Archive for the ‘activités associatives’ Category

Jeunesse de Fourier

lundi, janvier 14th, 2019

La jeunesse de Fourier,

revisitée,

par Jean-Charles Guillaume

Le coche d’eau, dessin de Lallemand, vers 1770.

Préparant sa contribution à un ouvrage biographique concernant Joseph Fourier, à paraître aux éditions Hermann sous la direction de Jean Dhombres, Jean-Charles Guillaume[1] est revenu sur la jeunesse auxerroise de Joseph dans un livret d’une soixantaine ne pages : « La jeunesse de Joseph Fourier à Auxerre (1768-1794) : une nouvelle approche ? »[2]. Dont voici l’introduction :

L’image de Joseph Fourier (1768-1830) pendant les vingt-sept premières années de sa vie est bien connue. Il naît à Auxerre, ville qui « a un aspect moyenâgeux », un « air antique et triste […] presque toute bâtie en bois », « d’une famille pauvre, mais estimable », chez des parents qui « ne savent que très peu lire et écrire ». Cet orphelin à huit ou neuf ans est le fils « d’artisans pauvres et vertueux », « un vaillant jeune homme, sorti de cette classe ouvrière, laborieuse, si féconde en âmes fortes et d’une trempe vigoureuse [monté], par son seul mérite, aux premiers rangs de la société ». Plus tard, « amené sur un autre théâtre », celui de la Révolution, il est de ceux qui croient que « le meilleur moyen d’empêcher ce fleuve bienfaisant de devenir un torrent dévastateur, [c’est] que les hommes éclairés et vraiment patriotes [dirigent] son cours ». Son rôle à la Société populaire et au Comité de surveillance lui permet « d’empêcher beaucoup de mal et de faire un peu de bien », mais, un peu plus tard, celui à Orléans lui fait risquer la mort :

« J’ai éprouvé tous les degrés de la persécution et du malheur. Aucun de mes adversaires n’a connu plus de danger et je suis le seul de mes compatriotes qui ait été condamné à mort. Cependant ils ont l’injustice d’oublier la terreur que j’ai éprouvée pour parler sans cesse de celle que j’ai dit-on inspiré. »

On lui reproche à la fois ses excès et sa faiblesse :

« [S’il sait] conjurer l’orage qui mena[ce] plusieurs têtes dans sa villes natale, il ne peut se soustraire lui-même à ses coups. […] Chargé […] d’une mission dans le département du Loiret […], et ayant, suivant sa coutume, tempéré par l’équité et la prudence, la rigueur des mesures qu’il [a] à exécuter, il [est] mis hors la loi […], réduit à se cacher, sans fortune, et ne repar[aît] au grand jour qu’après la révocation de la mesure arbitraire dont il [est] frappé. »

Cette image est-elle conforme à la réalité ? N’a-t-elle pas été construite par ceux qui ont prononcé son éloge après sa mort – François Arago, à l’Académie des Sciences, et Victor Cousin, à l’Académie française – et par leurs relais locaux comme Gabriel Mauger en 1837, le préfet, le maire, Philibert-Joseph Roux, Gallois et Ravin lors de l’inauguration de sa statue en 1848, Ambroise Challe en 1858, Emile Duché en 1871, Charles Moiset en 1893 ?

La réponse à ces questions passe par une analyse des vingt-deux premières années de la vie de Joseph Fourier, dont dix-huit passées à Auxerre, puis par celle des cinq années de la période révolutionnaire.

La maison Fourier de 1773 à 1778.

 

[1] Professeur d’histoire, auteur, récemment, de « De Lesseré à Soisson & James, Six générations de commerçants à Auxerre, 1759 – 1963 » et précédemment de « Guilliet », « Le travail de l’ocre dans l’Auxerrois : 1763-1966, une industrie rurale. » …

[2] Coédité par la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et la Société Joseph-Fourier.

2018 année Fourier

dimanche, octobre 28th, 2018

2018, année Fourier

le 21 mars 1768, il y a 250 ans, naissait Joseph Fourier

Pas de JPEG sans Transformation de Fourier !

Lors de la réception de leur prix, nombre de récipiendaires de prix prestigieux (prix Nobel, prix Abel, médaille Fields….) ont fait référence à Joseph Fourier. L’actualité, la   modernité, des méthodes de calcul développées par Joseph Fourier dans sa Théorie analytique de la chaleur, ont plaidé en faveur de l’inscription de la naissance de Joseph Fourier au rang des commémorations nationales 2018. (voir les pages correspondant à Joseph Fourier sur le site du mathouriste)

Au cours de l’année, de nombreuses manifestions ont accompagné cet événement dont pour notre part, nous avons eu connaissance de 48 ; nous en rendons compte sur cette page qui s’est complétée au fur et à mesure des annonces.

Auxerre : plaque sur la maison natale

 

Expositions et conférences

a) Auxerre  mini-expo « Fourier 1768-2018 » au Muséum d’Auxerre, conçue par des élèves du lycée Fourier avec l’équipe du Muséum ; le dossier de presse de l’exposition est ici en .pdf . Les neuf panneaux sont aussi visibles ligne sur le site de la Ville d’Auxcerre. Jusqu’au 31 décembre 2018. Sur son site, la Bibliothèque municipale d’Auxerre, propose un diaporama pédagogique , le numéro 37 du ‘Courier de l’Egypte’ , ainsi que des liens vers quelques autres sites.

 

b) 7, 8, 12 et 19 février 2018, IHES, Bures-sur-Yvette  « Time-frequency localization and applications »

Leçons Hadamard par Ingrid Daubechies. « In this 250th anniversary year of the birth of Joseph Fourier, it behoves us to talk of frequency and spectral analysis! »  à voir en ligne!

c) 13 mars 2018, Paris : Joseph Fourier a été élu à l’Académie des sciences en 1817 et à l’Académie française en 1826. L’Institut l’honore d’un colloque :  « Fourier et la science d’aujourd’hui

Fondation Del Duca, 10 rue de Vigny, Paris 8e

Conférence-débat organisée par Patrick Flandrin et Jean-François Le Gall. Intervenants : Ingrid Daubechies, Bernard Derrida, Jean Dhombres, Gilles Pisier.

