Fourier tableau miraculé

juillet 17th, 2019

Fourier, le tableau miraculé

Paris, bureau du premier consul, 19 pluviôse X (8 février 1802)

_ Fourier, Berthollet vous en a déjà informé. J’ai décidé de vous nommer préfet de l’Isère.
_ C’est que, citoyen général…
_ Je voulais vous voir avant que vous ne preniez vos fonctions.
_ Mais…
_ Et ne soyez donc pas timide. La fonction est délicate. Il y a là-bas un nid de suppôts d’Ancien Régime. Je compte sur vous pour me les attacher ou tout au moins, faire en sorte qu’ils ne nous encombrent pas.
_ …
_ Je n’ai aucun doute, vous réussirez. Imposez-vous ! Vous représenterez la France. Et d’abord, voyez avec Vivant Denon à ce qu’il vous commande un portrait auprès de David. Vous ne serez plus un petit professeur qu’à vos moments perdus… s’il vous en reste !

Paris, atelier de David, thimèle, duodi 22 pluviôse X (10 février 1802)

_ Monsieur David, il y a là un certain Fourier qui nous est envoyé par le gouvernement pour un portrait.
_ Encore ! C’est tous les jours qu’il s’en présente. Hier, c’était Antoine Français de Nantes qui est préfet de Charente. Lui, aujourd’hui, je ne peux pas m’en occuper. Envoyez-le à Gros ou à Gautherot, s’ils ont le temps.

_ Monsieur Gautherot ? Je viens d’être nommé préfet par Bonaparte et il souhaite que je dispose d’un portrait qui corresponde à cette fonction.
_ Hum…
_ Je dois partir bientôt.
_ En plus.
_ On peut sans doute reconsidérer l’affaire.
_ … Ecoutez, je vous propose de revenir la prochaine décade, début ventôse. Arrivez dès le lever du soleil, nous aurons une bonne lumière. Comptons deux séances de pose pour que j’ai les éléments indispensables ; vous serez ensuite libre de vos mouvements.
_ Je n’aurai plus besoin de poser ensuite ?
_ Non, je terminerai seul, mais à mon rythme. Je suis débordé d’ouvrage. Comptez six mois.
_ Et vraiment, cela suffira.
_ Oui, si vous n’êtes pas plus exigeant : vous disposerez d’un portrait façon portrait de famille… tiens… à la façon de celui-ci. C’est classique, cela ne se démodera pas. Plus fouillé, plus personnalisé, je ne peux pas, je n’ai pas le temps.
_ Mais…là ?… on ne voit guère les fonctions que j’exerce.
_ Vous allez à Grenoble m’avez-vous dit ?
_ Oui.
_ Il y a là-bas d’excellents ymageurs qui pourront s’inspirer de ma toile pour vous poser dans le décor de votre choix.

L’histoire des portraits que nous possédons de Joseph Fourier est très lacunaire ; pour en rendre compte, nous devons formuler des hypothèses qui seront peut-être infirmées si de nouveaux éléments apparaissaient. Pour l’heure, nous disposons de quelques éléments tangibles qui nous autorisent à ébaucher le récit qui fut suscité par une communication du service culturel de la ville d’Auxerre sur Facebook le 29 mars 2019.

Le tableau protégé par du papier japon.

Détail

Détail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joseph Fourier est nommé préfet de l’Isère en février 1802 (23 pluviôse X), il se présente à la préfecture de l’Isère le 17 avril 1802 (27 germinal) ; la préfecture reçoit des hôtes (des élus municipaux à des personnages parmi les plus illustres : le roi d’Espagne, le pape Pie VII….) or, Joseph Fourier est souvent absent de sa préfecture (soit à cause de ses fonctions, des missions demandées par l’Empereur, soit à cause de sa santé ou pour ses travaux personnels). Lorsqu’il reçoit un hôte, si le préfet est absent, son représentant peut s’en excuser et l’absence être moins mal ressentie si les excuses sont présentées devant un tableau représentant le préfet absent. Ces considérations ont certainement pesé dans la commande qui a été passée à Claude Gautherot et réalisée l’an XI.

[Il est plausible que l’œuvre ait été réalisée à Paris, dans l’atelier de Gautherot, elle a pu être mise en chantier dès le printemps 1802, sans nécessiter la présence du modèle tout au long de l’exécution. L’artiste a pu faire poser Fourier le temps de prendre les éléments de physionomie, esquisser l’attitude générale, les détails moins pertinents étant réalisés ultérieurement, par le maître ou par un de ses élèves, sans que le modèle soit présent. Fourier passe commande d’un portrait ‘standard’, comme doit en posséder tout personnage accédant à la fonction qui est la sienne dorénavant.] Sur ce tableau, Fourier est représenté debout, vu de face, la tête nue, vêtu de noir. Appuyé du bras gauche au dos d’une chaise, sur laquelle est jeté son pardessus, il tient ses gants de la main gauche. Le bras droit descend le long du corps.

Au cours de l’an XI (septembre 1802-septembre 1803) l’œuvre, une toile, peinte à l’huile, de 1,27 m sur 0,91m, est achevée, signée, et, pensons-nous, livrée à la préfecture de Grenoble.

