Archive for the ‘activités associatives’ Category

fêter Fourier

mercredi, août 17th, 2022

Continuons à fêter Fourier

en 2024

     Quand l’avant-propos d’un ouvrage s’ouvre, à sa première phrase, par « Dans deux ans, nous fêterons (ou pas !) la découverte de l’effet de serre en 1824 par Joseph Fourier. », nous ne pouvons pas ne pas relever.

  Les lecteurs qui nous suivent savent combien, à la Société Joseph-Fourier, nous sommes attachés à rappeler l’œuvre du savant. Cette préoccupation n’est pas une lubie. Elle prend sa source dans le double constat de l’importance, de la modernité, de l’originalité, de la qualité logique de la pensée de Fourier d’une part ; de la méconnaissance de sa personne dans le public d’autre part.

     Nous avons rendu-compte sur ce site des deux dernières commémorations concernant Joseph Fourier : le 250e anniversaire de sa naissance (2018), le 200e anniversaire de la publication de son ouvrage majeur « la Théorie de la chaleur » (2022). D’éminents chercheurs, mathématiciens, scientifiques, savants divers se sont démenés pour exposer la filiation entre leurs études et les intuitions, travaux, publications originelles de Joseph Fourier… Force est de constater qu’ils ont souvent prêchés devant un public convaincu d’avance sans traverser la frontière d’indifférence qui les sépare de l’auditeur moyen.

Le bilan des célébrations passées

     Pour ce qui est du socle dur de la pensée de Joseph Fourier, les exemples de 2018 et 2022 indiquent que ce n’est pas par l’analyse des contenus scientifiques que Fourier gagnera en notoriété : ses travaux ne commencent à être abordés dans le cursus scolaire qu’à bac+2 ; ils apparaissent dans divers domaines, qui peuvent sembler déconnectés les uns des autres (tels la téléphonie, l’acoustique, la spectroscopie, l’imagerie…) pour ceux qui ne possèdent pas les bases de la théorie du signal ou tout du moins de la physique mathématique, et qui donnent lieu aujourd’hui, à des études de pointe au cœur des préoccupations des derniers prix Nobel et qui restent toujours exigeants. L’analyse harmonique n’est pas à la veille d’être publiée en feuilleton dans les tabloïds.

Alors, 2024, « fêter  » ?

     C’est « fêter » qui risque de poser problème : la phrase du début de cet article apparaît sous la plume de Jean-Marc Jancovici, qui a développé le concept de « bilan carbone » à destination des entreprises. Elle introduit « The shift project (climat, crises : le plan de transformation de l’économie française) »1. Rien qui prédispose à la fête.

Visionnaire, à sa manière, sans se départir de la mesure et d’avancer rien qu’il ne puisse démontrer, Fourier n’est pas un romantique soumis aux caprices de son imagination. Du décès de Joseph Fourier (1830) à aujourd’hui, en suivant les pierres noires posées par Claude Pouillet (1838), Eunice Foote (1856), John Tyndall (1859), Svante Arrhenius (1912), la presse de 1912, Syukuro Manabe et Klaus Hasselmann (2021) on aboutit à l’analyse actuelle donné par Jancovici.

Faut-il se glorifier que ce soit Fourier qui nous ait mis sur cette piste ? Oui, car comme ont pu nous l’enseigner nombre de philosophes ou scientifiques héritiers des lumières de la raison, ce n’est pas l’espoir mais la lucidité qui sauve !

1     11,90 €, 264 pages, Odile Jacob, février 2022

Fourier face à l’effet de serre

samedi, mai 14th, 2022

Fourier face à l’effet de serre

(actualité)

     Les lecteurs de ce blog savent que Joseph Fourier a étudié l’effet de serre ; nous en avons rendu compte dans un article de 2012. Le lecteur attentif de ce blog a depuis longtemps remarqué que ce blog renvoie au Mathouriste dès que les explications dérivent vers des concepts mathématiques trop pointus et naturellement, le Mathouriste lui aussi a traité de l’effet de serre ; si ma mémoire est bonne, c’était vers mi-2019, mais l’article a été mis a jour en 2021, lorsque les Prix Nobel ont été décernés cette année là.

