Feb 10 2011

Interview de Boubakar

Publié par Nicolas D. dans Créer, Rencontre - interview Personnage      


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De longues années se sont écoulées depuis que Soleiman a franchi la frontière de l’Espagne. Un journaliste-reporter, poussé par la curiosité,  a décidé d’interviewer Boubakar, l’homme qui a erré pendant sept ans en Afrique, en quête de son Eldorado. Il lui a posé quelques questions.

Bonjour, je suis journaliste-reporter, je vous ai contacté au téléphone il y a quelques jours pour vous poser quelques questions concernant votre périple qui remonte il y a quelques années. Ne vous en faites pas, ça ne sera pas long.

Aucun problème! Allez-y, je vous écoute.

Combien de temps avez-vous été le compagnon de Soleiman durant votre périple ?

Nous avons parcouru notre long voyage ensemble pendant environ huit mois.

Laquelle des étapes que vous avez endurées a été la plus difficile, selon vous ?

Quand j’avais déjà traversé la brèche du grillage qui séparait le monde de la misère du continent de mes rêves, les policiers espagnols ont frappé Soleiman à coups de matraques. À ce moment-là, je le tenais de toutes mes forces pour ne pas les laisser le tabasser encore plus longtemps. Cette période a été très douloureuse et difficile à la fois. Si je l’avais lâché, j’aurais brisé son rêve de rejoindre l’Eldorado et cela, de toute ma vie, jamais je n’aurais pu accepter d’avoir une mort sur la conscience.

Auriez-vous réussi tout seul sans l’aide de Soleiman ?

Je pense que jamais je n’aurais pu réussir à aller au bout du chemin de l’Eldorado sans l’aide de Soleiman. Il m’ a sauvé ma pauvre vie lorsque j’étais accroché aux barbelés sans parvenir à m’en défaire. Après ça, je lui dois la vie.De plus, ma jambe abîmée me faisait déjà défaut. Tout au long de mon voyage, le dieu des émigrés, Massambalo, a veillé sur moi et m’a récompensé en m’offrant mon rêve, l’Eldorado.

Avez-vous revu Soleiman après avoir accompli votre objectif ?

Je ne l’ai plus revu depuis que nous nous sommes dit adieu, il y a trois ans environ. Chacun doit à présent parcourir son propre chemin tout seul. Chacun doit affronter sa destinée seul.

Je vous remercie infiniment de m’avoir répondu à toutes mes questions. Au revoir!



Feb 1 2011

Rencontre-Interview- Femme d’Al-Zuwarah 3

Publié par Théo dans Créer, Rencontre - interview Personnage      

T.M– Une autre question… Avait-vous un quelconque rapport avec l’incident de La Vittoria ?

????– Tout ce que je peux vous dire c’est que je n’en suis pas le responsable direct…

T.M-… Et, qu’en est-il de ce mystérieux passeur que vous aviez recruté et que vous n’avez jamais revu ?

????– Ah, ne m’en parlez pas ! Dès que j’ai constaté sa disparition, j’ai aussitôt envoyé une équipe sur ses traces !

T.M– Ah, une équipe de recherche ?

????– Pas vraiment…

T.M– N’en dites pas plus, j’ai compris… Et vous l’avez trouvé ?

????– Non…

T.M– Bizarre, une femme de votre importance qui n’est pas capable de retrouver un homme seul…

????– C’est justement parce qu’il est seul que je n’ai pas pu le retrouver, imbécile !!

T.M– D’accord, d’accord, ne vous énervez pas…

????– Tirez-vous ! Et si je vous revois, vous verrez de quoi sont capables mes équipes de « recherche » !

Comprenant qu’il est temps pour moi de disparaître, je prends mon calepin et je pars en trottinant, heureux de sortir de cette pièce à l’odeur plus que désagréable.





Feb 1 2011

Rencontre-Interview- Femme d’Al-Zuwarah 2

Publié par Théo dans Créer, Rencontre - interview Personnage      

T.M– Euh, c’est bon, je vous crois… Certes, votre « travail » vous rapporte énormément d’argent, mais qu’en est-il du côté moral et éthique de la chose ? Vous envoyez pertinemment des gens à la mort tout de même ! Pourquoi faites-vous cela ?

