Jeux de conjugaison dans mon livre

28 04 2011

Amaël m’écrit: « J’ai acheté votre livre*, quel jeu pensez-vous optimal pour exercer la conjugaison de tous les temps en anglais et ce pour des adolescents pratiquant l’anglais à raison de 4 heures/semaine depuis 4 ans? »

Je lui réponds: « De très nombreux jeux sont imaginables pour une systématisation ou un réinvestissement linguistiques axés sur la conjugaison. Parmi ceux cités dans mon livre, je te conseille les suivants: Le fil rouge, La peur, Quelqu’un a dit, La révérence, Un-deux- trois et surtout Jeux de mains. N’oublie pas de ne pas focaliser sur la forme des verbes mais de toujours mettre en valeur les sens et les valeurs des temps verbaux et d’encourager la mise en contexte. »

* Silva, H. 2008. Le jeu en classe de langue, Paris, CLE International.




Poursuivre des études supérieures dans le domaine du jeu et des jouets

27 04 2011

Vous  souhaitez poursuivre des études supérieures dans le domaine du jeu et des jouets (ou compléter votre formation par un diplôme spécifiquement lié au jeu).

Vous avez plusieurs options:

Je tâcherai de compléter cette première très courte liste au fur et à mesure, peut-être avec votre aide…




Trouver les similitudes et les différences

10 04 2011

Dernière proposition de Rodrigo (voir les deux précédentes: le domino vivant et Le dernier sera le premier). J’ai mis un peu plus de temps à la partager avec vous parce que je l’aime moins, question de préférences ludiques. Je trouve qu’il y a moins de défi ludique et que le ballon y est un prétexte matériel à la dénomination de jeu.

Mais commençons par le commencement. Voici la proposition de Rodrigo telle que je l’ai reçue (en italiques, mes commentaires):

« Jeu : Tous les deux et au contraire (titre un peu long à mon avis et pas assez spécifique. Peut-être Toi et moi, on est, on aime? Pas génial non plus, mais plus affectif, et plus explicite sur le contenu. Des suggestions?).

Objectif de jeu : Dire ce que la personne qui parle se ressemble à et diffère de qui est à côté (formulation un peu maladroite. Essayons de l’améliorer, en tenant compte des remarques que j’ai déjà formulées dans d’autres billets… But du jeu: « Quand on reçoit la balle, trouver rapidement une similitude et une différence par rapport à son voisin (caractéristiques physiques, vêtements, goûts et préférences). Si on reçoit la balle une nouvelle fois, lancer la balle en l’air et changer de place avant que la balle ne retombe [voyez plus loin pourquoi j’introduis cette contrainte] »)

Objectif pédagogique : Décrire le visage, le corps et les vêtements. / Exprimer les goûts et les aversions. (Je propose: « Systématiser à l’oral le vocabulaire de la description physique et l’expression des goûts et des préférences » Mon objectif n’est pas que mes élèves sachent décrire leur voisin: c’est ce qu’ils font pendant le jeu, mais pas ce que je souhaite qu’ils soient capables de faire par la suite. La question de la comparaison étant à peine amorcée dans l’activité, elle me semble être secondaire dans l’objectif)

Limite : Tous doivent parler. (Parlons de contrainte plutôt que de limite: « Attention, tous les joueurs doivent prendre la parole »)

Matériaux : Une balle. (OK. De préférence jolie et amusante, histoire de donner envie de la prendre et de la lancer…)

