Archives mensuelles : décembre 2012

Petit aperçu d’un roman en construction (2)

Salutations chers lecteurs ! Aujourd’hui, je viens vers vous avec un autre morceau de ce livre mystérieux dont l’auteur semble refuser – pour l’instant du moins – de se dévoiler. Selon sa volonté, je ne vous donne pas le chapitre Premier qu’il m’a dit vouloir retoucher et vous propose à la place un premier jet de chapitre 5 plutôt prometteur. J’espère que cela vous plaira.

Chapitre 5 : L’homme qui guérissait les maux

Nuit. Cauchemars. Sans fin, ces mots auxquels on a collé une image, une réalité assaillaient Wéone. Sans cesse il transpirait, hurlait, pleurait même, revivant avec horreur tout ce que son esprit avait relégué au fin fond de sa mémoire supposément pour l’éternité. Supposément, c’est bien là le problème. Car à présent, à présent toutes ces images terrifiantes, tous ces démons grimaçant aux griffes immenses dansaient sous ses yeux, le dévoraient, le tétanisaient. Il était aussi fragile que l’enfant qui se cachait en voyant sa mère mourir, aussi faible que celui qui fuyait son village attaqué par un être qui ignorait tout de la pitié, aussi malheureux que le misérable solitaire condamné à l’errance perpétuelle. Il était incapable d’empêcher le noir de l’engloutir. Qui était-il ? Il l’ignorait. Que faisait-li ? Pourquoi vivait ? Il l’ignorait également. Tout cela n’avait plus la moindre importance à présent. Car il se noyait dans un rêve semblable à une mer d’encre sombre et terrifiante. Il perdait pied avec le monde et la vie puisque telle était la volonté du démon qui l’avait frappé. Mais au fond de l’obscurité, une main se tendit, une main blanche et pure, comme un rêve perdu au milieu de ses cauchemars. Cette main lui rappelait quelque chose, un souvenir à demi enterré. Une faiblesse qu’il avait dissimulée derrière son austérité et son dureté. Un souvenir de sa mère. Sa mère, en repensant à elle, son océan de peur s’égaya quelques instants, elle apportait avec elle un peu du rayon de soleil qui l’avait entourée de son vivant. Une lueur qui chassait même le poison qui le rongeait, une lueur d’espoir si brillante qu’elle en devenait irréelle. Celle de Bien.

Alors que son esprit était envahi par cette vision apaisante, son corps lui, luttait toujours avec la mort, livrant un combat sans merci dont la seule issue possible, la seule finalité était encore incertaine. Son front brûlant de fièvre était parcouru de perles de sueur et son souffle saccadé et haletant. Wéone se portait mal. Très mal. Depuis trois jours, Nathaniel et son frère se relayaient à son chevet, changeant ses bandages et surveillant sa température. Depuis trois jours ils ne discernaient aucune amélioration. Mais à présent, l’inquiétude se lisait très clairement sur le visage de Nathaniel ; la fièvre n’avait pas chuté et la respiration du malade se faisait plus difficile, plus sifflante. Trempant un chiffon dans un seau d’eau roide, il l’essora puis le posa délicatement sur le front du souffrant. Le chiffon sécha presque instantanément. C’était inutile. Ils ne pouvaient rien faire pour empêcher leur invité de mourir, ils étaient incapables d’apaiser sa douleur ou même de calmer sa fièvre. Quand Illias entra à son tour pour relayer son frère, il vit son regard sombre et sans prononcer un mot, laissa ses yeux poser la question qui lui brûlait les lèvres : «Comment va-t-il ? » mais son frère secoua négativement la tête. Tout s’accélérait, s’aggravait. Ils ne contrôlaient plus rien, ne pouvaient plus rien. Rien d’autre qu’attendre que la mort vînt l’emporter. Pourtant elle ne venait pas. Le visage congestionné du jeune homme s’était apaisé et son souffle bien que faible s’était fait moins douloureux. La fin approchait. Lorsqu’au bout de trois jours passés à éponger le front de leur patient, ils vinrent à court de provisions de nourriture, Nathaniel se leva. Plus que n’importe qui, il lui importait que ce blessé recouvre la santé ; d’un air résolu, il annonça à son frère :

  • Je vais chercher le guérisseur, lui saura quoi faire.
  • Il n’y a plus rien à faire, il est déjà presque mort ! rétorqua Illias d’une voix cassante.
  • Peu m’importe. J’irai quand même.
  • Mais pourquoi ? Pourquoi risquer tant pour quelqu’un que tu connais à peine ? interrogea son frère avec exaspération.