     Vous aviez oublié ? Alors, si vous êtes inscrit à Toulouse, il vous reste une possibilité de rattrapage du 19 au 21 mai 2022 la CIIÉHM (1)…

tiendra son XXIVe colloque et au cours de ce colloque à l’Université Toulouse III, Paul-Sabatier, le vendredi 20 mai, Alain Juhel interviendra à 17 heures dans une conférence qui a pour thème « Fourier, de l’effet de serre à la spectroscopie : deux siècles pour le climat ». Trop tard pour vous inscrire (les inscriptions sont closes depuis le 3 mai). Cependant, si vous disposez d’une salle dans un coin de France et d’un public pour la remplir (dans le respect des conditions sanitaires), vous pourriez tenter d’inviter Alain Juhel (et, pourquoi pas, négocier un texte sans formules mathématiques). En effet, il ne sera pas seulement question, à l’amphi Fermat, de ressasser les vieilles lunes. Le résumé accessible sur la page du colloque nous a permis d’accéder à quelques éléments des propos que tiendra Alain Juhel :

« De la conférence Nobel 2021 au Canard enchaîné à l’occasion de la COP26, tout le monde le proclame : c’est Joseph Fourier le précurseur de la climatologie moderne en 1820.

Si la spectroscopie chimique fut inventée peu après (Kirchoff et Bunsen 1859), il fallut attendre encore un siècle pour un accès (relativement) commode aux signatures spectrales des composés chimiques, grâce à l’interféromètre de Michelson… et à la transformation de Fourier !

Relativement, car les ordinateurs, pourtant en plein essor (1960-70) étaient à la peine devant le volume des calculs. Tout change avec l’invention de la FFT (1964), et la miniaturisation aidant, de plus en plus de satellites embarquent des spectromètres infrarouges à transformée de Fourier, qu’il s’agisse d’étudier les atmosphères d’autres planètes ou les gaz à effet de serre de la nôtre.

Ce sont quelques jalons et protagonistes, connus (Bragg, Michelson, Cooley & Tuckey…) et moins connus (Duffieux, J. & P. Connes…) de cette histoire commune des mathématiques, de l’informatique et de la chimie que nous aimerions parcourir et faire découvrir. »

Alors ? Alain Juhel damera-t-il le pion au Matouriste ? Réponse le 19 mai 2022 à Toulouse !

(1) Pas de panique, vous avez le droit d’ignorer le petit nom de la Commission Inter Institut-de-Recherche-sur-l’Enseignement-des-Mathématiques d’Épistémologie et Histoire des Mathématiques, il est réservé aux familiers qui l’utilisent rarement et toujours en privé.

Tombeau de Fourier

mercredi, mars 30th, 2022

La tombe de Joseph Fourier

(par Alain Juhel *)

     Mars 2022, bonne nouvelle au cimetière du Père Lachaise (Paris): la tombe du grand mathématicien a été rénovée! A gauche, son état antérieur (avec une inclinaison due à un affaissement, comparez à la tombe juste derrière…), à droite, le résultat de la restauration, et au centre, le croquis original d’architecte, montrant la vue en élévation.

     Voici trois ans que la Société des Amis de Joseph Fourier, inquiète de l’état d’abandon, avait entamé les démarches de reprise de la sépulture. Mais un délai réglementaire de trois ans était imposé avant qu’on pût entreprendre la moindre chose. Peu de temps avant le deuxième constat, en septembre 2021, je [Alain Juhel*] retrouvai aux Archives de l’Académie des Sciences le dossier complet de projet du monument, incluant plan, devis, liste des souscripteurs (à voir sur ma page Fourier) que la Société a pu remettre à la Conservation du cimetière. La qualité de ces documents, saluée comme rare pour une tombe du XIXème siècle, a convaincu la Conservation d’une prise en charge des travaux, financés par la Ville de Paris.

     Il ne reste plus qu’à remplacer le buste… du docteur Chaussier, qui n’avait rien à faire là, par un moulage du buste de Fourier conforme au croquis, et dont quelques exemplaires (Auxerre, Grenoble, Ecole Polytechnique) permettront de parachever une restitution parfaite. Enfin, Fourier ne sera plus un (très!) illustre inconnu au Père Lachaise, à quelques mètres de la tombe (dûment signalée) de Jean-François Champollion, pour qui il avait joué le rôle d’éveilleur et de protecteur, en lui évitant la conscription qui, à l’occasion des guerres napoléoniennes, aurait risqué de priver la France de son génie décrypteur de hiéroglyphes.