Il est probable que ce premier ouvrage a été doublé d’un second qui nous est parvenu également : un tableau au pastel sur papier, de dimensions sensiblement égales à la toile peinte (1,17 m sur 1,08 m) qui n’est pas signé et représente Joseph Fourier en habit de préfet d’Empire. Les éléments iconographiques présents sur l’image (l’habit, les livres de l’arrière plan – Platon et Ciceron -, l’ouvrage ouvert de Newton, tenu dans la main de Fourier) indiquent que Fourier lui-même à précisé les éléments qu’il voulait y trouver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce pastel n’est pas signé : il est possible qu’il ait été réalisé d’après la peinture à l’huile soit à Paris dans l’atelier de Gautherot, soit ailleurs (à Grenoble ?) par un artiste missionné pour exécuter une interprétation plus orientée vers la communication que l’austère portrait peint à l’huile par Gautherot.

On peut supposer que les deux portraits 0nt été exposés dans les locaux de la préfecture de l’Isère entre l’an XI et 1815, départ de Fourier de Grenoble ; après quoi, Fourier a pu les emporter dans son nouveau poste, à Lyon, durant les Cent-Jours, mais on sait que début mai 1815, Fourier est considéré comme démissionnaire du poste de préfet du Rhône où il ne voulait pas appliquer le régime d’exception préconisé par le commissaire du gouvernement. Les deux tableaux ont pu suivre Fourier à Paris avec les effets personnels du préfet déchu et y rester en toute discrétion, le temps n’étant pas, sous la Restauration, à exhiber des souvenirs provocateurs rappelant le précédent régime.

Au décès du savant, le 16 mai 1830, Joseph, le fidèle serviteur hérite des quelques biens matériels laissés par Joseph Fourier. Quant à la  masse assez importante de papiers, Claude Louis Marie Henri Navier, ami de Fourier et son collègue à l’Académie des sciences de Paris, en devient le dépositaire. Pour le reste, sont seuls héritiers des arrérages de pension de Légion d’honneur (93,20 F), le frère consanguin, Etienne Joseph Fourier, domicilié à Auxerre pour un quart (23,30 F, payables à Auxerre) , et la nièce, Marie Jeanne Fourier épouse de monsieur Louis Claude Pierre Blanchin, employé au ministère des finances, demeurant à Paris, rue Culture Sainte Catherine, n° 46, pour trois-quart des biens (69,90 F payables à Paris)…

On peut penser que Joseph, le valet du savant et son héritier fut dépositaire de la toile et du pastel. Le pastel intégra les collections du Musée d’Auxerre en 1865 grâce à l’obligeance de Louis Blanchin, l’époux de Marie Jeanne Fourier. Pour la toile peinte, elle fut soit confiée par Joseph au frère consanguin de l’académicien, Etienne Joseph Fourier, soit confiée à la Ville d’Auxerre en souvenir de son maître, soit remise à Faillot lorsque, vers 1844, celui-ci rechercha de la documentation pour réaliser le monument pour lequel Gau de Gentilly légua 4 000 F qui furent complétés par une souscription.

1849 : la statue de Fourier par Faillot (1810-1849) est inaugurée à Auxerre.

1858 : livret de l’exposition des Beaux-Arts, imprimé à Auxerre chez Perriquet et Rouillé, p. 28, « 423. Portrait de Fourier par Gauthereau [sic], élève de David. »

Ensuite, les deux portraits se retrouvent dans les collections du Musée d’Auxerre où on peut les suivre :

1863 : Montceau, catalogue manuscrit
« Gautherot (Claude), élève de David, né à Paris en 1769, mort en 1825
16. Portrait du baron Fourier
fig jusqu’aux genoux, grandeur naturelle »

1865 :Legs du pastel par Louis Blanchin
Pastel d’un auteur anonyme, représentant Fourier en costume d’académicien [sic, lire plutôt : de préfet] – inventaire n° 1865.2.1 – mesure 117.7 x 107.7 cm. Il avait été légué au musée en 1865 par M. Louis Blanchin qui avait épousé une nièce de Fourier.

1866: livret de la deuxième exposition des Beaux-Arts, livret imprimé à Auxerre chez Perriquet, page 27
« Gautherot (Claude), élève de David, né à Paris en 1769, mort en 1825.
172. Portrait du baron Fourier.
(appartient au Musée). »

1872 : Catalogue des Beaux-Arts [du Musée de la Ville d’Auxerre], pp.19-20
« GAUTHEROT (CLAUDE), né à Paris en 1769, mort dans la même ville en 1825. (Ecole française)
Après avoir reçu de son père les premières notions de l’art et essayé avec succès le modelage du portrait, il entra en 1787 dans l’atelier de David, dont il fut l’élève et l’ami. Gautherot, qui ne put rester étranger aux agitations de son époque, vint dans le département de l’Yonne à la suite de Lepelletier de Saint-Fargeau. Plus tard, blessé d’un coup de feu en défendant la Convention le 13 vendémiaire an IV (octobre 1795), il résolut de se consacrer exclusivement à la peinture. A cette époque, il ouvrit une école sous le patronage de David et forma d’excellents élèves. Ses principaux tableaux sont : Marius à Minturnes (1796)[1]. Pyrame et Thisbé[2]. Convoi d’Atala (1810)[3]. Portrait de Davout. Portrait de Portalis. Napoléon haranguant ses troupes au passage du Leck (Prix de 1810). Napoléon blessé devant Ratisbonne. Entrevue des empereurs de France et de Russie à Tilsitt. Saint Louis pansant les malades. Saint Louis donnant la sépulture aux soldats de son armée, etc.
13. Portrait du baron Fourier.
H. 1,27 – L. 0,91 T. Fig jusqu’aux genoux, gr. nat.
Il est représenté debout, vu de face, la tête nue, vêtu de noir. Appuyé du bras gauche au dos d’une chaise, sur laquelle est jeté son pardessus, il tient ses gants de la main gauche. Le bras droit descend le long du corps.
Provenance inconnue.

