Arago et Fourier

François Arago & Joseph Fourier

     Le 2 octobre 2017, est inaugurée une statue en bronze commémorant l’œuvre de François Arago (les détails de cette cérémonie sont sur ce site). Chacun peut maintenant retrouver, dans les jardins de l’Observatoire de Paris, cette réalisation contemporaine de l’artiste belge Wim Delvoye.

     Des membres de la Société Joseph-Fourier étaient présents lors de l’inauguration du monument ; deux raisons le justifient et justifient l’évocation de cet événement sur ce site. Tout d’abord, Arago est, avec Champollion, Victor Cousin qui, tous trois en ont témoigné, une source incontournable de la vie de Joseph Fourier qu’ils ont côtoyé et connu de son vivant. Ensuite, les monuments commémoratifs d’Arago et Fourier ont tous deux subi, en 1942, sous le régime de Vichy, les avanies de l’occupant qui a récupéré le métal des sculptures pour soutenir son économie en guerre.

Wym Delvoye

     Devant l’Académie, au décès de Joseph Fourier, c’est Arago qui prononce l’hommage du défunt. On trouvera sur le site du Mathouriste les éléments biographiques concernant Arago, immense scientifique, engagé dans la vie publique. Pour notre part, nous soulignerons les silences d’Arago qui, dans son discours funèbre, glisse pudiquement sur les séries et la transformation de Fourier : il semble bien que le potentiel et la polyvalence des méthodes de Fourier n’aient pas été perçus ; on manquait encore, en 1830, du recul nécessaire et Joseph Fourier lui-même avait anticipé cette difficulté : « l’analyse mathématique peut déduire des phénomènes généraux et simples l’expression des lois de la nature ; mais l’application spéciale de ces lois à des effets très composés exige une longue suite d’observations exactes. » [introduction à la Théorie de la Chaleur – 1822]

     En 1942, les effigies de Joseph Fourier, à Auxerre, et de François Arago, à Paris, furent fondues pour en récupérer le cuivre… il a suffi de 75 ans pour rétablir celle d’Arago après des études multiples qui aboutirent à la désignation d’un lauréat par un jury. Il faudra encore plusieurs années, sans doute, pour voir aboutir le projet équivalent à Auxerre, mais gageons que le CCSTIB qui s’est engagé dans cette voie y parviendra et la présence de Fourier aux Commémorations Nationales 2018 donnera un formidable élan à cette entreprise. La restauration du monument en l’honneur d’Arago a été l’occasion pour le Président de l’Observatoire de Paris, monsieur Catala et pour monsieur Lequeux, astronome honoraire à l’Observatoire de Paris, d’apporter leur soutien à la restauration du monument en l’honneur de Fourier.

     Le monument commémoratif est la marque du respect porté à une personne par ceux qui conservent son souvenir et apprécient la valeur des réalisations… parle-t-il au chaland qui passe devant au gré de ses pérégrinations ? Ce n’est pas très sûr. Il faudra encore du temps pour que cette notoriété parvienne à l’homme de la rue. Une auxerroise (de souche et cultivée) me disait récemment ignorer que la maison natale de Joseph Fourier se situait rue Fourier à Auxerre.

     Joseph Fourier, oublié en 1860, a cependant déjà retrouvé, depuis, auprès des spécialistes qui utilisent ses méthodes, la notoriété qu’il mérite. Il est aujourd’hui, de façon universelle, à travers les Séries de Fourier et la Transformations de Fourier le scientifique le plus cité… jusqu’au jour où Fourier devenant ‘fourier’, les étudiants oublieront que le F de TFD signifie Fourier de même que le second F de FFT, mais pour l’heure, ils sont nombreux les techniciens du son, de l’image, du traitement du signal, pour un citer qu’eux, à ne jurer que par Fourier.

     En attendant qu’un mathématicien pédagogue vulgarise pour le grand public les idées qui sous-tendent la Transformation de Fourier, il est toujours possible de suivre les péripéties de la vie de Joseph Fourier qui, elles, relèvent plus du romanesque que de l’abstraction.

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