Mar 10 2011

Lettre de Jamal

Publié par Hanna dans Créer, Lettre      


Soleiman,

Je sens en moi que c’est la fin, que tout espoir est vain.
Mon corps n’attend plus que l’étreinte de la mort.
Alors, je t’écris cette lettre pour te laisser une dernière trace de mon être.
Tu sais, je me souviens de nos adieux  qui doucement se gravaient dans les cieux.
De la douleur persistante quand ton regard apeuré a croisé  mes yeux embués.
Je m’efforce de ne pas garder cette image de toi. J’imagine ton sourire qui s’enracine en moi,
le timbre de ta voix et l’éclat de tes mots qui me collent à la peau.
Je prie chaque jour que la maladie n’engloutisse pas mes plus beaux souvenirs de toi.
J’ai le goût  amer de ne pas avoir pu vivre avec toi le bonheur de l’ailleurs.
De n’avoir pu effleurer de mes doigts la liberté que la vie me doit.
Il m’arrive parfois d’avoir encore l’envie de partir loin d’ici.
Le temps n’efface pas tout, surtout pas les rêves, mon frère.
J’attends ce jour où l’on se retrouvera , même si demain je suis dans l’au-delà.
Entre ciment et belles étoiles, le chemin n’est pas si loin.
Soleiman, mon frère,  n’oublie jamais que ton avenir brille autant que le soleil de ton pays.

Jamal

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Mar 4 2011

Lettre au commandant Piracci

Publié par Leïla dans Créer, Lettre      

12 Mars.

Cher  commandant,

Je voulais vous faire part de ce qui s’est passé car je m’en doute, vous aimeriez le savoir. Tout d’abord j’ai parvenu à réaliser ma tache. Mais cela ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu mais ne vous inquiétez pas je n’ai rien, enfin je n’ai plus rien. Pour commencer, je suis arrivée à un bon port comme prévu, mon voyage s’était bien passé. J’avais l’arme sur moi, pas encore mise en évidence, j’attendais le moment précis pour la sortir et la pointer droit vers Hussein Marouk. Après être arrivée donc, je me suis trouvée un emplacement pas cher, avec le peu d’argent que je possédais je ne pouvais pas me payer le luxe. Après avoir déposé mes affaires, je suis tout de suite partie à la recherche, j’ai fait les ports pour pouvoir le trouver, j’ai demandé aux marins s’ils connaissaient un certain Hussein Marouk et quand je l’ai enfin retrouvé, je l’ai donc suivi, pour connaître ses habitudes, là ou il allait boire un café, s’il avait une compagne ou des enfants. Je n’ai rien trouvé de cela, juste son café préféré. J’avais cette envie de le ridiculiser sur place, comme il nous avait ridiculisés nous, moi et mon enfant. Alors quand je me suis assise à côté de sa table, je n’ai pas cessé un instant de le fixer, j’étais nerveuse mais je ressentais une telle haine que je sortis l’arme, la cacha isous mon manteau et tirai, sans savoir ce que je faisais. Complètement inconsciente. Troublée. Mais au final très soulagée, je savais qu’il ne m’arriverait rien d’autre à présent, et, que ma vengeance avait été à la hauteur de sa bêtise.

En vous remerciant très sincèrement de votre aide depuis le tout début. Je vous en suis vraiment reconnaissante. Je pense à vous.

La fille du  Vittoria


Mar 2 2011

Lettre de Salvatore Piracci à Angelo

Publié par Alexandre dans Créer, Lettre      

Lettre du commandant Salvatore Piracci

à son ami Angelo

Mon cher ami,

comme je te l’avais dit, j’ai quitté le pays. Cette femme du Vittoria m’a ouvert les yeux. Faire ce que je faisais, empêcher des hommes ruinés et fatigués de fuir vers un avenir meilleur, les condamner à une mort lente et douloureuse dans leur pays de misère n’était pas une bonne chose. Un homme ne devrait pas avoir ce pouvoir de vie et de mort sur d’autres. Maintenant tu connais la raison de mon départ. J’aurais aimé que nous en discutions devant des arancini comme nous avions l’habitude de le faire mais, comme tu l’as sûrement deviné, je ne pense pas revenir à Catane. Pas pour le moment du moins. D’ailleurs, je ne sais exactement où je suis non plus, mais j’ai entendu de hommes parler d’une ville nommée Al-Zuwarah. Je dois maintenant partir, et je te dis adieu mon ami.

