Apprendre à compter et à dire l’heure avec le loup

25 07 2011

Un jeu très simple adapté aux tout-petits et aux grands qui aiment beaucoup jouer, trouvé sur le site Occuper ses enfants.

 

Quelle heure est-il ? Un jeu idéal pour les enfants qui apprennent à compter.

 Vous êtes le loup et vous êtes placé à une extrémité de la pièce. Votre enfant est l’agneau et il est placé à l’autre extrémité de la pièce. Votre enfant vous demande « Quelle heure est-il, monsieur le loup ? ». Vous répondez une heure au hasard et l’enfant doit avancer d’autant de pas vers vous. Par exemple, si vous dites « Il est 4 heures », votre enfant doit avancer de 4 pas. Lorsque l’enfant est assez proche de vous pour que vous ne vous épuisiez pas à courir après lui, vous répondez alors « il est l’heure de te manger, mon petit ! » et vous l’attrapez. Alors soit il devient le loup à sont tour, soit vous recommencez une autre partie à l’identique. Ce jeu peut évidemment se jouer à l’extérieur également.

En classe de langue, le prof animera la première partie, puis cèdera son tour à un apprenant. Il est également possible de faire jouer plusieurs « loups », qui ont reçu une carte avec une heure indiquée et que l’agneau interroge à tour de rôle: si l’heure n’est pas énoncée comme il faut, l’agneau n’avance pas. Le loup ayant annoncé l’heure de manger devient agneau lors de la partie suivante.

Pour travailler d’autres champs lexicaux, les questions peuvent changer: pour systématiser les parties du corps « Combien de bras, de pieds, de doigs as-tu? »…




Mes nouvelles acquisitions : 1000 mots

15 06 2011

Suite du compte rendu de ma virée ludique. À 4 CND (prix d’occasion), j’ai obtenu 1000 mots, jeu de mots et de lettres édité par Ravensburger et destiné à des joueurs de 7 à 12 ans (mais les apprenants de FLE un peu plus âgés  devraient jouer volontiers, surtout les adultes, à condition de bien présenter le jeu).

La boîte contient 20 cartes avec des catégories illustrées (aliments, vêtements, sports, etc.), une planche perforée (pour les lettres), 5 pions (un par joueur). Le jeu consiste à trouver des mots correspondant à la catégorie indiquée par la carte et commençant par une lettre de l’alphabet donnée. Le jeu se termine lorsqu’un joueur arrive en premier à la lettre Z. On doit répondre en moins de 20 secondes; autrement, le tour passe.

D’une simplicité désarmante (il s’agit finalement d’une énième variante du jeu de baccalauréat), ce jeu peut être très facilement adapté à la classe de langue (jeu par équipes de 2 à 6 personnes, soit 2 à 30 joueurs;  les lettres seront indiquées au tableau sur une grille dont on cochera les cases au fur et à mesure ; il faudra préparer des cartes-catégories adaptées au contenu visé).

Accessible dès le niveau A1, le jeu se prête aisément à de nombreuses adaptations, en jouant sur les catégories ou sur les cases qui permettent d’avancer (au lieu de l’alphabet, on utilisera par exemple des noms de pays, et dans les cartes-catégories on indiquera des éléments culturels dont « ville, plat typique, langue parlée », etc.). Il sert prioritairement la réactivation lexicale mais convient aussi, adapté, à un travail sur la grammaire, l’interculturel, voire le développement des compétences pragmatique, stratégique, orthoépique, etc. (ceux qui se demandent ce qu’est la compétence orthoépique n’ont qu’à cliquer ici ou à consulter le Cadre européen commun de référence).