Nathaniel inspira. Profondément. Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi désirait-il tant aider le jeune homme blessé ? La réponse était simple. Tout était d’une limpidité éclatante.

  • Parce que j’ai enfin la chance d’être quelqu’un de bien, de me dévouer pour quelqu’un d’autre que moi.

Illias ne répondit rien. Dans leur petite maison en lisière de forêt, ils avaient vécu tant de temps seuls, tant de temps reclus et isolés qu’il ne pouvait en vouloir à son frère de désirer donner un autre sens à son existence. Mais même s’il ne disait rien, ses yeux parlaient à sa place, et ils disaient « va. Trouve ton chemin. » Car c’était ainsi entre des frères, entres ces frères. Aucun ne pouvait s’imposer sur le chemin de l’autre, aucun ne pouvait ignorer l’autre. Là était la signification de leur amour fraternel. Et comme ses yeux avaient parlé, comme son cœur s’était ouvert, Nathaniel pût s’en aller. Il sortit dans le froid extérieur, sans la moindre appréhension, sans la moindre hésitation. Il reconnaissait chaque lieu de leur petit village isolé dans les terres du pays de l’eau, sous ses yeux se déroulaient des paysages aquatiques et verdoyants tandis qu’il courait à en perdre haleine jusqu’à la maison du guérisseur. La porte était close, comme toujours. L’homme, bien trop occupé pour y penser la laissait en permanence dans l’état, il ne fallait pas s’en offusquer. Il ouvrit donc la porte, peu rassuré et circonspect. La pénombre qui régnait dans la pièce l’étouffait presque, mouchant la flamme de son esprit comme s’il s’était agi d’une véritable –et non moins insignifiante- flammèche. C’était le calme absolu, l’immobilité complète. Le jeune garçon déglutit bruyamment, mais rien à faire. Le silence était si épais que ce simple bruit ne parvenait même pas à l’entamer. Soudain, une voix dure s’éleva dans le fond de la pièce :

– Ferme la porte, gamin !

Stupeur. C’était la première fois depuis bien des années que l’on entendait le guérisseur parler, lui que l’on croyait reclus pour échapper aux vices de la vie commune. Pourtant, Nathaniel s’empressa de lui obéir, cette voix dissimulait assez mal l’impression d’autorité qui émanait de cet homme qui avait les ombres pour domaine. Il referma donc la porte, le plus silencieusement possible, comme si le silence qui régnait engloutissait toutes ses facultés et le laissait vide et obéissant. Il avait déjà oublié la raison de sa venue, il avait déjà oublié le jeune blessé agonisant dans la chambre de leur maison. Seul comptait cet homme et les mystères qui le ceignaient tout entier tels un voile obscur et terrifiant que l’on n’osait soulever de peur de voir la fureur des tréfonds se déchaîner. Nathaniel plissa les yeux de toutes ses forces dans un effort désespéré pour percer la pénombre de la pièce, à la recherche d’un quelconque lieu où il puisse s’asseoir, mais encore une fois, le vieil homme le devança :

  • Tu peux t’asseoir là, dit-il d’une voix bourrue en déplaçant bruyamment un tabouret.

Se repérant au bruit, le jeune homme s’avança, les mains tendues en aveugle et, trouvant enfin son siège, il s’assit. Puis rien ne se passa. L’immobilité avait repris ses droits, à présent qu’ils étaient plus proches, Nathaniel pouvait voir dans les yeux du vieil homme une profonde lassitude, un sentiment de vide si absolu qu’il lui rappelait ses mornes pensées du matin.

  • Qu’es-tu venu chercher ici mon garçon ? reprit la voix bourrue.
  • Je….je…ne me rappelle plus, souffla le jeune homme intimidé, je n’arrive plus à me souvenir de la raison de ma venue.
  • Eh bien c’est assez fâcheux pour toi. Mais moi je sais ce que tu es venu chercher, ils viennent tous chercher la même chose, des services, toujours des services. Pourtant ils ne se préoccupent guère de tout ce qui peut affecter le sol ou même l’air lorsqu’ils viennent. Non, tout ce qu’ils viennent me prendre ce sont des remèdes miracles pour soigner telle ou telle maladie, tel ou tel petit ennui passager, bougonna le vieux.
  • Vous êtes toujours aussi désagréable ? demanda soudain Nathaniel.