Salvatore.


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Feb 27 2011

Lettre de Soleiman à Jamal

Publié par Florence dans Créer, Lettre      

Février 2007

Soleiman

Malaga, Andalousie

Espagne

A Jamal,

Mon cher frère,

Espoir J’espère de tout cœur qu’il n’est pas trop tard et que tu pourras lire ma lettre, car je t’apporte de bonnes nouvelles ainsi que de l’argent. Après un long et difficile voyage, j’ai réussi : je suis en Europe, Jamal ! J’ai trouvé un travail et me suis installé en Espagne depuis peu.

Espoir Mon parcours a été bien plus compliqué que prévu : en effet après être arrivé en Libye, j’étais dans un camion à destination d’Al-Zuwarah mais les hommes du camion se sont arrêtés au milieu de nulle part, ont fait descendre les voyageurs et les ont frappés. Ils ont aussi pris notre argent, puis nous ont abandonnés. J’ai cru que c’était fini et que je devrais retourner chez moi plus pauvre encore qu’auparavant.

Espoir A ce moment, j’ai rencontré Boubakar : un ami boiteux généreux, honnête et sincère. Il a payé ma place pour Ghardaïa : là-bas, il m’est arrivé quelque chose d’ extraordinaire ! Je marchais quand j’ai vu un homme qui attendait. Et alors j’ai su. Je ne saurais l’expliquer mais j’ai deviné que c’était une ombre de Massambalo, le dieu des immigrés. Alors, je lui ai offert ton collier de perles vertes, il m’a porté chance. C’est en pensant à cela, à mon ami Boubakar et à toi que j’ai continué ma route et gardé espoir d’atteindre enfin un jour l’Europe.

Espoir Boubakar et moi nous sommes donc rendus à Oujda, au Maroc, et nous avons rejoint un groupe de clandestins qui, comme nous, voulaient rejoindre l’Europe. Mais des policiers sont arrivés en ville, et nous avons décidé de passer la frontière entre le Maroc et Ceuta le plus vite possible pour enfin être libres, et ne plus craindre les matraques des policiers. Une nuit, nous sommes passés à l’acte : nous avons d’abord attendu des heures sans bouger, puis dès que nous avons entendu le signal, nous avons couru. Cinq cents hommes dévalaient la colline. En arrivant à la barrière, je mis mon échelle contre les barbelés. Je grimpai le plus vite possible, sans craindre les policiers qui tiraient. Mais Boubakar était coincé, alors je suis retourné l’aider.

Espoir Mais ce n’est pas tellement lui que j’ai sauvé : c’est moi. J’aurai été un misérable de passer et de l’abandonner. Je n’aurais pas mérité de passer la frontière. De plus, Boubakar m’a sauvé : après avoir franchi la première barrière je me croyais en enfer : les assaillants arriv aient toujours plus nombreux ; nous étions entassés entre les deux grilles, sans pouvoir aller nulle part. Les policiers espagnols frappaient tout le monde, on ne pouvait plus s’échapper. La foule se piétinait. J’ai cru q ue j’allais mourir. Mais j’ai vu un trou où l’on pouvait passer. Très difficilement, mais on pouvait. Boubakar est passé, mais quand ce fut mon tour, des policiers voulurent se poster devant le trou. Ils me frappèrent ; mais furent bousculés par la foule. Alors Boubakar me prit les poignets et me tira de toutes ses forces. Grâce à lui, je suis passé.

Espoir Tu pourras conter ce récit chez nous, et j’espère que tu seras fier de pouvoir dire: « Voilà l’histoire de mon frère, il est passé de l’autre côté des frontières. »

Espoir Je pense à toi, mon frère.


Soleiman

Source images : 1 & 2


Feb 25 2011

Lettre d’Angelo à Salvatore

Publié par Pauline dans Créer, Lettre      

Salvatore,

Cela fait déjà un bon moment que tu n’es plus là, tous les jours je te recommande au dieu. Pour que tu sois en vie, pour que tu n’aies pas de problèmes mais en même temps c’est cela l’aventure. Le risque de prendre sa vie en mains, de partir, comme un vagabond. Les arancinos me semblent plus fades sans toi, mais si tu sentais qu’il fallait que tu partes tu ne pouvais que suivre ton instinct, c’est comme ça. Ce n’est pas facile de veiller sur Catane sans toi. Tiens quand j’y pense, des hommes sont venus me voir, ils te cherchaient, je sais que cela t’importe peu, mais je voulais que tu le saches. Je leur est dit que tu étais parti, pour une durée indéterminée et que ça ne servirait à rien de te chercher, qu’il était trop tard, même quand tu étais parmi nous tu étais ailleurs.