Déroulement : Le professeur jette la balle à un apprenant, cet apprenant doit dire les ressemblances et les différences avec son copain ou sa copine qui est sa droite, après il doit jeter la balle à quelqu’un pour que cet apprenant parle. Les apprenants doivent rester attentifs, parce que si quelqu’un jette la balle à quelqu’un d’autre qui a déjà parlé, le premier aura un gage et devra jeter la balle encore. » (Pour le déroulement d’un jeu, je parlerais d’animateur et de joueurs, plutôt que de professeur et d’apprenants. Je ne parlerais pas de copains et copines, on ne sait pas quels sont les liens d’amitié ou d’inimitié qui se tissent dans le groupe. Démarche à reformuler pour une expression plus claire mais il me semble que cela reste compréhensible. Personnellement, je trouve le jeu un peu monotone et, surtout, il me semble que ceux qui auront déjà parlé n’auront plus de motivation pour continuer à participer. Il faudrait insister sur le besoin d’un tempo rapide et prévoir peut-être deux contraintes: d’une part, on ne peut pas répéter ce qui a déjà été dit, ce qui force à rester à l’écoute; d’autre part, on peut lancer la balle à quelqu’un qui a déjà parlé mais dans ce cas la personne qui la reçoit doit la lancer en l’air et changer de place; si la balle tombe à terre avant que l’on ait trouvé une nouvelle place dans le cercle, on a un gage)




Un conseil rapide sur les jeux linguistiques: la mise en contexte dans un énoncé

3 04 2011

Au cours de l’atelier mentionné dans mon billet précédent, une question est apparue à propos d’un jeu de conjugaison. Fallait-il pour remporter le point juste conjuguer le verbe ou bien faire une phrase? Personnellement, je ne pense pas que la seconde option soit fondamentalement plus difficile que la première; par contre, je suis convaincue qu’elle est pédagogiquement plus rentable.

Par exemple, dans quelle situation serons-nous amenés à dire simplement « j’écoute » ou « je regarde »? D’accord, on peut toujours trouver mais si je réponds au téléphone, je dis « Allô, j’écoute », si je suis dans un magasin et une vendeuse m’offre son aide, je réponds « merci, je regarde ». Et à quoi sert de connaître les conjugaisons des verbes écouter et regarder si je suis incapable de dire ce que j’écoute et ce que je regarde? Le travail sur les verbes des activités quotidiennes devrait à mon avis me permettre d’introduire et/ou de systématiser le vocabulaire de mes activités quotidiennes: j’écoute la radio, je regarde par la fenêtre, etc. Il en va de même avec le reste des contenus linguistiques (phonétiques, orthographiques, lexicaux, grammaticaux).

Alors, pour ceux que mon avis intéresse, je vote pour la mise en contexte des contenus linguistiques…




Objectif pédagogique = compétence = activité langagière de communication = but du jeu?

3 04 2011

J’ai eu le plaisir d’assister hier à l’Alliance Française de San Angel à l’atelier animé par Céline Himber, auteure avec ma chère amie Marie-Poletti d »un nouveau manuel pour les ados qui semble très bien fait.

L’atelier ayant pour titre «Quelles activités ludiques et quels jeux en classe ?», je me devais d’aller découvrir de quoi il retournait… J’ai trouvé l’atelier intéressant et bien organisé, et les pistes proposées prometteuses. Au fil de la séance, j’ai pris quelques notes à propos de divers sujets que je souhaitais partager avec les lecteurs de ce blog. Le premier d’entre eux concerne la confusion récurrente entre objectif pédagogique, compétences sollicitées, activités(s) langagière(s) sollicitée(s) et but du jeu. J’ai pu constater cette confusion notamment dans les propositions élaborées par les participants, et elle est également récurrente entre les stagiaires lors de mes propres ateliers.

Cette question mériterait tout un article que je n’ai pas aujourd’hui le temps d’écrire (mais je vais y travailler, promis). Je me contenterai donc de quelques coups de pinceau (en vrac, qui plus est), à vous de retoucher l’esquisse et de compléter le tableau.

Idée centrale: pour qu’un jeu marche en classe (mais cela vaut aussi pour les activités non ludiques), il est indispensable que le professeur ait un objectif pédagogique clairement formulé. Sinon, on pourra passer un moment sympathique, mais le bénéfice pédagogique sera faible ou aléatoire (aller boire un verre avec ses étudiants, ça détend aussi l’ambiance et peut briser la glace, mais n’a pas d’objectif précis et n’est pas une activité appréciée/souhaitée/possible pour tous les profs…). Les compétences et les activités langagières seront toujours au rendez-vous, mais il faut se demander systématiquement quel lien elles gardent avec l’objectif.

