Nouvelles publications sur le blog

1 08 2011

Ces jours-ci, j’ai eu l’occasion de remettre à jour mes publications, en y ajoutant non seulement des articles récents mais surtout des articles que j’avais omis la première fois, je ne sais pas pourquoi. Plusieurs de ces textes pourraient vous intéresser, je vous invite donc à jeter un coup d’oeil à l’onglet Mes publications.

Parmi les « nouveautés »:




Games in the language classroom / El juego en el aula de idiomas

1 08 2011

Ouh là là, tenir un blog, c’est du boulot! et tenir plusieurs blogs en parallèle après avoir fait le pari du plurilinguisme, c’est encore plus de boulot. C’est pourquoi je n’ai pas encore pu mettre en ligne des versions complètes des sites jumeaux. Cependant, sachez que je viens de mettre en ligne des ressources pour la classe d’anglais langue étrangère sur le blog Games in the language classroom et que certains des billets sont d’ores et déjà traduits en espagnol sur El juego en el aula de idiomas

À terme, j’aimerais que ce blog soit traduit aussi en italien et en portugais!




PS : Tests et jeux

25 07 2011

Au fait, pour ceux qui ne le savent pas, mon intérêt pour les jeux de lettres est étroitement lié à la rubrique Tests et jeux que j’ai le plaisir de tenir dans la revue Le Français dans le monde. Tous les deux mois, je dois relever le défi de proposer aux lecteurs, dont j’espère que vous êtes déjà ou serez bientôt, 6 tests ou jeux, un par niveau de langue du CECR. Ces jeux, destinés à amuser aussi bien l’amateur et le prof que les apprenants, sont accompagnés d’une fiche pédagogique en ligne où des suggestions d’exploitation sont présentées (accessible aux abonnés). Je m’amuse à essayer de ne pas répéter les matrices de jeu et, depuis quelques numéros, je me donne pour contrainte de tenir compte de la date de parution du numéro pour choisir les thèmes: Noël, les vacances, le 14 Juillet, la Saint-Jean, la fête du Jeu, etc.

Vous pouvez voir un exemple de cette rubrique (en fait, la première contribution) en consultant le numéro 368 de la revue, qui est disponible en ligne dans son intégralité. Feuilletez la revue, vous trouverez les Tests et jeux de ce numéro pages 66 et 67.

 




Féminisme et tâches ménagères

20 07 2011

J’ai eu récemment un échange sur Facebook avec un ancien étudiant qui avait posté une blague très mysogyne. Je déplorais qu’il puisse tenir ce discours, il arguait que c’était juste une blague et ajoutait qu’il était contre tous les extrémismes, féminisme et machisme y compris. Le féminisme serait donc le pendant du machisme? Dans cette logique, l’abolitionnisme serait juste une position tout aussi condamnable que l’esclavagisme, et les antiracistes seraient aussi égarés que les antisémites… Sans nier qu’il puisse y avoir des féministes extrémistes, il me semble important en tant que femme de rappeler que défendre les droits de femmes c’est avant tout défendre les droits de la moitié de l’humanité et, avec elle, un idéal de justice utile à toute l’humanité.

Au cours de cet échange, mon interlocuteur plaidait en disant qu’il aidait à la maison et donnait le biberon du soir à son fils. Le langage nous met en évidence: un homme aide à la maison, une femme s’en occupe? Donner un biberon, c’est gagner la médaille de l’homme moderne? Participer à la maison, c’est donc une concession masculine… un droit… un devoir?

Or, comme le montre la brochure que je vous propose pour la classe, c’est souvent les femmes elles-mêmes qui véhiculent et perpétuent l’inégalité. Il s’agit d’une brochure faite de témoignages et de questions sur la relation que femmes et hommes entretiennent aux tâches ménagères. De quoi lancer le débat à partir d’un sujet quotidien mais parfois délicat…

Si vous préférez partir d’un document vidéo, ou vous souhaitez aborder plus longuement la question, je vous conseille vivement la conférence consacrée au couple par le sociologue Jean-Claude Kaufman, dont les ouvrages se lisent comme des romans (et c’est aussi un excellent conférencier). À propos de ménage, il a notamment écrit le savoureux La trame conjugale. Analyse du couple par son linge (Nathan, 1992).

\ »Le couple\ » sur Canal U

 




Gamification

2 07 2011

« Gamification is the concept that you can apply the basic elements that make games fun and engaging to things that typically aren’t considered a game. In theory you can apply Game Design to almost anything including EducationHealthWork and more. » C’est ainsi que la gamification est définie dans « The Gamification Wiki and Game Mechanics Resource« .