La vidéo des interventions est en ligne :

http://www.academie-sciences.fr/fr/Colloques-conferences-et-debats/fourier-et-la-science-d-aujourd-hui.html

 

d) 14 mars 2018, Auxerre

Le mercredi 14 mars 2018, à la salle du « 89 »  11 boulevard de la Marne, le mathématicien Cédric Villani a donné une conférence  : « De Fourier à aujourd’hui : comprendre le défi de l’intelligence artificielle. »

Cédric Villani à Auxerre

e) 15 mars 2018, 18 h, Lycée Fourier, Auxerre

Sous la présidence de Monsieur Latron, Préfet de l’Yonne et de Madame Partouche, Directrice Académique, représentée par monsieur Olivier Chollet, remise par messieurs Claude-Henri Chambault et Olivier Chollet du prix Joseph Fourier, à quatre élèves méritants des classes de terminales, sous l’autorité de monsieur Tadeusz Sliwa, Président de l’Association Joseph-Fourier.

f) 21 mars 2018, Auxerre

Auxerre, le Muséum.

Inauguration d’un parcours sur les traces de Joseph Fourier dans sa ville natale d’Auxerre.

L’exposition (pilotée par le Muséum d’Auxerre avec la participation des services culturels et patrimoniaux de la Ville) sous forme de parcours urbain accessible en permanence, permettant de découvrir les richesses du patrimoine auxerrois et la présence de Joseph Fourier, hier comme aujourd’hui. Elle est installée jusqu’au 31 décembre 2018.

 

g) 21 mars 2018, Paris, 17 h : dépôt de gerbe sur sa tombe au Père Lachaise (Le Souvenir Napoléonien).

h) 21 mars 2018, Paris, 18 h,  « Fourier et Napoléon », conférence par Jean Dhombres. Salle de conférence de la Fondation Napoléon, 7 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris. Salle limitée à 40 personnes, inscription obligatoire à :  [email protected]

i) Limoges, lundi 26 mars 2018, 18 h, salle Joseph STORCK, Lycée Gay-Lussac, 12, boulevard Georges Périn, Limoges – Inscriptions : 05 55 79 70 01.

Une conférence, autour de Fourier et la cristallographie, le lundi 26 mars, avec René Guinebretière qui a été  président de la Société de cristallographie. L’affiche d’invitation est ici ; on peut consulter le résumé de la conférence ici.

j) Du 6 juin au 20 juillet 2018, Paris

(Après report) Institut Henri Poincaré, Paris :  exposition « Fourier, de la Révolution Française à la Révolution Numérique » L’exposition est inaugurée le 5 juin 2018 à 18 h 30 à la bibliothèque de l’Institut Henri Poincaré (1er étage), 11 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris. L’exposition est ouverte du 6 juin au 20 juillet 2018. Entrée libre. Du lundi au vendredi de 9h à 18h.

 

 

 

 

 

 

 

k) 5 avril 2018, Nancy 20 h 30 Amphithéâtre Botté IUT Nancy-Charlemagne, «Joseph Fourier, un scientifique prodigieux et un grand serviteur de l’Etat» conférence par Jean Dhombres. Vidéo Durée : 1 h 56 min

 

 

 

 

l) La dixième édition de Mathématiques en Mouvement s’est déroulér le samedi 7 avril 2018 à l’Institut Henri Poincaré. Comme les éditions précédentes, cette journée est organisée en collaboration avec Roger Mansuy et le séminaire Mathematic Park. Pour célébrer le 250e anniversaire de la naissance de l’immense mathématicien et physicien Joseph Fourier, c’est le thème « Fourier aujourd’hui » qui a été choisi pour articuler les exposés et table ronde de cette journée scientifique orchestrée par Stéphane Jaffard (UPEC). Il s’agira donc de considérer l’héritage mathématique de Fourier d’un point de vue historique, mais aussi d’en mesurer le caractère actuel, et bien sûr d’en explorer les applications. On trouve le programme à cette adresse sur le site de la Fondation Sciences Mathématiques de Paris (FSMP) ainsi que les vidéos des intervenants.

 

 

 

 

 

 

 

m) Amiens, mercredi 16 Mai, 10h00  : Jean-Paul Chehab : « Fourier en Musique » ; conférence donnée dans le cadre des Journées d’Informatique Musicale ; conférence ouverte à tous. On ne présente plus J. P. Chehab: beaucoup ont pu profiter de ses compétences en Maple ou Scilab, soit dans des stages, soit par ses documents de cours et TP, toujours  accessibles.

n) Lyon, MMI – Jeudi 17/05/2018, 18-20 h, Jean Dhombres, « Fourier revisite la notion de fonction en raison de son interprétation des séries qui portent son nom »

[conférence n°2] La Maison des mathématiques et de l’informatique, 1 place de l’École 69007 Lyon propose un cycle de quatre conférences indépendantes ;  téléphone : 04 72 43 11 80 reportée à l’automne (en raison de la réorganisation de la SNCF…)

o) Arras, 18 Mai, Arras, 14h30 : conférence d’Alain Juhel à l’Université pour tous :  Joseph Fourier, de la Révolution Française à la Révolution Numérique  (affiche, résumé).  avancée… à cause de la SNCF !

p) Lyon, MMI – Jeudi 24/05/2018, 18-20 h, Jean Dhombres, « Les controverses sur l’œuvre de Fourier » [conférence n°3] La Maison des mathématiques et de l’informatique, 1 place de l’École 69007 Lyon propose un cycle de quatre conférences indépendantes ;  téléphone : 04 72 43 11 80   reportée à l’automne (en raison de la réorganisation de la SNCF…)

q) Lyon, MMI – le jeudi 18 octobre 2018, 18-20 h, Jean Dhombres, « Fourier revisite la notion de fonction en interprétant des séries qui portent son nom a propos du problème physique de propagation de la chaleur » [conférence n°2] La Maison des mathématiques et de l’informatique, 1 place de l’École 69007 Lyon propose un cycle de trois onférences indépendantes ;  téléphone : 04 72 43 11 80

r) Université de Zürich, samedi 26 mai 2018, 9 h à 13 h, symposium, ouvert en libre accès ; au programme :

– Fourier’s Life and the theory of Heat, Jan Lacki, université de Genève

Symposium à Zürich

– Fourier für Erleuchtete – Neues aus Optik un Photonik, Marhus Rossi AMS (Heptagon)

– Das Specktrum der Erde, Andreas Fichtner, ETHZ

– Schelle Fouriertransformation : Algorithmen, Implementierungen, Anwendungen, Parkus Pöschel, ETHZ

 

 

 

 

s) Paris, mercredi 30 mai 2018, inauguration d’une exposition « Fourier, de la Révolution Française à la Révolution Numérique » à l’Institut Henri Poincaré. Inauguration le mercredi 30 mai à  partir de 18h30 à la bibliothèque de l’Institut Henri Poincaré (1er étage). L’exposition est ouverte du 30 mai au 20 juillet 2018. Entrée libre. Du lundi au vendredi de 9 h à  18 h, 11 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris.

