Des contes à foison sur Contes.biz

18 04 2012

Soline, en cherchant une belle formule pour commencer un conte, est tombée sur un site avec plein de contes courts très sympathiques. Elle s’est empressée de partager sa trouvaille avec moi, merci ma très chère!

Il s’agit du site Contes.biz

Pour travailler avec ces contes en classe, vous avez de nombresues possibilités, dont par exemple celles que j’ai déjà évoquées dans un billet précédent, « La littérature par le jeu en classe de langue » et celles que je mentionne dans plusieurs de mes billets classés sous le tag Raconter. Ne ratez pas par exemple la découverte de Conte-moi.

Et, au fait, la formule pour commencer le conte qu’elle a trouvée, c’est « Que mon conte soit beau et qu’il se déroule comme un long fil ! ».

Pour les formulettes d’introduction, allez voir le superbe site qui leur y est consacré, « Les formulettes des conteurs« . Parmi mes préférées:

  • Une fois il y avait et une fois il n’y avait pas. Qui ? je ne m’en souviens plus! Quand ? J’ai oublié! Mais quoi qu’il arrive , il était une fois, parce qu’une fois, ça suffit bien.
  • J’ai planté un conte en terre, il a éclos et poussé comme une igname. J’ai été le vendre au village, le village s’appelait Lomoan. Dans ce village, vivait un homme…
  • L’ histoire que je vais raconter ne m’appartient pas. Elle appartient à celui ou celle qui la raconte et à ceux et celles qui l’ écoutent, à l’instant même où elle se raconte. Partageons cette histoire, puis elle continuera son voyage grâce à nos bouches et nos oreilles …. (formulette créée et proposée par la conteuse Caroline Castelli)
  • Turlututu, chapeau pointu, j’étais sous la table et j’ai tout entendu.
  • Je vais vous conter une fable. C’est un mensonge mais tout n’y est pas faux.



Conte-moi: un riche corpus de contes francophones

30 03 2012

Merci, encore, à l’équipe de Francparler, qui déniche toujours des ressources fabuleuses. Cette fois-ci, c’est le site Conte-moi, que Francparler décrit ainsi: « Nouvelle version du site « Conte-moi » : près de 100 contes collectés dans différents pays de la francophonie, enregistrés en français et en langue locale. Pour permettre une exploitation de chacun de ces contes, des fiches pédagogiques ont été rédigées par des enseignants du pays de collecte correspondant. »

Il y a une centaine de contes d’Algérie, France, Haîti, Sénégal, Mali, Maroc et Mauritanie, lus à haute voix. Ils durent de 3 à 5 minutes et sont accompagnés de fiches pédagogiques. On peut les télécharger gratuitement, y compris sur un IPhone. Parmi les onglets proposés, il y a « Conte-moi la lecture« , présenté par les auteurs du site ainsi:

« Une plateforme interactive pour travailler la lecture littéraire avec vos élèves

  • 50 contes sélectionnés pour leur qualité propre
  • Des contes audio à télécharger pour les écouter hors connexion
  • Des fiches pédagogiques pour travailler la lecture littéraire autour d’un conte
  • Des fiches de lecture en réseau pour étudier des groupements de texte
  • Des questionnaires interactifs pour étudier les contes en ligne
  • Un outil pour commenter les travaux de vos élèves »

Bref, une mine de ressources à utiliser en toute liberté, éventuellement avec des jeux (vous pouvez cliquer sur le tag « raconter » de ce blogue pour glaner quelques idées).




En parlant d’Anne Hiversère…

16 01 2012

…je pense tout de suite au fabuleux album de Claude Ponti, Blaise et le château d’Anne Hiversère. Vous ne connaissez pas? Ah, vous avez raté Kekchoz!

Pour plonger dans cet univers loufoque en classe de langue:

1. Se procurer l’album (vous le dégusterez en classe, en famille, en solitaire…).

2. Suivre les pistes pédagogiques élaborées par L’école des loisirs.

3. Trouver Blaise à toutes les pages!




Voyez aussi des énigmes intéressantes…

14 01 2012

…liées à la littérature mais pas seulement sur Univers littéraire et notamment sa catégorie Énigmes et culture.