L’homme haussa un sourcil, ce qui passa bien évidemment inaperçu. Ce gamin commençait à l’agacer avec ses manies étranges. Quelle était cette question qu’il posait là ?

  • Et toi tu t’es déjà demandé si tu avis appris tes bonnes manières comme il faut ? grogna-t-il, mais puisque tu sembles t’y intéresser, non je n’ai pas toujours été ainsi. Autrefois j’étais un jeune guérisseur heureux et plein de vie. Mais ce temps s’est envolé avec l’abrutissement des autres habitants de ce maudit patelin !
  • Oui… je vois assez ce que vous voulez dire, concéda Nathaniel, moi aussi j’ai eu à souffrir de cet abrutissement comme vous dites.

Nouveau haussement des sourcils du vieux et toujours invisible. Peut être tenait-il la perle rare ?

  • Dis-moi gamin, tu ne t’es toujours pas présenté ; tu devrais vraiment songer à revoir tes règles de politesse.
  • Je m’appelle Nathaniel, répondit-il, mais vous non plus vous ne vous êtes pas présenté.
  • Parce que ce n’est pas utile pour l’instant, lâcha le guérisseur.

Une petite lueur brillait faiblement dans son regard tandis qu’il regardait ce petit oiseau qui était venu se percher ici, dans cette maison abandonnée depuis si longtemps par les villageois et condamnée à ne devenir qu’un vestige de temps plus joyeux. Ce gamin avait quelque chose de spécial, il le sentait, quelque chose qui ne s’était pas vu depuis bien des siècles.

  • Alors tu ne te souviens toujours pas de la raison de ta venue ici ?

Cette question fut un déclic. Nathaniel se rappela, de tout. Son frère au chevet du blessé, la mort, la fièvre qui avait chuté, la blessure qui refusait de guérir. Un sentiment d’urgence s’empara de lui, ses yeux s’affolèrent, il fallait qu’il aide et homme !

  • Il y a un blessé chez nous, il est presque mort et nous ne voulons pas le voir disparaître !
  • Ah enfin le vif du sujet, râla le vieux. Indique-moi donc où est ta maison mon garçon, je vais aller jeter un œil à ton mourant.

Le jeune homme soupira, toute la tension qui commençait à s’accumuler dans son corps s’échappait lentement, le laissant vidé mais enfin satisfait. Il avait réussi, il allait sauver cet étranger ! De son côté, le vieux guérisseur se leva pesamment. Son corps fatigué par toutes ces années de prostration mettait du temps à redémarrer. Il se frictionna longuement les poignets avant d’empoigner son bâton taillé dans le bois du plus vieux chêne blanc de la forêt. Suivi de Nathaniel, il quitta la maison, le froid lui cingla immédiatement le visage, lui arrachant une exclamation furieuse. Depuis tant d’années qu’il restait reclus chez lui, il fallait vraiment que ce soit ce gamin insolent qui le tire de sa prostration et par ce froid ! Cela lui laissait une impression particulièrement désagréable dans la bouche. Mais il le fallait bien après tout, un guérisseur se devait d’aider ceux qui n’étaient pas encore assez sots pour se penser touts puissants ; et ce gamin tout malpoli soit-il semblait en faire partie. Il supporterait donc le froid, comme il avait appris à supporter la solitude. Une fine pellicule de neige recouvrait le sol autour d’eux rendant tout l’horizon d’un blanc laiteux. La neige, une drôle de chose que cette eau pas si liquide ni si solide, un mystère presque aussi grand que la flamme irrégulière de la vie qui lutte désespérément pour demeurer allumée malgré les épreuves. Mais le temps d’entretenir de telles réflexions était passé, maintenant venait le temps de l’action. Se tournant vers Nathaniel, le vieux demanda :

  • Où se trouve ta maison, gamin ?
  • Je vais vous y conduire, dit l’autre, suivez-moi.