L’objectif pédagogique exprime par un verbe d’action (et donc à travers un comportement observable) ce que les apprenants devront être capables de faire au terme de la séquence: identifier les principales parties du corps, compter à voix haute jusqu’à 100, parler de son emploi du temps, exprimer à l’oral et à l’écrit ses goûts et préférences, etc. (si j’entrais dans le détail, il me faudrait parler d’objectifs généraux, spécifiques et opératoires, mais restons-en là pour l’instant).

Pour atteindre cet objectif, diverses compétences générales et langagières (dont les compétences linguistiques) peuvent être sollicitées, tout comme diverses activités langagières de communication. Vaste débat aussi, le changement terminologique par lequel les anciennes quatre compétences deviennent des activités langagières de communication! Il me faudrait vous écrire un livre pour démêler tout cela.

Je vais me contenter de dire que, pour identifier les parties du corps, il va bien falloir que les apprenants aient une connaissance préalable de l’anatomie (comment identifier une oreille si on ne sait pas ce que c’est? et l’aine, la tempe, l’occiput ou le jarret, est-ce que tous les profs de langue savent où ces parties du corps se trouvent?): il s’agit là d’une compétence générale. Va entrer également en ligne de compte leur bagage culturel: on ne parle pas dans toutes les cultures avec la même aisance de toutes les parties du corps, on ne les identifie pas de la même manière (par exemple, les reins désignent en français d’abord la partie inférieure du dos et en deuxième acception des organes sécréteurs glandulaires, d’après le dico, tandis qu’en espagnol les deux acceptions existent aussi pour riñones mais elles inversent leur hiérarchie). Savoir et accepter que les langues découpent la réalité de manière différente relève aussi des compétences générales et langagières. Mon objectif peut viser le développement de certaines compétences générales ou langagières (comme par exemple prendre conscience de la diversité des visions du monde véhiculées par les langues) mais la ou les activités mises en oeuvre pour y parvenir vont faire entrer en ligne de compte d’autres ompétences générales ou langagières qui seront parfois des moyens, et parfois des fins.

Il en va de même pour les activités langagières de communication (réception de l’oral, production orale en continu ou en interaction, réception écrite, production écrite, médiation, communication non verbale). Pour réaliser ce que je leur demande de faire en classe, il va falloir que les apprenants écoutent, parlent, discutent, lisent, écrivent, expliquent à autrui, miment, etc. Je peux avoir pour objectif de développer l’une des ces activités langagières de communication (rendre la prise de parole plus aisée, enrichir les stratégies de lecture, etc.) mais elles peuvent aussi être simplement un moyen, et non une fin en soi.

Bref, il ne faut pas confondre ce que je souhaite en tant que professeur que les apprenants soient capables de faire et ce que je leur demande de faire pour y parvenir! Quand je demande à un apprenant de m’indiquer où est sa tête, je vérifie qu’il associe le mot « tête » à la partie du corps correspondante, mais mon objectif n’est pas qu’il sache dire où est sa tête: mon objectif est qu’il puisse par exemple comprendre quand quelqu’un dit « dessine une tête » ou qu’il puisse dire ou écrire « j’ai mal à la tête ».

Et, finalement, si je choisis l’approche ludique, il ne faut pas confondre ce que les apprenants devront être capables de faire (objectif pédagogique) et ce que les joueurs se fixent pour but (but du jeu).

Un petit exemple récapitulatif pour terminer ce billet (d’autres suivront, je l’espère, surtout si par vos commentaires vous manifestez votre intérêt).

Imaginons un jeu de loto avec les parties du corps, où le professeur a distribué des planches avec 12 parties du corps illustrées . Il a réparti sur les planches les 24 parties du corps qu’il a préalablement choisies de telle manière que chacune de ses 24 planches  soit différente. (Si j’ai le temps et si vous me le demandez [ha ha, j’ai une idée fixe: vous lire!], je vous proposerai bientôt les planches).

Le prof va donc demander aux joueurs d’identifier la partie du corps qu’il nommera à l’oral  et de poser leur pion sur la case correspondante; le premier joueur a compléter une ligne horizontale, verticale ou diagonale aura gagné, à condition de répéter à voix haute le nom des images qui lui ont permis de remporter la victoire.