À chacun la sienne

30 07 2011

Quelques minutes volées à un emploi du temps désormais bien chargé… Je commence ma série d’idées d’adaptations ludiques mentionnnée dans mon billet précédent.

Planet’Anim propose dans son fichier jeux le jeu « À chacun la sienne« , décrit comme suit (je me permets de corriger au passage quelques coquilles):

Résumé : Un jeu avec des chaussures, proposé par Bélinda

Matériel : Toutes les chaussures droites des participants. Un bandeau.

Règle : On fait un tas avec toutes les chaussures du groupe et on désigne une personne pour qu’elle retrouve sa chaussure en un temps limité. Si elle ne la trouve pas, on lui donne un gage. On peut éventuellement bander les yeux de la personne.

« Bon d’accord -diront les plus sceptiques parmi vous-, mais que faire de cela dans la classe de langue? ». Cela ferait une activité originale de brise-glace, peut-être, mais j’ai bien parlé d’adaptations. L’idée, c’est de prendre la matrice du jeu et de la réutiliser en classe.

Ici, d’après moi, le point intéressant c’est que tous les participants mettent en commun quelque chose d’inhabituel et intime (une chaussure) puis doivent le retrouver….

Une acvitité de présentation. Oral/écrit. Tous niveaux. Ce qui me vient d’abord à l’esprit, c’est une activité de présentation où chacun parle de lui pendant 30 à 60 secondes. Le reste du groupe écoute attentivement et prend des notes (l’animateur prévient les participants qu’ils devront être capables de restituer une info importante au sujet d’une personne désignée par le hasard). À la fin du tour de table, l’animateur distribue des petits papiers où figure le nom de chaque participant. Chaque joueur est donc associé par le hasard à un autre: il doit écrire sur une bandelette de papier  l’élément qui l’a le plus marqué à propos de la personne en question, en éliminant les marques du féminin et du masculin: par exemple, « Comme moi, il/elle est passionné(e) par les animaux ». Toutes les bandelettes sont mélangées puis affichées (au tableau, sur la table, par terre). Le groupe prend connaissance de l’ensemble de phrases puis chaque participant essaye d’identifier la bandelette qu’il/elle a inspirée. C’est dans la discussion et dans les erreurs d’attribution que réside l’intérêt du jeu: finalement, c’est peut-être A qui est passionné(e) par les animaux, mais B et C se reconnaîtront peut-être dans la même phrase.

Une acitvité de description. Oral et expression graphique. Dès le niveau A2. Autre idée, à peine ébauchée: partir de dessins fait par les participants, dont les autres doivent deviner l’auteur. J’ai ici une réserve: il ne faut pas tomber dans la séance psy! Il faut doncà mon avis  éviter de demander aux participants de se dessiner eux-mêmes ou de dessiner un autre membre du groupe. On leur demandera plutôt de dessiner la maison de leurs rêves, puis on tirera au sort deux ou trois maisons que tout le groupe décrira ensemble en essayant à la fin de deviner qui les a dessiné (attention tout de même à empêcher les moqueries ou les commentaires blessants). Puis ceux dont les maisons n’auront pas été décrites et qui souhaitent prendre brièvement la parole pourront le faire (c’est important de ne pas demander aux apprenants un engagement qui sollicite des fibres personnelles et affectives pour ensuite en négliger le résultat sous prétexte qu’il s’agit d’une activité purement pédagogique; on passe un contrat de confiance en demandant aux apprenants d’agir en tant qu’individus qui  impliquent tout leur être et ce contrat doit être tenu).