La « gamification » (pas joli, le mot en français, mais c’est ainsi qu’il semble être utilisé dans le secteur de l’industrie, par exemple dans un article publié par l’Atelier Français, plate-forme des industries créatives) désigne donc l’élargissement du paradigme du jeu à des domaines dont il était habituellement exclu. C’est une notion fortement liée au jeu vidéo. Julien Aubert déclare « Certains disent que gamification a été le buzz word de l’année 2010 […]. Je pense qu’on va encore en entendre parler en 2011. Le monde de la communication s’en est déjà emparé et on sait désormais que les propriétaires de services, qu’ils soient web ou physiques, vont appliquer ce mécanisme. Tous s’inspirent des caractéristiques propres au jeu vidéo en ayant à l’esprit que cette industrie est devenue très puissante. »

Pour ma part, c’est hier que j’ai découvert la notion de gamification, à travers un article du journal espagnol Público, « Videojuegos para crear un mundo mejor« . Sous réserve de mieux prendre connaissance de tout un pan de l’univers ludique qui se cache sous ce nouveau terme quelque peu barbare, je voudrais partager ici quelques premières réflexions.

Vous l’aurez compris, je n’aime pas le mot: en tant que traductrice, je n’apprécie pas qu’un mot soit simplement transvasé d’une langue à une autre, sans tenir compte des spécificités de la langue source et de la langue cible. Mais ce n’est pas tant le mot qui me chicane: c’est plutôt la confusion qu’il induit en français ou en espagnol, où il n’y a pas deux mots pour traduire deux notions différentes, game et play. Or, c’est une différence fondamentale, dans la mesure où le game désigne le matériel et les structures ludiques, mais le play désigne l’action et l’attitude ludiques. Il peut y avoir dans les game des joués là où le play exige des jouants. Autrement dit, la gamification fait appel à une partie de la métaphore ludique qui met implicitement l’accent sur les artefacts et les règles sans nécessairement y associer la notion de sujet qui joue, qui choisit de jouer.

La gamification, notion issue du marketing, devient particulièrement explosive appliquée à des domaines tels que celui de l’éducation (voir par exemple « The Gamification of Education« ). Je n’aurai pas aujourd’hui le temps de développer ce débat. Je me contenterai donc de signaler que les notions  sont utiles ou inutiles, voire dangereuses, en fonction de l’usage qui en est fait. Pour moi, la gamification (également appelée ludification…) peut s’avérer intéressante si elle relance la réflexion autour des usages qui sont faits du paradigme ludique et des valeurs qui y sont associées; elle sera au contraire nuisible si elle contribue uniquement à faire concevoir l’éducation comme une arène commerciale dont les apprenants sont de simples produits à mieux positionner sur le marché.

À suivre…




Le statut du français en Amérique latine

16 06 2011

Ça n’a pas à voir directement avec le jeu, mais c’est le fruit de mon travail récent, alors je partage avec vous la joie de voir publié mon texte sur le statut de français en Amérique latine, qui fait suite à ma participation à l’Université d’été sur la Francophonie des Amériques organisée par le Centre de la Francophonie des Amériques, l’institut québécois des Hautes études internationales de l’Université Laval et l’Université du Québec en Outaouais .

Pour lire l’article, publié dans les Cahiers de la Chaire Senghor de la Francophonie de l’Université du Québec en Outaouais, cliquez ici.

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Petite pause

12 06 2011

À ce rythme-là, je n’aurai jamais fini de ranger (et le travail m’attend)… Je fais donc une courte pause et vous reviens bientôt avec des billets sur Conteur de pipes, Bananagrams, Croyez-le ou non, Buzz it!,  Buzz Word, Black stories édition fantastique, Altitude, Genimo et 1000 mots.




Des billets en perspective

3 06 2011

Depuis la ville de Québec, où il fait 7ºC en plein mois de juin, je me permets d’écrire ces quelques lignes pour vous annoncer quelques billets à venir, à propos des jeux que je viens d’acheter (quel vice! pas bien méchant, mais cher…).

J’aimerais aussi trouver quelques pistes pédagogiques pour exploiter en classe la francophonie des Amériques (Québec, certes, mais aussi Acadie, Louisiane, Antilles…). À suivre…




PDL

1 05 2011

Je tiens absolument à partager avec vous le nouveau site sur la PDL, mais la vie du blog doit continuer… Alors, pour ceux qui ne lisent que les articles les plus récents, allez dont lire si ce n’est déjà fait le billet que je viens de consacrer au site de B. et M. Dufeu….




Unité = séquence ?

1 05 2011

J’ai promis à César et à Francisco d’aborder cette semaine sur ce blog  la différence entre « unité didactique » et « séquence d’enseignement/apprentissage ». Vaste programme… Je vais donc commencer par le B A BA (con manzanitas), avec l’intention de compléter la discussion par la suite.