 

t) Cap-d’Agde, jeudi 31 mai 2018 : conférence de Martin Andler: Joseph Fourier et les équations aux dérivées partielles de la Physique ( résumé) ; CANUM 2018 (Smai) .

u) Lille, du 4 au 8 juin 2018, congrès de la Société mathématique de France : conférence de Bernard Maurey (Université Paris-Diderot) pour le 250ème anniversaire de Joseph Fourier au congrès de la SMF. Un bref aperçu de la conférence de Bernard Maurey le 7 juin se trouve ici.

v)« JEP 2018 »
32èmes Journées d’Étude sur la Parole, avec une conférence de Frédéric Bimbot (IRISA/CNRS, Rennes) pour le 250ème anniversaire de Joseph Fourier : « Joseph Fourier : quelques points de repère, dans un héritage exceptionnel ».
Date, heure et lieu : 6 juin 2018 à 9h00 à Aix-en-Provence.

w) 28 juin au 4 juillet à Arcachon

« Curves and Surfaces 2018 »

Conférence organisée par le groupe SIGMA (Signal-Image-Géométrie-Modélisation-Approximation) de la SMAI.

Les thématiques de l’analyse de Fourier seront en particulier représentées dans les exposés pléniers d’Emmanuel Candes (samedi 30 juin, 9h) et de Phillip Grohs (lundi 2 Juillet, 9h), ainsi que dans le mini-symposium « Advances on Prony’s methods » animé par Stéfan Kunis (samedi 30 juin, 16h).

Date et lieu : 28 juin au 4 juillet à Arcachon   https://cs2018.sciencesconf.org

x) Auxerre, première semaine de juillet semaine scientifique à destination de Lycéens de la région traite du sujet  » Du son à la lumière… Fourier transforme tout. » Cliquez ici pour accéder au journal de bord en .pdf.

y) « MIDAS Summer Camp »
École d’été pour lycéens organisé par le Michigan Institute for Data Science.
Dates et lieu : du 13 au 17 août 2018 à l’Université du Michigan (MD), USA.
Note sur l’édition 2017 « From Simple Building Blocks to Complex Shapes: A Visual Tour of Fourier Series ».

z) 16 septembre 2018, Grenoble circuit sur les traces de Joseph Fourier et des frères Champollion au cœur de Grenoble, le dimanche 16 septembre à 10 h 00 Circuit Sur les traces de Joseph Fourier et des frères Champollion au cœur de Grenoble, avec Pierre Blanc. 16 septembre 2018, Vieux Grenoble – Immeuble du 10 rue Chenoise Grenoble.

aa) « Aromaths 2018 »
Séminaire de Jean Dhombres (EHESS/CNRS, Paris) : « Analyse ou Algèbre? La représentation des fonctions dans l’analyse de Fourier ».
Date, heure et lieu : 20 septembre 2018 à 11h00 à l’Université Pierre et Marie Curie, Amphi 25.

ab) EHESS, Centre Koyré, 27 rue Damesme, Paris 13e, par Jean Dhombres. Du voyage à Toulon, puis vers l’Egypte, de Joseph Fourier, professeur d’Analyse à l’Ecole polytechnique en mai 1798 : il est quasiment surréaliste qu’un jeune homme – il a l’âge de Bonaparte – juste nommé professeur d’Analyse à la nouvelle Ecole révolutionnaire dénommée Ecole polytechnique, s’interroge, avec quelques uns de ses élèves lors d’un voyage vers Toulon.

ac) « ISMIR 2018 »
19th International Society for Music Information Conference, avec un « keynote » (« abstract », video) de Patrick Flandrin (CNRS et ENS de Lyon) pour le 250ème anniversaire de Joseph Fourier.
Date et lieu : 23 au 27 septembre 2018 à l’IRCAM, Paris.

ad) « JEL 2018 »
Journée Exceptionnelle Lilloise, avec un exposé de Patrick Flandrin (CNRS et ENS de Lyon) : « Drawing sounds: Fourier, Koenig, and Scott ».
Date, heure et et lieu : 28 septembre 2018 de 10h00 à 17h00 à l’Amphi B de Lilliad, Villeneuve-d’Ascq.

ae) 2 octobre 2018, Toulon, Sea Tech, Toulon, semaine Joseph Fourier

Le mardi 2 octobre à 14h00, le Pr. Bruno Rossetto présentera les principes de l’analyse harmonique et l’harmonie en musique. Cet exposé permettra de comprendre la perception du son par l’oreille et le développement de la science musicale et de la facture d’instruments vers une esthétique aboutie et universellement mise en œuvre dans tous les styles de musique.

af) 4 octobre 2018, Toulon, Sea Tech, Toulon, semaine Joseph Fourier

Le jeudi 4 octobre à 14h00, le Pr. Jean Dhombres racontera le voyage de Joseph Fourier depuis Paris jusqu’à Toulon où il s’embarqua aux côtés de Napoléon pour la campagne d’Egypte. Du voyage à Toulon, puis vers l’Egypte, de Joseph Fourier, professeur d’Analyse à l’Ecole polytechnique en mai 1798 : il est quasiment surréaliste qu’un jeune homme – il a l’âge de Bonaparte – juste nommé professeur d’Analyse à la nouvelle Ecole révolutionnaire dénommée Ecole polytechnique, s’interroge, avec quelques uns de ses élèves lors d’un voyage vers Toulon. Ils veulent conquérir l’Egypte, et apporter à ce pays les Lumières telles que revues par la Révolution française. Ils s’interrogent sur ce que signifie faire de la science à l’orée du nouveau siècle qui s’annonce positiviste, sur ce que vaut la religion dans une République toute neuve, alors qu’ils vont découvrir, éblouis, les monuments égyptiens, et, non sans romantisme, imaginer une science ancienne du temps des pharaons. A son retour, Fourier mettra au point sa Théorie analytique de la chaleur, qui en fait aujourd’hui un des savants français les plus cités. C’est donc l’histoire compliquée d’un mouvement vers le progrès dont il s’agit de faire le récit. Car elle reste d’actualité.

ag) 6 octobre 2018, Auxerre

« Fourier l’Egyptien », conférence par Alain Cattagni, président de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne.