????– Pour une seule et unique raison : l’argent! Je pense que vous, Européen, ne vous rendez pas bien compte de la valeur de l’argent ici : pour vous un billet c’est un billet, mais pour nous, un billet, c’est de la nourriture, de l’eau, de la vie!

T.M– Excusez-moi, mais vous, vous êtes énormément riche !!

????– Oui, en effet. Mais moi aussi, quand j’ai débuté ce métier, je n’avais rien et je subsistais au jour le jour… En fait, j’ai débuté en tant que passeur, puis, j’ai monté quelques bonnes combines qui m’ont permis de prendre des associés. A partir de là, les affaires sont allées croissantes, et l’argent rentrait vite et…

T.M– Mais pourquoi ne pas avoir arrêté à ce moment ?

????– Parce que il est extrêmement difficile de résister à l’appât du gain ! Qui n’a pas connu l’appât du gain ne peut savoir de quoi je parle !… Il y a une autre raison…

T.M– Laquelle ?

????– Vous vous doutez que ma richesse fait énormément de jaloux, et que mon… « activité » ne m’a pas fait que des amis… Si jamais j’arrêtais, ils prendraient cela comme un signe de faiblesse, et frapperaient aussitôt.

T.M– Je vois… vous vous êtes fait emprisonnée par votre « métier »…

????– Si c’est cela la prison, je veux bien être condamnée à perpétuité !


Feb 1 2011

Rencontre-Interview- Femme d’Al-Zuwarah 1

Publié par Théo dans Créer, Rencontre - interview Personnage      

Moi, Théo Milin, j’ai réussi à retrouver cette grosse femme mystérieuse et riche, grand patron des passeurs. Elle a accepté de répondre à mes questions… mais sans me donner son nom et à condition que je ne prenne pas de photo. « Raison professionnelle », elle m’a dit…

T.M– Bien, pour commencer, pourriez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?

????– Mais bien entendu. Je suis la personne la plus influente d’Al-Zuwarah, et pour cause ! En effet, je suis à la tête d’un des plus grands réseaux d’immigration clandestine du monde ! Je suis intelligente, sinon, laissez-moi vous dire qu’il y a un bon bout de temps que je ne serais plus de ce monde…Physiquement, ce n’est pas ça, mais vous seriez étonné de savoir à quel point l’argent peut être un puissant aphrodisiaque !


Jan 31 2011

Rencontre – Interview imaginaire de Laurent Gaudé

Publié par Chloé S. dans Rencontre - interview Auteur      

Journaliste : Bonjour Laurent Gaudé, nous avons le plaisir de vous recevoir ici aujourd’hui, pour la sortie de votre nouveau livre, «Eldorado». Laurent, pouvez-vous nous faire un bref résumé de l’histoire de votre roman ?


Laurent Gaudé : Ce livre est tout d’abord constitué autour de deux personnages. D’un côté, nous avons le commandant Salvatore Piracci, qui vit à Catane (Sicile) , gardien de la citadelle Europe, sillonne les mers depuis 20 ans à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Il fait son travail consciencieusement, sans trop se poser de questions, jusqu’au jour où il rencontre une jeune femme qu’il avait croisé lors de l’interception d’une embarcation clandestine deux ans auparavant. Cette femme va alors bouleverser sa vie.Vingt années de service vont commencer à se lézarder et le désir de faire le chemin à l’envers, de vivre ce que vivent ces hommes et ces femmes, par solidarité, va naître en lui.

D’un autre côté, Soleiman, qui lui, va quitter son pays natal du Soudan, pour rejoindre l’Eldorado européen, le coin rêvé de tous les émigrants.
Son objectif sera de trouver du travail là-bas et de rapporter l’argent obtenu à son frère, pour pouvoir le guérir de sa maladie grave. Il va devoir alors faire preuve de courage dans ce grand voyage périlleux.


Journaliste : Comment avez-vous eu le projet d’écrire un roman sur le thème de l’émigration clandestine ?


