Astolfi : l’erreur, un outil pour enseigner (1)
30 09 2012« L’erreur, un outil pour enseigner » Jean-Pierre Astolfi, ESF éditeur, 1997.
Chaque page (ou presque…) de ce bouquin me renvoie à ma classe. Qu’est-ce que j’en fais, moi, de toutes les erreurs commises entre nos quatre murs ? Celles des élèves ? Et les miennes ?
Chap 1 : Quel statut pour l’erreur à l’école ?
« Dès qu’une erreur est perçue, le réflexe quasi pavlovien, c’est bien de souligner, de biffer, de matérialiser la faute sur le cahier ou la copie. Avant même de savoir si cela aura quelque utilité en termes didactiques, nous nous sentons incapables d’agir autrement. » (p.11)
Tourner son stylo rouge sept fois dans sa trousse avant de le sortir…
« C’est facile ! » « Les élèves évidemment grincent des dents en silence (…) Ils aimeraient qu’on reconnaisse (et qu’on le leur dise) à quel point ils « galèrent ». » (p.12)
Voilà une chose facile à faire pour l’enseignant… Non ?
« Rentrer dans le maquis des explications des élèves, mettre à jour toute cette gangue résistante, cela fait peur à l’idée qu’on risque de s’y noyer sans plus être en mesure d’en sortir. La crainte de s’engluer nous inquiète sur ce que deviendra le fil de la progression, tant il est difficile de mettre bout à bout la logique du savoir et la logique des élèves. » (p. 12)
Voilà qui m’arrive trop souvent, principalement en résolution de problèmes ou en sciences… Pfff, les bras qui m’en tombent et le vide absolu dans mon esprit pour enchainer intelligemment derrière une sortie d’élève…
Deux négations de l’erreur : erreur = faute (modèle transmissif), ou erreur = à éviter (modèle béhavioriste, qui décompose la difficulté en étapes élémentaires pour éviter la survenue des erreurs).
Modèles constructivistes : on veut toujours éliminer l’erreur, bien sûr, mais pour cela il faut d’abord les laisser apparaître, voire les provoquer pour les traiter. « Vos erreurs m’intéressent. » Erreur = indicateur des tâches intellectuelles en jeu et des obstacles affrontés.
Ca, j’ai commencé à le dire explicitement. « Merci d’avoir fait cette erreur, on va pouvoir en parler pour que plus personne ne la fasse la prochaine fois. » Oh la tête de mes élèves !
« Il arrive même, dans cette perspective, que ce qu’on appelle erreur ne soit qu’apparence et cache en réalité un progrès en cours d’obtention. » (p. 23)
« Il n’est finalement pas d’apprentissage vrai sans tentatives pour tester, dans un cadre nouveau, des outils dont le caractère opératoire ne s’applique encore qu’à un champ limité. Par définition, ce genre d’exercice relève de la prise de risque (…). C’est là le propre de toute activité de transfert. » (p.26)
J’ai assisté à l’une de ses conférences, c’était formidable, bluffant.
Lorsque je suis retournée en classe le lendemain, je ne regardais plus ma pratique de la même manière…
Cela a vraiment modifié ma vision du statut de l’erreur, mais aussi le statut de l’évaluation, ses modalités, ses intérêts.
HS : Bravo pour ton blog
Merci de ton témoignage !