Sur l’invitation, reproduction du tableau de Féron, la Mort de Kléber.

Le samedi 6 octobre 2018, dans les locaux de la Société des sciences d’Auxerre, monsieur Alain Cattagni, s’est attaché, devant une assistance nombreuse à retracer le parcours égyptien de Joseph Fourier, lié pour trois ans, à celui de l’Armée d’Égypte. Il a montré que, pour Fourier, l’aventure égyptienne a dépassé largement le temps de l’occupation de l’Égypte par les soldats de la Révolution puisque qu’elle a débouché sur un travail de vingt ans pour aboutir à la publication de la Description de l’Égypte dont les derniers volumes paraîtront en 1822 sous le patronage de Louis XVIII d’une part, sur la découverte des clés de l’écriture hiéroglyphique grâce à Champollion dont Fourier, alors préfet, soutint l’obstination.

 


ah
) 11 octobre 2018, Dijon  « L’héritage des outils de Fourier en Physique et en Astronomie »

Conférence organisée par la Société Française de Physique Bourgogne-Franche-Comté et la Société Astronomique de Bourgogne, avec le parrainage de l’Académie des sciences. Intervenants : Alain Bonnin, Patrick Flandrin, Vincent Boudon. Date, lieu et heure : 11 octobre 2018 de 14 h à l’Université de Bourgogne, Dijon. Quelques vues sont accessibles en ligne.

ai) « L’analyse de Fourier aujourd’hui »
Conférence par Stéphane Jaffard.
Date, heure et lieu : 11 octobre 2018 à 12h en Amphi A1 du DLST, 480 Avenue Centrale, Domaine Universitaire, 38400 Saint Martin d’Hères.

aj) « Analyse fréquentielle de Fourier »
Atelier organisé par CREATIS dans le cadre de la Fête de la Science 2018.
Dates, heures et lieu : 11 et 12 octobre 2018, de 9h15 à 11h30 et de 14h15 à 16h30, au Village des Sciences de l’IUT Lyon 1, 1 rue de la Technologie, 69622 Villeurbanne.

ak)  Lyon, MMI – le jeudi 11 octobre 2018, 18-20 h, Jean Dhombres, « L’invention de la fonction sinus et de la périodicité au XVIIe siècle, et celle d’onde avec la controverse sur les cordes vibrantes entre Euler, d’Alembert, et Lagrange »

al) « JSM 2018 »
VIIIèmes Journées Science et Musique de l’IRISA (voir aussi ici), avec une conférence de J.-M. Goujon (Institut FOTON, Lannion) pour le 250ème anniversaire de Joseph Fourier : « Jouer juste en musique ? Quelques clés d’un défi impossible… ».
Date, heure et lieu : 20 octobre 2018 de 14h30 à 15h15 au Diapason de Rennes.

[conférence n°1] La Maison des mathématiques et de l’informatique, 1 place de l’École 69007 Lyon propose un cycle de trois  conférences indépendantes  ;  téléphone : 04 72 43 11 80.

am) Lyon, MMI – le jeudi 25 octobre 2018, 18-20 h, Jean Dhombres, « Les controverses sur l’œuvre de Fourier et sa présence aujourd’hui, notamment par la question des limitations de cette théorie par les relations de Heisenberg » [conférence n°3] La Maison des mathématiques et de l’informatique, 1 place de l’École 69007 Lyon propose un cycle de trois  conférences indépendantes ;  téléphone : 04 72 43 11 80.

an) les 15-16-17 novembre 2018, Colloque international de Mayotte sur la modélisation :

Organisé par l’Université de Mayotte : Critiquer une modélisation mathématique ? La théorie de la propagation de la chaleur par Fourier jusqu’à nos jours, par Jean Dhombres.

ao) Lyon, 11 et 12 octobre 2018, sur le campus de la Doua, dans le cadre de la fête de la science, des ateliers interactifs pour découvrir l’actualité des théories et méthodes de Fourier.

« Fourier, révolutionnaire ? »
Conférence par Jean Dhombres dans le cadre des soirées scientifiques de l’Université Ouverte Lyon 1.
Date, heure et lieu : 8 novembre 2018 à 19h30 au CCVA, 244 cours Émile Zola, 69100 Villeurbanne.

ap) Grenoble, Saint-Martin-d’Hères, Atrium, bibliothèque universitaire, du 17 septembre au 15 novembre 2018, du lundi au jeudi de 8h à 22h, le vendredi de 8h à 19h, le samedi de 9h à 17h
Joseph Fourier : quel héritage scientifique ?
Jean-Baptiste Joseph Fourier (21 mars 1768-16 mai 1830) nous a laissé un héritage scientifique et politique considérable. Originaire d’Auxerre, son passage comme préfet à Grenoble a marqué l’histoire, avec la revalorisation de l’université de Grenoble et l’écriture de son essai scientifique « théorie analytique de la chaleur » présenté à l’académie des sciences. Son esprit analytique a permis de poser les bases de la thermodynamique et de donner un rôle clé aux séries trigonométriques dans les sciences et les mathématiques. Ses démarches quant à la modélisation mathématique ont toujours été ancrées dans l’observation des phénomènes physiques allant de la diffusion de chaleur et l’effet de serre à l’estimation de l’âge de la terre. Dans cette exposition, autre que la vie de Fourier, vous découvrirez des expériences qui mettent en valeur certains résultats scientifiques de Joseph Fourier.
L’exposition est accompagnée de plusieurs ouvrages de Joseph Fourier et de ses contemporains, issus du fonds ancien des bibliothèques universitaires.

