Mar 2 2011

Lettre de Salvatore Piracci à Angelo

Publié par Alexandre dans Créer, Lettre      

Lettre du commandant Salvatore Piracci

à son ami Angelo

Mon cher ami,

comme je te l’avais dit, j’ai quitté le pays. Cette femme du Vittoria m’a ouvert les yeux. Faire ce que je faisais, empêcher des hommes ruinés et fatigués de fuir vers un avenir meilleur, les condamner à une mort lente et douloureuse dans leur pays de misère n’était pas une bonne chose. Un homme ne devrait pas avoir ce pouvoir de vie et de mort sur d’autres. Maintenant tu connais la raison de mon départ. J’aurais aimé que nous en discutions devant des arancini comme nous avions l’habitude de le faire mais, comme tu l’as sûrement deviné, je ne pense pas revenir à Catane. Pas pour le moment du moins. D’ailleurs, je ne sais exactement où je suis non plus, mais j’ai entendu de hommes parler d’une ville nommée Al-Zuwarah. Je dois maintenant partir, et je te dis adieu mon ami.

Salvatore.


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Feb 25 2011

Lettre d’Angelo à Salvatore

Publié par Pauline dans Créer, Lettre      

Salvatore,

Cela fait déjà un bon moment que tu n’es plus là, tous les jours je te recommande au dieu. Pour que tu sois en vie, pour que tu n’aies pas de problèmes mais en même temps c’est cela l’aventure. Le risque de prendre sa vie en mains, de partir, comme un vagabond. Les arancinos me semblent plus fades sans toi, mais si tu sentais qu’il fallait que tu partes tu ne pouvais que suivre ton instinct, c’est comme ça. Ce n’est pas facile de veiller sur Catane sans toi. Tiens quand j’y pense, des hommes sont venus me voir, ils te cherchaient, je sais que cela t’importe peu, mais je voulais que tu le saches. Je leur est dit que tu étais parti, pour une durée indéterminée et que ça ne servirait à rien de te chercher, qu’il était trop tard, même quand tu étais parmi nous tu étais ailleurs.

Mon ami, tu es parti si vite, j’ai mis du temps à réaliser et à m’habituer. J’aurais aimé te revoir une dernière fois avant ton départ mais cela m’aurait donné d’autant plus envie de te garder. Et je n’ai pas la prétention de te retenir à ton destin. N’oublie pas d’où tu viens et sache que quoique qu’il se passe, quoique qu’il t’arrive, il y aura toujours ton vieil ami au fond de son Edicola pour t’écouter. Alors si un jour, même si je n’y crois pas vraiment, si un jour tu reviens, sache que je suis là.

J’espère aussi que tu trouveras ce que tu cherches, que ce voyage puisse t’apporter le bonheur que tu mérites, après tant d’année où tu as servi et défendu la fameuse Citadelle il était temps pour toi de te retirer.

Tiens, mardi dernier je repensais à la jeune femme qui était venue te voir pour te demander ton arme, elle est allée à son destin, même si on ne saura jamais si elle l’a utilisé ou pas, elle a tout fait pour accomplir ses volontés, j’ai repensé à ce que tu m’avais dit, que tu pensais qu’elle était en vie, qu’elle continuerait jusqu’à la fin à se battre pour la vie qu’on lui avait brisée. Je pense que, malgré tout, tu as bien fait de partir, maintenant tu es comme elle, en vie, et en marche pour ton avenir.

Alors je te souhaite de trouver les réponses à tes questions et de te retrouver toi-même, avec toute l’amitié que je te porte.

Ton vieil ami, Angelo.


Feb 25 2011

Fulguration – Angelo

Publié par Léna P. dans Fulguration, Sélectionner      

« Elle le voulait. De tout son être. Combien de fois dans ta vie as-tu vraiment demandé quelque chose à quelqu’un ? Nous n’osons plus. Nous espérons. Nous rêvons que ceux qui nous entourent devinent nos désirs, que ce ne soit même pas la peine de les exprimer. Nous nous taisons. Par pudeur. Par crainte. Par habitude. Ou nous demandons mille chose que nous ne voulons pas mais qu’il nous faut, de façon urgente et vaine, pour remplir je ne sais quel vide. Combien de fois as-tu vraiment demandé à quelqu’un ce que tu voulais ? »

Si j’ai choisi ce passage , énoncé par Angelo, c’est parce que je trouve qu’il est vrai. Dans ce monde, nous n’osons pas avouer nos désirs et nous ne demandons que des choses inutiles . Et je trouve que ce roman, nous le fait comprendre, il représente comme une vérité, enfin dite. Au fil des pages, on nous fait comprendre ce qui est réellement important dans une vie.

