Mar 4 2011

Lettre au commandant Piracci

Publié par Leïla dans Créer, Lettre      

12 Mars.

Cher  commandant,

Je voulais vous faire part de ce qui s’est passé car je m’en doute, vous aimeriez le savoir. Tout d’abord j’ai parvenu à réaliser ma tache. Mais cela ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu mais ne vous inquiétez pas je n’ai rien, enfin je n’ai plus rien. Pour commencer, je suis arrivée à un bon port comme prévu, mon voyage s’était bien passé. J’avais l’arme sur moi, pas encore mise en évidence, j’attendais le moment précis pour la sortir et la pointer droit vers Hussein Marouk. Après être arrivée donc, je me suis trouvée un emplacement pas cher, avec le peu d’argent que je possédais je ne pouvais pas me payer le luxe. Après avoir déposé mes affaires, je suis tout de suite partie à la recherche, j’ai fait les ports pour pouvoir le trouver, j’ai demandé aux marins s’ils connaissaient un certain Hussein Marouk et quand je l’ai enfin retrouvé, je l’ai donc suivi, pour connaître ses habitudes, là ou il allait boire un café, s’il avait une compagne ou des enfants. Je n’ai rien trouvé de cela, juste son café préféré. J’avais cette envie de le ridiculiser sur place, comme il nous avait ridiculisés nous, moi et mon enfant. Alors quand je me suis assise à côté de sa table, je n’ai pas cessé un instant de le fixer, j’étais nerveuse mais je ressentais une telle haine que je sortis l’arme, la cacha isous mon manteau et tirai, sans savoir ce que je faisais. Complètement inconsciente. Troublée. Mais au final très soulagée, je savais qu’il ne m’arriverait rien d’autre à présent, et, que ma vengeance avait été à la hauteur de sa bêtise.

En vous remerciant très sincèrement de votre aide depuis le tout début. Je vous en suis vraiment reconnaissante. Je pense à vous.

La fille du  Vittoria


Mar 3 2011

Nouvelle couverture

Publié par Manon.R dans Couverture, Créer      

J’ai choisi les éléments qui me semblent les plus importants dans l’histoire du livre. J’en ai choisi peu, mais des éléments très divers qui d’après moi se divisent en deux catégories distinctes:

les éléments qu’on comprend qu’après la lecture du livre (le collier, la femme du Vittoria les barbelés de la frontière de Ceuta …)

les éléments qui sont explicites dans l’histoire (le bateau, une femme métissée, un palmier, les barbelés) ? la liberté, pays du sud.

Tous ces éléments sont entourés de brume car dans le livre, les voyages des immigrants se passent souvent cachés, la nuit, et c’est une sorte de sujet tabou dans les pays, car ce sont des voyages illégaux, ce que j’ai voulu accentuer en retirant la bouche de « La femme du Vittoria » car ces trajets sont basés sur le secret et la discrétion. De plus j’ai tenté d’accentuer le regard de la femme (mis en valeur sur la couverture), car elle a un regard mystérieux dont le but est d’ouvrir le livre pour l’aider et pour en savoir plus sur elle (car dans le roman et les actions de Salvatore Piracci se font après que celui-ci ait rencontré « le fameux regard » de cette jeune femme aux traits marqués par son dur vécu.



Mar 2 2011

Questions à Laurent Gaudé

Publié par Julie A. dans Questions à Laurent Gaudé      

Pourquoi l’auteur n’a t-il fait « vivre » que brièvement l’émigrante du Vittoria que reconnait Salvatore ? Pour quelles raisons l’auteur ne nous a-t-il pas fait partager la suite de son périple ?

Pour quelles raisons l’auteur a-t-il raconté l’histoire des deux personnages principaux (Soleiman et Salvatore) en décalé dans le temps ? Est-ce seulement pour le suspens ou y a-t-il d’autres raisons ?

Vous avez déjà écrit plusieurs romans sur le thème de l’émigration : derrière ces différents romans se cache t-il une envie de faire passer un message ? est-ce que le but de vos romans est de changer la vision, l’avis de vos lecteur sur les émigrants, ou au sens plus large sur le thème de l’émigration ?