Et ils se mirent enfin en route, tout autour d’eux, alors qu’ils quittaient progressivement les sentiers tracés par les villageois, la forêt reprenait lentement ses droits, son domaine. Çà et là, des feuilles mortes échappaient à l’emprise de la neige tandis que les grands arbres se dressaient, vierges et fiers au bord de la voie. Il n’y avait pus désormais de trace du village, les derniers feux de cheminée qu’ils apercevaient encore étaient loin et la nature sauvage régnait en maîtresse absolue tout autour de la maison des deux frères. Enfin ils étaient arrivés, l’homme prit le temps d’observer cette demeure à l’aspect si peu semblable aux autres ; au lieu de présenter la même géométrie carrée et angulaire que le reste des maisons, celle-ci proposait pour sa part une variation peu orthodoxe. Les murs étaient cylindriques, étrange choix qui permettait néanmoins de conserver la lumière dans la maison de manière homogène. Choix judicieux. Le vieil homme ne pouvait s’empêcher d’admirer l’originalité architecturale de cette habitation décidément bien au-delà des normes. Après s’être attardé sur leur forme, il observa avec attention leur couleur, dégradé de gris sombre et de blanc épousant une parfaite harmonie et à peine altéré par le temps ; décidément, ce gamin était vraiment spécial. L’homme quitta la bâtisse des yeux, il ne voulait pas encombrer son esprit avant le début de son travail. Cependant, alors qu’il s’avançait d’un pas décidé, son regard accrocha une fleur aux grands pétales orangés. Une dahlia, une fleur rare dont la beauté et la rareté étaient sans pareille dans leur village. Remontant le long des plantations, il découvrit bien d’autres merveilles, là une ipomée volubilis, ici, des gagées à fleur blanches…c’était un véritable jardin botanique. De plus en plus amusé, il se tourna vers le gamin et dit :

  • C’est vous qui avez planté tout ça ?
  • Nos parents, ils étaient de véritables amoureux des plantes, répondit Nathaniel avec une pointe de nostalgie dans la voix.
  • Bien, entrons ou nous aurons un mort à déplorer, marmonna le vieux guérisseur.

Ils reprirent leur marche. Du bout de sa canne, le vieux frappa contre la porte qui s’ouvrit aussitôt sur un vestibule pauvre en décorations dont les murs présentaient les mêmes nuances colorées que l’extérieur. Nathaniel regarda son compagnon de voyage avec un air de surprise totale.

  • Comment avez-vous fait ça ? s’enquit-il.
  • Ce petit tour ? Bah tu es trop jeune. Reviens me voir dans cent ans quand tu commenceras à t’intéresser à ce qui t’entoure, lança l’homme depuis l’intérieur de la pièce.

Sans demander, il monta ensuite à l’étage et pénétra dans la chambre occupée par Illias et le blessé. Il s’avança vers le lit et observa attentivement le visage congestionné qui lui faisait face. Un seul coup d’œil lui suffit pour repérer la source du problème : la blessure manifestement non cicatrisée malgré les efforts des deux gosses. Pas étonnant qu’ils soient venus le chercher, lui l’homme dont on disait qu’il pouvait soigner n’importe quelle blessure.

  • Ecarte-toi gamin ! Laisse-moi m’occuper de ça, grogna-t-il de la voix renfrognée qu’il prenait lorsqu’il se trouvait devant un cas difficile.

Sans discuter, Illias lui obéit et alla rejoindre son frère dans l’autre chambre. Il le trouva inquiet, se mordant nerveusement la lèvre. Nathaniel ne pouvait s’empêcher de penser avec appréhension à ce qu’il ferait si malgré tous leurs efforts, le jeune homme venait tout de même à mourir.

De son côté, le guérisseur auscultait son jeune patient ; et une chose était sûre, les choses allaient vraiment mal. Car malgré toutes ses connaissances, malgré tout son savoir, il ne parvenait pas à soigner la plaie. Elle s’infectait à une vitesse effarante et le blessé devenait de plus en plus pâle, mais ses yeux ne s’ouvraient plus. Il était prisonnier d’un monde de peur et de douleur, sa conscience s’effaçait dans des abîmes insondables qui le consumaient entièrement de l’intérieur. C’en était rageant. La solution miracle se faisait toujours attendre et l’odeur de la mort commençait à se répandre dans la pièce, signe de la fin imminente du gamin malgré les efforts de Nathaniel.

– Bon sang, tu vas guérir oui ? Je ne suis pas sorti de chez moi aujourd’hui pour avoir un nouvel échec retentissant sur la conscience. Vis ! Vis tu m’entends ?