(Image : La volonté est dans le regard)


Feb 19 2011

Lettre d’Angelo à Salvatore Piracci

Publié par laura dans Créer, Lettre      

A Catane, le 7 janvier 2011

Mon cher ami,

Voilà bien longtemps que je n’ ais plus de nouvelles de toi. Tu es parti. J’ai compris pourquoi et ne t’en veux pas, loin de là. J’espère que tu n’as pas eu d’ennuis et que tout va bien pour toi, que tu as retrouvé la joie de vivre, et que tu t’accroches à quelque chose pour rester en vie. J’espère aussi que tu as retrouvé la femme du Vittoria et qu’elle a réussi sa mission. Enfin, je ne suis pas persuadé que tu l’aies retrouvée car tu n’avais même pas son nom, ni son adresse, un peu comme moi avec toi aujourd’hui.

Ici, sur notre vieux port, tout va bien. Je tiens toujours ma petite boutique de journaux. Mes arancinis sont toujours d’aussi bonne qualité mais je n’ai trouvé personne pour les partager avec moi. Tous les jours, je regarde la mer au loin et les bateaux qui arrivent. Je pense à toi. Ça me rappelle l’époque où nous restions des heures à regarder la mer. Dans Catane, tout est aussi calme qu’au moment où tu l’a quittée. La nuit, pas un bruit, et le jour, ça sent le poiscaille. Ton appartement a été acheté par un couple de jeunes gens qui en prennent soin. Le nouveau commandant fait bien son boulot, mais n’ a pas le même talent que le tien. Ton ancienne frégate se porte bien. L’équipage reste inchangée et il font toujours et encore le même travail. Moi, je vais bien aussi, mais je commence à me faire vieux, les rides se voient de plus en plus et mon visage se creuse jour après jour. Tu me manques. Je sais que je n’aurais jamais plus de nouvelles de toi. Je sais que tu ne recevras sans doute jamais cette lettre, mais je voulais l’envoyé, au hasard, avec une étincelle d’espoir en moi pour que tu la reçoive. Tu me connais, je suis tout le temps plein d’espoir et de folies. Tu me manques. Vis bien ta vie et à dieu, mon ami, toi qui m’a toujours soutenu, je ne t’oublierai jamais.


Amicalement.

Angelo, ton ami.

Source de l’image



Feb 14 2011

Lettre de Salvatore Piracci à Angelo

Publié par Hugo dans Créer, Lettre      

Lettre du Commandant Salvatore Piracci à Angelo


Automne 2006

Salvatore Piracci

Al-Zuwarah  Lybie

à Angelo

Catane Sicile

Mon ami Angelo,

Je t’écris cette lettre pour te donner de mes nouvelles. Après notre longue discussion, je suis parti immédiatement. Une petite barque m’attendait sur la plage. Je m’y suis rapidement endormi. A mon réveil j’étais arrivé à Al-Zuwarah, une ville de Libye où je suis depuis plusieurs jours, mais j’ignore exactement depuis quand.

Je ne m’attendais pas aux rencontres que je viens d’y faire ! Tout d’abord, j’ai été arrêté par des policiers qui m’ont longuement interrogé comme le sont les immigrants qui arrivent sur nos côtes siciliennes. Comme je te l’avais dit, je ne veux plus être le Commandant Salvatore Piracci donc j’ai refusé de leur dire mon nom. Ils ont tout de même réussi à savoir que j’étais un marin sicilien et là ils m’ont dirigé vers une femme que je n’aurais jamais voulu rencontrer ; on l’appelle la reine d’Alzuwarah. Elle est à la tête du plus grand réseau de passeur de la région. Elle m’a pris pour un criminel et m’a demandé de travailler pour elle. Elle s’est même montrée menaçante si je refusais.