L’objectif de ce jeu: que les apprenants soient capables de reconnaître et de nommer à l’oral les 24 parties du corps retenues pour le corpus.

Les compétences sollicitées: capacité à comprendre des consignes de jeu, capacité d’écoute, capacité de concentration, capacité à interpréter des images, connaissance de l’anatomie, connaissance du jeu de loto, capacité à prendre la parole en public, capacité de gérer la frustration d’avoir perdu pour tous ceux qui ne gagnent pas… parmi bien d’autres. Aucune d’entre elles n’est en soi un objectif dans cette version-là du jeu, mais avec de légères variantes on pourrait les inclure. Imaginons par exemple que nous adoptons une approche multidisciplinaire et que nous avons fait préparer les planches par les élèves eux-mêmes, avec la collaboration du prof de dessin: on va alors avoir aussi pour objectif la capacité à s’exprimer graphiquement et à faire comprendre ses dessins figuratifs par les autres…

Plusieurs activités langagières interviennent: réception de l’oral et production orale en continu, notamment (avec éventuellement interaction, au moment de discuter les règles du jeu). Elles ne sont pas au centre non plus, car mon objectif est plus linguistique que communicatif.  Mais elles sont quand même mises en valeur grâce au jeu, car au lieu de demander bêtement aux élèves de répéter après moi ou de montrer du doigt la partie correspondante, je transforme mon activité en tâche en lui assignant un but ludique. Ici, l’oral est à l’honneur. Si ce que je veux, ce n’est pas que mes élèves reconnaissent à l’oral mais plutôt qu’ils sachent écrire le nom des parties du corps, je changerai de jeu (par exemple, au lieu d’une planche avec 12 cases, je distribue des planches avec un corps dessiné et 12 flèches placées différemment à chaque fois; au lieu de poser un pion, les joueurs écrivent la partie du corps désignée par la flèche: pour être déclaré gagnant, il faut n’avoir commis aucune erreur d’orthographe).

Les apprenants-usagers  ont quelque chose à faire, ils ont un but de jeu clair et précis: gagner et, pour cela,  être les premiers à compléter une ligne (ou à remplir les étiquettes fléchées) et à pouvoir énoncer les images qui leur ont donné la victoire (ou à écrire sans fautes d’orthographe). Mais mon objectif pédagogique n’est pas que mes élèves gagnent, mais bien qu’à travers les actions du jeu ils réalisent un apprentissage donné: c’est cet apprentissage qui se trouve formulé dans mon objectif. Et, pour y parvenir, les sujets-apprenants auront utilisé différentes compétences et auront fait appel à différentes activités langagières de communication.

En espérant avoir pu contribuer à clarifier un peu les choses, et bien à vous…




Université d’été sur la francophonie des Amériques

21 03 2011

Je sais, ce n’est pas lié au jeu… Mais c’est lié à un autre axe important de mon travail, la francophonie.

Je vais intervenir pour la deuxième fois à l’Université d’été organisée par les Hautes Études Internationales de l’Université Laval (Québec) et le Centre de la Francophonie des Amériques. J’aborderai la question des représentations de la langue française et du statut de celle-ci en Amérique Latine…

Pour les intéressés, voici davantage d’info:

Université d’été sur la Francophonie des Amériques
(29 mai-4 juin 2011 – 2e édition)

Bienvenue aux étudiants et aux professionnels!

  • Formation de niveau 2e et 3e cycles universitaires ; les étudiants de fin de baccalauréat sont également admissibles selon certaines modalités.
  • Possibilité d’obtenir 3 crédits académiques ou des unités de formation continue
  • Formule intensive et pluridisciplinaire d’une semaine
  • Cours sous la responsabilité de Martin Pâquet, titulaire de la CEFAN

THÈME 2011 : Diversité de la francophonie des Amériques

  • migrations,
  • normes et institutions,
  • représentations culturelles.

