Mar 10 2011

Lettre de Jamal

Publié par Hanna dans Créer, Lettre      


Soleiman,

Je sens en moi que c’est la fin, que tout espoir est vain.
Mon corps n’attend plus que l’étreinte de la mort.
Alors, je t’écris cette lettre pour te laisser une dernière trace de mon être.
Tu sais, je me souviens de nos adieux  qui doucement se gravaient dans les cieux.
De la douleur persistante quand ton regard apeuré a croisé  mes yeux embués.
Je m’efforce de ne pas garder cette image de toi. J’imagine ton sourire qui s’enracine en moi,
le timbre de ta voix et l’éclat de tes mots qui me collent à la peau.
Je prie chaque jour que la maladie n’engloutisse pas mes plus beaux souvenirs de toi.
J’ai le goût  amer de ne pas avoir pu vivre avec toi le bonheur de l’ailleurs.
De n’avoir pu effleurer de mes doigts la liberté que la vie me doit.
Il m’arrive parfois d’avoir encore l’envie de partir loin d’ici.
Le temps n’efface pas tout, surtout pas les rêves, mon frère.
J’attends ce jour où l’on se retrouvera , même si demain je suis dans l’au-delà.
Entre ciment et belles étoiles, le chemin n’est pas si loin.
Soleiman, mon frère,  n’oublie jamais que ton avenir brille autant que le soleil de ton pays.

Jamal

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Mar 8 2011

« Objets inanimés, avez vous donc une âme ? »

Publié par Eléanor dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

LE COLLIER DE PERLES VERTES

RACONTE SA VIE

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Je ne vais pas me plaindre : j’ai eu une belle vie. A vrai dire, j’en ai même eu plusieurs. Pas toutes faciles, mais s’étant terminées sur la même note d’espoir. Pour faire dans l’originalité, laissez moi commencer par le commencement, ou presque.

Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythme de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’arrête brutalement. Sa tension est palpable, ses jugulaires saillantes, son corps tendu comme un arc. Son frère, Soleiman, s’approche. Je n’ai l’air de rien, mais j’écoute attentivement. Il est malade. Il va rentrer. J’étais là aux moments des analyses, et surtout à celui des résultats, je ne peux pas dire que je suis surpris. Et je ne peux pas dire que cela ne m’inquiète pas. Je veillerai sur lui pendant l’absence de Soleiman. Je lui transmettrai la force, et l’espoir. Je serai là. Je me retrouve presque étouffé entre leurs deux corps chauds, mais j’ai appris à profiter de ces étreintes et celle là à un amer goût d’adieu. Ils reprennent leur marche, silencieux, son bras à lui posé sur l’épaule de Soleiman. Je voudrais lui faire mes adieux, moi aussi, mais cela m’est impossible et je crains de ne lui apporter que plus de tristesse. La marche est plus courte que ne l’aurait voulu l’atmosphère pesante, mélancolique, qui s’est abattue sur nous. Une voiture attend Soleiman, et elle représente tout ce que personne n’ose dire : le départ, la certitude de ne jamais nous revoir, l’accomplissement également. Combien de fois cette voiture aura peuplé nos rêves, combien de fois avons nous souhaité y prendre place ?

– Où est ce que je vais, Jamal ?

Celui ci ne répond pas tout de suite, mais il est serein. Il a ce calme, cette aura si rassurante. Je me félicite de rester avec lui. Il explique à Soleiman tous les détails, le trajet, les étapes, la destination. Puis, délicatement, il s’empare de moi et me tend à son frère. Je voudrais protester mais les mots restent coincés. Je lui hurle en silence que j’ai toujours été avec lui, qu’il ne peut pas me laisser comme ça, qu’il a besoin de moi. Mais rien n’y fait, je rejoins déjà Soleiman, qui paraît aussi sonné que moi. Sa peau n’a pas cette chaleur sécurisante caractéristique de Jamal, non, elle me brûle. Alors que dans une ultime étreinte ils scellent notre séparation, je m’insurge une dernière fois sans que l’on me prête plus d’attention. Soleiman parcourt les quelques mètres qui le séparent de la voiture. Il a chaud. Je tressaute doucement au rythme de ses pas. Sa cage thoracique se soulève lentement, au rythmes de sa respiration qu’il veut profonde, et j’ai la certitude qu’il réfléchit. Je sens son angoisse suinter en même temps que quelques gouttes de sueur. Je ne peux que me contenter d’être là, et je sais que c’est déjà ça : il a besoin que je l’épaule et je suis soutenu par les siennes. Il s’engouffre à l’arrière, et nous partons.