Je m’attendais à beaucoup de choses mais pas à cela, tu te rends compte Angelo j’ai fui la Sicile et la vie que j’y menais pour chercher l’Eldorado et je suis tombé dans les mains de cette vielle femme responsable de la mort de centaines de migrants. Même leur police est impliquée dans ce trafic !

J’ai peur, je ne sais plus où j’en suis et si j’ai bien fait de partir.

Je finis par me demander si je pourrais un jour vivre autrement et oublier tout cela.

Je vais poursuivre mon voyage et tenter de découvrir qui je suis réellement. J’ignore si je ferais d’autres rencontres aussi belles que la nôtre.

Tu demeures pour toujours mon ami et cette fois je te dis adieu.

Salvatore Piracci

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Feb 10 2011

Question à Laurent Gaudé

Publié par Yann dans Questions à Laurent Gaudé      

Quel est le but de la présence d’Angelo

dans le déroulement de l’histoire  ?

Est-il là seulement pour que le lecteur connaisse

les pensées du héros expliquées dans ses dialogues avec son ami,

ou y a-t-il d’autres raisons ?

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Feb 1 2011

Portraits croisés – Salvatore Piracci 2

Publié par Louise dans Créer, Portraits croisés      

Portrait de Salvatore Piracci

par Angelo

Salvatore Piracci était une homme grand de taille comme d’esprit, fin et large d’épaules, avec des cheveux châtains toujours très courts, tout comme ses prises de parole. Il parlait en effet peu, par phrases toujours courtes et bien articulées, ce qui donnait du poids à chacune de ses interventions. Combien de fois n’ai-je pas senti une défiance durant nos conversations, comme s’il ne pouvait prononcer sa prochaine phrase , de peur de faillir ou de révéler une chose qu’il préférait secrète?
Il était toujours vêtu correctement, d’une chemise toujours propre, ce qui lui conférait une allure formelle. A l’inverse, il n’était absolument pas formel d’esprit, dégoûté des conventions comme on l’est d’une friandise alléchante qui révèle un goût écoeurant. Il s’y pliait pourtant, acceptant les règles et les normes de la vie, et de son métier, comme si elles allaient lui apporter le bonheur. Je crois qu’il n’a jamais connu le bonheur. Le véritable bonheur, qui soulage le coeur, purifie les traits et dissipe les souffrances lui était étranger. A force de ne pas y toucher, il le regardait, prisonnier de son carquois, comme un prédateur qui l’aurait perverti. C’est pourquoi il était passif, sans débordement dans aucune émotion. Il ne riait jamais trop fort et je ne l’ai jamais vu pleurer. Il semblait d’ailleurs ne rien aimer, ne rien haïr. La seule chose qu’il avait l’air d’apprécier vraiment était les arancini, des boulettes de riz fourrées. Il n’éprouvait d’amour pour aucune femme et n’en ressentait apparemment pas le besoin. Il ne fonctionnait en effet pas à l’envie mais seulement au besoin. On ne pouvait jamais déceler sur sa figure un désir, un sentiment, un trouble qui eut perturbé l’harmonie qui paraissait baigner son visage.
Il avait une tête de celles qu’on ne remarque pas vraiment. La figure longue, les joues légèrement creusées. Sa peau était pâle et toujours parfaitement rasée. Son nez suivait une taille régulière et droite, tout comme sa bouche aux lèvres égales. Ses yeux étaient noirs et profonds, en contraste avec son teint. Rarement j’y avais vu passer une lueur, une variation, et la seule fois mémorable était celle où il m’avait annoncé son départ, brusquement, avant de disparaître.
Je crois en fait que la vie de Salvatore était en décalage avec lui, qu’il était fait pour vivre pleinement et pas pour subir, mais qu’une existence si morose le repoussait tant qu’il n’osait pas la vivre. Il était fait pour partir et c’est ce qu’il a fait, il a détruit la prison où sa vie et ses habitudes l’avaient enfermé.


Jan 19 2011

Rencontre – interview d’Angelo

Publié par Hervé dans Créer, Rencontre - interview Personnage      

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