Découvrir Québec en réalité augmentée

20 09 2013

Voilà une ressource qui devrait être utile pour tous les profs de français, mais surtout pour ceux dont le public inclut des candidats à l’émigration vers le Québec.

Il s’agit d’une application permettant de découvrir en détail la ville de Québec, que Thot cursus décrit ainsi:

Qu’ont en commun la messe de minuit à la basilique-cathédrale de Québec, le pont de glace qui existait autrefois entre Québec et Lévis et le premier palais de l’intendant du temps de la Nouvelle-France? Ces éléments de l’histoire de la capitale font partie du contenu de Découvrir Québec, une application mobile lancée le mercredi 4 septembre, à l’hôtel de ville de Québec, en présence du ministre de la Culture et des Communications, du maire de Québec et du recteur de l’Université Laval.

Cette réalisation est le fruit des efforts de l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, en collaboration avec la Ville de Québec et le ministère de la Culture, en partenariat avec la firme de haute technologie IdéeClic. L’application est disponible sur l’App Store en anglais ou en français.

Il y a là de quoi mettre en place de nombreuses activités liés à la langue (description, narration, interrogation, expression des goûts et des préférences, argumentation, etc.) et à la culture (interculturel, francophonie, civilisation…). Et de quoi imaginer des jeux (des quizz, à la préparation desquels les appprenants pourront contribuer; des concours; des devinettes; etc.). Si vous utilisez l’application, vous nous raconterez?




Mon atelier au XIX congrès brésilien de professeurs de français

20 09 2013

Je rentre de Niteroi, où se déroule encore jusqu’à vendredi le XIX congrès brésilien de professeurs de français. Quel plaisir de retrouver les vieux amis et de faire de nouvelles rencontres!

J’ai animé un atelier et dicté une conférence. L’atelier portait sur « Le jeu en classe de langue à l’ère des dispositifs technologiques mobiles ». En effet, nous assistons aujourd’hui à une ludicisation plus visible de l’éducation en général, et de l’enseignement/apprentissage des langues en particulier. Cette introduction d’éléments ludiques s’exprime de diverses manières, dont entre autres les « jeux sérieux », les « jeux utiles » et les applications ludolinguistiques pour dispositifs mobiles. C’est sur ces dernières que nous nous sommes penchés plus longuement. En effet, leur utilisation en classe peut enrichir l’enseignement et l’apprentissage mais doit faire l’objet d’une analyse pédagogique préalable. Ces outils viennent compléter une longue liste de possibilités de jeu en classe de langue.

Les jeux cités plus bas requièrent au moins un niveau A2 et de préférence un B1 ou plus…

1. « Jeux sérieux » (en anglais, serious games)

On appelle jeux sérieux des « applications développées à partir des technologies avancées du jeu vidéo, faisant appel aux mêmes approches de design et savoir-faire que le jeu classique (3D en temps réel, simulation d’objets, d’individus, d’environnements…) mais qui dépassent la seule dimension du divertissement. » (http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/apprendre/jeuxserieux/notion/definitions/jeu-serieux/)

Quelques exemples :

Pour un répertoire de jeux sérieux gratuits liés à différentes disciplines, voir sur Thot Cursus :
www.cursus.edu/institutions-formations-ressources/formation/17843/jeux-serieux-gratuits-2/#Langues

2. « Jeux utiles » (en anglais, games with a purpose ou GWAP)

Ce sont des applications conçues pour canaliser le temps et l’énergie des joueurs à des fins « utiles » et non nécessairement affichées.

Quelques exemples :

3.  Applications ludolinguistiques pour dispositifs mobiles

Applications ouvertement ludiques conçues pour dispositif mobile, ayant la langue pour objet, dont certaines peuvent être exploitées en classe de langue.

Souvent basées sur des jeux déjà existants, elles en modifient la dynamique grâce à la dimension multijoueurs et/ou au jeu asynchrone.

