Hélène Vanthier en tournée

6 10 2011

Ceux qui n’habitent pas Mexico n’ont pas à être jaloux de la visite de la formatrice Hélène Vanthier, à laquelle j’ai consacré mon précédent billet. Du moins s’ils habitent à Guadalajara, Cuernavaca, Toluca ou Monterrey… Hélène y sera aussi dans la semaine du 17 au 21 octobre.

Pour en savoir plus et vous inscrire, cliquez sur la ville qui vous intéresse:




Un blog radio pour la classe de FLE

3 10 2011

Déborah Gros, jeune et dynamique formatrice FLE, vient d’inaugurer son blog, très pro, consacré à l’utilisation de la radio. Beaucoup de belles découvertes en perspective, à commencer par la rubrique Liens.

Oídos en marcha en CAMON Radio




On (ne) connaît (pas assez) la chanson

12 09 2011

Au carrefour jeu et chanson, il y aurait tellement de choses intéressantes à dire pour la classe… Les exploitations ludiques de ce type de document authentiques sont nombreuses et j’aimerais avoir le temps de développer le sujet à fond. Hélas, le temps me manque cruellement. Je vais essayer de vous faire tout de même quelques propositions ces jours-ci. En attendant, (re)voyez les deux billets que j’ai déjà postés à ce sujet (sur « les Maudits Français » et « Donna donna« ) et filez fissa sur la Toitle découvrir le passionnant dossier que Francparler consacre à la chanson.

J’ai particulièrement aimé l’excellent article de Ludovic Gourvennec, qui ne se contente pas d’une approche rapide mais pose de vraies questions de fond. J’ai aussi été séduite par toutes les pistes pour suivre l’actualité de la chanson, se procurer des chansons ou en faire des exploitations pédagogiques réussies  en classe de langue.

Et pour finir en musique, une chanson politiquement incorrecte dès le titre mais que j’aime bien (rythmée, drôle, simple mais riche, susceptible de nombreuses exploitations en classe): « Parce qu’on est des cons », de Kamini.




Nouvelles publications sur le blog

1 08 2011

Ces jours-ci, j’ai eu l’occasion de remettre à jour mes publications, en y ajoutant non seulement des articles récents mais surtout des articles que j’avais omis la première fois, je ne sais pas pourquoi. Plusieurs de ces textes pourraient vous intéresser, je vous invite donc à jeter un coup d’oeil à l’onglet Mes publications.

Parmi les « nouveautés »:




À chacun la sienne

30 07 2011

Quelques minutes volées à un emploi du temps désormais bien chargé… Je commence ma série d’idées d’adaptations ludiques mentionnnée dans mon billet précédent.

Planet’Anim propose dans son fichier jeux le jeu « À chacun la sienne« , décrit comme suit (je me permets de corriger au passage quelques coquilles):

Résumé : Un jeu avec des chaussures, proposé par Bélinda

Matériel : Toutes les chaussures droites des participants. Un bandeau.

Règle : On fait un tas avec toutes les chaussures du groupe et on désigne une personne pour qu’elle retrouve sa chaussure en un temps limité. Si elle ne la trouve pas, on lui donne un gage. On peut éventuellement bander les yeux de la personne.

« Bon d’accord -diront les plus sceptiques parmi vous-, mais que faire de cela dans la classe de langue? ». Cela ferait une activité originale de brise-glace, peut-être, mais j’ai bien parlé d’adaptations. L’idée, c’est de prendre la matrice du jeu et de la réutiliser en classe.

Ici, d’après moi, le point intéressant c’est que tous les participants mettent en commun quelque chose d’inhabituel et intime (une chaussure) puis doivent le retrouver….