Une activité d’évaluation formative autour de la littérature. Dès le niveau B1 (ou langue maternelle). Troisième et dernière idée, très différente mais toujours inspirée par le jeu des chaussures: dans un cours de langue et littérature, on présente différents courants (romatisque, baroque, classicisme, etc.). On fait lire de courts textes (extraits ou poèmes brefs) pour bien identifier les caractéristiques de chaque courant.  On attribue ensuite à chaque équipe un courant, et on proposeau groupe un tas de petits papiers avec des textes illustrant les différents courants. Gagne la première équipe à avoir retrouvé les petits papiers correspondant à leur courant…

Un activité d’évaluation formative autour de la didactique des langues. Profs ou futurs profs. Tiens, je sens que je vais peut-être appliquer cette dernière idée à l’histoire des méthodologies dans l’enseignement/apprentissage du FLE: après avoir étudié le panorama historique, je pourrais préparer des papiers avec des concepts clés, la vision de l’apprenant et de l’enseignant, la vision de la langue, etc., puis leur demander de reconstituer un paradigme…

Et vous, qu’en ferez-vous?




Autour de Maalouf

20 07 2011

Et puisque nous en sommes à parler écrivains, je ne peux m’empêcher d’ajouter un billet consacré à l’un de mes auteurs préférés, Amin Maalouf.

Pour l’introduire en classe de langue, pourquoi ne pas commencer par faire lire les courtes présentations de quelques-uns de ses romans, de faire choisir à chacun le livre qui le tente le plus en argumentant sa décision, de faire imaginer l’intrigue, puis de lire le livre sur lequel on a jetté son dévolu et enfin d’en faire un compte rendu écrit ou oral à la classe?

Pour ma part, j’aime tout particulièrement Le premier siècle après Béatrice (1992):

« Que peut-il arriver lorque des sortilèges millénaires se conjuguent à une science moderne aussi performante que dépourvue d’éthique ? Au départ il y avait les mystérieuses fèves, réputées favoriser les naissances de garçon, trouvées par le narrateur sur un marché égyptien. Puis ce fut la raréfaction, un peu partout, des naissances féminines. Commença alors l’épopée d’un homme passionnément attaché à la « féminité du monde »… » (rubrique Les livres sur http://www.aminmaalouf.org/)

ou Samarcande (1988, Prix des Maisons de la Presse):

« Samarcande, c’est la Perse d’Omar Khayyam, poète du vin, libre penseur, astronome de génie, mais aussi celle de Hassan Sabbah, fondateur de l’ordre des Assassins, la secte la plus redoutable de l’Histoire. Samarcande, c’est l’Orient de XIXe siècle et du début du XXe, le voyage dans un univers où les rêves de liberté ont toujours su défier les fanatismes. Samarcande, c’est l’aventure d’un manuscrit né au XIe siècle, égaré lors des invasions mongoles et retrouvé des siècles plus tard. » (rubrique Les livres sur http://www.aminmaalouf.org/)

mais aussi l’essai brillant Les Identités meurtrières (1998): « Partant d’une question anodine qu’on lui a souvent posée, Amin Maalouf s’interroge sur la notion d’identité, sur les passions qu’elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d’assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il, en cette fin de siècle, que l’affirmation de soi s’accompagne si souvent de la négation d’autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s’y côtoient n’ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d’origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l’Histoire qui condamne les hommes à s’entre-tuer au nom de leur identité ? C’est parce qu’il refuse cette fatalité que l’auteur a choisi d’écrire Les Identités meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d’inquiétude mais aussi d’espoir. » (rubrique Les livres sur http://www.aminmaalouf.org/)

Bon, c’est parti, maintenant il faudra que je consacre d’autres billets à d’autres écrivains que j’aime… La liste est trop longue pour que la tâche puisse être réalisée en un jour…

 

 




Un écrivain prend-il des vacances?