Facsimilé extrait du catalogue de 1872.

Signé : GAUTHEROT, AN XI

1910 : Catalogue du Musée III peinture et sculpture, imprimé par l’imprimerie coopérative ouvrière « l’Universelle »
« 13. GAUTHEROT (Claude), né à Paris en 1769, mort à Paris en 1825, élève de David d’Angers. Portrait du baron Fourier (H. 1,27, L. 0,91).
Signature : Gautherot, an XI. [mention marginale manuscrite : 1858-2.1]

Les années 1950 n’étaient pas au souvenir de Fourier ; les Auxerrois étaient en passe de l’oublier (et cet état perdure encore en 2019, malgré les manifestations organisées en 2018 pour marquer le 250e anniversaire de sa naissance). Chez les scientifiques, Dieudonné et le groupe Bourbaki ignorent superbement l’œuvre de Fourier [trop axée sur la physique pas assez sur la théorie ?] et l’Encyclopedia Universalis ne lui consacre pas (encore) une entrée.

Le conservateur du Musée d’Auxerre de cette époque est chargé d’une mission impossible : avec des moyens chichement comptés, il doit empêcher la destruction des œuvres fragiles qui lui sont confiées. Certains avant lui l’ont tenté avec maladresse : papier scotch pour masquer les déchirures, mastic et verni pour les trous ; il opte pour recouvrir l’œuvre de papier japon ce qui lui garantit un sauvetage provisoire au prix de la disparition de l’image représentée. La peinture est oubliée. Les biographes de Fourier, Robert et Dhombres, n’en ont pas connaissance. Seul reste visible, mais rarement exposé à cause de sa fragilité, le pastel non signé attribué à Gautherot.

Au 250e anniversaire de la naissance de Joseph Fourier, on vit, en 2018, un groupe de savants, mathématiciens, académiciens, faire le déplacement jusqu’à Auxerre, pour honorer leur précurseur ; à l’approche de ces événements la Conservatrice s’avisa de demander une expertise pour la restauration du portrait à l’huile. L’entreprise est souvent hasardeuse. Ainsi, quelques années avant, deux conférences sur la vie de Fourier données en 2010 et 2011 devant l’U.T.B. d’abord, puis la SAMA par Daniel Reisz, avaient incité à entreprendre la restauration du pastel représentant Fourier en habit de préfet. Le pastel représentant Fourier en habit de préfet attribué à Gautherot a été effectivement restauré en 2014 sur une initiative de la Société des Amis des Musées d’Auxerre (SAMA), alors présidée par madame Arlette Halbout, qui s’est engagée à régler le devis proposé. La SAMA a effectivement réglé les 2 640,80 € correspondant aux travaux. La facture a été notoirement plus lourde : le devis a sur-estimé l’état du support et des matériaux (le portrait a été réalisé pendant le blocus avec des produits de médiocre qualité). Pour protéger l’œuvre il a fallu la doter d’un cadre et d’une vitre qui ne faisaient pas partie du devis.

En 2018, c’est Martine Lemot qui fut chargée d’expertiser la peinture et de proposer un protocole de restauration accompagné d’un devis. Voici ce qu’elle découvre :

« Toile XIXe fine à trame lâche et ouvert, complètement cuite, arrachée du châssis sur trois côtés, très déformée. Importantes lacunes de toile le long du bord inférieur (3 à 10 cm).
Plusieurs pièce au revers datant de plusieurs campagnes de restaurations différentes (scotch, cire…), très nombreux trous et innombrables microlacunes. Taches de colle et importantes traces d’humidité au revers, très for encrassement.

Châssis à clefs en bois résineux, cassé et désassemblé, entièrement vermoulu, à changer. »
« Peinture entièrement soulevée et recouverte de papier japon, tableau en cours de transposition spontanée. Innombrables lacunes avec écaillages et microécaillages, pertes de matières sur toute la surface et les bords.

Vernis fortement jauni, repeints probables, non discernables en l’état. »
La description est sans appel : c’est une sorte de miracle que l’on attendait de madame Lemot en lui soumettant la restauration de l’œuvre. Voici ce qu’elle écrit à l’issue de son travail :

« Inscriptions : A l’issue de la restauration, après vernissage, des inscriptions effacées sont réapparues dans l’angle inférieur gauche, partiellement discernables en lumière rasante naturelle et plus visibles sous ultra-violets. Nous ne disposons malheureusement pas d’une caméra infrarouge qui permettrait de les lire de façon claire.
On distingue GAUTHERS ( ? ou GAUTHIERS)

AN XII (?)

Nous ne pouvons déterminer s’il s’agit du nom du peintre ou du personnage représenté. »

 

 

Finalement, le parcours de cette toile aura suivi la même évolution que l’œuvre scientifique de Joseph Fourier : disparue, longtemps oubliée, elle réapparaît maintenant.