Si vous mettez un peu de coeur à préparer un joli matériel attirant et original (par exemple, des perles à enfiler avec des lettres peintes dessus; des capsules décorées que vous distribuerez au fur et à mesure, etc.; les apprenants peuvent le fabriquer eux-mêmes…), vous parviendrez sans doute à passer un moment agréable et utile en révisant le vocabulaire et/ou l’orthographe et/ou les connaissances référentielles et/ou…




Comparer responsable

9 06 2011

En ces temps d’écocitoyenneté et de consommateurs avertis, air du temps dixit, pourquoi ne pas aborder en classe  de langue la comparaison en faisant examiner certains produits alimentaires? Vous pouvez partir de sites spécialisés tels:

http://www.suggestion-de-presentation.info

http://www.photononcontractuelle.com

photo non contractuelle de /wp-content/uploads/tomates_1.jpg v?ritable photo de /wp-content/uploads/tomates_2.jpg

Suggestion 1 (plutôt de l’ordre de la systématisation): vous apportez en classe des paires de photos  (imprimées ou sous forme de fichiers que vous affichez grâce au vidéoprojecteur, c’est encore mieux), soit le produit tel que présenté sur l’emballage et le produit réel. Vous donnez aux participants, organisés par équipes, trois minutes pour observer et comparer les images, puis rédiger le plus de phrases possible (« la meringue est plus blanche sur l’emballage », par exemple). Vous comptabilisez ensuite les points: un point par phrase correcte (du point de vue linguistique et référentiel), un point supplémentaire par phrase originale (non trouvée par le reste des participants) et, éventuellement, un point par comparaison retrouvée dans le texte (qui est présenté après le jeu).

Suggestion 2 (plutôt de l’ordre de la sensibilisation suivie de la conceptualisation):  vous présentez photos et textes, vous faites établir un corpus des mots et des structures qui permettent d’établir des comparaisons, vous faites rédiger des textes à partir de nouvelles paires de photos, vous les faites corriger entre pairs,  puis vous faites découvrir les textes correspondants.

Suggestion 3 (plutôt de l’ordre du réinvestissement): vous faites découvrir textes et photos, puis vous proposez aux participants de rédiger et illustrer des textes portant sur un autre thème de leur choix (par exemple, maternité souriante/maternité accablée, promesses électorales/réalités politiques après élection, fiançailles/divorce, starlette photoshopée/starlette « en vrai », DSK avant/après, etc.)




Livres d’énigmes

9 06 2011

Bon, assez parlé de jeux de société pour aujourd’hui. Mais pour vous permettre de mieux comprendre comment je vais ruinier mes finances si je continue sur le même chemin, permettez-moi de vous parler de l’autre article que j’ai ramené dans mes bagages: le livre d’énigmes! Depuis que je dois proposer tous les deux mois des tests et jeux pour la revue Le Français dans le monde, je suis (encore plus) friande d’idées! Les librairies offrent un large choix mais ce qui m’intéresse c’est moins les énigmes elles-mêmes que la possibilité d’en tirer des matrices pour fabriquer des énigmes à mon tour.

Et si vous essayiez? Prenez par exemple cette énigme-ci:

« Si ce n’est pas le lendemain de lundi ou le jour avant jeudi, que demain n’est pas dimanche, que ce n’était pas dimanche hier et que le jour après demain n’est pas samedi, et que le jour avant hier n’était pas mercredi, quel jour sommes-nous? » (Petites énigmes pour grands penseurs, Aartselaar [Belgique] Chantecler, 1996)

Trouvez d’abord la solution… Puis imaginez les variantes possibles et ses exploitations pédagogiques pour la classe. Par exemple:

  • Faire rédiger les énoncés pour chaque jour de la semaine, en suivant le même modèle.
  • Appliquer le même modèle aux mois de l’année (l’énoncé deviendra un tout petit peu plus long, vu qu’il y a seulement 7 jours mais 12 mois).
  • Appliquer ce modèle à une date historique (et alors, au lieu d’indiquer les années, on indique d’autres dates historiques, ce qui corse le niveau de connaissances référentielles exigées) ou à un jour précis de l’année.
  • Introduire des éléments interculturels, en faisant deviner des jours/des mois/des dates significatifs dans un contexte culturel donné.
  • Poursuivre la recherche de variantes: faire deviner une lettre de l’alphabet, une partie du corps, un titre dans l’oeuvre littéraire d’un auteur, un pays à partir de sa situation géographique, etc.



Jeu de lexique en ligne sur Kid malin

3 05 2011

Win Novation propose un portail de jeux éducatifs gratuits (niveau primaire) en ligne sur internet. Les jeux de lexique pour la classe de français peuvent intéresser des apprenants FLE: il s’agit de retrouver les lettres manquantes d’un mot (une illustration est prévue comme indice). 17 champs lexicaux sont disponibles, appartenant pour la plupart aux niveaux A1-A2.