Je vis avec Soleiman depuis ce qu’il me semble des siècles maintenant. Nous avons traversé ensemble des épreuves que je n’aurais jamais pensé vivre. Nous savions que ce serait dur, naturellement. Mais pas à ce point là. Soleman paraît vide, il a perdu sa hargne et sans doute son humanité. Nous nous sommes trouvés un compagnon de voyage, ou d’infortune, Boubakar. Il nous aide comme il peut, et il est en ce moment même à la recherche de quelqu’un pour nous amener à Oudja. Soleiman erre dans les rues bondées sans but précis, chaque pas lui coûtant plus que le précédant. A la tombée du soir, il s’adosse à un arbre, à l’abri d’un petite place. Et nous ne bougeons plus. Et soudainement, son regard se fait fixe, et je crois apercevoir une minuscule lueur d’espoir dans ses yeux. Son pas se fait décidé, et c’est sans hésiter qu’il se dirige vers un inconnu de l’autre côté de la place. Arrivé devant lui, il le salue et s’accroupit. Il lui demande par trois fois « Massambolo ? » et l’homme hoche finalement la tête. Alors, Soleiman me prend, dans un mouvement lent et doux, et je sais que c’est pour le meilleur. Qu’il le veut, qu’il le fait sans regret. Il me tend avec déférence, et je me résigne à me donner à cet étranger. Soleiman me regarde pour la dernière fois, d’un regard fort, vivant. Tourne le dos. Et disparaît, se fond dans la foule. Et nous restons jusqu’à ce que la nuit nous engloutisse. L’inconnu se lève, il est vif, alerte, malgré sa maigreur. Avec la démarche de celui qui a un but, il s’en va, se retrouve sur le bord de la route. Nous marchons. Longtemps. Dans la poussière, dans le noir, dans la cacophonie des klaxons. Et, sans raison, il traverse. Je vois sans doute le camion arriver avant lui. Je voudrais m’époumoner, tempêter, le prévenir. Mais comme d’habitude je suis impuissant. Deux millièmes de secondes avant le choc, j’ai le temps de voir le visage étonné, presque interrogateur, de celui qui m’accompagne. Puis je m’éparpille sur la route, finissant mon long voyage.

Trois hommes, trois vies différents. L’une plus courte que les autres, mais tout aussi décisive, tout aussi marquante. Trois hommes que j’aurais tellement voulu sauver. Mais après tout, que peut bien accomplir de plus un simple collier de perle vertes ?

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Feb 27 2011

Lettre de Soleiman à Jamal

Publié par Florence dans Créer, Lettre      

Février 2007

Soleiman

Malaga, Andalousie

Espagne

A Jamal,

Mon cher frère,

Espoir J’espère de tout cœur qu’il n’est pas trop tard et que tu pourras lire ma lettre, car je t’apporte de bonnes nouvelles ainsi que de l’argent. Après un long et difficile voyage, j’ai réussi : je suis en Europe, Jamal ! J’ai trouvé un travail et me suis installé en Espagne depuis peu.

Espoir Mon parcours a été bien plus compliqué que prévu : en effet après être arrivé en Libye, j’étais dans un camion à destination d’Al-Zuwarah mais les hommes du camion se sont arrêtés au milieu de nulle part, ont fait descendre les voyageurs et les ont frappés. Ils ont aussi pris notre argent, puis nous ont abandonnés. J’ai cru que c’était fini et que je devrais retourner chez moi plus pauvre encore qu’auparavant.

Espoir A ce moment, j’ai rencontré Boubakar : un ami boiteux généreux, honnête et sincère. Il a payé ma place pour Ghardaïa : là-bas, il m’est arrivé quelque chose d’ extraordinaire ! Je marchais quand j’ai vu un homme qui attendait. Et alors j’ai su. Je ne saurais l’expliquer mais j’ai deviné que c’était une ombre de Massambalo, le dieu des immigrés. Alors, je lui ai offert ton collier de perles vertes, il m’a porté chance. C’est en pensant à cela, à mon ami Boubakar et à toi que j’ai continué ma route et gardé espoir d’atteindre enfin un jour l’Europe.