Évidemment, l’autre ne pouvait pas répondre, mais cet accès de colère dévoilait une faiblesse, une faille dans la cuirasse de rugosité du vieillard. Son dernier échec lui venait en mémoire, il se rappelait de cette jeune femme qu’il n’avait pas pu sauver, cette jeune femme qu’il n’avait pas su arracher aux griffes de la mort. Et tout son être, tout son esprit se rebellait à l’idée d’avoir à subir cette épreuve à nouveau. Non, il n’affronterait pas à nouveau le visage narquois de la Faucheuse lui ravissant un de ses patients. Il ne la laisserait pas gagner. Un flux d’adrénaline traversa son corps tandis qu’il observait à nouveau ce corps froid et aux prises avec la mort. Quelque chose lui échappait, quelque chose d’essentiel, de vital. Cela faisait trois jours que les gamins avaient récupéré le corps dans la forêt, or trois jours suffisaient à une plaie pour s’infecter. Cependant, celle-ci était toujours aussi claire et nette qu’au moment où elle avait été infligée. De plus, les sillons irréguliers et l’étrange aura de peur qui s’en dégageait laissaient présager une chose : cette blessure n’avait rien de naturel. Il y avait même fort à parier qu’elle ait été infligée par cette créature qui sévissait de l’autre côté de la forêt…or si c’était le cas, comme le soupçonnait le guérisseur, une seule chose pouvait sauver le gamin et cette chose était en lui. Un sourire satisfait éclaira son visage. Il savait quoi faire, il savait comment faire pour ramener ce gamin. Posant ses deux mains sur la plaie, il commença à psalmodier :

  • Je fais appel à toi, ô esprit des anciens guerriers. Toi qui sais les raisons de l’être et du non-être, toi qui peut tout et n’aide que les braves, porte assistance à ce garçon durant sa lutte contre les forces malfaisantes de la peur ! Donne lui la force de surmonter les abysses et de revenir parmi les vivants ! Viens je t’invoque, esprit de victoire, guerrier auréolé de gloire et de puissance !

Un vent violent se leva alors. Il ouvrit d’un seul coup toutes les fenêtres, brisant les carreaux dans un immense et extraordinaire hurlement. Alarmés, les deux garçons accoururent dès qu’ils l’entendirent. Ils ouvrirent la porte à la volée et restèrent interdits, frappés de stupeur devant ce prodige quasi divin. Le vieillard, lui, souriait d’un air tranquille et satisfait. Son invocation avait réussi, il allait sauver ce gamin et récupérer sa dignité. Le vent continuait de souffler tandis que, comme jaillissant de la plaie, une sorte de pestilence noire s’échappa dans l’air et disparut, emportée vers d’autres lieux. La plaie commença à se refermer, la gamin commença à reprendre des couleurs. C’était fini.

Avec un soupir d’épuisement, le vieillard s’affala sur le lit ; de grosses gouttes de sueur coulaient de son front et inondaient sa tunique, ses mains. Une grande lassitude s’était emparée de son corps tandis qu’il appréciait la plénitude de sa réussite. De leur côté, les deux jumeaux, toujours muets de stupéfaction finirent par reprendre leurs esprits. Illias s’avança vers le blessé et jeta un regard à sa blessure, guérie. La peau était fine et blanche, comme si il n’y avait jamais rien eu à cet endroit.

– Comment avez-vous fait ça ? S’enquit-il.

Le vieux ne répondit pas, ce n’était pas nécessaire. Ce gamin n’avait pas besoin de comprendre, pas plus qu’il n’avait besoin d’explications. Ramassant sa besace remplie de remèdes, il se leva, jeta un dernier regard à la pièce, puis avec un léger hochement de tête, s’en alla. Alors qu’il allait passer le seuil de la porte, une voix l’interpella :

– Vous ne m’avez toujours pas dit votre nom.

Il sourit. Le gamin aurait un avenir prometteur devant lui, s’il savait suivre les signes envoyés par le sort.

– Ce n’est toujours pas nécessaire, répondit-il sans se retourner.

– Dans ce cas permettez au moins que je vous remercie, reprit la voix de Nathaniel.

– Cela non plus n’est pas nécessaire. Reviens me voir à l’occasion, on verra ce qu’on fera de toi.

