La littérature en classe de FLE

29 11 2013

I. Préambule (à ne pas lire si vous voulez connaître directement le livre dont il est question.)

À la fin de ce billet, vous n’aurez plus à vous demander pourquoi je parle d’un livre sur la littérature en classe de FLE sur un blogue consacré au jeu. Voilà en vrac mes raisons, piochez celle qui vous convainc davantage…

I.1. Les raisons (plus ou moins) objectives

a) Parce que ce livre manquait et il me semble bien fait et utile.

b) Parce qu’à partir de ce livre, il est possible d’envisager différentes variantes ludopédagogiques.

c) Parce que la littérature est pleine de jeux (ne me demandez pas lesquels, je serais intarissable).

I. 2. Les raisons (tout à fait) subjectives

a) Parce que j’adore la littérature, ma discipline première.

b) Parce que je trouve la collection Techniques et pratiques de classe sympa (forcément, mon livre en fait partie, ho ho).

c) Parce que c’est mon blogue et j’en fais ce que je veux, nan!

II. Le livre

Bon, bref… Il s’agit de vous parler d’un livre que j’attendais de manière abstraite et dont j’ai été ravie d’apprendre la récente parution: Littérature en classe de FLE, de Martine Fiévet (Paris, CLE International, 2013).

Il existe évidemment de nombreux ouvrages traitant de la question du texte littéraire en classe (je pense par exemple à l’excellent Le texte littéraire au collègede mon ami que je n’ai pas revu depuis belle lurette, Alain Riffaud), et il y a aussi de très bons articles et même des numéros spéciaux de revues. Mais plusieurs personnes m’avaient récemment posé la question: existe-t-il un ouvrage qui porte spécifiquement sur la littérature en classe de FLE, qui combine théorie et pratique, depuis une optique récente… Je tiens maintenant la réponse, grâce à Martine Fiévet.

II.1. Quelques critiques

J’ai, bien sûr, quelques critiques. La première, toute bête et pas bien grave, concerne la typographie. Je n’aime pas trop quand on mélange plusieurs polices, comme c’est le cas ici. Et je trouve que la taille des caractères dans les notes est minuscule. J’aurais aussi aimé un chapitre « 2. Création de ses propres fiches pédagogiques » plus consistant (quatre pages, je trouve cela bien mince, littéralement). Et j’aurais aimé trouver des propositions d’exploitation ludiques, de temps en temps (forcémeeeeent).

II.2. Les points forts

Cependant, j’ai beaucoup apprécié les fondements théoriques, sans doute évidents pour ceux qui avons fait des études littéraires, mais très utiles pour ceux qui n’ont pas suivi cette formation-là et même pour ceux qui, trop attachés à leur formation littéraire, ont du mal à faire le lien avec le travail pédagogique (c’est le sujet du chapitre 2 de la première partie, qui présente des exploitations à visées linguistique, culturelle, littéraire, et mentionne des paramètres spécifiques aux apprenants étrangers –soit dit en passant, l’étrangeté du texte n’est pas quelque chose qui touche uniquement les lecteurs étrangers: on peut ne pas avoir toutes les clés pour un texte écrit dans sa propre langue, c’est même très fréquent–).

Il y a ensuite, comme l’esprit  de la collection l’exige, un bon nombre de fiches pédagogiques (35 en tout), classées par niveau (six fiches pour le niveau A1, huit pour le niveau A2: je partage la conviction de l’auteure qu’il n’est pas indispensable d’attendre que les apprenants atteignent un niveau intermédiaire/avancé pour leur permettre de savourer des textes littéraires). J’ai apprécié la diversité du corpus, mêlant auteurs consacrés souvent au programme (Ionesco, Beckett, Tardieu, Verlaine, l’incontournable Étranger de Camus, etc.) et autres excellents auteurs relativement moins connus (Dubillard, Grenier, Kourouma, Aymé, Khoury-Gata, Coste, etc.). Que voulez-vous, j’aurais aimé trouver plus de femmes (4 sur 35, on est encore loin de la parité!), mais j’admets que plusieurs des textes choisis figuraient déjà parmi mes préférés. La diversité des voix francophones n’est pas très visible mais elle est quand même représentée.

Chaque fiche pédagogique inclut une section portant sur l’exploitation linguistique, optique FLE oblige, mais aussi une section spécifiquement consacrée à l’exploitation littéraire. La fiche est toujours accompagnée de suggestions d’activités complémentaires.

Cet ouvrage me semble donc offrir une intéressante porte d’entrée dans le FLE à travers la littérature, et il me semble que les fiches peuvent être exploitées non seulement en classe de FLE mais aussi en cours de formation de professeurs. J’ai hâte de travailler à partir de ce livre avec mes étudiants; ce sera sans doute une référence obligée lorsque nous aborderons la question du quoi, pourquoi et comment enseigner le littéraire en classe de langue.

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3 réponses à “La littérature en classe de FLE”

29 11 2013
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4 12 2013
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10 08 2014
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