     Il reste encore beaucoup de lieux de mémoire à créer ou raviver : sa statue fondue à Auxerre, à Paris une plaque au lieu de son dernier domicile et enfin une rue à son nom, un timbre commémoratif,… et jusqu’à une Panthéonisation amplement méritée -n’est-il pas le nom de scientifique le plus écrit dans le monde d’aujourd’hui?- Saluons ce premier pas, et espérons que les suivants ne tarderont pas trop…

affiche de chantier, que l’on pouvait lire sur place à la mi-mars 2022

* professeur de mathématique, membre de l’association Société Joseph-Fourier, il est le  signataire de ce post, initialement publié sur le réseau Linkedin.

Fourier chez lui

lundi, mars 21st, 2022

Fourier chez lui

      La SSHNY vient de publier, dans l’opus 156 de son bulletin, le compte-rendu de ses travaux pour l’année 2018-2019, illustré en couverture la reproduction d’une étude, de 1842, du peintre Eloi Firmin Féron, travail préparatoire au tableau du musée des Beaux-arts de Strasbourg, représentant Les Funérailles du général Kléber au Caire, Oraison funèbre de Joseph Fourier.

      Cette couverture annonce le compte rendu de la conférence, donnée le 6 octobre 2018, par le Président de la SSHNY, Alain Cattagni, p. 120 à 135, titrée « Jean Baptiste Joseph Fourier dans l’expédition d’Égypte, 1798-1801 ».

Le cadre

Le 6 octobre 2018, c’est devant une assemblée attentive, réunie dans les locaux légués par le poète Marie Noël qu’est prononcée la conférence d’Alain Cattagni. La maison, chargée d’histoire, où l’architecture, le mobilier, l’atmosphère, chaque objet, évoquent des temps anciens, très loin, qu’on croyait disparus, oubliés, mais qui restent, ici, bien vivants, n’est pas sans évoquer les quelques réunions de la Société d’émulation d’Auxerre à laquelle Joseph Fourier, en 1790-1791 participa avant d’être aspiré par la tourmente et projeté sur le rives du Nil, en 1798. C’est en quelque sorte chez lui (même si stricto-sensu il n’a pas fréquenté cette maison) qu’un épisode de la vie de Joseph Fourier est évoqué.

Le sujet

Du point de vue militaire, la campagne d’Égypte (juillet 1798-septembre 1801) ne fut pas une réussite : un chef, Bonaparte, qui revient en France secrètement, abandonnant, dès le 22 août 1799, ses armées aux bons soins de Kléber. Kléber assassiné, le 14 juin 1800. Le général Menou, qui bon gré, mal gré, prend les rênes jusqu’à l’organisation du départ du gros des troupes survivantes fin août 1801.

De ce fiasco militaire, l’équipe des savants fit un triomphe scientifique, les quelques 160 savants et artistes rendirent compte au monde entier de l’émerveillement qui les avaient saisis devant ce qu’ils avaient découvert au milieu des sables.

Joseph Fourier y prit sa place, toute sa place. Son expertise en mathématique ne l’aidant pas sur le terrain, il s’occupa donc du lien et de la communication, assurant tout d’abord la sortie des 116 numéros du Courier de l’Égypte, puis en convainquant les savants d’oublier leurs droits individuels pour participer à un ouvrage commun (1799-1801), en rassemblant leurs contributions (1800-1821) en organisant la publication de ce qui fut la « Description de l’Egypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’expédition de l’armée française », publié entre 1809 et 1830, avec au final, l’Empereur étant mort en exil, l’approbation du Roi !

Fourier est à sa place, mais pas inactif. Le poste qu’il occupe, en Égypte, l’amène au contact des instances dirigeantes ; Monge d’abord, qui lui laisse carte blanche pour choisir les élèves de l’École polytechnique et participe à sa nomination comme secrétaire de l’Institut du Caire , Bonaparte, qui se souviendra de ses qualités en le nommant, en 1803, préfet de l’Isère, un département qui n’était pas gagné aux idées nouvelles. Kléber, dont la disparition crée un vide d’amical  compagnonnage, avec qui, entre autre, il mûrira l’idée de la Description de l’Égypte. Avec qui aussi, il contribuera à régler le quotidien autant qu’à penser la construction d’un monde idéal comme il le précise dans le discours funèbre qu’il prononce le 17 juin 1800 : « Il [Kléber] s’est appliqué à régler les finances, et vous connaissez les succès de ses soins. Il en a confié la gestion à des mains pures et désignées par l’estime publique. Il méditait une organisation générale qui embrassât toutes les parties du gouvernement ; la mort l’a interrompu brusquement au milieu de cet utile projet. ». Menou qu’il accompagna pour négocier avec les anglais les conditions de l’évacuation.

