Mar 11 2011

Epigraphe

Publié par Mona dans Association littéraire, Epigraphe, Relier      

Je ne suis rien.

Je ne serai jamais rien.

Je ne puis vouloir être rien.

Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

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Fernando Pessoa

Couverture de Cécile


Feb 22 2011

Les quatre vents de l’esprit

Publié par Hanna dans Association littéraire, Relier      

Un tourbillon d’écume, au centre de la baie
Formé par de secrets et profonds entonnoirs,
Se berce mollement sur ronde qu’il égaie,
Vasque immense d’albâtre au milieu des flots noirs.

Seigneur ! que faites-vous de cette urne de neige ?
Qu’y versez-vous dès l’aube et qu’en sort-il la nuit ?
La mer lui jette en vain sa vague qui l’assiège,
Le nuage sa brume et l’ouragan son bruit.

L’orage avec son bruit, le flot avec sa fange,
Passent ; le tourbillon, vénéré du pêcheur,
Reparaît, conservant, dans l’abîme où tout change,
Toujours la même place et la même blancheur.
h
Le pêcheur dit : – C’est là, qu’en une onde bénie,
Les petits enfants morts, chaque nuit de Noël,
Viennent blanchir leur aile au souffle humain ternie,
Avant de s’envoler pour être anges au ciel. –
hhh
Moi je dis : – Dieu mit là cette coupe si pure,
Blanche en dépit des flots et des rochers penchants,
Pour être, dans le sein de la grande nature,
La figure du juste au milieu des méchants.
h
Promenade dans les rochers.
h
De Victor Hugo

Feb 22 2011

Épigraphe

Publié par lucie dans Association littéraire, Epigraphe, Relier      

« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance : Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion. »

Voltaire,  extrait de « Poème sur le désastre de Lisbonne ».

Laurent Gaudé, construit son livre Eldorado autour de deux personnages totalement opposés. L’un jeune Soudanais qui quitte son pays et sa vie pour fuir la misère et aller en Europe trouver un monde meilleur, l’autre commandant d’une frégate dont le métier est de protéger l’Europe en parcourant les côtes de la Sicile à la recherche des barques remplie d’émigrés.

Le jeune soudanais, Soleiman, vit dans la misère avec son frère, Jamal. Soleiman rêve souvent de l’Europe. L’Europe est synonyme de richesse et de vie meilleure. Il se décide alors à quitter son pays et sa vie, et entreprendre le terrible voyage. Pour lui, un jour tout sera bien, il en est convaincu. C’est cet espoir qui le fait tenir dans toutes les épreuves horribles qu’il va vivre.

Toute sa vie, le commandant Piracci va adorer son métier, et penser qu’il sauve des milliers de clandestins. Il ne voit pas vraiment le côté noir de son rôle. Le fait de détruire les espoirs de milliers de gens après les avoir sauvés d’une mort certaine ne le décourage pas. Pour lui, ce qu’il fait est bien, il protège son pays. Puis, un jour, il va se rendre compte du vrai rôle qu’il occupe, de la conséquence de ses sauvetages sur la vie de ces clandestins. L’illusion va se briser. Avant, il pensait que tout était bien, maintenant, son métier le dégoute. Il va donc se remettre en question, abandonner son métier, et même sa vie.

Ainsi, cette citation peut être séparée en deux parties. La première « un jour tout sera bien, voilà notre espérance » s’adresse à Soleiman, jeune émigré rempli d’espoir. Et l’autre partie « tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion » évoque la vie du Commandant Piracci, surtout au début du roman. C’est pourquoi la citation de Voltaire s’adapte très bien à ce récit.

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