Magalogue CLE
31 01 2012J’aime le nouveau concept au nom bizarre, « magalogue », le catalogue sous forme de magazine de CLE International… Allez y jeter un coup d’oeil!
Haydée Silva
Catégories : À lire, Matériel, Mes billets
J’aime le nouveau concept au nom bizarre, « magalogue », le catalogue sous forme de magazine de CLE International… Allez y jeter un coup d’oeil!
Dans trois jours, ce blogue fêtera son premier anniversaire (et avec lui, mes hésitations sur la norme à suivre pour blog/blogue, ha).
Vous serez d’ici là plus de 65000 à avoir visité ces pages. Je n’osais espérer un tel résultat. Bien sûr, il m’encourage à poursuivre cette riche expérience, malgré un début d’année très chargé.
Pour célébrer l’occasion, je vous invite à flâner du côté des sites qui proposent des jeux pour les anniversaires: vous y trouverez une foule d’idées exploitables en classe de langue. Voyez par exemple…
Toujours dans le jeu des associations et des flâneries sur la Toile, je tombe sur un texte assez dense relatif au rapport entre jeu, travail et langue (« Du jeu » dans le traité Thé au riz sur Téléologie ouverte). Extraits:
Le jeu n’est évidemment plus dans presque tout ce qu’on appelle « jeu », depuis qu’un Caillois en a parlé. La langue, déjà, est devenue essentiellement un travail, une grille répressive de la pensée. Même le jeu de mots a rejoint, par exemple dans les sous-titres du quotidien français Libération, l’activité la plus mécanique. Et l’armée des gestionnaires suit de près les argots, verlans, ou autres javanais, rendant culturelles et classifiées des évasions et des négations de la langue officielle, celle de la police pour les bandits, celle de la culture pour les gueux, celle de la raison pour les enragés. Cependant, même si l’on devine déjà le point de suspension, la langue qui joue dans la bouche n’a pas encore inventé son dernier baiser, ni dit son dernier mot. […] Tous les jeux dont l’argent est la finalité ne sont plus des jeux. L’exemple des différentes loteries d’Etat est le plus extrême […]. D’autres jeux d’argent, plus informels, comme le poker entre « amis » sont également du travail. Ça a le nom du jeu, ça a le goût du jeu, ça a les couleurs du jeu, mais ce n’est qu’une forme d’argent. Le jeu y est plaqué sur le travail, comme le bouffon sur le roi Lear. Dans les deux cas, c’est un jeu de tire-Lear, rien d’autre. De même, les jeux où les joueurs sont des professionnels ne sont plus des jeux. […] Le sportif professionnel, comme le comédien, devenus grandes stars d’une époque laborieuse, se plaisent à répéter qu’ils ont travaillé dur, l’un pour sa médaille, l’autre pour son spectacle. […] Ne sont pas non plus du jeu ces activités qu’on appelle « jeux télévisés » et « jeux de société ». Ne sont pas non plus du jeu les « jeux » qu’on pratique sur les machines à sous et les « consoles de jeux ». Bien sûr, qu’on puisse détourner un tel engin au profit d’un jeu est tout à fait possible. Car comme le travail s’est trouvé entre le jeu apparent et l’essence du jeu, le jeu se situe entre le travail tel qu’il apparaît et l’aliénation du jeu, qui est du travail. […] Ce qu’on appelle « jeu politique » se situe également dans ce no man’s land. Ce qui justifie son appellation de jeu est qu’il correspond à des règles informelles, non écrites, changeantes, et qu’on y désigne les bons joueurs plutôt en fonction de leur état d’esprit qu’en fonction de quelque critère technique.
Parions que pour les auteurs, le jeu en classe de langue n’est plus jeu. Mais… qui a le droit de dire ce qui est jeu et ce qui ne l’est pas? Retour nécessaire sur la nature métaphorique et sociale de la dénomination ludique… Lire Henriot, Brougère ou encore (en ligne)… Silva.
Pour faire écho au texte de J.-P. Lepri cité dans mon billet précédent, lisez donc l’article « En France, les élèves s’ennuient à l’école », publié mi-octobre dans Le Figaro et repris dans la revue de presse de Francparler. Les commentaires qui s’ensuivent sont bien révélateurs de l’association problématique entre jeu, travail, sérieux, ennui, rendement, etc. Faudrait-il travailler = s’ennuyer = souffrir pour mieux apprendre? Tout travail est-il ennui et souffrance? Tout jeu est-il dénué d’ennui et d’effort? Pourquoi invitons-nous les apprenants à jouer ou pourquoi nous y refusons-nous? Sortons des associations automatiques pour problématiser notre rapport à ces concepts…
qui apparaissent sur l’écran, vous risquez de rater des billets tels que mon billet consacré à Jouer des histoires, apprendre des langues, et bien d’autres encore. Ce serait bien dommage! Utilisez le nuage de mots clefs pour identifier les billets susceptibles de vous intéresser ou faites une recherche avec l’outil correspondant (colonne de droite, plus bas).