Mon ami, tu es parti si vite, j’ai mis du temps à réaliser et à m’habituer. J’aurais aimé te revoir une dernière fois avant ton départ mais cela m’aurait donné d’autant plus envie de te garder. Et je n’ai pas la prétention de te retenir à ton destin. N’oublie pas d’où tu viens et sache que quoique qu’il se passe, quoique qu’il t’arrive, il y aura toujours ton vieil ami au fond de son Edicola pour t’écouter. Alors si un jour, même si je n’y crois pas vraiment, si un jour tu reviens, sache que je suis là.

J’espère aussi que tu trouveras ce que tu cherches, que ce voyage puisse t’apporter le bonheur que tu mérites, après tant d’année où tu as servi et défendu la fameuse Citadelle il était temps pour toi de te retirer.

Tiens, mardi dernier je repensais à la jeune femme qui était venue te voir pour te demander ton arme, elle est allée à son destin, même si on ne saura jamais si elle l’a utilisé ou pas, elle a tout fait pour accomplir ses volontés, j’ai repensé à ce que tu m’avais dit, que tu pensais qu’elle était en vie, qu’elle continuerait jusqu’à la fin à se battre pour la vie qu’on lui avait brisée. Je pense que, malgré tout, tu as bien fait de partir, maintenant tu es comme elle, en vie, et en marche pour ton avenir.

Alors je te souhaite de trouver les réponses à tes questions et de te retrouver toi-même, avec toute l’amitié que je te porte.

Ton vieil ami, Angelo.


Feb 19 2011

Lettre d’Angelo à Salvatore Piracci

Publié par laura dans Créer, Lettre      

A Catane, le 7 janvier 2011

Mon cher ami,

Voilà bien longtemps que je n’ ais plus de nouvelles de toi. Tu es parti. J’ai compris pourquoi et ne t’en veux pas, loin de là. J’espère que tu n’as pas eu d’ennuis et que tout va bien pour toi, que tu as retrouvé la joie de vivre, et que tu t’accroches à quelque chose pour rester en vie. J’espère aussi que tu as retrouvé la femme du Vittoria et qu’elle a réussi sa mission. Enfin, je ne suis pas persuadé que tu l’aies retrouvée car tu n’avais même pas son nom, ni son adresse, un peu comme moi avec toi aujourd’hui.

Ici, sur notre vieux port, tout va bien. Je tiens toujours ma petite boutique de journaux. Mes arancinis sont toujours d’aussi bonne qualité mais je n’ai trouvé personne pour les partager avec moi. Tous les jours, je regarde la mer au loin et les bateaux qui arrivent. Je pense à toi. Ça me rappelle l’époque où nous restions des heures à regarder la mer. Dans Catane, tout est aussi calme qu’au moment où tu l’a quittée. La nuit, pas un bruit, et le jour, ça sent le poiscaille. Ton appartement a été acheté par un couple de jeunes gens qui en prennent soin. Le nouveau commandant fait bien son boulot, mais n’ a pas le même talent que le tien. Ton ancienne frégate se porte bien. L’équipage reste inchangée et il font toujours et encore le même travail. Moi, je vais bien aussi, mais je commence à me faire vieux, les rides se voient de plus en plus et mon visage se creuse jour après jour. Tu me manques. Je sais que je n’aurais jamais plus de nouvelles de toi. Je sais que tu ne recevras sans doute jamais cette lettre, mais je voulais l’envoyé, au hasard, avec une étincelle d’espoir en moi pour que tu la reçoive. Tu me connais, je suis tout le temps plein d’espoir et de folies. Tu me manques. Vis bien ta vie et à dieu, mon ami, toi qui m’a toujours soutenu, je ne t’oublierai jamais.


Amicalement.

Angelo, ton ami.