Espoir Boubakar et moi nous sommes donc rendus à Oujda, au Maroc, et nous avons rejoint un groupe de clandestins qui, comme nous, voulaient rejoindre l’Europe. Mais des policiers sont arrivés en ville, et nous avons décidé de passer la frontière entre le Maroc et Ceuta le plus vite possible pour enfin être libres, et ne plus craindre les matraques des policiers. Une nuit, nous sommes passés à l’acte : nous avons d’abord attendu des heures sans bouger, puis dès que nous avons entendu le signal, nous avons couru. Cinq cents hommes dévalaient la colline. En arrivant à la barrière, je mis mon échelle contre les barbelés. Je grimpai le plus vite possible, sans craindre les policiers qui tiraient. Mais Boubakar était coincé, alors je suis retourné l’aider.

Espoir Mais ce n’est pas tellement lui que j’ai sauvé : c’est moi. J’aurai été un misérable de passer et de l’abandonner. Je n’aurais pas mérité de passer la frontière. De plus, Boubakar m’a sauvé : après avoir franchi la première barrière je me croyais en enfer : les assaillants arriv aient toujours plus nombreux ; nous étions entassés entre les deux grilles, sans pouvoir aller nulle part. Les policiers espagnols frappaient tout le monde, on ne pouvait plus s’échapper. La foule se piétinait. J’ai cru q ue j’allais mourir. Mais j’ai vu un trou où l’on pouvait passer. Très difficilement, mais on pouvait. Boubakar est passé, mais quand ce fut mon tour, des policiers voulurent se poster devant le trou. Ils me frappèrent ; mais furent bousculés par la foule. Alors Boubakar me prit les poignets et me tira de toutes ses forces. Grâce à lui, je suis passé.

Espoir Tu pourras conter ce récit chez nous, et j’espère que tu seras fier de pouvoir dire: « Voilà l’histoire de mon frère, il est passé de l’autre côté des frontières. »

Espoir Je pense à toi, mon frère.


Soleiman

Source images : 1 & 2


Feb 25 2011

Epitaphes

Publié par Anouk dans Créer, Epitaphes      

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Salvatore Piracci

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Ci-gît un commandant

qui n’est parvenu à combler sa vie que le jour de sa mort.

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Source de l’image.

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Jamal

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La maladie l’emporta mais son cœur en moi resta.

Ainsi, ci-gît mon frère.



Feb 24 2011

Un simple collier de perles vertes

Publié par maelleb dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

Moi, je ne suis pas grand chose, rien qu’un cordon entouré de petites perles vertes. Mais pour eux, je suis bien plus…

Je fus confectionné par une mère pour son enfant. De ce que je compris à l’époque, j’avais été offert en gage d’amour, de sincérité. Toutes ses valeurs aux quelles vous, les humains, êtes tellement attachés.

Aujourd’hui, dans ce désert de Libye, je passe à nouveau de mains en mains. Cela faisait une vingtaine d’année que j’étais suspendu au cou de Jamal, partageant ses joies et ses peines. Mais maintenant, je serai au cou de Soleiman, son frère, pour l’éternité.

Comme lors de ma fabrication, j’étais à nouveau offert en gage d’amour, d’amitié, de respect…

Avec moi, Soleiman n’oubliera jamais Jamal, il peut en être sûr.

Moi, simple petit collier de perles vertes jure solennellement de porter la mémoire de Jamal, de garder la flamme du lien des deux frères toujours intacte, pour l’éternité…

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Feb 23 2011

Episode

Publié par Léa K. dans Episode, Sélectionner      


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Un passage qui m’a beaucoup plu est celui du départ de Soleiman et de Jamal. Ils partent tout d’abord en voiture et se garent sur la place de l’Indépendance. Ils entrent dans leur café, celui dans lequel ils vont tous les jours. Ils connaissent tout le monde et tout le monde les connait. Assis à la terrasse buvant leur thé, les deux frères contemplent la place, ces orangers, ces voitures, ces passant qu’ils ne reverront jamais. Ils enregistrent tous. Jamal se lève en premier, paie sans rien dire et s’en va, Soleiman le suit rapidement jusqu’à la voiture. Une fois assis, ils faillirent pleurer, mais Soleiman propose de faire une balade pour faire une dernière fois le tour de la ville. Ils roulèrent pendant des heures. Oui, ce passage m’a beaucoup plu, c’est cette ambiance mélancolique mais à la fois joyeuse de partir, car ils vont quitter leur vie, leur famille, leurs amis. C’est ce sentiment de tout «plaquer», de tout recommencer que j’ai aimé.

Source


Feb 23 2011

Épitaphes

Publié par Mathilde dans Créer, Epitaphes, Poème      

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Sur la tombe

de Jamal et de Soleiman


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Toi mon aîné,

Toi que je n’ai jamais cessé d’aimer,

Tu m’as laissé

Désemparé

Sur le bord de ce sentier,

Avec un étranger.