Il y a quelques mois, Rodrigo Olmedo et Rocío Munguía remportaient une bourse dans le cadre du concours Jeunesse francophone en action 2010 organisé par le Centre de la francophonie des Amériques. Puisque le projet initial portait sur le jeu, j’ai été ensuite invitée à participer dans la réalisation finale. C’est ainsi qu’est née la Ludothèque québécoise.

La Ludothèque québécoise se veut une contribution à la promotion de la culture et de l’expression orale en français langue étrangère à travers le savoir-faire ludique québécois. L’objectif de ce projet est d’encourager les enseignants des Amériques et du monde entier à utiliser des ressources ludiques dans leurs classes, en se fixant des objectifs pédagogiques précis.
Dans le blog qui vient de naître, nous proposons un corpus de 12 jeux de société conçus au Québec, choisis en fonction de trois critères : le public visé (adolescents et adultes), l’activité de communication langagière privilégiée (interaction orale) et l’ambiance chaleureuse qu’ils favorisent. Nous tâcherons d’enrichir au fur et à mesure ce corpus initial.
À chaque jeu correspond une fiche pédagogique proposant des pistes d’exploitation en classe de langue, structurée en trois parties :
I. Description du jeu
II. Éléments pour l’exploitation pédagogique en classe de FLE
III. Orientations pratiques pour l’exploitation pédagogique
L’organisation de soirées-jeux visant à faciliter la prise en main de ces jeux est prévue au Mexique fin 2011 et début 2012 ; consultez le calendrier du blog de la ludothèque québécoise pour connaître les lieux et les dates prévues. Vous pouvez également nous contacter en écrivant à ludothequequebecoise(at)gmail.com pour explorer la possibilité d’organiser l’une de ces séances ludopédagogiques dans votre institution.
Nous espérons que cette initiative favorisera l’utilisation de l’approche ludique dans la classe, tout en mettant à profit le talent québécois dans le domaine des jeux de société.
Nous attendons avec impatience votre visite, vos réactions, vos commentaires et vos suggestions.
Au carrefour jeu et chanson, il y aurait tellement de choses intéressantes à dire pour la classe… Les exploitations ludiques de ce type de document authentiques sont nombreuses et j’aimerais avoir le temps de développer le sujet à fond. Hélas, le temps me manque cruellement. Je vais essayer de vous faire tout de même quelques propositions ces jours-ci. En attendant, (re)voyez les deux billets que j’ai déjà postés à ce sujet (sur « les Maudits Français » et « Donna donna« ) et filez fissa sur la Toitle découvrir le passionnant dossier que Francparler consacre à la chanson.
J’ai particulièrement aimé l’excellent article de Ludovic Gourvennec, qui ne se contente pas d’une approche rapide mais pose de vraies questions de fond. J’ai aussi été séduite par toutes les pistes pour suivre l’actualité de la chanson, se procurer des chansons ou en faire des exploitations pédagogiques réussies en classe de langue.
Et pour finir en musique, une chanson politiquement incorrecte dès le titre mais que j’aime bien (rythmée, drôle, simple mais riche, susceptible de nombreuses exploitations en classe): « Parce qu’on est des cons », de Kamini.
Passionnant, l’article sur « l’effet-enseignant » publié en juillet 2011 par le Centre d’analyse stratégique, institution française d’expertise et d’aide à la décision placée auprès du Premier ministre (merci Francparler!). À mon avis, si la formation initiale semble moins décisive que la gestion du temps, les attentes par rapport aux apprenants, la rétroalimentation et la structuration des activités pédagogiques, c’est justement au cours de la formation initiale que les enseignants peuvent ou non apprendre à utiliser efficacement ces variables…
Resterait dans ce blog à discuter dans quelle mesure le jeu peut être ou non faire partie de la panoplie du « bon enseignant » ainsi conçu…
Les volcans jouent décidément de mauvais tours aux rencontres en Argentine: l’année dernière, pour les SEDIFRALE de Rosario, c’était le volcan islandais; cette année, pour le congrès national, c’est le volcan chilien.
Je me faisais une joie de retrouver mes amis et collègues argentins pour un séminaire exceptionnel, en bord de plage, et pour un séminaire de recherche. Le travail de préparation que nous menions depuis plusieurs mois ne portera pas ses fruits comme prévu, puisque mon voyage a été annulé. Mais j’espère que ce n’est là que partie remise, et que nous aurons bientôt le plaisir de nous voir quelque part en Argentine… Je remercie vivement les organisateurs, notamment María Marta et Carlos, du suivi chaleureux et efficace qu’ils ont donné à cette rencontre, et je dis à bientôt, quelque part sur notre drôle de planète, à tous ceux qui avaient prévu d’assister à l’une ou l’autre de mes interventions.