Bon… Depuis que les cours de langue existent, il existe différentes terminologies pour désigner un ensemble (plus ou moins cohérent) d’éléments pris dans le continuum pédagogique (oups, j’avais promis d’utiliser le B A BA et voilà que la tentation du jargon me trahit). Bref, depuis longtemps, on désigne avec des termes différents des choses relativement proches mais pas nécessairement identiques, qui portent le nom de « leçons », « séances », « unités » et « séquences » (voire aujourd’hui, par effet de mode et pas toujours de manière raisonnée ni raisonnable, « tâches », « projets » et même « dossiers » et « missions »).

Dans tous les cas, il s’agit de nommer une partie du cours conçue comme un tout cohérent en lui-même. Néanmoins, les perspectives adoptées et les phénomènes nommés diffèrent. Je laisserai de côté ici « tâches », « projets » et « missions » dans la mesure où l’usage de ces termes me semble impropre utilisés en tant que synonymes de séquence; et je n’aborderai pas non plus la leçon ni la séance (la première, car il s’agit d’une dénomination plutôt désuète qui a surtout cours dans les manuels, et qui adopte une perspective définitivement axée sur l’enseignement; la deuxième, car il s’agit plutôt d’une unité temporelle et institutionnelle à valeur très variable).

Je me concentre donc sur « unité » et « séquence ». Attention, ce qui suit est un avis personnel fondé sur l’expérience et non sur une recherche bibliographique approfondie. Cela reste donc de l’ordre de l’opinion personnelle (serait-elle fondée) plus que de l’ordre de la démonstration scientifique. Je ne ferai ici qu’effleurer ce beau sujet de mémoire ou d’article…

Janine Courtillon, dont on connaît le rôle essentiel dans  la constitution et la diffusion de l’approche communicative, est l’auteure d’un article appelé « L’Unité didactique » (dans Méthodes et méthodologies. Le français dans le monde, 1995). Plus récemment, Valérie Lemeunier, chargée de programme au CIEP, utilise également le terme d’unité didactique dans son article « Élaborer une unité didactique à partir d’un document authentique« . C’est dire que le terme « unité didactique » est solidement ancré dans les usages. Dans le Dictionnaire de didactique du FLE/FLS (Cuq, 2003), on précise que « Ce terme [unité didactique] se répand dans la littérature didactique avec la diffusion des méthoes SGAV dans un sens sensiblement équivalent à celui de parcours. [Elle] se définit alors comme un ensemble d’activités pédagogiques articulées de façon cohérente en une succesion de phases ». Cela correspond à une méthodologie dont le déroulement de la classe est « programmé, codifié et explicité ». Sans nier l’importance de la notion de cohérence qui sous-tend la notion d’unité (unité, »caractère de ce qui est un », pour Le Petit Robert), ce qui me pose problème (et qui fait que j »utilise peu cette notion) c’est justement ce côté prescriptif. L’unité est souvent vendue comme un kit prêt-à-enseigner: le tout-en-un, prenez le tout ou ne prenez rien. C’est d’ailleurs le terme encore souvent retenu par les manuels pour désigner un ensemble  de leçons (généralement trois). Cela laisse aussi entendre qu’il suffit de changer une virgule pour casser la prétendue l’unité.

Dans une vision que je vais me permettre d’appeler postmoderne (par simple envie de provoquer, et de profiter de la liberté d’écriture que donne le blog) je préfère la notion de séquence, qui me semble mieux refléter la possibilité d’éclatement, l’existence de chemins de traverse. Qui dit séquence ne dit plus « un » mais dit « série de plusieurs liés  entre eux » (de manière plus ou moins cohérente et logique, il est vrai, mais l’intention y est). Le dictionnaire dirigé par Cuq indique par ailleurs: « On nomme séquence une série d’activités regroupées dans la même unité de temps par les enseignants en fonction d’un ou plusieurs critères de cohérence didactique » (dont le critère du dispositif, du type de compétence, de l’outil, du domaine, du support, de la tâche, et des combinaisons entre les différents critères).

Bref, la notion d’unité laisse entendre d’après moi qu’il serait possible de découper un processus linéaire (mon fameux continuun du départ) en unités discrètes clairement identifiables, tandis que la notion de séquence montre bien que la cohérence didactique tient à des critères très variables et qu’en fait, très souvent, les séquences se chevauchent (une séquence n’est pas encore terminée que nous pouvons en commencer une autre…). Le continuum, loin d’être un fil d’Ariane, un fil unique aisé à suivre, est en fait un rhizome, un enchevêtrement dont la cohérence n’est pas donnée une fois pour toutes mais qui exige un travail actif de la part des enseignants ET des apprenants.

À vous, mes chers étudiants, de poursuivre la réflexion et de tirer vos propres conclusions. César, qui travaille sur ce sujet, devra nécessairement lire très attentivement d’un oeil critique les définitions données dans le dictionnaire cité. Il est également prié de partager avec nous ses futures découvertes.

Chose promise, chose due. Voilà qui est chose faite.