  • 7 petits mots (Blue Ox Technologies). Il faut reconstituer des mots à partir de syllabes et d’indices. La première série de 50 puzzles est gratuite. Existe en français, espagnol et anglais. Hors ligne.
  • 94s (Scimob). Sur le principe du jeu du bac, avec des fonctionnalités diverses qui enrichissent la dynamique. Existe en français, anglais, espagnol, allemand, italien, portugais. La version complète est payante. En ligne.
  • Angry Words (Etermax). Sur le principe du Scrabble. Existe en français, anglais (américain et britannique), espagnol, italien, catalan, galicien, allemand, portugais, norvégien, basque, néerlandais et suédois. En ligne.
  • Des chiffres et des lettres et Des chiffres et des lettres junior (Happy Blue Fish). Jeu qui associe recherche de mots à partir d’une série de lettres et recherche de résultats mathématiques à partir d’une série de nombres. Existe en français. D’autres jeux similaires existent dans d’autres langues. La version complète est payante. Hors ligne.
  • Le jeu du dico (Larousse). Avec trois jeux de culture générale (Qui suis-je?, La bonne définition, Le jeu des illustrations) et différents niveaux de jeu, ainsi que la possibilité de jouer en solo ou sur écran partagé. Existe en français. Hors ligne.
  • Pendu (plusieurs versions en de très nombreuses langues). En ligne et hors ligne.
  • Squeeze your Brain (Rodinia Games). Jeu d’images, en anglais mais utile pour toutes les langues. En ligne.
  • Word Crack (Etermax). Sur le principe du jeu de Boggle. Existe en français, anglais (américain et britannique), espagnol, italien, catalan, galicien, allemand, portugais, norvégien, basque, néerlandais et suédois. En ligne. Si vous voulez vous mesurer à moi (ha ha, je vous croquerai…), mon pseudo y est Missjeu.

 Quelques pistes d’exploitation :

  • Préparation de la partie en amont.
  • Captures d’écran imprimées.
  • Fabrication de grilles par l’enseignant et/ou les apprenants.
  • Jeu en grand groupe ou en sous-groupes, sur un mode compétitif ou collaboratif.
  • Jeu hors temps scolaire mais à l’intérieur de la communauté scolaire.



L’odorat, ce grand absent

8 09 2013

Vous ne trouvez pas qu’il y a parfois de grands absents, en classe de langue, et que l’odorat et les expériences olfactives en font partie? Les odeurs, bien sûr, sont là (ah, ces souvenirs olfactifs à savourer, oublier, cacher ou revivre!), mais on en parle peu et on ne les exploite guère. Alors, pour aborder la question (parler ou ne pas parler, là est la question?), pourquoi ne pas se laisser entraîner le lien en lien en partant des textes d’un blogue tenu par Céline Ellena, un parfumeur de métier, qui écrit avec minutie et style des Chroniques olfactives (séjour dans une chambre d’hôtel, ouverture de sachets de bonbons, voyage en métro…). Une mine pour l’interculturel, aussi. Et de quoi mettre en place une approche actionnelle, en faisant apporter en classe de quoi  sentir, flairer, humer… de quoi décrire, raconter argumenter et j’en passe…




Trois excellentes suggestions de Michèle

8 09 2013

La veille de Michèle continue de porter de beaux fruits (merci!).

Voici les trois liens qu’elle a dénichés, tous très utiles pour la classe de FLE dès les premiers niveaux:

 

 




Faire un break

8 09 2013

Vous l’aurez compris, j’ai emprunté plusieurs numéro de Ça m’intéresse à la biblothèque. Et il y a vraiment beaucoup d’idées à exploiter pour la classe de langue…

Par exemple, le nº 378 (août 2012), consacre un dossier au besoin de faire une pause dans la vie (un break, en parfait franglais). Voici donc un corpus tiré de la revue, que vous saurez utiliser en classe (je vous promets pour les semaines à venir un récapitulatif d’idées de jeu autour des corpus divers, notamment des jeux de cartes mais pas seulement).

Pour faire un break, donc, il est possible de…

  • Déconnecter de l’actualité (au moins de temps en temps).
  • Ne rien faire (mais vraiment rien, c’est plus dur qu’on ne le pense).
  • Entamer un jeûne (avec précaution).
  • Couper Internet el le téléphone (au moins un jour par semaine).
  • S’offrir une année sabbatique (pour avoir le temps de réaliser ses rêves).
  • Arrêter l’alcool.
  • Essayer la sieste (moins de 30 minutes, tous les jours ou presque).
  • Rejouer à l’homme primitif (pour être confronté à des situations extrêmes et retrouver son instinct de survie).
  • Écrire son journal (pour faire un bilan des événements qui nous ont marqué et des émotions qu’ils ont provoquées en nous).
  • Faire un break amoureux (s’éloigner et se construire individuellement pour mieux se retrouver).
  • Pratiquer trois minutes de respiration (en pleine conscience).
  • Trouver sa tasse de thé (autrement dit, identifier sa passion, et la pratiquer, même à petites doses).
  • Faire une retraite spirituelle ou s’accorder un week-end chez soi avec un programme précis de lecture et réflexion , pour faire le point sur sa vie, se retirer du tumulte du monde).
  • Prendre une dose de vitamine G (où G=green; soit reprendre contact avec la nature).
  • Trouver le hobby qui vous convient (développer sa créativité, se créer une soupape contre le stress…).
  • Dire merci (et identifier les raisons de la gratitude que nous ressentons).
  • Se coucher par terre une fois par jour (cette position peu commune permet de rompre avec le modèle neurologique habituel, de se poser, de se re-poser…).
  • Changer de sport (varier, en s’adaptant à la saison).
  • Travailler à temps partiel (pour réorganiser ses priorités).
  • Modifier son itinéraire (ppour solliciter la zone antérieur du cerveau, celle du mode adaptatif).
  • Parler à de nouvelles personnes (pour sortir de sa zone de confort et développer ses capacités d’adaptation).
  • Prendre rendez-vous avec soi-même (pour se remettre en question).
  • Déménager (pour éviter trop de prévisibilité).
  • Rompre avec la ville (pour retrouver la juste valeur des choses).
  • Rencontrer d’autres cultures (pour relativiser).
  • Prendre des vacances (en donnant la priorité au repos).
  • Changer de travail (mais un changement aussi radical ne s’improvise pas).
  • Marcher au vert (pour rester plus ouvert au monde qui nous entoure).
  • Partir seul (pour faire un bilan, identifier ses envies).