Le dernier sera le premier: décrire

9 04 2011

Mon ami, collègue et ancien étudiant Rodrigo m’a fait parvenir des propositions de jeux qu’il soihaiterait appliquer dans sa classe, en me demandant mon avis. Je lui réponds ici, en espérant que vous pourrez ainsi profiter de cet échange.

Sa première proposition porte sur la matrice du jeu Le dernier sera le premier.

Dans ce jeu, à partir d’un document bref dont les participants prennent connaissance en un temps limité, les joueurs sont appelés à se remémorer à tour de rôle le plus d’éléments possible. Le dernier joueur à pouvoir citer un élément pertinent remporte la partie.

Dans cette variante, qui a pour objectif de permettre aux apprenants de systématiser le vocabulaire de la description physique et des vêtements, on va suivre la démarche suivante:

On montre aux apprenants l’image d’un personnage pendant 20 secondes. Ensuite, organisés par équipes de deux ou trois, ils devront dire à tour de rôle une phrase permettant de décrire l’image: « Il/elle est blond(e)/brun(e)/mince… », · »Il/Elle porte… », « Il/Elle a les yeux… », « Ses cheveux sont… », « Son pantalon est… (couleur) », etc. Une même équipe ne peut pas proposer deux énoncés à la suite et il faut que tous les membres de l’équipe parlent.

La phase de production dure 2 minutes. C »est l’équipe qui a prononcé la dernière  phrase qui remporte le point. On passe alors a une autre image.

Si on utilise cinq images, le jeu aura duré en tout à peine plus de 10 minutes, et les apprenants auront pris la parole plusieurs dizaines de fois, en réutilisant pratiquement tout le vocabulaire…

Allez, je vous mâche le travail en vous fournissant quelques images pouvant servir à mettre ce jeu en place… à vous de choisir celles que vous préférez (ne prenez pas que des minces et blonds…). Vous pouvez aussi trouver des images dans les magazines papier, ou demander aux apprenants d’apporter leurs propres images.

http://www.tendances-de-mode.com/dotclear/images2/Mode-135.jpg

http://www.journal-du-design.fr/wordpress/wp-content/uploads/2009/07/vest-ul41.jpg

summer-20101http://mode-luxe-homme.com/wp-content/uploads/2009/10/summer-20101-1024×713.png

http://www.topfouine.com/questions/questions/images/422-vetement-enfant.jpg

http://www.modepourenfant.fr/wp-content/uploads/2008/12/veste-chapeau-garcon.jpg

http://www.linternaute.com/femmes/luxe_mode/0601mode-ado/diaporama/images/roxy.jpg

T-shirt et pull col roulé de Lulu Castagnettehttp://www.linternaute.com/femmes/luxe_mode/0601mode-ado/diaporama/images/lulucastagnette.jpg

Sweat et pantalon "battle" de Quicksilverhttp://www.linternaute.com/femmes/luxe_mode/0601mode-ado/diaporama/images/quicksilver.jpg

Ali Larter, très rousse, à Los Angeleshttp://www.purepeople.com/media/ali-larter-tres-rousse-a-los-angeles_m296485

http://www.vivelesrondes.com/wp-content/uploads/2008/06/46etplus.jpg

http://imworld.aufeminin.com/manage/bloc/D20101213/Mode-ronde-111734_L.jpg

http://img.over-blog.com/500×750/3/01/97/36//Jibri-2.jpg

http://www.chismesitos.com/wp-content/uploads/2009/01/1_imgarticulo_t1_1445_2009116_153443.jpg

http://www.farandula.co/wp-content/uploads/ULISIS-GONZALEZ.jpg

http://2.bp.blogspot.com/_EDoARM14VLw/RnYlNXg8E5I/AAAAAAAAACw/_j1xazGRGgc/s320/Ferre.jpg

Vous trouverez plus de détails et de variantes pour la matrice Le dernier sera le premier dans mon livre Le Jeu en classe de langue (CLE International, 2008).