 

—–Notes—-

[1] L’œuvre de Gautherot ne nous est pas connue, par contre, Jean-Germain Drouais, autre élève de David, a traité le même thème.

[2] Le thème de Pyrame et Thisbé a été souvent traité dans divers arts.

[3] Sur ce site, on trouve une gravure de Lignon, d’après le tableau de Gautherot.

Sabix_2019

juillet 10th, 2019

Fourier

à l’Exposition 2019 de la SabiX

Fin juin 2019, comme il est de tradition, la SabiX a tenu son Assemblée générale annuelle et ce fut l’occasion de visiter au Mus’X, dans les locaux de l’École Polytechnique sur le plateau de Saclay, une exposition évoquant quelques grandes figures qui présidèrent à la création ou fréquentèrent l’école par la suite : l’X, l’equation du mérite.

Monge, Laplace, Fourier, Ampère, de Prony, Malus, Poinsot, Auguste Comte, Cauchy, Chabrol de Volvic.

 

 

 

 

 

 

Pour ce qui est de Fourier plus précisément, il est évoqué par le croquis de Dutertre, la peinture d’Eloi Firmin Ferron sur le thème des Funérailles de Kleber en Egypte, la présentation de la Description de l’Égypte et son rôle de préfet d’Empire (Fourier, Chabrol de Volvic et Costaz furent préfets d’Empire).

 

 

 

 

 

 

 

Sophie Germain, alias Antoine Auguste Leblanc, qui rencontra Fourier alors qu’il était secrétaire de l’Académie des sciences est, naturellement, aussi évoquée.

prix Atos Genci 2019

juillet 4th, 2019

Prix Atos-Joseph Fourier

Les lauréats 2019    

     Sur ce site, nous rendons compte, depuis plusieurs années (voir ici, ou ici), de l’attribution du Prix Joseph Fourier, patronné par la société Atos, aujourd’hui, en partenariat avec GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif). Ce Prix a pour objectif d’accélérer la recherche et l’innovation en récompensant des travaux tant en simulation numérique qu’en intelligence artificielle (IA). Année après année, l’énoncé des sujets de recherche abordé par les lauréats donne une bonne idée de la recherche dans ces domaines où les méthodes sont particulièrement pertinentes pour progresser.

Sophie Proust, Directrice de la Technologie du Groupe, Atos et Philippe Lavocat, Président Directeur Général de GENCI, ont présidé la cérémonie qui s’est déroulée le 3 juillet 2019 à Paris en présence de nombreux représentants de la communauté scientifique française, chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs. Le jury, composé de personnalités indépendantes, représentantes du monde scientifique et industriel français, a désigné les lauréats suivants :

Simulation numérique

1er prix (10 000 €) : Le Professeur Elie Hachem et son équipe des Mines ParisTech pour ses travaux sur le maillage anisotrope parallèle et les méthodes immergées en mécanique numérique à haute-fidélité. Ces outils de modélisation sont 100 à 1000 fois plus précis que les outils actuels dédiés en particulier à la mécanique des fluides. Ils permettent une compréhension très fine du comportement des fluides complexes et accélèrent ainsi la découverte de nouveaux phénomènes physiques. Ces outils de modélisation sont déjà utilisés à grande échelle sur les supercalculateurs les plus puissants de la planète, ainsi que par plus de 500 industriels – dans le domaine de l’aéronautique notamment – pour accélérer les cycles de conception-industrialisation.

Le second prix (200 000 heures de temps machine sur des supercalculateurs de GENCI) distingue Dominique Aubert et son équipe de l’Université de Strasbourg, du CNRS et de la Scuola Normale Superiore en Italie pour leur logiciel GARLHYC (GAlaxies and Reionization simuLations using HYbrid Computing). Ce logiciel est optimisé pour permettre, avec les moyens de calcul haute performance actuels, de simuler les premiers milliards d’années de vie de l’univers, et notamment la formation des premiers objets massifs comme les galaxies. Il est déjà utilisé à très grande échelle sur certains des supercalculateurs les plus puissants qui existent aujourd’hui.

Intelligence artificielle (IA)

1er prix (10 000 €) récompense Pierre Yves Oudeyer, directeur de recherche à l’INRIA Bordeaux, pour son projet sur l’apprentissage automatique autonome. Ses algorithmes de machine learning étudient les fondements de la curiosité humaine pour créer de l’auto-apprentissage générique d’intelligence artificielle. Ils peuvent s’appliquer à un grand nombre de domaines, parmi lesquels : les méthodes d’enseignement et d’apprentissage, l’industrie 4.0 et la robotique, et plus généralement les intelligences artificielles distribuées et coopératives du futur.

 

Le Prix spécial GENCI (50 000 heures GPU sur le supercalculateur Joliot-Curie de GENCI) distingue Filippo Vicentini et Alberto Biella, de l’Université Paris Diderot, qui ont développé un algorithme qui fait le lien entre l’IA et la physique quantique, et décuple ainsi les capacités de simulation des futures générations d’ordinateurs.