Pour retrouver la version intégrale de l’article, avec le commentaire détaillé de chaque item,  il vous faudra lire la revue.

Idées d’expoitation en vrac: identifier dans la liste les stratégies que chacun a déjà testées, identifier celles qu’on n’utiliserait jamais et dire pourquoi, compléter la liste, argumenter en faveur de telle ou telle stratégie, mimer une stratégie pour que le groupe la reconnaisse, raconter une anecdote liée aux breaks que l’on s’est accordés dans la vie.




Les 100 livres préférés des Français

7 09 2013

Grâce à Facebook puis à Michèle, je vous propose aujourd’hui d’aller consulter la liste des « 100 livres préférés des Français » dénichée et mise en ligne par Vanessa George-Barraud, prof FLE. Comme Vanessa le dit elle-même, la liste date de 2004, mais elle peut toujours être exploitée en classe. Si quelqu’un trouve un palmarès plus récent, merci de nous le faire connaître!

Avec des corpus tels que celui-ci, plein d’idées de jeux sont possibles. J’en mentionne une: on affiche la liste sur les murs de la classe (une dizaine de titres par feuille, soit une dizaine de feuilles reparties sur tous les murs). Les apprenants (plutôt de granda ados ou des adultes, vu la nature des titres…) circulent, un feutre à la main, et mettent un coeur devant les ouvrages qu’ils ont lus et qu’ils aiment, une croix devant ceux qu’ils ont lus et n’ont pas aimé, un signe d’interrogation devant les livres dont ils ont entendu parler mais qu’ils n’ont pas lus. On dresse ensuite la liste des ouvrages les plus appréciés dans la classe, les moins appréciés, les controversés, les méconnus… À partir de là, plusieurs possibilités: ceux qui aiment tel ou tel ouvrage rédigent une fiche pour partager leur passion, on choisit parmi les titres que personne n’a lu un livre á découvrir et à faire partager, etc.

On peut aussi bien sûr commencer par dresser le palmarès littéraire de la classe, faire apparier titre et auteur, faire remettre dans l’ordre sur la ligne du temps, faire regrouper par catégories (genre, courant, siècle, sexe des protagonistes, thematiques, etc.) Les possibilités sont infinies, car la liste n’est finalement qu’un prétexte à lancer la discussion autour de la littérature!




Combien de langues reconnaissez-vous?

4 09 2013

Grâce à Rafael je découvre un jeu de reconnaissance de langues, en ligne, The Great Language Game: un court extrait oral, enregistré, vous est présenté, et vous devez choisir parmi deux, puis trois, puis davantage d’options.

Principe ludique un peu basique mais défi très intéressant (et plus difficile qu’il n’y paraît). The Great Language Game est présenté en anglais mais vous pouvez y jouer en classe de FLE ou de toute autre langue pour peu que vous compreniez ou soyez capable de deviner les langues dont il est question sur les étiquettes (moi, qui parle anglais plutôt mal, y suis arrivée sans peine, alors…).

Il serait sympa d’y jouer en groupe (il faut que le son soit bon!), dès le niveau A1 et jusqu’au C2, puis de discuter après chaque extrait autour des caractéristiques justifiant telle ou telle réponse. Vous verrez, les apprenants en savent plus sur les langues qu’ils ne le pensent eux-mêmes! Et ce sera une belle occasion de faire émerger les représentations sur les langues, leur rapports de pouvoir, leur prétendue facilité ou difficulté, leurs liens de parenté, la capacité de chacun à les maîtriser, etc.