La proposition de Rodrigo était la suivante (en italiques, mes commentaires):

« Objectif général des jeux : Évaluation (en général, je préfère éviter de mélanger des genres et donc d’évaluer à travers un jeu; les activités ludiques sont très utiles pour l’évaluation formative mais, dans ce cas, elles peuvent être pleinement intégrées à la séquence. Vous aurez remarqué que pour ma part j’ai attribué à l’activité la phase de systématisation).

Jeu : Le dernier sera le premier. (OK)

Objectif de jeu : Dire les plus phrases possible. (Il vaut mieux éviter de parler d’objectif du jeu et dire but du jeu. Par ailleurs, le but n’est ici pas de parler le plus, mais d’être le dernier à prendre la parole…)

Objectif pédagogique : Décrire le visage, le corps et les vêtements. (L’objectif n’est pas de décrire mais de systématiser le vocabulaire permettant de décrire; voir mon billet sur la confusion récurrente entre objectif et activité mise en oeuvre pour atteindre cet objectif; les auteurs de manuels choisissent souvent ces formulations elliptiques pour des raisons éditoriales mais en tant que profs il vaut mieux les éviter pour ne pas alimenter la confusion).

Limite : 10 phrases ou 5 minutes. (On n’est pas sûr que des apprenants de niveau A1 sauront parler pendant 5 minutes ou trouver 10 phrases différentes; je préfère quant à moi accélerer le tempo en donnant uniquement 2 minutes, ce qui laisse tout de même le temps de parler une dizaine de fois)

Matériaux : Des photos. (Il faudrait préciser combien et quel type de photos; j’ai essayé de le faire plus haut). »




Objectif pédagogique = compétence = activité langagière de communication = but du jeu?

3 04 2011

J’ai eu le plaisir d’assister hier à l’Alliance Française de San Angel à l’atelier animé par Céline Himber, auteure avec ma chère amie Marie-Poletti d »un nouveau manuel pour les ados qui semble très bien fait.

L’atelier ayant pour titre «Quelles activités ludiques et quels jeux en classe ?», je me devais d’aller découvrir de quoi il retournait… J’ai trouvé l’atelier intéressant et bien organisé, et les pistes proposées prometteuses. Au fil de la séance, j’ai pris quelques notes à propos de divers sujets que je souhaitais partager avec les lecteurs de ce blog. Le premier d’entre eux concerne la confusion récurrente entre objectif pédagogique, compétences sollicitées, activités(s) langagière(s) sollicitée(s) et but du jeu. J’ai pu constater cette confusion notamment dans les propositions élaborées par les participants, et elle est également récurrente entre les stagiaires lors de mes propres ateliers.

Cette question mériterait tout un article que je n’ai pas aujourd’hui le temps d’écrire (mais je vais y travailler, promis). Je me contenterai donc de quelques coups de pinceau (en vrac, qui plus est), à vous de retoucher l’esquisse et de compléter le tableau.

Idée centrale: pour qu’un jeu marche en classe (mais cela vaut aussi pour les activités non ludiques), il est indispensable que le professeur ait un objectif pédagogique clairement formulé. Sinon, on pourra passer un moment sympathique, mais le bénéfice pédagogique sera faible ou aléatoire (aller boire un verre avec ses étudiants, ça détend aussi l’ambiance et peut briser la glace, mais n’a pas d’objectif précis et n’est pas une activité appréciée/souhaitée/possible pour tous les profs…). Les compétences et les activités langagières seront toujours au rendez-vous, mais il faut se demander systématiquement quel lien elles gardent avec l’objectif.

L’objectif pédagogique exprime par un verbe d’action (et donc à travers un comportement observable) ce que les apprenants devront être capables de faire au terme de la séquence: identifier les principales parties du corps, compter à voix haute jusqu’à 100, parler de son emploi du temps, exprimer à l’oral et à l’écrit ses goûts et préférences, etc. (si j’entrais dans le détail, il me faudrait parler d’objectifs généraux, spécifiques et opératoires, mais restons-en là pour l’instant).

Pour atteindre cet objectif, diverses compétences générales et langagières (dont les compétences linguistiques) peuvent être sollicitées, tout comme diverses activités langagières de communication. Vaste débat aussi, le changement terminologique par lequel les anciennes quatre compétences deviennent des activités langagières de communication! Il me faudrait vous écrire un livre pour démêler tout cela.