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Mar 1 2011

Journal intime de la femme du Vittoria

Publié par pierre dans Créer, Journal intime      

Après la rencontre avec le commandant Piracci je suis partie à l’aéroport de Catane pour arriver à Beyrouth. De là j’ai cherché cet homme, Hussein Marouk, pendant plusieurs semaines. Je me suis demandé si jamais je le retrouverai,s si je le tuerais, et ce qu’il m’arriverait si j’échouais ? Toutes ces questions hantaient mes nuits et ce pendant plusieurs jours sinon des semaines. Que vais je faire après ? je n’en savais rien, l’avenir me le dira. C’est alors que lorsque je marchais sur la place que je le vis. Seul, dans un café, j’attendais qu’il s’en aille je ne voulais pas tirer en plein public avec tant de monde autour. Au bout d’un long moment, pendant lequel il lisait un journal, Hussein Marouk se leva et marcha, je le suivis tout au long des rues de Beyrouth. Je tirai alors qu’il prenait ses clefs. Cet instant je m’en souviendrai pour le restant de mes jours. Je me demanderai à quel moment j’ai fait une erreur et la détonation du revolver quand le coup partit. La balle l’a atteint au ventre, je l’ai regardé s’écrouler a terre et je suis partie. Autour de moi j’ai vu des visages inquiets aux fenêtres et des hommes se tourner vers moi, j’ai voulu m’enfuir mais deux personnes m’ont retenue, je leur ai crié de me lâcher, de laisser là. C’est après un moment que j’ai compris qu’ils m’emmenaient au poste de police, de là j’ai essayé de défendre mon geste, de dire pourquoi j’ai fait ça. Mais cela n’a servi à rien je me suis retrouvé dans une cellule et après en prison.

C’est dans ce lieu que j’écris ces mots, que je repense à cet acte, que j’exprime mes émotions dans ce journal et que je pense que je finirai mes jours.



Feb 27 2011

Questions à Laurent Gaudé

Publié par Eloïse dans Questions à Laurent Gaudé      

Le nom de la femme du Vittoria n’est jamais cité,

et vous parlez toujours d’elle à la troisième personne.

Pourquoi ?

Après son départ, nous ne savons plus rien à son sujet.

Quel en est l’intérêt ?


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Feb 26 2011

Question

Publié par Guilhem dans Questions à Laurent Gaudé      

Dans votre livre, l’équipage du Vittoria abandonne délibérément le navire et ses passagers sur ordre de leur commanditaire. Vous expliquez que cet acte odieux est un acte politique, un avertissement pour l’Europe que lance cet homme, un proche du pouvoir syrien : « Laissez-nous tranquilles ou nous nous faisons fort de vous envoyer un Vittoria par semaine ».

Vous êtes vous inspiré de faits réels ou fictifs ?

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Feb 25 2011

Nouveau titre

Publié par Julie R. dans Appellation, Créer      

Le titre que j’aurais imaginé est :


Une âme se perd

alors qu’une autre se découvre.

b

J’ai choisi ce titre, car il résume les destins des deux personnages à la fois. Il annonce au lecteur que cette histoire est au fait le portrait croisé de deux hommes. Salvatore est victime d’une tempête (titre du chapitre III :Tempêtes ) et à partir de là, il ne sait plus qui il est, il cherche en vain une voix à suivre mais cela n’aboutit qu’à une déprime de plus en plus marquée l’amenant à une fin tragique. Et dans le même temps, Soleiman est en train de renaître il se découvre au court du récit de nouvelles facettes de sa personnalité notamment celle d’un voleur. Il est jeune courageux et a la vie devant lui. Il n’est pas seul, il a Boubakar qui plus qu’un ami devient un frère ayant traversé un enfer avec lui (titre du chapitre XII : Frères d’enfer) pour aboutir eux à une fin heureuse. C’est un nouveau Soleiman changé depuis le début du récit qui passe cette frontière, non sans maux mais fier.

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Feb 24 2011

Itinéraires

Publié par Elsa dans Géographie, Informer      

Voici les itinéraires des deux personnages

Voici les photos du trajet de Piracci

Sources : Catane, Lampedusa, Ghardaia, Lampedusa

Voici les photos du trajet de Soleiman


Sources : Port – Soudan, Al Zuwarah, Ouargla, Ouargla, Ghardaia, Oujda


Feb 22 2011

Abécédaire – La femme du Vittoria

Publié par Marion N-A dans Abécédaire, Relier      

A comme Arme L comme Liberté

B comme But M comme Mère

C comme Courage N comme Noblesse

D comme Déterminée O comme Ouzbek

E comme Eldorado P comme Passeurs

F comme Femme Q comme Questions

G comme Gardes-côtes R comme Rêve brisé

H comme Hussein Marouk S comme Sacrifices

I comme Idéal T comme Tragédie

J comme Jeune V comme Vengeance

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Feb 22 2011

Les quatre vents de l’esprit

Publié par Hanna dans Association littéraire, Relier      

Un tourbillon d’écume, au centre de la baie
Formé par de secrets et profonds entonnoirs,
Se berce mollement sur ronde qu’il égaie,
Vasque immense d’albâtre au milieu des flots noirs.