aq) Grenoble, Saint-Martin-d’Hères, 21 octobre, 25 novembre 2018,

Le mercredi 21 novembre 2018, à 15 heures, inauguration de l’exposition « à la découverte de la vie de Joseph Fourier », Institut Fourier 100 rue des Mathématiques, 38610 Gières.

ar) « Joseph Fourier, au service de la physique d’aujourd’hui »
Conférence organisée par la section Alpes de la Société Française de Physique, avec des interventions de Roland Phlypo, Denis Gratias, Jean-Louis Barrat et Jean-Jacques Greffet.
Date, heure et lieu : 23 novembre 2018, de 9h00 à 12h35, à Phelma Minatec, Grenoble.

as) Lille, le lundi 26 novembre 2018 à 18 h 30 Espace culture de l’Université de Lille (Cité Scientifique) – Cité Scientifique 59655 Villeneuve d’Ascq, Alain Juhel « Fourier, de la Révolution française à la révolution numérique« 
En partenariat avec : l’Université de Lille.

at) Grenoble, mercredi 28 novembre 2018, de 19 à 21 h, Canopé de l’Académie, 11 Avenue Général Champon, 38100 Grenoble. Conférence visant à retracer l’histoire de ces objets, séries de Fourier et ondelettes, qui permettent de décomposer des signaux complexes.

« Des séries de Fourier aux ondes gravitationnelles : la théorie analytique de la propagation de l’information »
Conférence par Ronald Coifman dans le cadre de Math en ville.
Date, heure et lieu : 28 novembre 2018 à 19h00 à l’Amphithéatre du CRDP – Canopé, 11 avenue du Général Champon, Grenoble.

au) Athènes, vendredi 7 décembre 2018, « Fourier analysis today »
Conférence par Stéphane Jaffard.
Date et lieu : 7 décembre 2018 à la Société Mathématique de Grèce, Athènes (Grèce).

av) Paris, mardi 18 décembre 2018, « Hommage à Jean-Pierre Kahane »
Colloque de l’Académie des sciences, organisé par Patrick Flandrin et Jean-François Le Gall.
Intervenants : Hervé Queffélec, Yves Meyer, Gilles Pisier, Wendelin Werner, Michèle Artigue, Claude Debru, Édouard Brézin et Cédric Villani.
Date, heure et lieu : 18 décembre 2018, de 10h00 à 17h00, en Grande Salle des Séances de l’Institut de France, 23 Quai de Conti, 75006 Paris.

 

du côté des éditeurs,

A) « Les oscillations de Joseph Fourier » Un docu-bande dessinée retraçant la vie de Joseph Fourier. aux éditions ‘Petit à petit ». En vente depuis le 15 novembre 2018.

B) Une version dialoguée de la vie de Joseph Fourier est disponible chez Lulu.com en format papier.

C) on peut aussi consulter : http://www.mdpi.com/journal/entropy/special_issues/fourier

MDPI Entropy Special Issue – « Joseph Fourier 250th Birthday: Modern Fourier Analysis and Fourier Heat Equation in Information Sciences for the XXIst Century »

Guest Editors: Prof. Dr. Frédéric Barbaresco? & Prof. Jean-Pierre Gazeau?.

For the 250th birthday of Joseph Fourier, born in 1768 in Auxerre, France, this MDPI Special Issue will explore modern topics related to Fourier Analysis and Heat Equation.

Modern developments of Fourier analysis during the 20th century have explored generalizations of Fourier and Fourier-Plancherel formula for non-commutative harmonic analysis, applied to locally-compact, non-Abelian groups. In parallel, the theory of coherent states and wavelets has been generalized over Lie groups. One should add the developments, over the last 30 years, of the applications of harmonic analysis to the description of the fascinating world of aperiodic structures in condensed matter physics. The notions of model sets, introduced by Y. Meyer, and of almost periodic functions, have revealed themselves to be extremely fruitful in this domain of natural sciences.

The name of Joseph Fourier is also inseparable from the study of the mathematics of heat. Modern research on heat equations explores the extension of the classical diffusion equation on Riemannian, sub-Riemannian manifolds, and Lie groups. In parallel, in Geometric Mechanics, Jean-Marie Souriau interpreted the temperature vector of Planck as a space-time vector, obtaining, in this way, a phenomenological model of continuous media, which presents some interesting properties.

A last comment concerns the fundamental contributions of Fourier analysis to quantum physics: Quantum mechanics and quantum field theory.

The content of this Special Issue will highlight papers exploring non-commutative Fourier harmonic analysis, spectral properties of aperiodic order, the hypoelliptic heat equation, and the relativistic heat equation in the context of Information Theory and Geometric Science of Information.

prix Joseph Fourier des lycéens

vendredi, mars 16th, 2018

Le prix Joseph Fourier des lycéens

Lycée Joseph Fourier, 10-16 rue Raymond Poincaré, à Auxerre

 2018 : Le premier prix Joseph Fourier, du lycée d’Auxerre, encourage quatre élèves méritants du lycée ; par ordre alphabétique.… Candice, Gerson, Khalid, Lucas.

Remise du prix Fourier 2018

 

      Ce jeudi 15 mars 2017, c’est au cours d’une cérémonie sobre que fut solennellement remis à chacun des quatre lauréats, un prix venu souligner leur mérite. Les résultats scolaires ont compté, certes, mais pas seulement… le mérite implique un cocktail de diverses autres qualités pour former un ensemble équilibré difficile à caractériser.

      C’est le proviseur du lycée Joseph Fourier, M. Fabrice Rousseau, qui accueillit tout d’abord les participants invités à cette cérémonie ; le préfet de l’Yonne, M. Patrice Latron, souligna le plaisir qu’il éprouvait à prodiguer ces encouragements avant de laisser les donateurs récompenser les lauréats : pour le Rotary Club d’Auxerre, son Président, M. Claude-Henri Chambault et pour l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques de l’Yonne, son Président, M. Olivier Chollet de la Jousselinière.

Après la remise des prix, M. Chollet de la Jousselinière a remis au Président de l’Association Joseph-Fourier, M. Tadeusz Sliwa, un dossier rassemblant des documents relatant l’inauguration et le baptême, en mars 1968, du lycée Joseph Fourier.