Je vais me contenter de dire que, pour identifier les parties du corps, il va bien falloir que les apprenants aient une connaissance préalable de l’anatomie (comment identifier une oreille si on ne sait pas ce que c’est? et l’aine, la tempe, l’occiput ou le jarret, est-ce que tous les profs de langue savent où ces parties du corps se trouvent?): il s’agit là d’une compétence générale. Va entrer également en ligne de compte leur bagage culturel: on ne parle pas dans toutes les cultures avec la même aisance de toutes les parties du corps, on ne les identifie pas de la même manière (par exemple, les reins désignent en français d’abord la partie inférieure du dos et en deuxième acception des organes sécréteurs glandulaires, d’après le dico, tandis qu’en espagnol les deux acceptions existent aussi pour riñones mais elles inversent leur hiérarchie). Savoir et accepter que les langues découpent la réalité de manière différente relève aussi des compétences générales et langagières. Mon objectif peut viser le développement de certaines compétences générales ou langagières (comme par exemple prendre conscience de la diversité des visions du monde véhiculées par les langues) mais la ou les activités mises en oeuvre pour y parvenir vont faire entrer en ligne de compte d’autres ompétences générales ou langagières qui seront parfois des moyens, et parfois des fins.

Il en va de même pour les activités langagières de communication (réception de l’oral, production orale en continu ou en interaction, réception écrite, production écrite, médiation, communication non verbale). Pour réaliser ce que je leur demande de faire en classe, il va falloir que les apprenants écoutent, parlent, discutent, lisent, écrivent, expliquent à autrui, miment, etc. Je peux avoir pour objectif de développer l’une des ces activités langagières de communication (rendre la prise de parole plus aisée, enrichir les stratégies de lecture, etc.) mais elles peuvent aussi être simplement un moyen, et non une fin en soi.

Bref, il ne faut pas confondre ce que je souhaite en tant que professeur que les apprenants soient capables de faire et ce que je leur demande de faire pour y parvenir! Quand je demande à un apprenant de m’indiquer où est sa tête, je vérifie qu’il associe le mot « tête » à la partie du corps correspondante, mais mon objectif n’est pas qu’il sache dire où est sa tête: mon objectif est qu’il puisse par exemple comprendre quand quelqu’un dit « dessine une tête » ou qu’il puisse dire ou écrire « j’ai mal à la tête ».

Et, finalement, si je choisis l’approche ludique, il ne faut pas confondre ce que les apprenants devront être capables de faire (objectif pédagogique) et ce que les joueurs se fixent pour but (but du jeu).

Un petit exemple récapitulatif pour terminer ce billet (d’autres suivront, je l’espère, surtout si par vos commentaires vous manifestez votre intérêt).

Imaginons un jeu de loto avec les parties du corps, où le professeur a distribué des planches avec 12 parties du corps illustrées . Il a réparti sur les planches les 24 parties du corps qu’il a préalablement choisies de telle manière que chacune de ses 24 planches  soit différente. (Si j’ai le temps et si vous me le demandez [ha ha, j’ai une idée fixe: vous lire!], je vous proposerai bientôt les planches).

Le prof va donc demander aux joueurs d’identifier la partie du corps qu’il nommera à l’oral  et de poser leur pion sur la case correspondante; le premier joueur a compléter une ligne horizontale, verticale ou diagonale aura gagné, à condition de répéter à voix haute le nom des images qui lui ont permis de remporter la victoire.

L’objectif de ce jeu: que les apprenants soient capables de reconnaître et de nommer à l’oral les 24 parties du corps retenues pour le corpus.