Et le vieillard disparut comme il était venu, simple ombre tirée d’une époque dont il n’était jamais vraiment reparti, il retournait à son silence et sa solitude, il retournait se murer dans une maison que personne ne viendrait plus visiter…jusqu’à ce que Nahaniel revienne bouleverser ses habitudes.

Voilà qui clôt l’extrait actuellement disponible de ce roman que je trouve plutôt encourageant. Prochainement, je négocierai pour vous le Prologue et le Chapitre Premier.

Arnaud

L’univers exotique de la tradition africaine

Amis lecteurs, bonsoir ! Pour le plaisir de vos beaux yeux et de votre imagination, je vous invite aujourd’hui à partager avec moi un petit voyage. Un voyage vers une contrée lointaine. Un voyage vers un continent nouveau et exotique. Embarquons ensemble voulez-vous ? Cap sur l’Afrique équatoriale !

Ah l’Afrique, quel beau continent ! Avec ses traditions, ses coutumes et sa beauté naturelle. Saviez-vous que là bas, les fruits ont l’exquise saveur de la fraîcheur et de la nouveauté ? Sans doute. Et avez-vous déjà vu les habitants de cette étrange contrée ? Leurs coutumes, leur façon de se vêtir ? Sûrement, enfin je l’espère, ce sont là des découvertes qui émoustillent l’esprit et donnent  du piquant à l’existence. Malheureusement, je ne vous parlerai guère de ces êtres extraordinaires que sont les africains pour me concentrer sur d’autres choses : les traditions.

Mais qu’est ce donc que ce mot « tradition » si indigeste et étrange à la fois ? Eh bien, permettez-moi de vous en donner une définition de mon cru. La tradition est un ensemble de pratiques aussi vieilles que la culture qui leur a donné naissance. Ces pratiques ont pour but de donner à la fois un cadre de vie aux habitants et d’assurer la pérennité des croyances de la tribu en question.La tradition est donc un manuel de la vie de tous les jours et une trace bien réelle de la présence dans le monde de la tribu qui l’a adoptée.

Je vous propose à présent un aperçu très léger de quelques aspects de ces traditions.

I- La religion

Les pays d’Afrique subsaharienne sont presque tous de confession monothéiste. Et même si nombre d’entre eux ont adopté le christianisme ou l’islam, des traces de leur religion d’origine subsistent toujours. Laissez-moi vous en donner un petit aperçu.  La religion africaine est basée sur l’animisme, c’est à dire qu’elle est basée sur la croyance en la présence d’une essence divine dans chaque chose capable de favoriser la vie et la force vitale (animaux, plantes, pierres magiques, hommes etc) ainsi, leur respect et leur vénération vont à tout ce que la nature engendre.

Pour les africains, le Dieu suprême est un être retranché des affaires du monde, la majorité de son essence demeure séparée des hommes, en un lieu hautement mystique vers lequel ils se tournent en guise de respect. ainsi, lors de leurs prières et cérémonies, ils s’adressent le plus souvent à des intermédiaires, des esprits plus mineurs que la tradition a nommé « djinns ». Ces djinns ont le pouvoir d’exaucer les souhaits des vivants et emmène l’âme des disparus auprès du Dieu unique afin que celle-ci soit réincarnée ou jetée dans la grande fosse de purification des âmes souillées. Cependant, si l’âme en question a atteint un degré suffisant de perfection, elle devient alors un « esprit ancestral »; l’esprit d’un ancêtre devenu un djinn pour venir en aide à sa tribu.

II- Quelques pratiques célèbres

Parmi les pratiques célèbres de leurs religions, on compte le chamanisme. Il s’agit d’une pratique visant à créer un lien entre le chaman et le monde des esprits. Le chaman est le seul habilité à le pratiquer et possède dans cet art une qualification extraordinaire; on parlerait de lui comme d’un guérisseur, un magicien, un herboriste et un psychanalyste. Ses attributions vont de la simple médecine à la prédiction des prochaines récoltes ou l’assurance de la réussite de la chasse (en demandant la permission de chasser un animal aux grands djinns) et enfin, à l’éducation des futurs initiés. Le chaman a joué un rôle très important dans tous les cultes africains et occupait de facto une fonction sociale très élevée dans le groupe.