Source de l’image



Feb 16 2011

Lettre

Publié par justine dans Lettre      

 

 

 

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Mr Gaudé,

Je vous écrit ci-dessous certains points qui me semblent discutables à propos de votre livre. Je trouve que la façon dont vous me décrivez est intolérable. M’évincer de l’histoire sous prétexte que je suis atteins du sida n’est pas très sympathique de votre part. Pour qui me faites vous passer ? Une personne qui non seulement ne veut pas se battre contre la maladie mais qui en plus ne se protège pas. J’aimerai que nous discutions de mon « non départ », j’ai bien compris que je ne dois pas continuer le voyage avec mon frère, mais si je fais demi-tour, je voudrai en choisir les causes. J’ai pensé qu’il serait préférable que je décide de partir pour permettre à mon frère d’obtenir plus d’argent pour son voyage. Dans ce cas-là, je passe pour un homme qui se sacrifie pour sauver son petit frère. Il y a un autre passage qui me gène, j’adore mon collier de perles vertes, qui a décidé que je devais m’en séparer ? En même temps, ça peut montrer à quel point j’aime Soleiman, finalement garder ce passage.

Je vous remercie de m’accorder un peu de votre temps.

         Jamal 

 

 

 

 


Feb 14 2011

Lettre de Salvatore Piracci à Angelo

Publié par Hugo dans Créer, Lettre      

Lettre du Commandant Salvatore Piracci à Angelo


Automne 2006

Salvatore Piracci

Al-Zuwarah  Lybie

à Angelo

Catane Sicile

Mon ami Angelo,

Je t’écris cette lettre pour te donner de mes nouvelles. Après notre longue discussion, je suis parti immédiatement. Une petite barque m’attendait sur la plage. Je m’y suis rapidement endormi. A mon réveil j’étais arrivé à Al-Zuwarah, une ville de Libye où je suis depuis plusieurs jours, mais j’ignore exactement depuis quand.

Je ne m’attendais pas aux rencontres que je viens d’y faire ! Tout d’abord, j’ai été arrêté par des policiers qui m’ont longuement interrogé comme le sont les immigrants qui arrivent sur nos côtes siciliennes. Comme je te l’avais dit, je ne veux plus être le Commandant Salvatore Piracci donc j’ai refusé de leur dire mon nom. Ils ont tout de même réussi à savoir que j’étais un marin sicilien et là ils m’ont dirigé vers une femme que je n’aurais jamais voulu rencontrer ; on l’appelle la reine d’Alzuwarah. Elle est à la tête du plus grand réseau de passeur de la région. Elle m’a pris pour un criminel et m’a demandé de travailler pour elle. Elle s’est même montrée menaçante si je refusais.

Je m’attendais à beaucoup de choses mais pas à cela, tu te rends compte Angelo j’ai fui la Sicile et la vie que j’y menais pour chercher l’Eldorado et je suis tombé dans les mains de cette vielle femme responsable de la mort de centaines de migrants. Même leur police est impliquée dans ce trafic !

J’ai peur, je ne sais plus où j’en suis et si j’ai bien fait de partir.

Je finis par me demander si je pourrais un jour vivre autrement et oublier tout cela.

Je vais poursuivre mon voyage et tenter de découvrir qui je suis réellement. J’ignore si je ferais d’autres rencontres aussi belles que la nôtre.

Tu demeures pour toujours mon ami et cette fois je te dis adieu.

Salvatore Piracci

Source


Feb 12 2011

Lettre de Jamal à Soleiman

Publié par Stessy dans Créer, Lettre      

Mon frère, Soleiman, 

mort Je n’ai plus de nouvelles de toi, et je m’impatiente de savoir ce que tu as déjà vécu sans moi. J’espère que tu continues jours après jours ton expédition vers notre Terre tant aimée, que tu y arriveras à bout de force peut-être mais en bonne santé.

mort Quand tu reviendras dans notre pays natal, la Somalie, j’aimerais tellement te voir heureux en déposant des fleurs sur ma tombe. Oui, aujourd’hui je sens que ma fin est proche et que la mort va bientôt prendre mon corps. Ne pleure pas, ne crie pas, cela serait inutile et prendrait tes dernières forces alors que tu es si proche du but. Même si mon corps ne sera plus là à ton arrivée, mon âme restera près de toi pour toujours, ne l’oublie pas. La vie que notre mère t’a donnée, tu la mérites alors ne la gâche pas. Si tu réussis, c’est comme si tu avais terminé la mienne.

mort Quand tu liras cette lettre, je serais sûrement déjà loin, loin de ma vie passée, loin de ma vie ratée et loin de toi. Je t’en supplie, garde au fond de toi, la dernière image que tu as eu de moi, celle ou nous étions tous les deux devant cette voiture à cette frontière que j’aurais pu franchir avec toi. Je te demande juste de ne pas essayer de m’imaginer à cette instant ou je t’écris, n’essaye pas d’imaginer ce que je suis devenu, tu risques de le regretter.

mort Sois prudent mon frère, ne te laisse pas abattre.

mort ~ mort ~ mort Jamal.