Fourier utilise son charme naturel lors des négociations auxquelles il participe sachant prendre « dans le sens de l’épi » tant Mourâd Bey et Sitty Nefiçah que les Anglais William Richard Hamilton ou Hutchinson et le commodore Sidney Smith. Ce dernier jugeait charmante la compagnie de Fourier qu’il revit ensuite, fort amicalement, à Paris.

L’esquisse préparatoire au tableau, représentant Fourier en train de prononcer l’éloge funèbre du général Kléber, et qui a été reproduit sur ce calendrier de l’année 1903 édité par une entreprise strasbourgeoise (mis en ligne par Gallica)

Fourier et le Lautaret

mercredi, mars 2nd, 2022

 Fourier et le Lautaret

     Au cours de la période où il a été préfet, à Grenoble, Joseph Fourier s’est préoccupé de deux importants chantiers. D’une part, l’assèchement des marais de Bourgoin, d’autre part l’aménagement d’une route reliant Grenoble à Turin et passant par le col du Lautaret.

     Lors d’une précédente intervention devant la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne, Jean-Charles Guillaume a rendu compte de l’action de Joseph Fourier en ce qui concerne les marais de Bourgoin.

     Le samedi 5 mars à 16 h 30 il présente une intervention sur le thème «  Fourier, préfet de l’Isère et la route de France en Italie par le Lautaret » devant les adhérents de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne, 1 rue Marie Noël à AUXERRE. Ce thème n’a pas été spécifiquement traité sur notre site, ce sera donc l’occasion de découvrir les détails inédits que monsieur Guillaume est allé recueillir dans les archives de la préfecture de l’Isère.

Note : A notre connaissance, la SSHNY n’a pas encore de chaîne YouTube ; jusqu’à ce jour, la tradition est publier le texte des conférences dans les actes de la Société, au cours des années qui suivent. Pour les lecteurs impatients qui ne peuvent se libérer, il est possible de contacter Jean-Charles Guillaume pour qu’il réponde à leurs questions.

Une vue du col du Lautaret

Fourier et sa sépulture

vendredi, novembre 12th, 2021

Joseph Fourier, sa sépulture

     Nous l’avons rappelé dans le précédent article, 2022 est l’année du bi-centenaire de la publication de la Théorie de la Chaleur. Parmi les 52 commémorations retenues par le Service des anniversaires et commémorations historique « France Mémoire », parmi les 52 commémorations retenues, beaucoup de naissances et de morts, bien sûr, mais cinq rappellent des créations ou publications :

– La lecture des hiéroglyphes, de Champollion, 1822

– La Théorie de la Chaleur, de Fourier, 1822

 

 

– La Théorie ondulatoire de la lumière, de Fresnel, 1822

 

 

 

– Les Essais, de Montaigne, 1572

– Impression soleil levant, de Monet, 1872

 

Sur ces cinq, trois sont de la même année, et sont liées à Joseph Fourier. D’une part, les travaux de Fourier et Fresnel s’épauleront l’un l’autre, et leurs développements seront féconds. D’autre part, Joseph Fourier, préfet de Grenoble, a personnellement suivi et favorisé les études du jeune Jean-François Champollion (frère de son secrétaire Jacques-Joseph Champollion, biographe des Cent-Jours de Fourier).

Eh bien ! bonne nouvelle, la sépulture de Joseph Fourier sera rénovée l’année même de cet événement, en effet le 22 septembre dernier, le président de l’association Société Joseph-Fourier, Tadeusz SLIWA, son président d’honneur, Jean DHOMBRES, son sociétaire parisien, Roger MANSUY, et l’ancien président de la Société Mathématique de France, Stéphane SEURET qui suit de près les activités, étaient présents lors du second constat d’abandon de la tombe de Joseph Fourier au Père Lachaise. (voir ici un écho du premier constat)

La restauration de cette tombe, éclairée par les fouilles historiques du pilier du tourisme mathématique Alain JUHEL, pourra bientôt démarrer et aboutir au cours de l’année 2022.

Quelques détails son donnés dans un entrefilet de la revue « Quadrature » signé Roger Mansuy et l’historique complet sur le site du Mathouriste (tout au bas de cette page biographique, paragraphe : Quand Paris ne veut pas se souvenir…ou si peu! ).