Un texte fascinant et inquiétant

2 09 2013

pour mettre en place un travail autour des stratégies de lecture, ou un débat, ou une révision des temps du récit, selon diverses dynamiques de jeu ou avec une procédure plus classique…

Le cerveau humain commandé à distance

Des idées d’exploitation pédagogique? Partagez-les avec nous grâce à la fonction « Commentaires »…




Jamais sans nos portables

30 08 2013

« I forgot my iPhone » (cliquez ici pour voir le clip)

Et hop, un petit clip vidéo (merci à José de l’avoir posté), à exploiter en classe dès le…

niveau A1. Par exemple on visionne la vidéo, on donne trois à cinq minutes par équipes de trois pour noter le plus d’activités observées, le plus de détails sur l’apparence physique et l’habillement des personnages. Ensuite, on met en commun, on attribue un point par bonne réponse trouvée et deux points si personne d’autre n’a trouvé la même réponse… Et on finit en demandant aux gagnants s’ils veulent immortaliser l’instant avec leur portable, ho ho.

jusqu’au niveau C2, en organisant un débat pointu autour de la place de la technologie dans notre vie, avec recherche de référence complémentaires, diaporamas à l’appui, etc.

…en passant par les autres niveaux: avec un niveau A2, raconter par exemple une (més)aventure personnelle qui vous est arrivée en lien avec les technologies ou dresser une liste des progrès technologiques qui ont changé le cours de l’histoire; avec un niveau B1, lister des pour et des contre de la présence du portable dans notre vie ou rédiger une charte de l’usage raisonnable; avec un B2, organiser un débat libre sur la place du portable dans la vie de chacun.




Contact, un jeu pour découvrir Paris

29 08 2013

Toujours très prise par les multiples démarches de l’installation en France, je n’ai pas trop eu le temps d’alimenter le blogue. Mais là, il faut absolument que je vous parle d’un jeu appelé Contact: Michèle m’a écrit pour me le signaler, le lendemain Agnès m’en a parlé aussi, et ce matin Sol m’envoie le lien… Bref, merci à celles qui veillent si gentiment, je me dois de faire bon usage de leur soutien.

Je suis donc allée visionner les différents clips disponibles sur le jeu (http://embassyofeducation.eu/fr/contact_game/). Le matériel semble attrayant du point de vue pédagogique et graphique, et il a été développé grâce au soutien des Fonds Européens de Développement Regional, en principe un gage de sérieux.

La fiche de description du projet telle qu’elle a été soumise auprès de la FIPF est par ailleurs disponible sur

http://fipf.org/sites/fipf.org/files/presentation_du_projet_a_fipf.pdf

J’ai pourtant quelques réserves, qu’il faudra prendre elles aussi avec des pincettes, vu que je les formule sans avoir eu l’occasion de voir les joueurs en action.

D’une part, je pense que le prix du matériel freinera quelque peu les utilisateurs potentiels: 47 euros la boîte, c’est l’équivalent au salaire d’une dizaine d’heure de cours pour un prof mexicain mal payé (je parle d’un pays que je connais, mais je sais que ce n’est pas le seul pays où les profs n’ont pas un salaire décent…). Et, lorsque que je vois sur la vidéo plusieurs groupes de quatre joueurs autour d’un plateau, je me demande s’il faudrait acheter cinq boîtes pour un groupe de 20 (soit 235 euros!)

Les objectifs pédagogiques affichés sur le document (voir http://embassyofeducation.eu/wp-content/uploads/2012/11/Pedago.pdf) me semblent à retravailler, pour mieux préciser le lien du jeu avec les objectifs linguistiques, langagiers et actionnels.

J’hésite aussi par rapport au contenu culturel: n’ayant pas eu l’occasion de prendre connaissance de toutes les cartes, je ne sais pas si l’aspect inter et pluriculturel est pris en compte ou si les concepteurs ont cédé à la tentation « civilisatrice ».

Les cartes Défis mélangent des expressions idiomatiques (tomber dans les pommes, poser un lapin), du vocabulaire courant (une amende, le SAMU, l’Eurostar) et… plusieurs coquilles orthographiques ou grammaticales (« dès que je l’aie vu », « J’ai du mal à parler tellement ça le brûle », « il faut appeler au SAMU »), ce qui me semblait déjà gênant dans le texte de présentation en ligne mais me semble très embêtant pour le matériel de jeu.

Pour mieux me pronocer quant à la qualité pédagogique de l’ensemble, j’entrevois deux solutions: attendre que le guide pédagogique soit disponible en français (il est actuellement en estonien, mais la version française est en cours de réalisation, si j’ai bien compris) ou apprendre l’estonien. J’aimerais beaucoup connaître l’estonien, mais je crois que je vais quand même pencher pour la première solution!

Bilan (provisoire)? Bravo à cette équipe dynamique d’avoir mené à bon terme un projet ambitieux et séduisant; j’aimerais avoir des échos de l’utilisation de ce jeu en classe par des enseignants en exercice pour savoir dans quelle mesure il s’adapte à la classe.