III- Extraits de tradition orale

Voici quelques phrases glanées de ci delà illustrant oralement certains rites religieux africains. Ce sont des perles rares récoltées par les éthnologues au fil des décennies :

« Ecoutez les ancêtres, l’esprit, les arbres et les animaux. Soyez à l’écoute de toutes ces forces qui viennent nous parler. »— Sobon Fu Somé

« Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. » — Amadou Hampâté Bâ cité par Aminata Traoré

« Ceux qui sont morts ne sont pas morts… les morts ne sont pas sous la terre. Ils sont dans l’ombre qui frémit. Ils sont dans l’eau qui coule. Ils sont dans l’eau qui dort. Ils sont dans la case, ils sont dans la foule. Les morts ne sont pas morts. »— Bigaro Diop

« Tout ce qui vit a une âme. »— Tradition orale africaine

« Toute naissance est la renaissance d’un ancêtre. »— Tradition orale africaine

 

Pour conclure ce long mais passionnant article, je vous suggère de vous rendre sur le portail Wikipédia associé aux traditions africaines pour un contenu encore plus riche et large. Chers lecteurs, je me réjouis que vous ayez accepté de faire ce voyage ô combien intéressant en ma compagnie. Je vous souhaite une agréable lecture et vous dis à bientôt pour de nouvelles informations encore plus alléchantes !

Arnaud

 

La guerre des guildes a repris…

Guild wars, un nom qui n’est certes pas connu de tous, mais un jeu qui a su faire son nom à sa sortie en 2005, et qui est revenu cette année avec un tout nouvel opus : Guild Wars 2.

L’histoire 

L’intrigue se déroule 250 ans après le premier opus, sur sur le continent Tyrien (continent du premier guild wars). Là, des dragons endormis se sont réveillés, déchainant leur fureur sur le monde et lui infligeant de grands cataclymes qui changèrent sa face. Cinq races conclurent alors un pacte : Les humains, ancienne race dominante luttant aujourd’hui pour sa survie, Les Charrs, ennemis ancestraux des humains et peuple voué à la guerre, les Norns, géants du nord chassés de leur terre par Jormag le dragon des glaces, les Asuras, petit peuple a l’intelligence et a l’égo surdimensionné et enfin les Sylvaris, race végétale récemment apparue en Tyrie.

Toutes ces peuples, autrefois ennemis, devront lutter côte à côte pour sauver leur terre des dragons et de leurs terribles serviteurs.

Le jeu

 Une chose nous marque dès la création du personnage : Pourquoi toutes ces questions sur son histoire ? Pourquoi dois-je dire ce qu’a fait mon Norn lors du dernier Festibierre ? La réponse nous vient rapidement : parce que votre personnage ne vit pas forcément les mêmes choses que celui du voisin. En effet, si votre Norn était ivre au dernier festibierre, il perdra un char Charr et devra partir à sa recherche. S’il a tué un rival, il devra en subir les conséquences.

Et c’est ainsi pendant pratiquement la moitié du jeu, l’histoire de votre personnage sera déterminé par vos choix : que ce soit au début lorsque l’on doit développer des débouchés d’une de ces inventions pour obtenir la reconnaissance de son mentor, ou plus loin dans le jeu lorsqu’il faut partir vaincre des serviteurs des dragons pour libérer le village d’un peuple. Tout le scénario dépend de vous !

Ce scénario très présent laisse aussi la place à une partie exploration tout aussi présente, lors de laquelle on peut toujours faire de nouvelles découvertes même dans des zones déjà visitées, tout ça grâce aux « événements dynamiques ». Plus des centaines de quêtes telles qu’aller parler à un gars avec un point d’interrogation sur la tête à trois mètres du commanditaire. Maintenant, la majeure partie des quêtes vous tombe dessus sans que vous ne demandiez rien, et sans obligation de les faire. De plus, si vous passez par une route que vous aviez déjà empruntée, mais sans rencontrer d’événements, vous pouvez très bien tout à coup vous retrouvez à devoir escorter une caravane marchande vers la ville la plus proche.

On peut ensuite noter une majeure différence avec le premier opus : les zones ne sont pas instanciées. Vous pouvez enfin rencontrer d’autres joueurs ailleurs que dans les villes.

On peut également noter les superbes graphismes, les combats très dynamiques et l’histoire passionnante avec des passages d’humour assez efficaces.

Pour conclure

Guild wars 2 est vraiment un très bon mmorpg, dépassant de loin son prédécesseur. Il fut d’ailleurs nommé meilleur jeu 2012, devant le dernier World of Warcraft.