Mais tu as été obligé,

De me quitter,

Car elle t’avait trouvé,

Et elle ne voulait

Plus, te lâcher.

Elle, cette satanée,

Elle, cette saleté,

Mais je ne t’en veux pas.

Car c’est elle,

Et non toi

Qui nous a obligés

A nous séparer.

Alors même si c’est contre ton gré,

Je t’aime et je ne cesserai

Jamais,

De t’aimer.



Feb 20 2011

Réécriture croisée – Soleiman

Publié par Manon Rol. dans Créer, Réécritures croisées      

VI

Blessure de frontière

La lumière tombait doucement sur les collines de rocailles. L’air s’embrasait d’une couleur d’amande. Tout semblait serein et éternel. Ils avaient laissé derrière eux la voiture. Ils s’étaient garés deux cents mètres plus loin. Soleiman ne connaissait pas l’homme qui les avait conduits. Son frère lui avait parlé avec familiarité. Ce n’était manifestement pas la première fois qu’ils se voyaient. Combien d’entretiens avait t-il fallu avant qu’ils ne se mettent d’accord sur une somme, sur une date ? Combien ce voyage leur coûtaient-ils ? Jamal n’expliquait rien et son frère ne posait aucune question. Ils marchaient silencieusement dans la paix des collines. La frontière ne devrait plus être loin. L’inconnu ouvrait la marche. Ils portaient leurs sacs et veillaient à ne pas faire trop de bruit sur les cailloux du sentier. Il fallait être vigilant. Les gardes-frontières patrouillaient dans la zone.

Soleiman était heureux. Aux côtés de son frère. Il quittait son pays. Ils marchaient sur les pierres chaudes comme des chèvres sauvages. Agiles et discrets. Soleiman aurait trouvé frustrant de passer la frontière en voiture. C’était mieux ainsi. Il préférait l’abandonner pas à pas. Il voulait sentir l’effort dans ses muscles. Il voulait éprouver ce départ, dans la fatigue.

C’est lorsqu’ils furent arrivés au pied d’une colline que l’homme se retourna vers eux. Ils avaient marché plus d’une heure. Et l’homme dit :

– Nous sommes en Libye.

Soleiman crut d’abord qu’il se moquait d’eux. Puis il vit à son visage que l’idée de cette plaisanterie n’aurait jamais pu lui venir. Alors il regarda tout autour de lui. Son frère avait la même incrédulité sur le visage. Ils contemplèrent les terres dans leur dos à la recherche d’une marque qui leur aurait échappé. Le guide pointa son doigt en direction de la crête qu’ils venaient de descendre, sans rien dire, comme s’il avait deviné ce qu’ils cherchaient. La frontière était là. Sans aucun signe distinctif ; là. Au milieu des pierres et des arbres chétifs. Pas même une marque au sol ou une pancarte. Il n’aurait jamais pensé qu’on puisse passer d’un pays à l’autre ainsi., sans barbelés à franchir, sans cris policiers et course-poursuite. Il prit son frère dans ses bras et l’étreignit. Il restèrent ainsi longtemps. Soleiman sentit que son frère pleurait. Il l’entendit murmurer : «  C’est si facile » et il y avait dans sa voix comme une pointe étrange de rage. Soleiman comprenait. La facilité est vertigineuse. Ils auraient dû faire cela avant. Si la frontière laissait passer les hommes aussi facilement que le vent, pourquoi avaient-il tant attendu? Il regarda autour de lui. Il se sentait fort et inépuisable.

A l’instant où Soleiman allait se baisser pour baiser la rocaille à ses pieds, Jamal le serra dans ses bras, avec force. Il vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Son frère avait les traits tirés et les yeux durs malgré les larmes qui avaient coulé.

– Il faut que je te parle, dit-il

Et il eut peur, d’emblée.

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Feb 19 2011

Analyse – Titre 4

Publié par iroiseldorado dans Réflexions      

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IV- Blessures de frontière

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FONCTION RÉFÉRENTIELLE

= Jamal annonce à Soleiman qu’il doit le laisser partir seul car il est malade. Il l’accompagnera jusqu’à la frontière libyenne (transmission du collier p.91)

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FONCTION SYMBOLIQUE

– Étape initiatique

– Blessure physique et surtout morale

– « Aucune frontière n’est facile à franchir, elles blessent toutes » = Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi, perdre quelque chose de soi. Ici Jamal est le tribut que doit laisser Soleiman pour commencer une nouvelle vie.