Source image lettre

Source image fleur

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Feb 11 2011

Lettre de Soleiman à Jamal

Publié par Clémence dans Créer, Lettre      

Mon frère,

J’y suis enfin arrivé, j’ai enfin atteint les portes de l’Europe après plusieurs mois d’errance et de désespoir. Après t’avoir vu pour la dernière fois à la frontière de la Libye j’ai franchi celle de l’Algérie puis il y a quelques jours celle du Maroc. Je ne te cache pas que ce périple a été difficile et éprouvant, mais désormais je suis libre et ce, en partie grâce à toi. Tu aurais dû être à mes côtés en ce moment mais cette maladie en a malheureusement décidé autrement. Tu sais, j’ai cette mélancolie qui m’envahit lorsque je repense au passé ; notre pays, notre famille et nos habitudes me manquent terriblement. Cependant j’ai conscience que, à partir de maintenant, je dois avancer et tracer ma route seul. Je t’écris du centre de détention où nous avons été placés provisoirement, mes compagnons et moi. Demain, nous allons être relâchés mais je ne sais pas encore exactement où je vais aller, je vais peut-être me diriger vers les terres espagnoles. Je t’avoue que je suis un peu déboussolé, un peu effrayé… Heureusement que mon ami Boubakar est à mes côtés pour me guider et veiller sur moi. Tu sais, c’est un homme sage et bon ; j’ai eu la chance de rencontrer une telle personne. Je ne sais pas ce que tu deviens et cela me rend fou. J’ignore si tu es déjà parti ou si tu luttes encore contre cette terrible maladie mais sache qu’il n’y a pas un jour durant lequel je ne pense à toi. J’ignore où cette lettre atterrira et Dieu sait qui la lira, ceci n’est juste qu’un message d’un homme pleurant son unique frère.

J’espère que là où tu es tu veilles sur moi,

Soleiman.

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Feb 2 2011

Lettre de Soleiman à Jamal

Publié par Axelle Bel. dans Créer, Lettre      

vvv

Cher Jamal,


Cela fait 8 mois que je suis parti. Ça n’a pas a été simple mais peu importe. Me voilà enfin en Europe.

Je dois cela en grande partie à un homme, Boubakar et aussi aux ombres de Massambalo qui ont veillé sur moi durant tout le voyage.

Je vais maintenant trouver un travail, gagner de l’ argent. Tu vas bientôt pouvoir bénéficier d’ un bon traitement, tu vas guérir je te le promets. En attendant, je te demande juste de te battre, mon frère.

Je suis en Espagne depuis cinq jours. Après notre passage à la frontière espagnole par les barrières de Ceuta, des personnes se sont occupées de nous. Puis nous avons été transportés à Algeciras. Ici il faut être très prudent car nous sommes nombreux et la police est sans cesse à nos trousses. On m’a conseillé d’ aller à Madrid, la capitale du pays. Là-bas il sera plus facile de trouver du travail. J’attends donc l’ occasion de quitter la ville. Une fois là-bas j’essayerai de te joindre.

Je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi, je me dois maintenant de te le rendre. C’est grâce à toi que je suis arrivé jusqu’ici. Tu vas t’en sortir, mon frère …

Soleiman.

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Feb 2 2011

Lettre de Salvatore à son ex-femme

Publié par maelleb dans Créer, Lettre      


Salvatore écrit cette lettre pendant la semaine où il prépare son départ pour l’Afrique. Il fait son adieu à sa vie d’homme reconnu. Il laisse derrière lui tout ce qu’il a connu pour aller vers l’inconnu, pour écrire un nouveau chapitre de sa vie. Isabelle,

Bonjour. Je ne sais pas si tu te souviens de moi, je ne sais pas si j’ai encore le droit de te parler, de t’écrire. Mais, je voulais t’envoyer un dernier message… Je voulais laisser ici, en Europe une petite trace de moi.

Aujourd’hui, je fais le deuil de ma vie. Dans quelques jours, je pars pour l’Afrique. Je pars sans rien, sans identité… Je pars pour toujours, je ne reviendrai sans doute jamais.

Alors voilà, adieu !

Salvatore

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