Voir la programmation




Un mois déjà

19 02 2011

et près de 5000 visites. Il était donc temps que je mette ce site à jour! Par contre, pas moyen de savoir combien parmi ces visiteurs étaient des lecteurs assidus, combien sont des visiteurs nouveaux. Pas moyen de savoir ce que vous pensez de la nouvelle formule sous forme de blog, qui permet d’ajouter des idées de jeux, de lancer des bouteilles à la mer, de référencer des sites… Moi, je suis plutôt satisfaite  d’avoir trouvé un nouvel hébergeur.

À vous tous qui me donnez envie de poursuivre, merci! et à la prochaine…




Des questions en vrac sur le jeu

11 02 2011

En mai 2010, une étudiante à l’université de New York, qui préparait un mémoire sur le jeu en classe de langue, me faisait parvenir une liste de sept questions après avoir lu mon livre Le jeu en classe de langue (CLE International, 2008). J’ai retrouvé le message ces jours-ci et je me suis dit que les réponses à ces mêmes questions intéresseraient certains de vous… Les voici. Elles mériteraient sans doute d’être nuancées, complétées, discutées… À vous de poursuivre le dialogue en laissant un commentaire!

1.       Comment repérer les joués et les jouants ?  Ces types sont-ils définitifs ou est-ce qu’ils peuvent varier selon le jeu ou l’objectif du jeu ?  Est-ce qu’il n’y a pas d’acquisition chez l’élève joué ?  Ou est-ce qu’il est efficace pour certains élèves d’être passifs ?

La principale différence entre joués et jouants tient au rôle passif ou actif des uns et des autres. Par rôle passif je n’entends pas celui qui ne fait rien (on peut être passif tout en agissant) mais celui qui n’intervient pas dans les décisions de son agir. Un joué est un agent, un jouant est un acteur. Un joué agit et réagit uniquement en fonction des forces qui pèsent sur lui, un jouant intervient sur ces forces. Les deux sont, bien entendu, soumis aux pressions du contexte, mais l’un les subit, l’autre en joue.
On peut être joué puis jouant au sein d’une même activité de jeu. Le type de jeu et l’objectif de jeu préfigurent l’apparition de l’un ou de l’autre mais ne permettent pas de les déterminer par avance: on peut avoir des joués au sein d’un jeu apparemment très actif et ouvert ou des jouants au sein d’un jeu très passif et fermé. Une même personne peut donc passer du statut de joué à celui de jouant, ou l’inverse. Cela ne tient pas uniquement à l’animateur ni au contexte, mais l’animateur peut sans doute faciliter ou entraver l’un  ou l’autre statuts…
Il peut sans doute y avoir parfois une acquisition chez un apprenant joué, mais ce ne sera par de l’ordre de l’appropriation et ce sera une acquisitions difficilement transférable.
Passivité n’égale pas absence d’implication; il peut donc être profitable de rester « passif » à certains moments, tout dépend de ce que l’on entend pas là…

2.      Comment peut-on créer une attitude ludique chez les étudiants ?  Est-elle créée en jouant très fréquemment ?  Est-ce qu’on doit commencer l’année scolaire en disant « cette année on va jouer ! » ?

J’ai tâché de répondre à la première question dans mon livre. En bref, on peut agir sur les trois autres niveaux (matériel, règles et contexte), mais on ne « crée » pas l’attitude: c’est une disposition intime et inexplorable. Elle peut être favorisée par une pratique régulière du jeu mais à trop jouer on peut aussi la bloquer. Pas de recettes dans ce domaine…
Ce n’est peut-être pas la peine d’annoncer globalement « cette année on va jouer ! », d’autant plus que l’on ne joue pas tout le temps. Pour ma part, je préfère un contrat d’apprentissage ludique plus ponctuel, qui ne braque pas les réfractaires d’avance. D’ailleurs, j’annonce de moins en moins « un jeu »: je propose une activité dont je sais qu’elle a de fortes chances de faire naître l’attitude ludique…

3.      Le jeu doit-il être annoncé simplement comme un jeu ou avec son objectif pédagogique ?  Est-ce que l’objectif empêche la création de l’attitude ludique ?