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(Analyses collectées sur TBI Février 2011)


Feb 19 2011

Avis d’obsèques

Publié par Maxime dans Créer, Documents      

Le 25 janvier 2011, Décès de Jamal Assif,

Avis de décès

C’est avec grand regret que nous apprenons le décès de Jamal Assif, frère de Soleiman Assif, à l’hôpital de Al Zuwarah.

Les obsèques auront lieu dans l’intimité, samedi 29 Janvier 2011, à l’église de la place.

Nous présentons nos plus sincères condoléances au plus proche entourage de Jamal.



Feb 17 2011

Analyse – Titre 2

Publié par iroiseldorado dans Réflexions      

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II- Tant que nous serons deux

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FONCTION RÉFÉRENTIELLE

= Soleiman et Jamal = les deux frères toujours unis

FONCTION SYMBOLIQUE

– Allusion au film Tant qu’il y aura des hommes ?

– = phrase à terminer : … nous serons heureux / nous serons plus forts

– Souligne l’importance du double : c’est le regard de l’autre qui fait qu’on reste un homme

– Les personnages fonctionnent par deux : le roman fait l’éloge de la fraternité

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(Analyses collectées sur TBI Février 2011)



Feb 16 2011

Le collier de perles vertes raconte sa vie

Publié par Audrey dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

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Le collier de perles vertes

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Collier de perles vertes

Je suis éparpillé sur la route, chacune de mes perles vertes séparées l’une de l’autre, elles scintillent, je suis en train de m’éteindre. Je me souviens :

Jamal me portait à son cou depuis toujours. Je me rappelle ce jour où il m’offrit à son frère. Je me rappelle que cette nuit là, Jamal avait marché toute la nuit pendant des heures pour enfin s’arrêter face à Soleiman, son frère à qui il me donna. Je m’étonnais de cette séparation mais je me disais que c’était pour une bonne cause, car Jamal partait définitivement. S’il me donnait à son frère, c’était sûrement pour lui transmettre sa force, son amour, pour qu’il ne l’oublie pas. Alors la vie reprenait son cours, au cou de Soleiman.

Soleiman et moi sommes restés pendant deux jours dans une camionnette avec des semblables afin de se rendre en Europe. Mais un jour, le camion avait été arrêté pour ne plus jamais redémarrer. Je me souviens que les hommes de la camionnette avaient frappé et pris la montre et l’argent de Soleiman. Il ne lui restait plus que moi car à leur yeux je n’avais aucune valeur. A son réveil, Soleiman était seul sur une plage avec un homme, nommé Boubakar, qui lui aussi avait résisté aux coups. Puis j’ai le vague souvenir que Soleiman, très en colère, est parti avec cet homme et qu’ils ont marché longtemps, très longtemps. Ensuite, nous sommes remonté dans un second camion, Soleiman avait peur. Peur de ne pas arriver à destination, peur de rompre la promesse qu’il a faite à Jamal. Après deux jours, lorsque le camion s’était arrêté, Soleiman a fait une chose très surprenante. Il est sorti du camion, s’est précipité sur un homme l’a ensuite frappé, l’a volé pour ensuite s’enfuir avec tout ce qu’il avait pris. Je sentais qu’il avait plus peur que jamais. Puis le camion a continué de rouler, et s’est arrêter. A partir de ce moment là, à partir du moment même où Soleiman est descendu et s’est éloigné en marchant, tout a changé. Je le sentais bouleversé, perdu dans ses pensées. Quand tout à coup, arrivé sur un marché, il s’approchait d’un homme assis puis avait murmuré << Massambalo >>, trois fois de suite. Dés lors que l’homme avait acquiescé, je sentis de l’espoir et du bonheur, ce que je n’avais jamais sentis ni sur Soleiman, ni sur Jamal. Puis Soleiman me tira délicatement de son cou pour me déposer sur celui de l’homme, qui répondait au nom de Massambalo. Je m’étonnais pour la seconde fois de cette séparation, mais une fois de plus, j’avais le sentiment d’être plus utile. Quelques instants plus tard, je sentis une main, des doigts, fins et longs se poser sur mes perles vertes. Je ne me doutais pas que ce serait la dernière fois.

Les instants qui suivirent, furent les derniers, ils sont très vagues. Je me souviens que Massambalo marchait, pendant quelques minutes. Puis il y a eu un choc. Nous sommes tous les deux tombés, brisés sur la route.

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