Les compétences sollicitées: capacité à comprendre des consignes de jeu, capacité d’écoute, capacité de concentration, capacité à interpréter des images, connaissance de l’anatomie, connaissance du jeu de loto, capacité à prendre la parole en public, capacité de gérer la frustration d’avoir perdu pour tous ceux qui ne gagnent pas… parmi bien d’autres. Aucune d’entre elles n’est en soi un objectif dans cette version-là du jeu, mais avec de légères variantes on pourrait les inclure. Imaginons par exemple que nous adoptons une approche multidisciplinaire et que nous avons fait préparer les planches par les élèves eux-mêmes, avec la collaboration du prof de dessin: on va alors avoir aussi pour objectif la capacité à s’exprimer graphiquement et à faire comprendre ses dessins figuratifs par les autres…

Plusieurs activités langagières interviennent: réception de l’oral et production orale en continu, notamment (avec éventuellement interaction, au moment de discuter les règles du jeu). Elles ne sont pas au centre non plus, car mon objectif est plus linguistique que communicatif.  Mais elles sont quand même mises en valeur grâce au jeu, car au lieu de demander bêtement aux élèves de répéter après moi ou de montrer du doigt la partie correspondante, je transforme mon activité en tâche en lui assignant un but ludique. Ici, l’oral est à l’honneur. Si ce que je veux, ce n’est pas que mes élèves reconnaissent à l’oral mais plutôt qu’ils sachent écrire le nom des parties du corps, je changerai de jeu (par exemple, au lieu d’une planche avec 12 cases, je distribue des planches avec un corps dessiné et 12 flèches placées différemment à chaque fois; au lieu de poser un pion, les joueurs écrivent la partie du corps désignée par la flèche: pour être déclaré gagnant, il faut n’avoir commis aucune erreur d’orthographe).

Les apprenants-usagers  ont quelque chose à faire, ils ont un but de jeu clair et précis: gagner et, pour cela,  être les premiers à compléter une ligne (ou à remplir les étiquettes fléchées) et à pouvoir énoncer les images qui leur ont donné la victoire (ou à écrire sans fautes d’orthographe). Mais mon objectif pédagogique n’est pas que mes élèves gagnent, mais bien qu’à travers les actions du jeu ils réalisent un apprentissage donné: c’est cet apprentissage qui se trouve formulé dans mon objectif. Et, pour y parvenir, les sujets-apprenants auront utilisé différentes compétences et auront fait appel à différentes activités langagières de communication.

En espérant avoir pu contribuer à clarifier un peu les choses, et bien à vous…




Encore des dés, toujours des dés…

17 03 2011

Comment vouslez-vous vous concentrer si dès que vous cherchez une info sur Internet vous trouvez quelque chose d’autre qui vous intéresse davantage? Moi, je suis toute contente d’avoir tout bêtement tapé « dados » (en espagnol) et avoir trouvé des dés à découper (que je ne cherchais pas). J’ai eu envie de partager cette trouvaille avec vous…

Pour voir le site correspondant au dé à seize faces, cliquez ici.

Pour voir le site correspondant au dé à vingt faces, cliquez ici.

Pour voir le site correspondant au dé à douze faces, cliquez ici.

Pour voir le site correspondant au dé des parties du corps, cliquez ici.

Pour voir le site correspondant au dé des animaux, cliquez ici.




Quizz au musée

5 02 2011

Il est loin, le temps où les professeurs conservions religieusement la brochure en français d’un musée pour la montrer à nos élèves (pas si loin, pourtant: j’étais déjà prof 🙂

Aujourd’hui, je lance ma première bouteille à la mer: que faire avec les visites virtuelles désormais rendues possibles par un moteur de recherche? Et bien, pourquoi pas un petit quizz concocté selon les objectits du jour, dans le genre combien de X il y a dans Z, de quelle couleur sont les Z de A, trouve un B entouré de C, etc?

Autres idées… Pour des débutants, ils vont faire un tour dans la galerie des portraits pour pratiquer la description physique; pour les intermédiaires, ils inventent un récit illustré à priori par de superbes tableaux; pour des avancés, ils visitent une expo d’art contemporain, choisissent leur oeuvre préférée et argumentent.

On pourrait aussi fabriquer ou faire fabriquer des corpus d’activités quotidiennes (par exemple, issu du célèbre tableau « Les tricheurs » de Georges de la Tour, « tricher »; danser par Botero, dessiner par Remedios Varo; dormir, par Tamara de Lempicka…), de parties du corps, d’animaux, d’idées abstraites (amour, guerre, liberté, etc.  ), puis jouer à des dizaines de jeux divers. Les jeux possibles n’ont d’autres limites que votre inspiration.

?