Les participants, parmi lesquels M. le Maire d’Auxerre, M. Guy Férez, ont eu ensuite tout loisir de féliciter les quatre lycéens entourés de leurs familles et de leurs professeurs au cours de la réception qui clôtura la cérémonie.

YR – 19 mars 2018 p. 10.

 Le quotidien local, l’Yonne Républicaine, à rendu compte de l’événement dans son édition du 19 mars :

Quatre élèves méritants récompensés

Jeudi soir ou lycée Joseph-Fourier ont été attribués les prix Fourier à quatre élèves en fin d’études secondaires devant un aréopage de personnalités.

Dans le cadre de la commémoration nationale du 250e anniversaire de Joseph Fourier et sous l’autorité scientifique du président de l’association Joseph-Fourier, Tadeusz Sliwa, les prix Joseph-Fourier ont été décernés par deux organisations, en l’occurrence le Rotary-Club d’Auxerre et I’AMOPA (Association des membres de l’ordre des palmes académiques de l’Yonne).

Une scolarité exemplaire

Sur proposition du proviseur Fabrice Rousseau, quatre élèves de terminale ont reçu chacun un chèque d’un montant de 100 € ainsi que quatre entrées au musée des Arts et Métiers à Paris.

Claude-Henri Chambault, président du Rotary-Club d’Auxerre, a remis le prix à Lucas Louvard (terminale de maintenance des équipements industriels) et à Khalid Azzakhnini (terminale professionnelle électrotechnique), tandis que Olivier Chollet, président de l’AMOPA récompensait Candice Dolle et Gerson Pinto, tous deux de classe de terminale scientifique 2.

Ces prix ont distingué quatre élèves particulièrement méritants, qui ont fourni des efforts et montré un comportement exemplaire tout au long de leur scolarité fournissant ainsi un bel exemple de la devise « s’accrocher, jamais renoncer ».

À cette occasion, Olivier Chollet a remis à Tadeusz Sliwa une pile de documents relatant notamment la dénomination, en mars 1968, du lycée technique des Brichères, construit en 1963, en lycée Joseph-Fourier, complétant ainsi les archives de l’association.

 

Fourier commémoré

jeudi, février 8th, 2018

Fourier commémoré

HISTOIRE : le 21 mars prochain, sera célébré le 250e anniversaire de la naissance de Joseph Fourier
 À l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de l’Auxerrois Joseph Fourier, lumière sur un aspect méconnu de sa vie :

Fourier, au-delà de l’homme de science
Par Michaël Gitton

Yonne Républicaine – 7 février 2018 – page 9

      Tout le monde connaît Joseph Fourier, figure emblématique d’Auxerre. L’homme de science reconnu à l’échelle nationale est une fierté pour la ville dont l’un des lycées porte toujours son nom. Son 250e anniversaire sera par ailleurs inscrit aux commémorations nationales de cette année.

     Mais au-delà de l’homme de science, qui était réellement Joseph Fourier ? Robert Timon, historien résident à Saint-Georges et instituteur retraité, connaît bien le sujet et affirme que, fut un temps, Joseph Fourier a envisagé de devenir bénédictin.

Joseph Fourier inspiré par le directeur du collège lui-même bénédictin

Joseph Fourier a, en effet, effectué son noviciat à Saint-Benoît-sur-Loire dans le but de devenir bénédictin. Le noviciat est en quelque sorte la préparation des novices à la vie religieuse. Cette vocation ne sortait pas de nulle part et remonte à sa jeunesse en tant qu’élève. Il était l’un des meilleurs élèves du collège d’Auxerre, « l’un des plus réputés en France », précise Robert Timon. Et qui dit collège au XVIIIe siècle dit école militaire. Il aurait donc, de ce fait, dû être appelé à diriger des soldats, devenir officier. Mais Joseph Fourier n’était pas noble « loin de là », le ministre de l’époque refusa donc fermement qu’il devienne officier.  Joseph Fourier s’est alors tourné vers le noviciat afin de devenir bénédictin, sans doute, comme le pense Robert Timon, «pour faire comme l’une des personnes qui l’inspirait, le directeur du collège, lui-même bénédictin ». Mais il fut rapidement rattrapé par la Révolution. En 1789, l’abolition des privilèges fut votée. Les bénédictins furent interdits d’enseigner. Deux options s’offraient alors à Joseph Fourier. Continuer dans cette voie tout en percevant une indemnité. Soit, n’ayant pas encore prononcé ses vœux, rentrer à Auxerre. Il choisit la seconde et répondit à son supérieur qu’il ne voulait pas prétendre à quelque chose qu’il ne méritait pas, n’ayant jamais été moine. Voilà l’histoire, méconnue du grand public, de Joseph Fourier, racontée avec passion par Robert Timon qui qualifie l’homme de « profondément humain ».

PROJET DE STATUE
Retour. En 2012, Tadeusz Sliwa, professeur de l’université et passionné par la vie et l’œuvre du personnage, lançait l’idée folle de « faire revenir à la maison Joseph Fourier ». En d’autres termes, construire une nouvelle statue du célèbre homme de science au sein de sa ville natale, Auxerre. Le projet devrait aboutir si tout se passe bien en 2022 pour un coût proche des 150 000 euros. Soit dix ans, après le lancement de la souscription nationale lancée par Gilles Bertrand, président du Centre de culture scientifique technique et industrielle en Bourgogne (CCSTIB) et Tadeusz Sliwa, coordinateur général de la souscription. Une date qui tomberait à pic, correspondant au bicentenaire de la théorie analytique de la chaleur. Pour rappel, Joseph Fourier avait sa statue, en bronze, sur la place du Maréchal-Leclerc. Elle a été fondue par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

 [Yonne républicaine du 7 février 2018, page 9]

Les Académiciens soutiennent Fourier

dimanche, novembre 5th, 2017

Les Académiciens soutiennent Fourier

            Le projet du CCSTIB d’honorer le souvenir de Joseph Fourier dans sa ville natale a été impulsé le 5 avril 2011, ce dont nous avons rendu-compte. Le lecteur qui souhaite s’informer peut consulter ici le dépliant de présentation du projet. Après avoir reçu l’aval des personnalités locales l’intérêt du projet s’élargit progressivement au niveau national et international. Il est maintenant soutenu par des personnalités marquantes et nous nous attarderons aujourd’hui sur deux d’entre elles, l’un, prix Nobel de physique 1997, de l’Académicien des sciences, l’autre de l’Académie française où il a succédé à Claude Lévi-Strauss en 2011