20 07 2011

Comment se passent les vacances de Tahar ben Jelloun? Découvrez-le lors de l’entretien accordé par l’auteur marocain à Bernard Thomasson, puis imaginez une séquence autour de ce bref document audio. Par exemple: les vacances, pour vous, c’est quoi? Qu’aimez-vous faire pendant les vacances? Lire, écrire, est-ce se reposer? Un écrivain prend-il des vacances? Pour vous, les vacances idéales, c’est… Ensuite, mise en scène d’entretiens radio autour du rapport singulierde chacun, réel ou inventé,  aux vacances…

Tahar ben Jelloun parle ensuite de sa manière de travailler… son rapport au traitement de texte à l’ordinateur… son café… l’absence de musique… les meilleurs moments de la journée…

De quoi lancer un débat sur les nouvelles technologies, les habitudes quotidiennes, les stratégies de travail, le rythme de la journée…

Sans oublier de faire découvrir l’oeuvre de ce grand écrivain contemporain!

 




Petites annonces…

10 05 2011
« Petites annonces » de Michel Butor
  1. Recherche ange voyageur pour liaison stable
  2. Propose incendies calibrés
  3. Offre métamorphose en toute espèce animale, retour à l’humain garanti
  4. Vend mèches toutes nuances
  5. Achète ruines ébauches et soupirs
  6. Loue temps perdu
  7. Donne le la
  8. Leçons de maintien en haute altitude
  9. Héberge échappés de poubelles
  10. Marie les cieux avec l’enfer

Ah, le détournement de textes, les profs en usent et en abusent… Mais j’ai trouvé ce poème de Butor tellement inspirant… Et puis j’ai fouiné, juste un tout petit peu, et je suis tombée sur une fiche pédagogique très complète. Comment résister à la tentation de vous en parler?

Ajoutons une piste ludique d’exploitation (niveau A1): les apprenants découvrent le poème en grand groupe, le savourent, le discutent, lisent entre les lignes, signalent la charge culturelle (qu’est-ce que « donner le la », par exemple). Puis, individuellement ou par équipes, ils choisissent en cachette l’une des dix petites annonces et rédigent une courte présentation de celui ou celle qui a rédigé l’annonce (une girafe qui vit dans l’Himalaya, pour la numéro 8? Un cousin de Harry Potter pour la 3?). Ils lisent ensuite leur production à la classe, qui doit essayer de deviner quelle annonce a inspiré le personnage.




La littérature par le jeu en classe de langue

6 05 2011
La page Facebook de Francparler consacre un billet récent aux textes littéraires en ligne et donne beaucoup de conseils pratiques pour trouver rapidement des textes.
Je vous engage à profiter pleinement de cette ressource et vous donne au passage deux idées de jeux que j’aime beaucoup:

L’histoire à trous

Il s’agit ici de faire retrouver le texte d’une histoire en devinant le mot non dit par l’animateur:
— Il était une fois une petite…
— Fille?
–Non.
— Princesse!
— Non.
— Poule?
— Une petite poule rousse. Elle vivait en compagnie d’un…
(pour découvrir le conte de la petite poule rousse, parfait pour travailler le récit mais aussi le lexique des animaux et d’autres objectifs encore, cliquez ici)
Le joueur ou l’équipe qui propose la bonne solution gagne un point. Ce jeu permet d’insister sur la cohérence, de mettre en évidence les retours dans la narration, de réactiver le lexique, d’explorer les possibles narratifs, de systématiser les valeurs et les sens des temps verbaux, etc (et de passer un bon moment ensemble). Il est conseillé de discuter sur les indices qui permettent de faire le bon choix.

L’histoire interrompue

Ici, il s’agit de faire durer le plus longtemps possible le récit lu par l’animateur, en lui posant des questions correctement formulées. L’animateur lit une histoire courte une fois, tandis que les joueurs chronomètrent le temps de lecture (qui doit être de deux à trois minutes). L’animateur parie ensuite avant combien de temps il réussira à raconter à nouveau l’histoire (par exemple, si la lecture initiale a duré deux minutes, il parie « trois fois deux minutes », « quatre fois deux minutes », tout dépend de la vivacité et du niveau de langue des apprenants), tout en répondant aux questions que poseront les joueurs à tour de rôle, à la manière des enfants qui demandent des détails sur une histoire. Mais les questions doivent être correctement formulées, être cohérentes avec le récit et ne pas se répéter… En général, les apprenants adorent jouer tous ensemble pour faire perdre l’enseignant…