 

 

 

Sophie Proust a déclaré : « C’est vraiment passionnant de voir des projets d’une telle qualité dans les domaines du calcul haute performance et de l’intelligence artificielle, et je tiens à féliciter l’ensemble des scientifiques et chercheurs pour leur travail acharné et leurs idées innovantes. Chez Atos, nous sommes fiers de soutenir les innovations qui mèneront à des applications industrielles tangibles. » Philippe Lavocat a ajouté : « GENCI est très heureux de s’associer au Prix Joseph Fourier qui permet de valoriser l’excellence scientifique et son impact dans la société. En tant que membre du jury, je considère que les dossiers sont, une fois de plus, de très haute qualité scientifique, dans les deux catégories, simulation numérique et IA. GENCI souhaite ainsi offrir aux chercheurs français un accès à ses meilleurs supercalculateurs, dont la nouvelle extension du supercalculateur Atos – Joliot-Curie hébergée au Très Grand Centre de Calcul (TGCC) du CEA, et qui passera à plus de 20 petaflops en 2020. »

Fourier et la 5G

juin 21st, 2019

Fourier et la 5 G

     Les informations concernant Joseph Fourier sont dispersées entre plusieurs domaines ordinairement disjoints : histoire, sciences, recherche…  Nous nous efforçons sur ce blog de rassembler, présenter et suivre ces différents domaines parallèlement pour alimenter la réflexion de ceux qui s’intéressent à Joseph Fourier.

Centré sur l’information du numérique, nous avons déjà signalé sur ce blog le site Interstices . Ce site, sous l’égide de l’INRIA publie, en cette fin juin 2019 sa cinquième newsletter et présente un dossier Fourier qui renvoie à 11 fichiers, à savoir :

  1. Qu’est-ce que Fourier peut nous dire aujourd’hui ?
  2. Lire la partition de la nature grâce au programme de Fourier
  3. Le traitement du signal au cœur de la science et de notre vie quotidienne
  4. De Fourier à la reconnaissance musicale
  5. De Fourier à la compression d’images et de vidéos
  6. De la transformée de Fourier à l’imagerie médicale
  7. Les oscillations de Joseph Fourier ou l’histoire imagée d’un savant engagé
  8. Démixer la musique
  9. Au-delà de Fourier, un monde qui vibre
  10. La décomposition en séries de Fourier
  11. L’héritage de Fourier 250 ans après

A ces onze fichiers, on doit ajouter maintenant l’article concernant les recherches pour appliquer les méthodes de Fourier à la 5G. Ce domaine est encore l’objet de travaux et de recherches visant à optimiser la gestion de plusieurs flux.

Y sont présentées les recherches sur les techniques de Fourier qui ont permis le plein essor de la technique OFDM [Orthogonal Frequency Division Multiplexing, inventée et appliquée depuis le milieu des années 1980] qui est maintenant mûre et utilisée dans la plupart des systèmes de télécommunications : 4G, 5G, Wifi (sauf première génération) ou encore TNT. Bref, sans la transformée de Fourier, on se serait arrêté à la 3G, à la première version du Wifi et nous n’aurions pas de télévision numérique hertzienne.

 

Dans des applications prospectives, on imagine des allocations de spectre entre flux plus flexibles (et non comme les chaînes télé qui ont chacune une bande bien précise définie une seule fois) et s’adaptant instantanément à la charge du réseau, aux conditions de propagation. On parle alors de radio cognitive.

En effet, dans de nombreuses situations (câbles optiques sous-marins entre océans, communications à ultra-haut débit), alors que le nombre de niveaux croît énormément en raison du très haut débit, la puissance émise doit être fortement augmentée afin de limiter la confusion entre les niveaux des symboles. La fibre change alors de comportement et n’est plus un filtrage linéaire, ce qui rend l’utilisation de la transformée de Fourier peu intéressante. Des travaux intenses en mathématiques tentent d’étendre les principes de Fourier dans le but de trouver des variables à travers des transformations qui ne se mélangent pas malgré un filtrage non-linéaire. On parle alors de transformée de Fourier non-linéaire, même si les équations induites sont très différentes de la transformée de Fourier conventionnelle.

 

mercredis culturels de Joseph Fourier

février 14th, 2019

Les mercredis culturels de Joseph Fourier

     Le mercredi 13 février 2019, la préfecture de l’Isère renouait avec une tradition plus que bi-centenaire : rassembler un public soucieux de culture. Pour l’occasion, le Président de la Société Joseph-Fourier, Tadeusz Sliwa, a fait le déplacement d’Auxerre à Grenoble. Il s’agissait en effet d’évoquer les mercredis culturels de la Préfecture de l’Isère du temps du mathématicien-physicien Joseph Fourier. Au cours de la soirée, un hommage a été rendu à Jean-Bernard Robert ; puis le mathématicien Jean Dhombres est intervenu sur le thème principal de la soirée. De nombreux aspects peu connus de Fourier furent abordés : sa maturité scientifique à 12 ans, sa philosophie des sciences (philosophie naturelle) qui inspirera Poincaré, ses propos à Napoléon sur la paix et l’utilisation des mythes, ses conceptions philosophiques préparant la laïcité, la culture comme politique, une critique visionnaire de Kant, l’éveil des talents et la constitution des « réseaux » de l’X, la capacité d’innovation de l’Université, une réforme de l’enseignement en résonance avec des questions d’actualité, etc.

Cette soirée fut l’occasion pour Hervé Pajot d’offrir une BD Fourier à Monsieur le Préfet.

