoutons plus que d’une oreille distraite.

« Les hommes ne sont beaux que des décisions qu’ils prennent ».
Laurent Gaudé dans « Eldorado » nous le rappelle avec un déchirement salvateur.
Salvateur, car nous avons peut-être succombé depuis trop lontemps aux sirènes d’un monde individualiste.
Salvateur, car nous avons peut-être fini par oublier l’importance du rêve dans nos vies. » (Lire, écrire, en parler)

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gaude

Laurent Gaudé

Prix Goncourt des Lycéens 2002

pour son roman La Mort du roi Tsongor

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