2018 : premier constat de déshérence

Sabix honore Fourier

lundi, septembre 16th, 2019

La Sabix honore Fourier

     Dans le cadre des journées du patrimoine, la SABIX (société des amis du musée, de la bibliothèque et de l’histoire de l’Ecole polytechnique) organise les 21 & 22 septembre 2019, des balades-conférences dans les cimetières du père Lachaise et du Montparnasse.

Par un parcours ciblé dans ces lieux, il s’agira d’évoquer les vies et les œuvres de savants pour la plupart polytechniciens. Ainsi seront évoqués, entre autres, les parcours sociaux, politiques et scientifiques de Liouville, Galois, Le Verrier et Poincaré au Montparnasse, et ceux de Monge, Laplace, Fourier et Terquem au père Lachaise.

Tout au long de ces incursions thématiques, il s’agira de s’interroger sur les conditions de la production des connaissances et sur les connaissances elles-mêmes à une époque donnée. Des compléments bibliographiques, pour aller plus loin, seront proposés en fin de parcours.

Conférenciers :

Jean-Jacques Dupas, ingénieur-chercheur au CEA.

François Lavallou, ingénieur-chercheur au CEA.

Norbert Verdier, enseignant-chercheur en histoire des mathématiques et des sciences (Université Paris-Sud & Sciences Po Paris).

Inscription

Les balades-conférences sont gratuites mais sur inscription : norbert.verdier@sciencespo.fr

 

LIEUX DE RENDEZ-VOUS ET HORAIRES :

Cimetière du Montparnasse : 21 septembre à 10 h 30 avec François Lavallou et 22 septembre à 14 h 30 avec Norbert Verdier.

Rendez-vous à l’entrée principale du cimetière, 3, boulevard Edgar Quinet, 75014.PARIS

Accès métro : Lignes 4 et 6 station Raspail / ligne 6 station Edgar-Quinet / ligne 13 Gaîté. La station Montparnasse est également très proche.

 

Cimetière du Père Lachaise : 21 septembre à 14 h 30 et 22 septembre à 14 h 30 avec Jean-Jacques Dupas.

Rendez-vous : Devant la tombe d’Arago à l’entrée du cimetière, quatrième division.

Boulevard de Ménilmontant 75020 PARIS

GPS : Latitude : 48.861417

Longitude : 2.393383

Accès :

Métro : Père Lachaise (lignes 2, 3),

Bus : 61/69 arrêt Père Lachaise devant l’entrée principale pour les bus se dirigeant vers la banlieue, arrêt Auguste Métivier pour les bus se dirigeant vers Paris centre. Marcher ensuite le long du mur du cimetière donnant sur le boulevard de Ménilmontant, pour rejoindre l’entrée principale.

 

Nominations

mercredi, août 21st, 2019

Nominations

La bande dessinée d’Emmanuel Marie et Emmanuel Cerisier retraçant la vie et l’œuvre de Joseph Fourier dont nous avons annoncé ici la parution en novembre 2018 poursuit sa carrière. Ainsi, elle a été nominée pour deux prix du magazine Tangente (c’est le seul livre nominé à la fois sur les deux prix) :

– Le prix des lycéens

– Le prix du meilleur livre.

 

 

Pour ce deuxième prix, il y a un vote en ligne. Les cinq livres ayant le plus de votes seront ensuite départagés par un jury. Vous pouvez voter à l’adresse :

https://infinimath.com/espace_lecture.php?corps=vote%20prix%20tangente%202019

(s’inscrire avant en haut à droite) ou à partir de :

www.tropheestangente.com

 

La clôture des votes est le 30 septembre 2019, ce qui laisse tout juste le temps à ceux qui l’ont appréciée de voter et de faire voter pour elle… alors, à vos claviers.

BD Marie & Cerisier page 41

Sabix_2019

mercredi, juillet 10th, 2019

Fourier

à l’Exposition 2019 de la SabiX

Fin juin 2019, comme il est de tradition, la SabiX a tenu son Assemblée générale annuelle et ce fut l’occasion de visiter au Mus’X, dans les locaux de l’École Polytechnique sur le plateau de Saclay, une exposition évoquant quelques grandes figures qui présidèrent à la création ou fréquentèrent l’école par la suite : l’X, l’equation du mérite.

Monge, Laplace, Fourier, Ampère, de Prony, Malus, Poinsot, Auguste Comte, Cauchy, Chabrol de Volvic.