11 septembre 2017 : de Claude Cohen-Tannoudji à Alain Juhel

Cher Monsieur,

Je vous remercie de votre message. Je suis bien sur un grand admirateur de Joseph Fourier et je donne mon appui total au projet d’érection d’un nouveau monument Fourier à Auxerre. Les outils introduits par ce grand savant, les séries de Fourier, la transformation de Fourier, jouent un rôle essentiel en mécanique quantique et permettent de comprendre clairement l’origine de concepts fondamentaux comme les relations d’incertitude. Joseph Fourier est à  la fois un très grand mathématicien et un très grand physicien et nous devons lui témoigner notre admiration et notre reconnaissance.

Claude Cohen-Tannoudji

Professeur émérite au Collège de France

Prix Nobel de Physique

 

26 septembre 2017 : d’Amin Maalouf à Alain Juhel

Monsieur le Professeur,

Un grand merci pour votre si belle lettre, qui m’a appris bien des choses sur Joseph Fourier, un personnage fascinant qui mérite d’être redécouvert.

Depuis que j’ai reçu votre message, plusieurs membres de l’Académie ont mentionné son nom devant moi, et il me semble qu’une action est envisagée, qui va dans le sens que vous souhaitez. […]

Soyez certain que je m’associerai avec joie aux célébrations de l’année prochaine. Bien entendu, vous pouvez dès à présent ajouter mon nom à la liste de ceux qui soutiennent votre noble projet.

Très sincèrement, Amin Maalouf

Arago et Fourier

samedi, octobre 7th, 2017

François Arago & Joseph Fourier

     Le 2 octobre 2017, est inaugurée une statue en bronze commémorant l’œuvre de François Arago (les détails de cette cérémonie sont sur ce site). Chacun peut maintenant retrouver, dans les jardins de l’Observatoire de Paris, cette réalisation contemporaine de l’artiste belge Wim Delvoye.

     Des membres de la Société Joseph-Fourier étaient présents lors de l’inauguration du monument ; deux raisons le justifient et justifient l’évocation de cet événement sur ce site. Tout d’abord, Arago est, avec Champollion, Victor Cousin qui, tous trois en ont témoigné, une source incontournable de la vie de Joseph Fourier qu’ils ont côtoyé et connu de son vivant. Ensuite, les monuments commémoratifs d’Arago et Fourier ont tous deux subi, en 1942, sous le régime de Vichy, les avanies de l’occupant qui a récupéré le métal des sculptures pour soutenir son économie en guerre.

Wym Delvoye

     Devant l’Académie, au décès de Joseph Fourier, c’est Arago qui prononce l’hommage du défunt. On trouvera sur le site du Mathouriste les éléments biographiques concernant Arago, immense scientifique, engagé dans la vie publique. Pour notre part, nous soulignerons les silences d’Arago qui, dans son discours funèbre, glisse pudiquement sur les séries et la transformation de Fourier : il semble bien que le potentiel et la polyvalence des méthodes de Fourier n’aient pas été perçus ; on manquait encore, en 1830, du recul nécessaire et Joseph Fourier lui-même avait anticipé cette difficulté : « l’analyse mathématique peut déduire des phénomènes généraux et simples l’expression des lois de la nature ; mais l’application spéciale de ces lois à des effets très composés exige une longue suite d’observations exactes. » [introduction à la Théorie de la Chaleur – 1822]

     En 1942, les effigies de Joseph Fourier, à Auxerre, et de François Arago, à Paris, furent fondues pour en récupérer le cuivre… il a suffi de 75 ans pour rétablir celle d’Arago après des études multiples qui aboutirent à la désignation d’un lauréat par un jury. Il faudra encore plusieurs années, sans doute, pour voir aboutir le projet équivalent à Auxerre, mais gageons que le CCSTIB qui s’est engagé dans cette voie y parviendra et la présence de Fourier aux Commémorations Nationales 2018 donnera un formidable élan à cette entreprise. La restauration du monument en l’honneur d’Arago a été l’occasion pour le Président de l’Observatoire de Paris, monsieur Catala et pour monsieur Lequeux, astronome honoraire à l’Observatoire de Paris, d’apporter leur soutien à la restauration du monument en l’honneur de Fourier.

     Le monument commémoratif est la marque du respect porté à une personne par ceux qui conservent son souvenir et apprécient la valeur des réalisations… parle-t-il au chaland qui passe devant au gré de ses pérégrinations ? Ce n’est pas très sûr. Il faudra encore du temps pour que cette notoriété parvienne à l’homme de la rue. Une auxerroise (de souche et cultivée) me disait récemment ignorer que la maison natale de Joseph Fourier se situait rue Fourier à Auxerre.

     Joseph Fourier, oublié en 1860, a cependant déjà retrouvé, depuis, auprès des spécialistes qui utilisent ses méthodes, la notoriété qu’il mérite. Il est aujourd’hui, de façon universelle, à travers les Séries de Fourier et la Transformations de Fourier le scientifique le plus cité… jusqu’au jour où Fourier devenant ‘fourier’, les étudiants oublieront que le F de TFD signifie Fourier de même que le second F de FFT, mais pour l’heure, ils sont nombreux les techniciens du son, de l’image, du traitement du signal, pour un citer qu’eux, à ne jurer que par Fourier.

     En attendant qu’un mathématicien pédagogue vulgarise pour le grand public les idées qui sous-tendent la Transformation de Fourier, il est toujours possible de suivre les péripéties de la vie de Joseph Fourier qui, elles, relèvent plus du romanesque que de l’abstraction.

Jean-Pierre Kahane

vendredi, juin 23rd, 2017

Jean-Pierre Kahane

La Société Joseph-Fourier en deuil

Jean-Pierre Kahane

Jean-Pierre Kahane, président d’honneur de la Société Joseph-Fourier est décédé. Mathématicien français de renom, professeur émérite à l’université Paris-Sud, Jean-Pierre Kahane est né le 11 décembre 1926 à Paris. Fils du biochimiste Ernest Kahane et le frère du cinéaste Roger Kahane, il est décédé à Paris le 21 juin 2017.