Une acvitité de présentation. Oral/écrit. Tous niveaux. Ce qui me vient d’abord à l’esprit, c’est une activité de présentation où chacun parle de lui pendant 30 à 60 secondes. Le reste du groupe écoute attentivement et prend des notes (l’animateur prévient les participants qu’ils devront être capables de restituer une info importante au sujet d’une personne désignée par le hasard). À la fin du tour de table, l’animateur distribue des petits papiers où figure le nom de chaque participant. Chaque joueur est donc associé par le hasard à un autre: il doit écrire sur une bandelette de papier  l’élément qui l’a le plus marqué à propos de la personne en question, en éliminant les marques du féminin et du masculin: par exemple, « Comme moi, il/elle est passionné(e) par les animaux ». Toutes les bandelettes sont mélangées puis affichées (au tableau, sur la table, par terre). Le groupe prend connaissance de l’ensemble de phrases puis chaque participant essaye d’identifier la bandelette qu’il/elle a inspirée. C’est dans la discussion et dans les erreurs d’attribution que réside l’intérêt du jeu: finalement, c’est peut-être A qui est passionné(e) par les animaux, mais B et C se reconnaîtront peut-être dans la même phrase.

Une acitvité de description. Oral et expression graphique. Dès le niveau A2. Autre idée, à peine ébauchée: partir de dessins fait par les participants, dont les autres doivent deviner l’auteur. J’ai ici une réserve: il ne faut pas tomber dans la séance psy! Il faut doncà mon avis  éviter de demander aux participants de se dessiner eux-mêmes ou de dessiner un autre membre du groupe. On leur demandera plutôt de dessiner la maison de leurs rêves, puis on tirera au sort deux ou trois maisons que tout le groupe décrira ensemble en essayant à la fin de deviner qui les a dessiné (attention tout de même à empêcher les moqueries ou les commentaires blessants). Puis ceux dont les maisons n’auront pas été décrites et qui souhaitent prendre brièvement la parole pourront le faire (c’est important de ne pas demander aux apprenants un engagement qui sollicite des fibres personnelles et affectives pour ensuite en négliger le résultat sous prétexte qu’il s’agit d’une activité purement pédagogique; on passe un contrat de confiance en demandant aux apprenants d’agir en tant qu’individus qui  impliquent tout leur être et ce contrat doit être tenu).

Une activité d’évaluation formative autour de la littérature. Dès le niveau B1 (ou langue maternelle). Troisième et dernière idée, très différente mais toujours inspirée par le jeu des chaussures: dans un cours de langue et littérature, on présente différents courants (romatisque, baroque, classicisme, etc.). On fait lire de courts textes (extraits ou poèmes brefs) pour bien identifier les caractéristiques de chaque courant.  On attribue ensuite à chaque équipe un courant, et on proposeau groupe un tas de petits papiers avec des textes illustrant les différents courants. Gagne la première équipe à avoir retrouvé les petits papiers correspondant à leur courant…

Un activité d’évaluation formative autour de la didactique des langues. Profs ou futurs profs. Tiens, je sens que je vais peut-être appliquer cette dernière idée à l’histoire des méthodologies dans l’enseignement/apprentissage du FLE: après avoir étudié le panorama historique, je pourrais préparer des papiers avec des concepts clés, la vision de l’apprenant et de l’enseignant, la vision de la langue, etc., puis leur demander de reconstituer un paradigme…

Et vous, qu’en ferez-vous?




La manipulation dans la classe : sujet de débat

25 07 2011

Pour faire débattre nos élèves, nous choisissons souvent des thèmes galvaudés : pour ou contre l’interdiction de fumer dans les lieux publics, pour ou contre l’avortement, pour ou contre le mariage homosexuel. Ayant eu l’occasion de voir à deux ou trois reprises comment ces débats sont menés, je peux vous assurer que ce n’est pas pour autant des thèmes faciles, et il faut un grand doigté pour mener à bien la gestion de la séance. Cela vaut toujours, pour tous les sujets: il ne suffit pas de prendre un sujet polémique puis de fournir des outils linguistiques aux participants, en espérant qu’ils en sortiront en maîtrisant leurs locutions adverbiales et leurs connecteurs logiques et sans se soucier des dégâts éventuels d’une discussion qui n’a pas pour principe le respect, l’écoute authentique de l’autre.

