Quelques notes sur la différenciation (formation J1)

8 10 2012

Premier jour de notre semaine de formation cafipemf : intervention sur la différenciation le matin, sur la didactique en maternelle l’après-midi. Je jette ici quelques notes sur les idées qui m’ont fait réfléchir. Rien d’exhaustif ni de très organisé, seulement du subjectif et de « l’auto-différencié », alors je ne cite pas les intervenantes qui n’y retrouveraient sans doute pas leurs petits ! Mais merci à elles…

La différenciation pour faire face à l’action différenciatrice de l’école.

Définition : différencier, c’est analyser et ajuster sa pratique en prenant en compte les caractéristiques des élèves.

Les écarts entre élèves ont longtemps été considérés comme ayant des causes exogènes (milieu social). Aujourd’hui les chercheurs pointent aussi les raisons endogènes (créées par l’école).

Historique et constats

La demande officielle de différenciation apparaît en 1989.

Des Gap aux RASED (1990) : les groupements sont devenus des réseaux, leurs membres doivent être des personnes ressources auprès des élèves et des enseignants.

Aujourd’hui, l’injonction est plus du côté de la personnalisation des parcours : on entre dans la différenciation par la difficulté des élèves. Elle est d’abord un moyen d’aide aux élèves en difficulté, plus qu’un moyen de gérer l’hétérogénéité d’une classe.

On n’est pas dans l’individualisation, car pour l’école, les réponses passent par le collectif, à travers des organisations qui fluctuent. Les classes les + efficaces sont les classes qui modulent les modalités d’organisation.

La multiplicité des dispositifs dans et hors la classe (on en crée de nouveaux, on en supprime rarement) n’aide ni à leur lisibilité, ni à leur efficacité.

Mouvement sociétal : inclure les élèves à besoins particuliers dans les classes ordinaires. CLIS : inclusion et non plus intégration.

L’aide personnalisée

L’aide perso s’inscrit dans cette démarche de personnalisation : il s’agit de reconstituer de petits groupes homogènes faibles. Les recherches montrent que ça ne fonctionne pas.

Une piste : offrir du temps supplémentaire aux élèves qui ont un déficit d’expérience. Leur laisser le temps de faire, de refaire, les observer. C’est aussi une justification du travail en atelier.

Arguments pour l’hétérogénéité

Les groupes hétérogènes sont plus efficaces : on peut prendre appui sur qq élèves pour faire avancer le temps didactique, et la relation entre pairs est moins perturbée par les effets de contrat (systèmes d’attentes)  que les relations enseignant/élève, surtout avec des élèves en difficulté.

Dans un groupe hétérogène, il peut y avoir dévolution : les élèves prennent en charge la recherche.

« Plus nombreux, mieux répartis dans le groupe sont ceux qui savent, mieux le savoir sera partagé à la fin : dans un collectif de pensée, ceux qui savent constituent le milieu favorable à l’apprentissage des autres. » Alain Mercier, mai 2012 (conférence à la DGESCO).

Pistes pour préparer une séance différenciée

– localiser les obstacles potentiels

– anticiper les stratégies potentielles

– prévoir des aides

– cibler les objectifs opérationnels à atteindre, ce que les élèves doivent acquérir en priorité (indicateurs de réussite)

=> Il faut savoir identifier les éléments de différenciation que nous utilisons régulièrement.

Les 7 familles de l’aide (Goigoux 2009)

– exercer : temps supplémentaire

– réviser : faire le point sur ce qu’il faut savoir

– soutenir : mettre un haut parleur sur la pensée

– préparer : approche en amont

– revenir en arrière : reprendre des bases, des habiletés non acquises

– compenser : donner des techniques pour éviter des stratégies de surface

– faire autrement : changer de stratégie, d’interlocuteur

Deux points pour terminer

– Il faut interroger nos réticences : jusqu’où aider ? Pourquoi ne pas aller parfois  jusqu’à faire avec eux, devant eux? Le milieu tout seul n’est pas porteur d’apprentissage.

– Nécessité de l’institutionnalisation, souvent négligée aujourd’hui. A un moment, l’enseignant doit dire : c’est comme cela qu’on fait, sinon, certains élèves peuvent rester enfermés dans leurs stratégies non-expertes.


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2 réponses à “Quelques notes sur la différenciation (formation J1)”

9 10 2012
sounie (23:01:03) :

très intéressant, merci !
le dernier paragraphe est de qui ? Goigoux, aussi ?

10 10 2012
Armelle Legars (00:08:04) :

Non, ce sont des idées soulignées par la prof…

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