Il fut, en 1972–1973, président de la Société mathématique de France qui lui rend hommage sur son site.  Ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1946), deuxième président de l’université Paris-Sud de 1975 à 1978, il est membre de l’Académie des sciences (section mathématique) depuis 1998. Il fut aussi président de la Mission interministérielle de l’information scientifique et technique (MIDIST) de 1982 à 1986 ; président de l’Union rationaliste de 2001 à 2004 ; directeur de Progressistes, la revue du Parti communiste français consacrée aux sciences, au travail et à l’environnement.

Il œuvra largement à la reconnaissance des travaux de Fourier et contribua largement à en populariser l’emploi. La Société Joseph-Fourier lui en est particulièrement reconnaissante.

Il reçu de nombreux prix et distinctions :

1972 : Prix Servant

1995 : Médaille Émile-Picard

2016 : Grand officier de la Légion d’honneur Grand officier de la Légion d’honneur (commandeur en 2002) ; un colloque a eu lieu cette année-là en son honneur.

On lui doit entre autres :

Séries de Fourier et Ondelettes, avec P.-G. Lemarié-Rieusset (Cassini)

Lectures on mean periodic functions (Bombay, Tata Institute, 1959).

Ensembles parfaits et séries trigonométriques, avec Raphaël Salem (Hermann, 1963).

Some random series of functions (Heath, 1968) (2e éd. revue et augmentée, Cambridge, 1985)

Séries trigonométriques absolument convergentes (Springer, 1970)

« Académie, école et mathématiques », Repères-IREM 53, 2006, p. 56-64.

Le Mathouriste qui l’a connu lui rend ici un hommage plus personnel.

L’Institut de France organise, le 18 décembre 2018 un colloque pour honorer sa mémoire

talents méconnus de Fourier

mardi, février 7th, 2017

Le quotidien l’Yonne Républicaine, dans son édition datée du 7 février 2017 rend compte de la conférence donnée par Jean-Charles Guillaume sur l’assèchement des marais de Bourgoin, devant les membres de la société des sciences historiques. Le conférencier qui est allé sur place collecter les informations a souligné en préambule, en s’en étonnant, l’aspect lacunaire des études sur l’administration du département de l’Isère par Joseph Fourier.

Les talents méconnus de Fourier

YR – 07/02/2017 – p.11

     De 1802 à1815, la mathématicien auxerrois Joseph Fourier à été préfet de l’Isère. Et à ce titre il a mené deux gros chantiers.

     C’est un aspect méconnu* de la personnalité de Joseph Fourier, surtout connu pour ses travaux en mathématiques, qui a été mis en lumière par l’historien Jean-Charles Guillaume lors de la conférence donnée à la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne.

     De 1802 à 1815, Joseph Fourier a en effet été préfet de l’Isère, et à ce titre chargé de deux chantiers conséquents : d’une part la réalisation de la route de Grenoble vers Briançon en suivant la vallée de la Romanche, d’autre part l’assèchement de marais situés entre Bourgoin et La Tour-du-Pin.

     Plusieurs tentatives, dès le XVIIe siècle, avaient échoué, se heurtant notamment à l’hostilité de la population qui craignait des conséquences néfastes. Le talent de Fourier a donc été d’abord de collecter des informations et de rechercher systématiquement la conciliation, on pourrait dire de nos jours qu’il a su entre autres « communiquer ».

     Sa probité fut le troisième point fort, garant du succès de l’opération. Le premier coup de pioche du gigantesque chantier, fut donné Ie 25 novembre 1808. En 1814, l’ensemble des marais était drainé et les terres mises en culture.

c.c.

* [NDLR] Ce talent de négociateur est méconnu aujourd’hui, mais on en avait déjà éprouvé l’efficacité en Egypte, où cela avait étonné Bonaparte, dans l’administration quotidienne (cf l’histoire des 4 oulémas) comme lorsqu’il avait fallu négocier avec les Anglais un sauf-conduit pour rapatrier les savants. Méconnu donc, mais pas si nouveau, bien dans la continuité du personnage.

Fourier à Bourgoin

jeudi, janvier 19th, 2017

Fourier à Bourgoin

                 Parmi les travaux qui ont accaparé Joseph Fourier lorsqu’il était préfet de Grenoble, l’assèchement des marais de Bourgoin est longtemps resté à la toute première place. Nous avons déjà évoqué cela sur ce site dans un billet.

     Monsieur Jean-Charles Guillaume est allé sur place et a consulté les archives de l’Isère pour reconstituer l’histoire de l’ensemble de ce chantier. Il rend compte des éléments nouveaux qu’il a engrangé au cours d’une conférence à la Société des Sciences Historiques de l’Yonne à Auxerre, le dimanche 5 février 2017 à 14 h 30 sur le thème : Fourier et le dessèchement des marais de Bourgoin.

 

Fourier en creux

lundi, août 8th, 2016

Fourier en creux

YR 6 août 2016

YR 6 août 2016

     Le 6 août 2016 paraît, à Auxerre, dans le journal local, l’Yonne Républicaine, une page consacrée aux Auxerrois célèbres représentés par une statue dans la ville.

     Huit gloires locales ont ainsi droit à un développement de dix à vingt lignes : Paul Bert, Jean Moreau, le maréchal Davout, Charles Surugue, Marie Noël, Rétif de la Bretonne, Cadet Roussel et saint Amatre.

     La journaliste, Laurenne Jannot prouve qu’elle connaît bien son terroir : Fourier, dont la statue a disparu dans les conditions que connaissent les lecteurs de ce blog, s’il n’est naturellement pas à l’image, a droit à une mention spéciale un peu plus étoffée que celles de ses « rivaux » sous le titre, en grosses lettres « Fourier n’a qu’un médaillon ».

     Il est probable, que dans une prochaine édition, ce souvenir en creux, d’un Fourier voué aux Gémonies par l’occupant, soit gommé lorsque à l’action entreprise par le CCSTIB, sous l’impulsion de Tadeusz Sliva aboutira. Nous en reparlerons alors plus largement.

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Fourier en médaillon

Fourier

Fourier