Au cours du buffet qui a suivi les échanges se sont prolongés entre les participants avec Marie-Christine Bordeaux, Philippe Duparchy, Alain Fontaine, Monsieur le Préfet de l’Isère…

 

Voir aussi ici.

Nouveautés Fourier

janvier 29th, 2019

Nouveautés Fourier 2019

 

La tendance se confirme, Fourier, s’il ne fait pas la une de la presse People, est tout de même l’objet de nombreux articles dans des publications sérieuses.

Au chapitre des publications traditionnelles :

Le 154e volume de la SSHNY est paru.

En ce début d’année 2019, la Société de Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne publie le 154e volume de son Bulletin qui porte sur l’année 2016. Avec en couverture le portrait de Gautherot du Musée d’Auxerre, il s’ouvre [p.15 à 36] sur le compte rendu d’une conférence de Jean Dhombres (Centre Koyré, EHESS, Paris), sur « Ce que Fourier doit à Auxerre ».

 

 

Sur le Net, les sites qui évoquent Fourier continuent à s’étoffer :

A Le Mathouriste : depuis notre dernier passage sur son site, le Mathouriste est allé en Egypte chercher des illustrations, vérifier ses sources et suivre au plus près l’actualité d’hier et d’aujourd’hui concernant les trois années que Fourier y a passées. Voir Fourier l’Egyptien, l’éclatante réussite scientifique d’un fiasco militaire . Sur ce chapitre, il faudra du temps avant d’avoir mieux à proposer tant en matière de précision et de clarté des textes que de richesse de l’illustration.

Le Mathouriste a visité l’Institut du Caire.

 

B Le site piloté par INRIA, Interstices offre un dossier Fourier de plus en plus étoffé, qu’on en juge par les huit articles disponibles ce jour :

L’héritage de Fourier 250 ans après, par Christian Jutten [Une introduction au dossier.]

De Fourier à la reconnaissance musicale, par Gaël Richard, Sébastien Fenet, Yves Grenier [aujourd’hui –29/01/2018- cet article est inaccessible]

Lire la partition de la nature grâce au programme de Fourier, par Tadeusz Sliwa [Introduction à la vision philosophique de la science selon Fourier.]

La décomposition en série de Fourier, par Romain Joly [Des illustrations pour comprendre les séries de Fourier.]

Au-delà de Fourier, un monde qui vibre, par Patrick Flandrin [Des illustrations pour comprendre l’analyse temps-fréquence.]

Le traitement du signal, au cœur de la science et de notre vie quotidienne, par Patrick Flandrin [Le point actualisé sur signal et bruit.]

Qu’est-ce que Fourier peut nous dire aujourd’hui, Par Jean-Pierre Kahane (†) [Un article de 2014 par le regretté Jean-Pierre Kahane qui ne fut pas pour rien dans la reconnaissance qui est faite à Joseph Fourier aujourd’hui.]

Démixer la musique, par Antoine Liutkus & Emmanuel Vincent [Comment isoler le jeu d’un seul instrument de l’oechestre ? ]

‘Interstices’ un site piloté par l’INRIA

Fourier en videos

janvier 18th, 2019

Fourier movies

            Est-ce l’effet « 2018 = Fourier + 250 », le résultat de la progression des techniques de vidéo ou plus simplement l’évidence que Fourier est incontournable ? de multiples séquences vidéo permettent d’aller à la rencontre de Joseph Fourier.

 

 

Nous avons déjà rendu compte ici de l’initiative d’Hervé Pajot qui, en 8 minutes 30 secondes, présente Fourier à une jeune enfant.

 

 

  L’école polytechnique propo-se, en 3 minutes 22 secondes, un film mêlant prises de vue et images animées sur ce professeur des origines de l’école, auteur d’une œuvre scientifique majeure. C’est concis, convainquant et les Auxerrois, qui dans leur majorité méconnaissent et Fourier et son œuvre, ne tiendront pas rigueur aux auteurs d’ignorer que c’est à Auxerre et non à Grenoble que le jeune Fourier enseigna en sa prime jeunesse.

 

   Plus technique mais très visuelle et convaincante, une vidéo en anglais permet, en 20 minutes 56 secondes, d’accéder aux arcanes de la Transformées de Fourier et d’appréhender la distinction entre ‘description séquentielle’ et ‘description fréquentielle’ d’un signal.

 

 

   L’Université aussi participe de cet engouement et tente d’attirer l’attention de ses élèves littéraires sur le sujet ; nous apprenons qu’un cours en fac de lettre à Grenoble va étudier la BD Fourier comme vulgarisation scientifique réussie.

 

 

 

 

 

 

Encore un effort et Joseph Fourier, toujours méconnu de l’auxerrois moyen, sera présent à l’esprit des candidats bacheliers de toutes les sections.

Jeunesse de Fourier

janvier 14th, 2019

La jeunesse de Fourier,

revisitée,

par Jean-Charles Guillaume

Le coche d’eau, dessin de Lallemand, vers 1770.