Ça dépend, les deux sont psosibles. En classe, il est important qu’à un moment ou à un autre, les apprenants sachent quel est l’objectif visé. Avant, après, c’est la décision raisonnée à prendre. Dans mon expérience, l’explicitation de l’objectif n’empêche pas l’émergence de l’attitude ludique, mais je pense que cela tient aussi à un certain contrat ludique sous-jacent.

4.      Pendant quelle phase doit-on utiliser les jeux ?  Sensibilisation ?  Acquisition ?  Appropriation ?  Réemploi ?

Le jeu convient à toutes les phases, le plus important est de l’inscrire véritablement dans la séquence.

5.      Les jeux doivent-ils occuper une place prioritaire dans le curriculum ?

Tout dépend, encore une fois. Le jeu est un excellent outil, mais un outil parmi d’autres.

6.      Avec quel effectif sont les jeux les plus efficaces ?  Et avec quel âge ?  Et avec quel niveau ?

En général, une classe de 15 apprenants est plus facile à gérer qu’une classe de 60. Mais le jeu peut être profitable aussi bien en cours particulier, en face à face, que dans de très grands groupes. Il est important d’en ajuster les paramètres.
Les enfants sont plus habitués à jouer et acceptent donc plus facilement de le faire, mais ils sont aussi plus exigeants, ils peuvent décrocher rapidement. Les adultes rentrent plus difficilement dans le jeu mais trouvent du plaisir même dans des jeux très simples, décalés des pratiques habituelles. Je crois que les ados sont un public plus difficile, mais pas seulement quant au jeu. Il ne faut pas les puériliser ni les traiter à 100% en adultes. Mais quand ils adhèrent au jeu, cela marche très bien.
Il y a des jeux pour tous les niveaux.

7.      Comment est-ce qu’on doit passer d’un jeu à une activité plus traditionnelle pour évaluer les élèves ?

Il y a des modalités d’évaluation non conventionnelles qui peuvent être appliquées avant, pendant, après le jeu. Le jeu peut aussi être utilisé pour une évaluation diagnostique et formative. La nature actuelle des institutions fait que le jeu convient mal à l’évaluation sommative ou certificative: la part de hasard souvent importante n’est pas compatible avec les exigences de la certification…




Les ressources pour la classe sont arrivées !

22 01 2011

Ouf ! Voilà que la page « Ressources pour la classe » n’est plus blanche… Vous y retrouverez les fichiers disponibles sur mon ancien site, et ils seront bientôt enrichis par de nouvelles idées. Je tiens à remercier Damián Gómez, qui m’a apporté son précieux soutien.

Certes, la présentation reste pour l’instant moins agréable que je le souhaiterais, mais j’en suis encore à découvrir tous les secrets de la gestion d’un blogue et ne suis pas encore arrivée au chapitre « Création de pages parentes » (au moins, je sais que cela s’appelle comme ça, c’est un début!).

Bon jeu!




C’est reparti !

17 01 2011

Bon, voilà, nous y sommes. Après plusieurs mois dans le flou le plus total, suite à un changement technique intervenu chez l’hébergeur précédent et dans un contexte de surménage peu propice aux mises à jour, je pends la crémaillère chez Le Web pédagogique, en espérant que cette fois-ci, c’est pour longtemps.

Je n’ai pas encore transféré la totalité de mes fichiers (il manque notamment tous les fichiers de la rubrique « Ressources pour la classe », leur révision est en cours; et le nuage de mots clefs), mais vous avez de quoi patienter, je l’espère, avec la mise à jour des publications, une nouvelle version revue et complétée de la sélection des liens, la nouvelle rubrique « Presse » et de nouvelles fonctions telles que le Calendrier et la mise en valeur des Nouveautés.

De plus, vous le verrez, certains billets seront classés dans la catégorie « Bouteilles à la mer ». Mon intention est de vous soumettre des idées que je n’ai pas le temps de développer moi-même mais que chacun pourra exploiter en classe à sa guise… Je vous souhaite beaucoup de plaisir et un meilleur apprentissage.

Ludiquement vôtre,