A essayer absolument !

Gwendal

6e Opus de Muse, « The 2nd Law »

Le 6e album de Muse « The 2nd Law » est sorti, 3 ans après l’album « The Resistance » datant de 2009.

Notre avis

Enregistré en près de six mois à Los Angeles et Londres, il contient 13 titres. Une ou deux chansons de cet album sont dédiées au fils de M.Bellamy, Bingham, dans lesquelles on peut entendre les battements du cœur de ce jeune garçon. Deux autres chansons interprétées et composées par le bassiste Christopher Wolstenholme parlant de ces problèmes d’alcoolisme entraînant des problèmes familiaux, « Save me » et « Liquid State ». « Survival » est la première chanson entendue sur les ondes de BBC Radio 1 dans l’émission de Zane Lowe, le mercredi 27 juin à 20h30 (heure française).

Pour ce 6e opus, Matthew Bellamy se serait inspiré de la musique asiatique et deux groupes d’hard electronica « Justice » et « Does It Offend You, Yeah? ». Une tournée mondiale a débuté le 20 septembre à Cologne.

Mon avis : 3 étoiles, Une musique plaisante mais ne correspond pas à l’image du groupe.

Muse signe encore un sixième et superbe album, où on y retrouve encore  l’influence de Queen, mais où l’originalité et la spécificité du groupe se retrouvent largement.

En revanche, le côté électro de l’album déplait, car à la base Muse est un groupe Rock et non « pop rock » ou « électro » !!

Trop de changements à mon goût, mais il reste avant tout un bon album à écouter.

Lohren

« Fondation » par Isaac Asimov

« Fondation » est le premier livre du cycle écrit par Isaac Asimov.

Série de romans récompensée par le Prix Hugo de « Meilleure série de science-fiction/fantasy de tous les temps ».


Au début du XIIIème millénaire de l’ère Galactique, lors de l’apogée de l’Empire, en termes de puissance et de surface, sur la capitale de ce dernier : est  Trantor. Un savant du nom Harry Seldon invente la psychohistoire, une science qui, sur des bases de psychologie et de mathématiques, permet de prédire les grandes lignes de l’avenir en anticipant les grandes évolutions des système de société. En se basant sur ce procédé, Seldon prédit l’effondrement de l’Empire d’ici cinq siècles et, ensuite, trente mille ans de chaos. Pour réduire cette sombre période à un millénaire, ce dernier propose de créer, sur une planète éloignée, une fondation composée des scientifiques les plus éclairés de l’époque ainsi que leur progéniture, chargés d’écrire l’ « Encyclopedia Galactica » regroupant toutes les technologies et les sciences de l’Empire Galactique.

Le roman, composé de cinq nouvelles racontant des moments importants de l’histoire de la Fondation caractérisés par des « Crises Seldon », sont les grandes menaces que devront affronter la fondation au cours de son histoire, publiées, originellement, séparément entre 1942 et 1944 pour être ensuite réunis en un seul et même livre en 1951.

 

Ce livre considéré comme le Livre à avoir lu lorsqu’on est amateur de science-fiction mérite, selon moi, grandement son titre. C’est un livre passionnant avec une organisation politique, religieuse et sociale très développée et complexe. On peut remarquablement bien observer l’évolution du système de cette communauté et l’évolution du mode de penser de ses habitants.

J’ai pris plaisir à lire ce roman, je le recommande car c’est un livre qui emporte vraiment le lecteur.

Alexandre

20 ans ça se fête !

Hier, le 3 décembre 2012 on fêtait les 20 ans du SMS ( short message service ).

Il permet d’utiliser le mode ABC ou le T9

 

 

En 2011, 200 000 SMS sont envoyés par seconde !!!

Avant l’apparition des Smartphones, seulement deux modes de rédaction étaient possibles : le mode ABC et le mode « T9 » (Text on 9 keys). Tout cela était long. Mais ce problème fut résolu avec les smartphones et leur clavier AZERTY.

On put faire toutes sortes de choses : écrire des émoticônes par exemple :

:-) , :-( , <3 , ^^, *.* …

 

Petite note :

Les personnes de la « génération des pouces », ceux qui ne peuvent plus se passer de leur téléphone s’appellent les « nomophobes » c’est à dire  » No mobile Phobe ».

Lohren