Préparant sa contribution à un ouvrage biographique concernant Joseph Fourier, à paraître aux éditions Hermann sous la direction de Jean Dhombres, Jean-Charles Guillaume[1] est revenu sur la jeunesse auxerroise de Joseph dans un livret d’une soixantaine ne pages : « La jeunesse de Joseph Fourier à Auxerre (1768-1794) : une nouvelle approche ? »[2]. Dont voici l’introduction :

L’image de Joseph Fourier (1768-1830) pendant les vingt-sept premières années de sa vie est bien connue. Il naît à Auxerre, ville qui « a un aspect moyenâgeux », un « air antique et triste […] presque toute bâtie en bois », « d’une famille pauvre, mais estimable », chez des parents qui « ne savent que très peu lire et écrire ». Cet orphelin à huit ou neuf ans est le fils « d’artisans pauvres et vertueux », « un vaillant jeune homme, sorti de cette classe ouvrière, laborieuse, si féconde en âmes fortes et d’une trempe vigoureuse [monté], par son seul mérite, aux premiers rangs de la société ». Plus tard, « amené sur un autre théâtre », celui de la Révolution, il est de ceux qui croient que « le meilleur moyen d’empêcher ce fleuve bienfaisant de devenir un torrent dévastateur, [c’est] que les hommes éclairés et vraiment patriotes [dirigent] son cours ». Son rôle à la Société populaire et au Comité de surveillance lui permet « d’empêcher beaucoup de mal et de faire un peu de bien », mais, un peu plus tard, celui à Orléans lui fait risquer la mort :

« J’ai éprouvé tous les degrés de la persécution et du malheur. Aucun de mes adversaires n’a connu plus de danger et je suis le seul de mes compatriotes qui ait été condamné à mort. Cependant ils ont l’injustice d’oublier la terreur que j’ai éprouvée pour parler sans cesse de celle que j’ai dit-on inspiré. »

On lui reproche à la fois ses excès et sa faiblesse :

« [S’il sait] conjurer l’orage qui mena[ce] plusieurs têtes dans sa villes natale, il ne peut se soustraire lui-même à ses coups. […] Chargé […] d’une mission dans le département du Loiret […], et ayant, suivant sa coutume, tempéré par l’équité et la prudence, la rigueur des mesures qu’il [a] à exécuter, il [est] mis hors la loi […], réduit à se cacher, sans fortune, et ne repar[aît] au grand jour qu’après la révocation de la mesure arbitraire dont il [est] frappé. »

Cette image est-elle conforme à la réalité ? N’a-t-elle pas été construite par ceux qui ont prononcé son éloge après sa mort – François Arago, à l’Académie des Sciences, et Victor Cousin, à l’Académie française – et par leurs relais locaux comme Gabriel Mauger en 1837, le préfet, le maire, Philibert-Joseph Roux, Gallois et Ravin lors de l’inauguration de sa statue en 1848, Ambroise Challe en 1858, Emile Duché en 1871, Charles Moiset en 1893 ?

La réponse à ces questions passe par une analyse des vingt-deux premières années de la vie de Joseph Fourier, dont dix-huit passées à Auxerre, puis par celle des cinq années de la période révolutionnaire.

La maison Fourier de 1773 à 1778.

 

[1] Professeur d’histoire, auteur, récemment, de « De Lesseré à Soisson & James, Six générations de commerçants à Auxerre, 1759 – 1963 » et précédemment de « Guilliet », « Le travail de l’ocre dans l’Auxerrois : 1763-1966, une industrie rurale. » …

[2] Coédité par la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et la Société Joseph-Fourier.

La médiathèque Joseph Fourier

décembre 9th, 2018

La Médiathèque Joseph-Fourier

Rue Fourier, maison natale

Le 15 décembre à 14h, on inaugure sur le campus universitaire d’Auxerre (anciennement dit « Institut Universitaire d’Auxerre), avenue des Plaines de l’Yonne, la Médiathèque universitaire Joseph-Fourier. L’événement est placé sous la présidence du maire d’Auxerre, monsieur Guy Férez, président de la Communauté de l’Auxerrois.

 

 

 

 

Trois lieux d’Auxerre, baptisés à des périodes différentes, se réfèrent donc maintenant au savant Joseph Fourier :

1840 : la rue Fourier, auparavant, rue Notre-Dame

1968 : le lycée Joseph-Fourier, construit en 1963

2018 : la Médiathèque Joseph-Fourier

    Les circonstances qui ont présidé à ces nominations sont très différentes. En 1840, la commune d’Auxerre a tenu à honorer un de ses enfants, élu à la fois à l’Académie des sciences (1817) et à l’Académie française (1826), décédé récemment (1830). C’était le point d’orgue d’une carrière.

    En 1968, l’édification d’un nouveau lycée à Auxerre fut l’occasion de rappeler les mérites de l’auxerrois né juste 200 ans plus tôt. Ceux qui ont poussé à adopter ce patronage pour le tout nouveau lycée d’Auxerre connaissaient les mérites de l’inventeur de la physique mathématique ; il n’en allait pas de même de l’honnête homme. A cette époque, l’Encyclopédia Universalis ne disposait pas d’entrée au nom de Fourier et les séries de Fourier relevaient de la compétence de quelques spécialistes.