Cette intro pour vous proposer un sujet original, difficile certes mais pas moins que celui de l’avortement ou celui de l’homosexualité, et plus intéressant à un certains titre dans la mesure où les apprenants sont peut-être moins habitués à en entendre parler et devront donc prendre position depuis leur position personnelle. Il s’agit de la question de la manipulation liée au pouvoir, qui s’exerce à tout moment, dans tous les contextes, y compris à l’école.

Voici le texte à faire lire pour ensuite organiser une dynamique de discussion:

La manipulation au quotidien

Un instituteur directif et un instituteur non directif ont certainement des discours (et peut-être même quelques comportements) très différents qui suscitent certainement des conduites elles-mêmes très différentes chez leurs élèves. Ils restent néanmoins, tous les deux des maîtres dans la structure hiérarchico-corporative de l’institution pédagogique dont les objectifs et programmes impliquent un ensemble obligé de comportements pour l’un comme pour l’autre, pour les élèves de l’un comme pour les élèves de l’autre. Si vous observez une classe du second, vous y verrez peut-être les élèves travailler en petits groupes, réaliser des dossiers, couper la parole à leur maître, comportements que vous avez peu de chances d’observer dans la clase du premier. Mais dans les deux classes, vous verrez toujours des enfants apprendre leurs tables de multiplications, leurs conjugaisons etc. bref, se livrer aux apprentissages impliqués par les programmes scolaires sous la responsabilité du maître qui est supposé détenir leur rationalité et justifier leur valeur. […]
L’exercice du pouvoir ne peut céder la place. Il ne peut que changer de moeurs. C’est bien pourquoi dans une structure organisationnelle donnée, obtenir ce qu’il faut obtenir des dominés peut donner lieu à des pratiques d’exercice du pouvoir très diverses de la part des dominants. Certaines peuvent ainsi paraître bien plus respectables que celles qui ont cours dans des organisations comme la mafia ou l’armée. Si elles sont acceptables, c’est parce qu’elles donnent à penser que les dominés sont, à leur niveau (qui reste le niveau des dominés) dotés de quelques-uns des attributs du citoyen responsable et autonome. Certaines pratiques, ou certaines moeurs, peuvent même faire croire que l’exercice du pouvoir s’est dispersé dans l’organisation. Les concepts de permissivité ou de libéralité, de démocratie industrielle, de cogestion, voire d’autogestion (pédagogique il est vrai) sont là pour dénoter la valeur de telles pratiques. Ces concepts restent très actifs dans le discours des pédagogues et des travailleurs sociaux. Tous mettent en avant l’exercice le plus libre possible de la décision individuelle ou collective. Ils ne peuvent donc avoir pour effet que de donner à chacun un sentiment de liberté qu’on souhaite le plus élevé possible – sur lequel repose la stratégie de manipulation.

(C’est un extrait de Joule et Beauvois, Petit traité de manipulation, que j’ai moi-même emprunté à la Lettre nº 45 de l’Éducation authentique, CREA, F-71300 MARY; vous trouverez dans ce numéro d’autres textes sur la question « Dominant ou dos miné ? »).

Des idées pour organiser et mener un débat? Vous en trouverez ici, du plus basique au plus complet:

Et pour finir, une idée loufoque de débat: faut-il placer le rouleau de papier toilette comme dans A ou comme dans B?




Le jeu en formation

20 07 2011

Christine Carbonnier a établi en mars 2011 un dossier documentaire pour le département documentation du Centre inffo consacré au jeu en formation.

Centre Inffo est un « Lieu de ressources, d’analyse et d’information sur la formation professionnelle et l’apprentissage » et « une association sous tutelle du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé ».

Le dossier est composé d’articles qui explorent le rôle du jeu en formation et de textes qui rendent compte d’expériences ludiques concrètes (chez L’Oréal, la RATP, auprès de managers de systèmes de formation…). Le premier texte, « Jeux et détours en pédagogie », de Chantal Barthélémy-Ruiz, a fait l’objet de mon billet précécent.