Seigneur ! que faites-vous de cette urne de neige ?
Qu’y versez-vous dès l’aube et qu’en sort-il la nuit ?
La mer lui jette en vain sa vague qui l’assiège,
Le nuage sa brume et l’ouragan son bruit.

L’orage avec son bruit, le flot avec sa fange,
Passent ; le tourbillon, vénéré du pêcheur,
Reparaît, conservant, dans l’abîme où tout change,
Toujours la même place et la même blancheur.
h
Le pêcheur dit : – C’est là, qu’en une onde bénie,
Les petits enfants morts, chaque nuit de Noël,
Viennent blanchir leur aile au souffle humain ternie,
Avant de s’envoler pour être anges au ciel. –
hhh
Moi je dis : – Dieu mit là cette coupe si pure,
Blanche en dépit des flots et des rochers penchants,
Pour être, dans le sein de la grande nature,
La figure du juste au milieu des méchants.
h
Promenade dans les rochers.
h
De Victor Hugo

Feb 22 2011

Presse – L’affaire du Vittoria

Publié par Ophélie dans Articles de presse, Créer      

L’affaire du Vittoria :

Aujourd’hui dans la matinée un navire a été intercepté au large des côtes italiennes. Le bateau était remplis d’émigrants, la plupart originaires d’Afrique du Nord. Des centaines d’hommes et de femmes à la dérive depuis 3 jours dans la misère, épuisés par la faim et le froid. D’après nos premières informations le bateau aurait été abandonné pas les passeurs qui sont toujours activement recherchés.

Nous vous donnerons plus de détails dans la soirée.

source : photo



Feb 18 2011

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?

Publié par Stéphanie dans Créer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?      

Elle avait l’impression de se réveiller, comme si les flots l’avaient ballotée durant des jours et des jours. Mais non. Elle n’avait pas dormi. Elle ne se réveillait pas. Pas du tout. Pourtant tout, elle avait tout vécu. Elle avait entendu d’étranges cris, comme si on avait égorgé tous ceux qui la côtoyait, pourtant, encore une fois, ce n’était pas le cas, on peut juste dire qu’ils… Agonisaient? Oui, c’est sûrement cela. Elle avait aussi ressenti la douleur, la tristesse, le désespoir, puis la haine lui marcher dessus, ils l’écrasaient. Un poids bien trop lourd pour son petit corps. Peut-être pas si petit. Fragile sûrement. Oui, très fragile, comme si elle l’avait perdu au fur et à mesure qu’elle avançait, elle ne le sentait plus, il n’était plus là, du moins presque plus, il ne restait plus qu’un peu de son pauvre esprit, muet et aveugle. Puis elle les sentit, elle sentit ces coups, violents. A répétition. Plus ou moins forts. Des coups de douleur. Des coups de tristesse. Des coups de désespoir. Des coups de haine. Ils l’écrasaient, encore et encore. Elle les sentait, leurs pensées. Elle savait qu’elle n’était pas vivante. Elle savait qu’elle n’avait jamais vécu, elle ne sera jamais vivante. Jamais. Elle le savait. Aussi, elle savait que sa douleur n’importait à personne d’autre qu’à elle même, c’est la solitude qu’elle avait toujours connue, celle qu’elle connaîtrait toute sa vie, celle qui la tuerait. Mais ce n’est que plusieurs jours après qu’elle comprit qu’elle était désormais quasiment seule. Elle le sentait, c’est tout. Elle sentait comme des masses, des êtres, ou des âmes, peu importe, la quitter au fur et à mesure, elle allait finir seule. Comme toujours, bien sûr, mais encore plus seule. Et puis, ce fut la fin. Un certain Salvatore Piracci et son équipe arrivèrent, lui enlevèrent tous ceux qui avaient souffert avec elle, tous ceux qui agonisaient avec elle, en silence. Il lui prirent tout. Il lui arrachèrent les membres. Oui, ils la démembrèrent. Ce fut sûrement la première et dernière fois qu’elle put voir quelque chose, une sorte de lumière blanche, une lumière comme ces passagers en parlaient, celle qui vous annonce la fin. Et c’est seulement à ce moment-là qu’elle comprit, elle les avait toujours entendus, elle les avait toujours vus. Elle les avait vu mourir les uns après les autres, mais sans la moindre envie de le savoir. Sauf qu’aujourd’hui c’était son tour. Elle souffrait. Vittoria souffrait.

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