Entre 1968 et 2018, une révolution s’est produite. Les ordinateurs sont apparus, ont monté en puissance et se sont imposés partout. La puissance de calcul des appareils a permis de déterminer rapidement les coefficients de la transformée de Fourier des fonctions les plus diverses, ouvrant la voie à des développements technologiques inouïs : photographie numérique, téléphone cellulaire, imagerie médicale, débruitage… En 2018, les méthodes de Fourier sont devenues incontournables, les ordinateurs utilisent plus du tiers de leur temps à calculer des transformées de Fourier. La détection des ondes gravitationnelles n’aurait pu avoir lieu sans recours aux méthodes de Fourier. On s’est même avisé que Fourier avait théorisé l’Effet de serre dès 1827, ouvrant la voie aux études sur le climat dont le dérèglement commence à avoir des conséquences fâcheuses.

L’inauguration de la Médiathèque universitaire marque donc un jalon dans l’histoire de Fourier ; après, de son vivant, les doutes de ses confrères, son oubli pendant plus d’un siècle, son retour grâce aux ordinateurs, voilà Fourier prêt à entrer dans l’espace public et à être reconnu par le commun des humains qui ont maintenant dans leur poche et utilisent quotidiennement le fruit de ses travaux.

Le 17 décembre 2018, la presse locale a rendu compte de l’événement :

Photo YR 17 décembre 2018

UNIVERSITÉ : L’équipement inauguré samedi, sur le campus d’Auxerre

La bibliothèque Joseph Fourier est née

Le changement d’échelle est patent : d’un espace à l’autre, la bibliothèque du campus auxerrois est passée de 67 à 630 m².Installée jusque-là dans le bâtiment des Techniques de commercialisation, elle a intégré depuis le mois de juin les 1e et 2e étages de la Maison de l’étudiant. Un espace lumineux, au mobilier coloré, qui a tout de suite été plébiscité par les étudiants. « On arrive aujourd’hui à avoir 440 entrées par jour, c’est énorme par rapport au nombre d’étudiants présents sur Ie site. On ne s’attendait pas à de tels chiffres. Le lieu plaît beaucoup », indique Maryse Steinmetz, bibliothécaire responsable.

5 300 documents disponibles sur site

Ouverte du lundi au vendredi, la bibliothèque propose 5 300 documents sur son site mais 670 000 peuvent être empruntés dans le cadre du réseau des bibliothèques universitaires de Bourgogne. La bibliothèque se veut un lieu de vie, avec de nombreux espaces aménagés au deuxième étage : salle informatique, espaces de travail modulables, salle de cours et coin détente.

« Nous allons occuper cet espace, c’est un lieu qui se prête aux colloques et conférences », annonce Jean-François Fontaine, directeur du site universitaire d’Auxerre. La bibliothèque a été officiellement baptisée Joseph Fourier, samedi, en présence du maire Guy Férez et de Jean Dhombres, directeur d’études EHESS. Un moment particulier pour ce passionné de Fourier. « Il y a 25 ans, j’ai participé à l’inauguration de l’université de Grenoble qui s’est appelée Joseph-Fourier. Mais là, c’est encore plus émouvant car ça se passe à Auxerre, sa ville natale. »

Un site que beaucoup aimeraient voir intégré au parcours Joseph Fourier, à Auxerre.

Fourier en vidéos

novembre 26th, 2018

Fourier en vidéos

     De nombreuses initiatives ont fleuri qui ont marqué le 250e anniversaire de la naissance de Joseph Fourier, nous en avons rendu compte ici sur ce blog. Apparaissent maintenant, comme une sorte de contrepoint, des vidéos qui reprennent sous divers angles les sujets ramenés à la lumière au cours de cette année ; en voici deux, à titre d’exemples, dont nous avons eu connaissance cette semaine.

Sur You Tube, La vie de Joseph Fourier expliquée aux enfants :

En 8 min et demi, Hervé raconte Fourier à sa fille Isabella… dense, efficace, bien illustré, l’exposé s’en tient à l’essentiel en un beau condensé d’information. Hervé Pajot, enseignant à l’Institut Fourier de Grenoble, va à l’essentiel.

Capture d’écran de la vidéo d’Hervé Pajot

Sur Auxerre TV, l’expédition d’Égypte et Fourier

Une exposition sur l’expédition de Bonaparte en Égypte  est proposée à la Maison de l’écrivain Marie-Noël à Auxerre, par la Société des Sciences de l’Yonne. Alain Cattagni, président, raconte pour Auxerre TV cette expédition incroyable à laquelle a participé le scientifique auxerrois Joseph Fourier. Ceci n’est pas une série, mais une vidéo brute de 1 h 22 à consommer d’une traite pour les amateurs ou par morceaux pour ceux qui ont peu de disponibilité.

…vaincre l’Angleterre en ruinant son commerce avec l’Inde … Bonaparte souhaite accompagner la conquête militaire d’une expédition savante pour mieux connaître l’Égypte antique et moderne, mais aussi pour y «porter les Lumières». Si la campagne est un échec sur le plan militaire, c’est un incontestable succès scientifique. Un récit passionnant d’Alain Cattagni.

Alain Cattagni interviewé par Auxerre TV

A la radio :

J’ai dit deux vidéos, mais Fourier imbibe l’actualité puisqu’en lancement d’une semaine centré sur l’écologie et le dérèglement climatique, Mathieu Vidard, ce 26 novembre 2018, a mentionné Fourier comme le découvreur, en 1824, de l’effet de serre dans un édito présentant son émissionla Tête au carré’.

Mathieu Vidar s’intéresse au climat