Pour les professeurs de langue, les articles les plus intéressants me semblent être trois:

  • Michel Lisowski, « Le jeu: gadget ou innovation pédagogique? » Extraits:

[…] comment passer du “monde virtuel” du jeu au “monde réel” de la formation ? Pour répondre à cette question, les avis ne manquent pas, mais tous s’accordent à dire que la frontière entre ces deux “mondes” reste floue. Jeu et formation sont deux activités humaines dans lesquelles les sollicitations intellectuelles sont sensiblement identiques. Seuls divergent nettement le cadre et l’espace dans lequel ces activités se déroulent la plupart du temps. Par contre, avec l’apport des environnements virtuels et de la simulation informatique on voit se réduire de plus en plus l’opposition entre activités “sérieuses” qui définiraient davantage la formation et activités ludiques qu’on attribueraient [sic] systématiquement au jeu […].

Les freins au développement des NTIC en formation sont au-delà des améliorations techniques et de l’évolution des usages. Ils sont avant tout politiques. La notion de formation tout au long de la vie peut éventuellement permettre de s’interroger sur les cloisonnements intellectuels qui sont les nôtres et qui nous empêchent d’évoluer dans plusieurs mondes simultanément.

  • Nicolas Deguerry, « La pédagogie de l’égalité au service du « décentrage » ». On y présente le jeu de société Distinction, créé par le  Comité de liaison pour la promotion des migrants et des publics en difficulté d’insertion (CLP) afin de « faire sauter des verrous psychologiques » dans la lutte contre les discriminations.

  • Nicolas Deguerry, « Jeu, improvisation, expérientiel: se décaler pour mieux évoluer », qui présente quatre organismes de formation qui appliquent des « stratégies du détour » (un jeu de simulation, Sharewood City; un dispositif basé sur l’improvisation, la relation homme-cheval, la randonnée arboricole).



Le Jeu du changement en éducation

10 07 2011

Sur un autre de ses sites, François Muller propose un jeu de 100 cartes, Le jeu du changement en éducation.

« Chaque carte propose d’introduire une ou plusieurs variables nouvelles dans une action, un projet. Tirer une carte conduit à réexaminer son action à la lumière de la  ou des variables proposées. Chaque carte comporte une injonction adressée à soi-même et, sur le même thème, une question qui peut-être posée à autrui ou au groupe. »

C’est donc un jeu à jouer en solitaire mais aussi et de préférence en groupe, entre pairs ou dans un groupe de formation, pour remettre en question ses représentations, pour trouver des voies ouvertes au changement.




Gérer sa classe

10 07 2011

La « bonne » gestion de la classe, voilà un souci récurrent des enseignants, et l’un des arguments les plus souvent opposés à l’utilisation pédagogique du jeu par ceux qui craignent de ne plus « savoir gérer ». En naviguant sur le site Aidenligne, mentionné dans mon billet précédent, j’ai trouvé un site extrêmement riche (on peut y passer des heures) spécifiquement consacré à cette problématique. Il a été mis en place par François Muller, formateur et enseignant, à partir de son ouvrage éponyme, Manuel de survie à l’usage de l’enseignant. Filez sur la toile: vous ne serez peut-être pas toujours d’accord, mais vous serez amené(e-s) à réfléchir…




Régine Llorca : du geste à la parole

16 06 2011

Si vous ne connaissez pas le travail de Régine Llorca autour des gestes et du rythme, vous êtes en train de rater quelque chose… Son travail rejoint en partie les sentiers du jeu, jeu avec les sons, jeu avec les gestes, jeu avec le corps, jeu théâtral, jeu avec la langue…

Je vous invite

à découvrir

le beau travail

d’une pédagogue

qui a des idées

hors du commun

(vous aurez noté le rythme en quatre syllabes…)