 

 

 

 

 

 

Pour ce qui est de Fourier plus précisément, il est évoqué par le croquis de Dutertre, la peinture d’Eloi Firmin Ferron sur le thème des Funérailles de Kleber en Egypte, la présentation de la Description de l’Égypte et son rôle de préfet d’Empire (Fourier, Chabrol de Volvic et Costaz furent préfets d’Empire).

 

 

 

 

 

 

 

Sophie Germain, alias Antoine Auguste Leblanc, qui rencontra Fourier alors qu’il était secrétaire de l’Académie des sciences est, naturellement, aussi évoquée.

Jeunesse de Fourier

lundi, janvier 14th, 2019

La jeunesse de Fourier,

revisitée,

par Jean-Charles Guillaume

Le coche d’eau, dessin de Lallemand, vers 1770.

Préparant sa contribution à un ouvrage biographique concernant Joseph Fourier, à paraître aux éditions Hermann sous la direction de Jean Dhombres, Jean-Charles Guillaume[1] est revenu sur la jeunesse auxerroise de Joseph dans un livret d’une soixantaine ne pages : « La jeunesse de Joseph Fourier à Auxerre (1768-1794) : une nouvelle approche ? »[2]. Dont voici l’introduction :

L’image de Joseph Fourier (1768-1830) pendant les vingt-sept premières années de sa vie est bien connue. Il naît à Auxerre, ville qui « a un aspect moyenâgeux », un « air antique et triste […] presque toute bâtie en bois », « d’une famille pauvre, mais estimable », chez des parents qui « ne savent que très peu lire et écrire ». Cet orphelin à huit ou neuf ans est le fils « d’artisans pauvres et vertueux », « un vaillant jeune homme, sorti de cette classe ouvrière, laborieuse, si féconde en âmes fortes et d’une trempe vigoureuse [monté], par son seul mérite, aux premiers rangs de la société ». Plus tard, « amené sur un autre théâtre », celui de la Révolution, il est de ceux qui croient que « le meilleur moyen d’empêcher ce fleuve bienfaisant de devenir un torrent dévastateur, [c’est] que les hommes éclairés et vraiment patriotes [dirigent] son cours ». Son rôle à la Société populaire et au Comité de surveillance lui permet « d’empêcher beaucoup de mal et de faire un peu de bien », mais, un peu plus tard, celui à Orléans lui fait risquer la mort :

« J’ai éprouvé tous les degrés de la persécution et du malheur. Aucun de mes adversaires n’a connu plus de danger et je suis le seul de mes compatriotes qui ait été condamné à mort. Cependant ils ont l’injustice d’oublier la terreur que j’ai éprouvée pour parler sans cesse de celle que j’ai dit-on inspiré. »

On lui reproche à la fois ses excès et sa faiblesse :

« [S’il sait] conjurer l’orage qui mena[ce] plusieurs têtes dans sa villes natale, il ne peut se soustraire lui-même à ses coups. […] Chargé […] d’une mission dans le département du Loiret […], et ayant, suivant sa coutume, tempéré par l’équité et la prudence, la rigueur des mesures qu’il [a] à exécuter, il [est] mis hors la loi […], réduit à se cacher, sans fortune, et ne repar[aît] au grand jour qu’après la révocation de la mesure arbitraire dont il [est] frappé. »

Cette image est-elle conforme à la réalité ? N’a-t-elle pas été construite par ceux qui ont prononcé son éloge après sa mort – François Arago, à l’Académie des Sciences, et Victor Cousin, à l’Académie française – et par leurs relais locaux comme Gabriel Mauger en 1837, le préfet, le maire, Philibert-Joseph Roux, Gallois et Ravin lors de l’inauguration de sa statue en 1848, Ambroise Challe en 1858, Emile Duché en 1871, Charles Moiset en 1893 ?

La réponse à ces questions passe par une analyse des vingt-deux premières années de la vie de Joseph Fourier, dont dix-huit passées à Auxerre, puis par celle des cinq années de la période révolutionnaire.

La maison Fourier de 1773 à 1778.

 

[1] Professeur d’histoire, auteur, récemment, de « De Lesseré à Soisson & James, Six générations de commerçants à Auxerre, 1759 – 1963 » et précédemment de « Guilliet », « Le travail de l’ocre dans l’Auxerrois : 1763-1966, une industrie rurale. » …

[2] Coédité par la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et la Société Joseph-Fourier.