Laurent Gaudé : Il est vrai que c’était un sujet qui m’attirait beaucoup, du fait que c’est un sujet ancré sur l’actualité, qui était donc réel et non imaginaire. Je voulais faire preuve d’originalité, il n’y a pas énormément de romans basés sur ce sujet. Ce thème m’est venu en tête, dès que l’on a parlé à la radio d’émigrants qui avaient voulu passer les barrières de Ceuta, mais que ceux-ci avaient échoué et y étaient morts à causes des barbelés.


Journaliste : Pourquoi avez-vous choisi ce style d’écriture, des sous-chapitres très courts, des phrases également courtes … ?


Laurent Gaudé : J’ai choisi ce style d’écriture pour une histoire de suspense, tenir le lecteur en halène. Mais aussi le fait qu’une vie peu se jouer en quelques instants, qu’elle peut se jouer sur si peu de choses (je fais référence ici à l’histoire de Soleiman, lorsqu’il passe la barrière de Ceuta), que le hasard fait bousculer les vies, le destin (changement de vie soudaine du commandant Piracci).


Journaliste : On remarque aussi dans votre livre que pour les deux histoires, il y a deux choix d’écriture bien distincts, pourquoi ?


Laurent Gaudé : Pour l’histoire du Commandant Piracci, le récit est à la 3ème personne, un point de vue externe du narrateur et, écrit au passé. Je veux donner la sensation au lecteur de la lente et progressive dépossession de soi avec Piracci, où on ne fait qu’observer Salvatore Piracci dans son désarroi, et où la vie s’éloigne peu peu de ce personnage.

Pour l’histoire de Soleiman, c’est tout à fait différent. Beaucoup d’espoir jaillit en lui, à l’inverse du commandant. Le statut du narrateur est interne, c’est-à-dire qu’il y a la marque de la 1ère personne, et le récit est écrit au présent, comme si le lecteur avait l’impression de se sentir dans ce personnage, et de vivre les péripéties de ce voyage initiatique au moment présent où le lecteur lit le roman. Celui-ci ressent alors ce que peut ressentir le personnage de Soleiman.


Journaliste : Il faut dire que les registres dominants dans votre roman sont le lyrisme et le réalisme…


Laurent Gaudé : Oui, tout à fait, c’est un registre réaliste, il y a un effet de réel, par rapport aux lieux, à la situation d’émigration … Le roman «dégage» une impression de courage, doublé du sens dramatique, qui donne un caractère presque épique, voire un brin théâtral, à l’écriture de mon roman et surtout, aux dialogues, qui prennent une allure de longues envolées. Le lyrisme est présent dans le livre, mais il y a aussi du registre pathétique. Je trouve que c’est la meilleure façon de pouvoir toucher le lecteur, de l’émouvoir par les mots, les sentiments des personnages… Le lecteur ne sort pas totalement indemne de ce livre, il amène à réfléchir, et c’est cela que j’aime.


Journaliste : Pourquoi avez-vous choisi cette région d’Italie ? Ce lieu est également présent dans votre livre « Le soleil des Scorta », qui se situe dans un village des Pouilles…


Laurent Gaudé : Oui, tout à fait. C’est un lieu qui m’affecte beaucoup. Quand j’étais jeune, j’y allais souvent avec ma famille, et je trouvais cette région magnifique. L’Italie et la Sicile restent les plus belles régions pour moi. Catane fait partie de ma ville préférée, avec ce port magnifique, cette mer si belle, ce marché exceptionnel qui reflète bien la vie italienne…


Journaliste : Pourquoi une histoire entre deux regards ?


Laurent Gaudé : En effet, le premier regard échangé au début de l’histoire sur le marché des rues de Catane entre Salvatore et cette femme du Vittoria, puis le deuxième regard à la fin du roman, entre Salvatore et Soleiman sur le marché de Ghardaïa en Algérie. Pour moi, dans un regard, de nombreux sentiments et d’émotions sont exprimés à travers le visage. Un regard peut évoquer diverses choses, sans avoir besoin de s’exprimer à haute voix.


Journaliste : Je vous remercie infiniment de vous être déplacé, Laurent. A bientôt. Et on attend déjà votre prochain livre avec impatience !


Laurent Gaudé : Ce fut avec plaisir, à bientôt !

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Jan 19 2011

Rencontre – interview d’Angelo

Publié par Hervé dans Créer, Rencontre - interview Personnage      

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